Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




16 janvier 2019

Literary life : scènes de la vie littéraire, Posy Simmonds

Literary lifeLiterary life est un one shot de la dessinatrice de presse et écrivaine britannique Posy Simmonds. Il est paru en 2014 aux éditions Denoël.

Parues sous forme de chroniques hebdomadaires dans The Gardian Review entre 2001 et 2005, ces 90 planches croquent avec un humour acerbe la vie littéraire anglaise du début du XXIe siècle. Posy Simmonds dévoile les coulisses de ce monde singulier, où derrière une oeuvre se cache un écrivain, un humain à l'ego parfois surdimensionné, mal placé, blessé, et en proie aux affres du commerce de son art.

Entre Posy Simmonds et moi, c'est une grande histoire d'amour, unilatérale, certes, mais non moins grande. J'avais découvert la britannique avec sa réécriture de Flaubert, Gemma Bovery, puis étais tombée sous le charme quelques temps après de Tamara Drewe et sa critique sociale acerbe autant que fine. J'étais donc très enthousiaste à l'idée de découvrir ces chroniques sur le monde littéraire.   
Et je n'ai pas été déçue par ses planches truculentes qui croquent sans filtre le monde littéraire. Posy Simmonds n'épargne personne, ni les auteurs, ni les éditeurs, pas même les attachés de presse ou les libraires, et tout ce beau monde en prend pour son grade et se voit épinglé avec un humour féroce. Les jalousies entre auteurs, les egos surdimensionnés, les sourires de façade lors des signatures, Posy Simmonds nous livre l'envers du décor de ce monde auquel elle appartient 
avec humour et sans fard.    
Le dessin est simple, souvent en noir et blanc, parfois en couleurs, et chaque planche nous livre une réflexion hebdomadaire de la britannique sur l'univers dont elle fait partie. Un peu à la manière du photographe Martin Parr et de ses séries documentaires souvent ironiques sur ses concitoyens, Posy Simmonds nous offre une belle plongée dans la vie littéraire en général, anglaise en particulier. Pas forcément l'album le plus facile d'accès de la britannique mais une bonne critique sociale à l'humour féroce. J'adore !

Planche 3Planche 2

Planche 1

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

Jour 16 du Challenge Feel Good 

  Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

       

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27 janvier 2013

Rien n'est trop beau, Rona Jaffe

Rien n'est trop beau

Rien n'est trop beau est un roman paru en 1958 aux Etats-Unis et adapté au cinéma par Jean Negulesco en 1959. Son auteure, Rona Jaffe, ayant travaillé quatre ans dans une maison d'édition new-yorkaise, décida de raconter le quotidien des jeunes femmes qui, comme elles, concilient vie active et vie sentimentale, dans le New York des années 1950. Mi-étude sociologique, mi-roman, ce livre rencontra dès sa parution un vif succès.

New York, 1952. Caroline, Mary Agnes, April, Gregg et Barbara travaillent toutes les cinq aux éditions Fabian. Fraîchement diplômées, les cinq jeunes filles occupent des postes subalternes dans cette vaste entreprise dirigée par des hommes. Armées de leurs rêves et de leurs désirs, chacune cherche avidement à faire un beau mariage. Mais en attendant de rencontrer leur futur mari, elles profitent de New York et de ses distractions et subissent la dure loi du monde du travail.

J'aime beaucoup la question de l'émancipation de la femme et de la condition féminine traitée en littérature. Les années 1950 sont une époque charnière où, aux États-Unis, l'indépendance financière des femmes pointait son nez... avant de disparaître majoritairement au profit d'un mariage confortable. J'ai donc dévoré les 670 pages de ce roman avec grand plaisir.
Le lecteur goûte, à travers le parcours de ces cinq personnages, au quotidien des jeunes provinciales tout juste débarquées à New York. Si les paillettes et les plaisirs sont au rendez-vous, leur nouvelle vie de citadine leur réserve malheureusement bien des déconvenues : harcèlement sexuel au travail, tromperie, mensonges, etc. Tout n'est pas doré sous les lumières new-yorkaises, et c'est avec un sérieux courage que Caroline et ses amies vont affronter leurs déceptions.
Ode à l'indépendance et conseil aux nouvelles arrivées, Rien n'est trop beau est un roman protéiforme, à la fois analyse sociologique et initiation à la vie de femme indépendante, professionnellement et sexuellement. Le lecteur d'aujourd'hui regardera avec bienveillance les personnages errer et se chercher, car ces errances ne sont finalement pas loin de ce que l'on peut vivre aujourd'hui. Les aventures sentimentales des cinq jeunes femmes et leur naïveté attachante résonnent de façon universelle, même si la note de fraîcheur et de nouveauté liée à leur époque a disparu. 
Rona Jaffe nous permet de nous immerger dans le New-York des années 1950 et décrit la ville et son ambiance avec soin. On parcourt les lignes du roman et on se retrouve plongé dans cette folle ambiance de la ville qui ne dort jamais.
J'ai été émue par cette lecture, happée par ces histoires singulières pour lesquelles Rona Jaffe a interrogé cinquante new-yorkaises. On frôle le document d'époque, on oscille entre le roman et le documentaire tant l'auteure maîtrise son sujet et relate ce qu'elle a connu. On pense à Mad Men et Sept ans de réflexion. On savoure cette lecture, sans hésiter.

Les avis de Cynthia, Enigma, Iluze,  MangoManu et Fleurfleur.

 

Voici ma cinquième participation

au Challenge La littérature fait son cinéma 2 organisé par Will

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