Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

30 octobre 2015

Horrorstör, Grady Hendrix

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Horrorstör est un roman du journaliste new-yorkais Grady Hendrix paru en août cette année chez Milan et demi, un label développé par les éditions Milan. 

Rien ne va plus au magasin Orsk de Cleveland, en Ohio. En effet, depuis quelques jours dans la célèbre enseigne américaine de meubles en kit, les employés découvrent au petit matin de multiples dégradations. Quelqu'un rôderait-il une fois la nuit venue, dans les allées remplies de meubles aux noms aussi imprononçables que Kjërring ou Liripip ? C'est ce que doivent découvrir trois employés, engagés à rester une nuit dans l'immense magasin. Mais ils ne sont pas au bout de leur surprise !

Horrorstör est un roman singulier, et avant de vous parler du fond, j'ai envie - et c'est assez rare pour le noter - de vous parler tout d'abord de sa forme. Vous vous en doutiez vue la couverture, mais il s'agit bien là d'une parodie d'Ikea. Pour parfaire cet aspect-là, l'éditeur a eu l'idée de présenter ce roman comme le véritable catalogue de la célèbre enseigne suédoise ! Et le résultat est vraiment  étonnant et rudement bien fait ! Comme dans le catalogue Ikea (on voit la spécialiste, j'avoue être une grosse fan du géant suédois depuis toute petite !), les premières pages sont consacrées  au sommaire, puis au plan du magasin, aux modalités de livraison, à la carte de fidélité, etc. Chaque chapitre commence par un focus sur un meuble avec sa référence, etc. Bref, un côté esthétique qui permet au lecteur de se plonger dès l'ouverture de ce roman dans son inquiétante intrigue.

Grady Hendrix joue sur cette expérience de son lecteur (américain et européen, s'entend) des magasins Ikea et lui propose de plonger dans une virée cauchemardesque et infernale de ce système ultra codifié et rassurant, d'ordinaire. Car après vous avoir confortablement installé dans un cadre que vous connaissez bien, Grady Hendrix va vous malmener, cher lecteur. Et vous promettre l'horreur en faisant petit à petit basculer son intrigue, comme annoncé en couverture (oui, parce que le recto du livre est tout beau, mais le verso fait peur !) 

Bon, à force de me lire vous savez que je suis une toute petite nature qui a peur assez facilement. Et force est de constater que cette lecture m'a terrorisée. Je ne sais pas si c'est parce que je manque d'habitude en matière de lecture d'horreur (rigolez, rigolez, Stephen King c'est pas encore pour moi... C'est pour les grands, ça !) ou si c'est parce qu'en grande amatrice d'Ikea, je me suis vraiment projetée dans les scènes, mais j'ai vraiment eu peur. Alors je vais sûrement être la seule, parce qu'en regardant les avis des copines blogueuses à droite à gauche, j'ai vu qu'elles étaient déçues de ne pas avoir eu aussi peur que ce qu'elles espéraient, mais personnellement, ça m'a suffi !

Néanmoins, j'ai adoré cette lecture qui a eu le mérite de m'emmener dans une intrigue étrange, aux relents de critique du système capitaliste, sur fond d'horreur. Mais j'ai réussi à aller au bout, et ça c'est un exploit (bon, ce n'était pas au milieu de la nuit mais le matin, toutes lumières allumées...) Bref, je vous conseille largement ce roman, pour sa forme et son fond, et rien que pour l'expérience. Il va transformer votre vision d'Ikea... Si je vous dis que j'y vais demain ?

Si vous voulez lire des avis moins effrayés, filez voir ceux d'Hilde et Clarabel.

Un grand merci à Milan et demi et à Hilde et Lou pour ce roman gagné au concours qu'elles ont organisé lors du Challenge Halloween. Ca sera ma cinquième et dernière participation cette année à ce challenge que j'affectionne particulièrement. Et une participation de plus au Reading Challenge !

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22. Un livre qui vous effraie

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08 juillet 2014

La liste de mes envies, Grégoire Delacourt

La liste de mes enviesLa liste de mes envies est le second roman du publicitaire et écrivain Grégoire Delacourt paru en 2012 chez JC Lattès.

18 millions d'euros. C'est ce que gagne Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, à la loterie. Mais face à cette somme, elle panique. Mariée à son amour de jeunesse, menant une existence faite de bonheurs simples autour de sa mercerie, Jocelyne craint de faire voler en éclat son équilibre. Pour le préserver, elle décide de cacher à tous cette nouvelle et de dresser une liste d'envies simples pour améliorer sa vie. Mais malgré cette décision, sa vie va connaître un tournant inattendu.

Difficile d'être passé à côté de ce roman. Entre l'engouement dont il a été la cible lors de sa sortie et sa récente adaptation cinématographique, La liste de mes envies fait partie de ces titres dont il est facile d'être écoeuré avant même de l'avoir ouvert.
Mais surfant sur la vague du je-le-lis-après-tout-le-monde-et-je-m'en-fiche, comme pour Nos étoiles contraires, j'ai décidé de me plonger, un soir après le boulot, dans ce court roman.
Et force est de reconnaître que j'ai passé un moment agréable. Rien de révolutionnaire dans l'intrigue mais celle-ci possède un côté cathartique intéressant. Le postulat de Grégoire Delacourt - l'argent ne fait pas le bonheur, bien au contraire - permet de conforter le lecteur dans une vie faite de simplicité et de bonheurs sans prétention. Et dans le climat économique actuel, ce type de discours possède un côté rassurant indéniable.
Cet aspect-là mis à part, ce roman ne laisse pas un souvenir impérissable. Les personnages sont simples, parfois caricaturaux, et le décor de la mercerie, s'il possède un potentiel intéressant, n'est pas développé assez pour que le lecteur puisse s'y projeter.
Enfin, Grégoire Delacourt use ici d'un style simple, qui n'a là encore rien de mémorable. De l'oralité, beaucoup, de la simplicité, surtout, pour coller au personnage de Jocelyne qui prend en charge la narration. Il manque quelque chose à la plume de Grégoire Delacourt pour offrir à ce texte un petit quelque chose d'attachant. C'est dommage.
J'aurais néanmoins passé un bon moment avec ce roman aux allures de conte... Mais son côté un peu trop lisse me fait craindre de ne pas en garder beaucoup de souvenirs.
D'autres avis : Antigone, AriesteCajouCathulu, Clara, CottageMyrtilleJules, Liliba, Mrs Pepys, Mimipinson, NouketteNatiora, Sophielit, etc.

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