Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

31 août 2017

Au fond de l'eau, Paula Hawkins

Au fond de l'eau, Paula HawkinsAu fond de l'eau est le nouveau roman de la britannique Paula Hawkins, mondialement connue pour son thriller La fille du train (qui m'avait réconciliée avec les thrillers l'an dernier). Il est paru en France en juin chez Sonatine.

Lorsque Nel est retrouvée morte dans la rivière, sa soeur, Jules, est obligée de revenir à Beckford, la ville de leur enfance, pour s'occuper de sa fille, Lena. Le passé ressurgit et Jules doit affronter l'effroyable présent : sa soeur s'est donné la mort dans le bassin aux noyées, cette partie de la rivière où des femmes se sont jetées dans l'eau pour en finir. Alors qu'elle faisait un reportage photographique sur cette partie de la rivière, Nel a été emportée par son projet artistique. C'est ce que tout le monde croit, y compris l'inspecteur Sean. Mais Jules se rend rapidement compte que la mort de sa soeur survient quelques temps à peine après le suicide d'une adolescente du village, Katie, la meilleure amie de Lena. Et si ces deux morts étaient liées ?

J'avais été complètement happée par l'intrigue de La fille du train, me prenant au jeu de cette narration alternée savamment orchestrée, et j'attendais ce nouveau roman avec impatience. Hélas, il est bien difficile d'être à la hauteur d'une pépite littéraire, quel qu'en soit son genre. Et Paula Hawkins n'est pas parvenue à transformer l'essai.

Au fond de l'eau est un thriller efficace, certes, mais qui ne possède en rien la saveur de La fille du train. Ses personnages sont assez communs, sans réelle complexité psychologique et son intrigue ficelée trop rapidement pour ne pas être prévisible. Paula Hawkins opte à nouveau pour une narration alternée mais sans la singularité d'un narrateur aux souvenirs confus, comme dans son précédent roman. Et l'air de rien, l'ensemble perd de son charme. Les personnages se succèdent pour prendre en charge la narration et offrir au lecteur leur point de vue, mais  le tout reste plat, sans relief. Si j'avais tourné les pages de La fille du train à une vitesse vertigineuse, je me suis passablement ennuyée à Beckford sur les traces de Nel et de ce bassin aux noyées. Un thriller très commun, qui n'a su ni me terroriser ni me surprendre. C'est bien dommage...

Nelfe en revanche a passé un très bon moment entre ces pages.

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25 mai 2017

Le coma des mortels, Maxime Chattam

Le coma des mortels Maxime ChattamLe coma des mortels est le dernier roman de l'écrivain français Maxime Chattam paru en juin 2016 aux éditions Albin Michel.

Pierre. Le narrateur de cette histoire. Un homme qui a laissé sa vie derrière lui pour en recommencer une autre. Une vie toute neuve. Avant, il s'appelait Simon. Désormais, ça sera Pierre. Employé au zoo de Vincennes pour nettoyer les cages des animaux, Pierre a un cercle très restreint de connaissances. Mais étrangement, les morts se succèdent autour de lui. Mais qui est finalement Pierre ?

Cela faisait des années que je me disais qu'il fallait que je découvre l'oeuvre de ce romancier (j'avais même désespéré Nelfe à ne pas avoir lu un de ses romans) et voilà qui est chose faite avec ce titre, acheté lors de notre sortie en librairie le mois dernier par une élève qui souhaitait que je le lise pour en discuter ensemble.

Je suis tombée sous le charme du style de Maxime Chattam, enferrée dans cette intrigue sombre et épineuse où le narrateur fait naître des doutes dès les premiers instants. Bon, vous me connaissez : quand une narration est à la première personne, je suis distante, je me méfie, même, de ce personnage qui prend en charge l'intrigue et qui nous livre sa version des faits. Sa vérité. C'est exactement l'attitude que j'ai adoptée en me plongeant dans ces pages, hypnotisée malgré moi par cette histoire racontée à rebours par le personnage principal. Et quelque part, j'ai bien fait, même si je ne vous dirai rien de plus.

Tout est mystérieux - à commencer par Pierre, bien entendu - et Maxime Chattam emprisonne son lecteur dans ce roman noir un peu dérangeant, où le sexe côtoie la mort et où l'amour semble perdu. Portrait grinçant d'une humanité qui dérange, un brin barré à l'image du narrateur, Le coma des mortels a su me séduire malgré un dénouement un peu simple qui m'a laissée sur ma faim. Un romancier que je découvre avec ce titre et dont je vais explorer l'oeuvre (bon, pas de façon trop rapprochée non plus parce que ça reste relativement un thriller et que je suis petite nature...) L'avis de Nelfe, très déçue par ce titre.

"La comédie c'est un peu comme l'écriture : une forme d'art dangereuse pour la santé mentale qui consiste à développer une schizophrénie contrôlée et à jouer avec en testant la plasticité, la résistance et l'étendue." (p.41)

"Elle a une beauté progressive. Il y a des beautés myopes - belles de loin -, des beautés presbytes - à tomber par terre mais insupportable à vivre de près -, des beautés astigmates - en clair moches. Constance, elle, est une beauté progressive. Plus on l'observe, plus on découvre de petits détails qui font son charme." (p.328-329)

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07 mai 2017

La nuit des cannibales, Gabriel Katz

La nuit des cannibalesLa nuit des cannibales est un roman de l'écrivain et scénariste Gabriel Katz paru en mars chez Pygmalion.

Maxime de Retz, quarante-trois ans, une classe E, une Rolex, une pension alimentaire, trois crédits sur vingt ans et une vie un peu vide. Un matin, il se réveille dans le corps d'Aubert, quinze ans, lycéen sans histoire et sa vie prend un drôle de tournant. Surtout quand des tueurs tentent de le mettre hors d'état de nuire. Maxime/Aubert tente de comprendre ce qui lui arrive et de revenir dans son corps d'avant.

Difficile d'en parler sans trop vous en dire. Chaudement recommandé par ma libraire alors que j'étais en sortie avec mes élèves, j'ai succombé et dévoré ce thriller d'une traite, intriguée par son résumé et son titre.

De son titre, je ne vous révèlerai rien, mais je vous dirais quand même qu'il ne s'agit pas de cannibalisme au sens propre (si vous me connaissez, vous savez que je suis bien trop petite nature pour ça !). Gabriel Katz signe ici un thriller haletant, extrêmement bien ficelé et bourré d'humour. Si les personnages sont un brin caricaturaux (surtout les gros méchants dignes d'une série B) et les dialogues parfois un peu vides, l'ensemble fonctionne vraiment bien.

L'écriture est très imagée et cinématographique (c'est là qu'on voit que l'auteur est aussi scénariste) et chaque scène est décrite de façon si visuelle que le lecteur a l'impression de la voir sur écran.

L'intrigue se tient parfaitement, alternant pauses bienvenues et péripéties dignes d'un film d'action. Le dénouement - très bien trouvé - conclut l'ensemble et offre à ce one shot une dimension intéressante. Un très bon thriller qui m'a tenue en haleine du début à la fin, un divertissement très réussi. Je m'en vais de ce pas remercier ma librairie pour ce conseil qui ressemble peu à ce que j'ai l'habitude de lire

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17 septembre 2016

Les jumelles, Claire Douglas

Les jumelles, Claire DouglasLes Jumelles est le premier roman écrit par la journaliste Claire Douglas, finaliste du concours du premier roman organisé par l'édition britannique de Marie-Claire. Il paraîtra le 5 octobre prochain chez Harper Collins.

Traumatisée par le décès dix-huit mois plus tôt de Lucy, sa jumelle, Abi se remet doucement d'une tentative de suicide lorsqu'elle rencontre la flamboyante Beatrice. Cette dernière, créatrice de bijoux, habite une luxueuse maison avec des amis artistes, et son quotidien ne semble être que légèreté, insouciance et fêtes. Très vite, elle propose à Abi d'emménager dans sa collocation, ce que la jeune femme accepte immédiatement. Mais celle-ci tombe immédiatement sous le charme de Ben, le jumeau de Beatrice, ce que celle-ci accepte difficilement. Et entre les trois trentenaires, un triangle ambigu se met rapidement en place. Abi se rend compte que Beatrice possède une emprise inquiétante sur les autres membres de la maisonnée qui lui semblent tout dévoués, jusqu'à son jumeau, partagé entre les deux femmes.

Point de suspense ici, je ne vais pas vous le cacher longtemps : je suis tombée sous le charme de ce thriller, dévoré en trois jours (à peine le temps de vous indiquer que j'étais en train de le lire dans la colonne du blog que pouf ! Il était terminé !). Vous savez pourtant que ce n'est pas mon genre de prédilection, mais depuis mes lectures récentes de La fille du train et Avant d'aller dormir, j'ose sortir de ma zone de confort et me laisser surprendre. Et cette fois encore, j'ai bien fait.

Les jumelles est un huis-clos des plus réussis dans la vaste demeure de Bath de Beatrice dans laquelle elle évolue entourée de ses amis. Comme Abi, vous rentrez par la vaste porte du porche, charmé par cette nouvelle famille accueillante composée de personnalités affirmées et vous ne réussirez pas à en ressortir, envoûté par l'ambiance légère et détendue qui y règne. Impossible d'échapper au charme de Beatrice et à son quotidien fantasque et pétillant. Même lorsque ce dernier se révélera un peu moins pailleté qu'en apparence. La question de la gémellité est au coeur de cette intrigue passionnante et une fois le piège refermé, vous n'arriverez plus à lâcher ce roman, avide d'en connaître le dénouement...

La narration alterne entre une focalisation interne au personnage de Abi et une focalisation externe au personnage de Beatrice. Les chapitres se succèdent, la première personne alternant avec la troisième, et entraînent le lecteur dans une intrigue extrêmement bien ficelée. Le doute est là, à chaque page, à chaque affirmation. Car les passés respectifs de Abi, Beatrice et Ben sont assez flous et chacun semble cacher des détails de son ancienne vie. Et lorsque les choses commencent à se gâter entre les trois membres du trio, vous aurez du mal à savoir qui croire. Peut-on faire confiance à Abi, vulnérable, sous médicaments, mais qui semble aujourd'hui stable ? Et que dire de Beatrice, flamboyante et merveilleuse en apparence, mais qui se cache en un rien de temps derrière un masque de froideur des plus déconcertants ? Et qui est vraiment Ben, ce bel homme en apparence si fort, sûr de lui, qui semble trembler derrière sa soeur ?

Vous l'aurez compris : j'ai adoré ces pages. J'ai adoré m'interroger sur la personne à qui accorder ma confiance. J'ai adoré douter, à chaque événement nouveau, de tout, de tous. Claire Douglas entraîne son lecteur dans un huis-clos paradoxalement doudou et inquiétant. Entre la collocation à la Friends et le charme discret des intérieurs britanniques un rien suranné où le thé est omniprésent, des secrets dorment, bien enfouis, ou presque. Allez, foncez, vous ne le regretterez pas ! Par contre, petit conseil : ne lisez pas la quatrième qui dévoile une grande partie des rouages de l'intrigue (c'en est même étonnant a posteriori) De quoi vous gâcher le plaisir de lecture ! (grande chance pour moi : ma mémoire de moineau qui m'a fait l'oublier sitôt lue et permis de découvrir avec délice le roman).

Un grand merci à Angélique de Langage&Projets de m'avoir proposé de découvrir ce titre en avant-première.

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30 juin 2016

Avant d'aller dormir, S.J. Watson

Avant d'aller dormir, SAvant d'aller dormir est le premier roman du britannique S.J. Watson paru en 2011 chez Sonatine. 

Lorsque que Christine se réveille un matin, elle ne reconnaît ni la chambre dans laquelle elle se trouve, ni l'homme couché à ses côtés. Prise d'effroi, la jeune femme s'enferme dans la salle de bain avant de découvrir avec horreur qu'elle a vieilli de vingt ans... L'homme dans la chambre, qui s'avère être son mari, lui apprend qu'elle a perdu la mémoire dans un grave accident il y a vingt ans. Depuis, à chaque fois qu'elle s'endort, Christine efface tous ses souvenirs. Et tous ses matins ressemblent à celui-ci... Commence alors un combat contre l'effacement de ses souvenirs et pour la réappropriation de sa vie, combat qu'elle mène grâce à l'aide d'un médecin qui lui fait écrire tous les jours dans un journal. Mais au fur et à mesure de la lecture de celui-ci, Christine note des incohérences dans ce que lui est dit chaque matin...

Largement conseillé par Amélie après ma lecture de La fille du train (qu'elle m'avait conseillé aussi !), je me suis plongée dans ce roman avec grand plaisir.

L'intrigue démarre sur les chapeaux de roue et entraîne son lecteur au coeur des sentiments nébuleux de l'héroïne, Christine. Cette dernière, qui est aussi la narratrice, emporte le lecteur dans son effroi face à cette révélation sordide : un accident l'a laissée quasi morte et lui a volé toute sa mémoire, la rendant incapable de fixer tout nouveau souvenir et la condamnant à un éternel présent. Les journées passent, rythmées par ces nuits qui effacent tout et le lecteur d'espérer, à chaque nouvel événement, que Christine le consigne soigneusement dans son journal, sa mémoire externe, son support du passé, afin de le retrouver le lendemain matin.

Très vite, pourtant, des incohérences apparaissent et le lecteur est en proie au doute : et si finalement tout n'était pas si simple ? Et si tout n'était pas dit à Christine ? Pour la protéger ? Ou peut-être pas ? Et si elle-même n'arrivait pas à percevoir la réalité telle qu'elle est ? Le roman s'accélère, les incertitudes gagnent du terrain, les moments de doute et d'effroi aussi. L'étau se resserre, jusqu'à un final éclatant.

S.J. Watson parvient à distiller un suspense haletant qui emprisonne son lecteur sans lui donner une once de chance de découvrir la vérité. C'est brillant ! Je suis sortie soufflée de ce roman, les nerfs un peu en pelote, conquise par sa construction narrative. Un thriller psychologique qui remplit parfaitement son rôle ! Merci Amélie pour ce conseil ! (et maintenant, pause dans les thrillers, sinon, petite nature que je suis, je vais finir par ne plus dormir !)

Voici ma quatrième participation pour terminer le Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

mois anglais 2016_car.jpg

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16 mai 2016

La fille du train, Paula Hawkins

La_Fille_du_trainLa fille du train est un thriller de la britannique Paula Hawkins publié en 2015 chez Sonatine.

Rachel prend tous les jours le même train, pour rejoindre Londres depuis la banlieue qu'elle habite avec Cathy, sa colocataire. Tous les jours le même trajet, pour mentir à son amie et faire semblant d'aller travailler, alors que Rachel a perdu son emploi il y a quelques mois, à cause de ses problèmes d'alcool. Alors dans le train, en sirotant la plupart du temps du gin tonic, Rachel regarde le paysage défiler. Et tous les matins, alors que le train s'arrête sur la voie, elle regarde une maison en particulier, observe le couple qui y habite et se prête à imaginer leur vie. Jess et Jason, comme elle les nomme, sont heureux et amoureux. Ca, c'est ce qu'elle imagine jusqu'au jour où elle surprend celle qu'elle prénome Jess avec un autre homme chez elle. Rachel se sent investie d'une mission : prévenir Jason que sa femme le trompe. Mais alors qu'elle se persuade que c'est la meilleure des choses à faire, Jess disparaît et tous les soupçons pèsent sur Jason. Rachel voit une occasion de se rendre utile en l'aidant. Mais entre ses souvenirs hésitants et ses matins hagards d'alcoolique, Rachel n'est pas la plus à même pour l'aider...

C'est Mona Lisa Overdrive qui a réussi à me convaincre de succomber à ce thriller qui avait enflammé la blogosphère l'an dernier. Et pourtant, j'avais dit que les thrillers et moi, c'était fini fini... Mais comme elle a su me persuader que je ne finirais pas terrorisée au fond de mon lit, je me suis lancée dans ce roman, lors d'un trajet en train qui plus est (oui, je pousse le vice jusqu'au bout pour m'identifier à l'héroïne... Non, je n'ai pas bu de gin tonic pour parfaire l'illusion !^^)

Et bien m'en a pris ! Je me suis vraiment régalée avec ce thriller psychologique très intense, qu'il est difficile de lâcher. Paula Hawkins prend en otage son lecteur de façon efficace, en alternant les narrateurs. Le personnage de Rachel prend majoritairement en charge la narration, et tout est fait, dès les premières lignes, pour que le lecteur ne lui fasse pas confiance. Son alcoolisme et le fait qu'elle doute de ses souvenirs n'aident pas à lui donner une quelconque crédibilité. Et sa mémoire vacille, à cause de l'aclool. Rachel doute de tout, de tous. Et le lecteur de douter avec elle. Ou d'elle ? Ses mensonges répétés à tous les autres personnages l'empêtrent dans des situations délicates et n'inspirent aucune empathie. Et le lecteur de subir cette narratrice anti-héroïne par excellence qui cumule les tares et les défauts.

Megan - le vrai prénom de celle qu'elle prénomme Jess et qui disparaît au début du roman - et Anna -la femme de l'ex-mari de Rachel - se chargent également partiellement de prendre en charge la narration et possèdent elles aussi quelques secrets que le lecteur peine à percer. Les trois narratrices se succèdent, et avec elles le mystère s'épaissit...

Les époques alternent, les narrateurs aussi, et le suspense croît progressivement. Le lecteur n'accorde sa confiance à personne, doutant des dires de chacun, cherchant dans les bribes de souvenirs une once de vérité. Et comme dans tout  policier, il sait qu'un des personnages est coupable. Reste à savoir lequel ! Et je dois vous avouer que, malgré le nombre incalculable d'Agatha Christie que j'ai dévorés, je me suis fait mener par le bout du nez par l'auteure quasi jusqu'à la fin. Et quel final ! Un dénouement stressant mais ô combien bien orchestré. Bref, un régal ! Merci beaucoup Mona Lisa Overdrive de m'avoir convaincue de dévorer ce roman. J'ai très envie de découvrir dans la foulée Avant d’aller dormir de S. J. Watson que tu me conseilles aussi. Et je dois vous avouer que je lève la tête le matin dans le train maintenant. Qui sait ce que je peux apercevoir, au détour d'un jardin ?

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14 avril 2016

Les filles oubliées, Sara Blaedel

Les filles oubliéesLes filles oubliées est un thriller de la danoise Sara Blaedel paru en novembre 2015 aux éditions Terra Nova.

Le corps sans vie d'une jeune femme est découvert dans une forêt au Danemark.  Malgré l'énorme cicatrice qui barre son visage, l'appel à témoins reste sans réponse et son identité demeure un mystère. Mais très vite, une vieille femme se souvient de la victime : enfant, elle était internée dans un hôpital psychiatrique, avec sa soeur jumelle, abandonnée par ses parents. Le plus étrange est qu'elles avaient été déclarées mortes... Pour Louise, chargée de l'enquête, les questions sans réponse sont nombreuses.

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de thriller et j'ai succombé à l'appel de ce dernier, appâtée par la localisation de l'intrigue (j'adore le Danemark !). Mais très rapidement, je me suis rendu compte que ce n'est pas un hasard si je délaisse ce genre de livre : loin de me détendre, ils me crispent au plus au point. Lire des descriptions de violences ne me permet pas réellement de m'éloigner de mon quotidien et de m'évader. Quand en plus les violences sont envers des femmes, l'identification est certaine et le malaise grandit.

J'ai été très mal à l'aise tout au long de ma lecture, horrifiée, parfois, par le mal et toutes les formes qu'il emprunte. Je ne remets en aucun cas en cause le travail d'écrivain de Sara Blaedel ni son intrigue - savamment construite - mais je pense que je ne suis plus du tout le lectorat visé par les thrillers.

Pour les amateurs du genre, sachez que Les filles oubliées est un très bon thriller qui vous fera frissonner juste ce qu'il faut (moi je ne compte pas, vous savez à quel point je suis petite nature !). L'enquête avance à bon pas, les rebondissements sont nombreux et le duo d'enquêteurs - quoiqu'un peu caricatural et prévisible - fonctionne bien. Le dénouement final est glauque à souhait et offre à l'intrigue une dimension intéressante. Pour ma part, j'ai été pressée de terminer ces pages mais d'autres les refermeront à regret, sans aucun doute...

Un grand merci à Camille de LP Langage&Projet et les éditions Terra Nova pour l'envoi de ce roman.

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11 décembre 2013

L'encre et le sang, Franck Thilliez et Laurent Scalese

L'encre et le sangL'encre et le sang est une nouvelle co-écrite par deux auteurs de romans policiers français, Franck Thilliez et Laurent Scalese, parue en juin 2013 chez Pocket.

Hong Kong, ville tentaculaire et démesurée. William Sagnier, écrivain raté, y traîne son spleen dans un seul but : tuer Cassandra, son ancienne maîtresse, qui a provoqué sa perte en lui volant son manuscrit pour le faire publier sous le nom de l'homme qu'elle aime. 
Au détour d'une rue d'antiquaires, William tombe sur une vieille machine à écrire qui l'aimante littéralement. Il l'achète, sans hésitation, et découvre bien vite qu'elle possède un étrange pouvoir : tout ce qui est tapé dessus se produit dans la réalité. William y voit immédiatement une façon de se venger de ceux qui l'ont détruit...

Franck Thilliez et Laurent Scalese signent ici une nouvelle efficace fondée sur une intrigue paradoxalement simple et retorse. Si le fantastique semble poindre dès le début de l'intrigue avec cet objet - fascinant s'il en est - qui offre à celui qui s'en sert une omnipotence indéniable, l'histoire bascule bien vite dans une autre dimension et offre à son lecteur un retournement des plus intéressants.
Je me garderais bien de vous en dire davantage, mais sachez qu'en 118 pages - et c'est une gageure - les deux romanciers parviennent à ficeler une intrigue originale qui ne vous laissera pas insensible.
Leurs styles se mélangent pour aboutir à une écriture dynamique très cinématographique. Le suspense est maîtrisé d'une main de maître et le lecteur sent bien vite que cet apparent cadeau venu du ciel pour orchestrer une vengeance est bien plus dangereux qu'il n'y paraît.

Une lecture rapide et rafraîchissante que je ne saurais que vous conseiller. Imaginez : et si vous aussi vous possédiez cette fascinante machine à écrire, qu'en feriez-vous ? Pour ma part, bien après avoir refermé ce livre, je continue à m'interroger...

Franck Thilliez et Laurent Scalese

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21 octobre 2011

Séquestrée, Chevy Stevens

sequestree-chevy-stevens-L-HtyJjESéquestrée est le premier roman de Chevy Stevens paru aux Éditions de l'Archipel en septembre.

Annie O'Sullivan, agent immobilier, mène une vie tranquille sur l'île de Vancouver. Mais sa vie bascule le jour où, alors qu'elle fait visiter une maison, elle se fait enlever. Séquestrée dans une cabane isolée en pleine forêt, violée, battue et contrainte d'obéir à son ravisseur, Annie vit des jours cauchemardesques.
Pour apprendre à vivre après ce traumatisme, elle entame une thérapie. Chaque chapitre de ce roman est un monologue à son thérapeute, à qui elle raconte son calvaire de bout en bout.

Les éloges de la blogosphère ne cessent de pleuvoir sur ce thriller, et je m'attendais moi-même à un roman qui me tiendrait en haleine. Mais la magie n'a pas opéré...
L'intrigue en elle-même n'est pas très originale - la séquestration n'est pas un thème nouveau dans la littérature - et les longueurs sont pesantes. Si la construction narrative est intéressante, elle tue dans l'oeuf le suspense qui éclôt très tôt. On connaît d'avance la fin : Annie s'en est sortie puisqu'elle est là, en train de faire une thérapie. Tout le suspense réside dans le fait de savoir comment. Mais cela n'a pas suffit à éveiller mon intérêt.
Je me suis même parfois ennuyée dans la description de ces journées cauchemardesques. Chevy Stevens semble prendre un malin plaisir à décrire sévices et tortures sexuelles. Le mauvais goût n'est jamais loin et la vraisemblance s'émiette. Le personnage d'Annie relate son calvaire mais d'une manière telle qu'il est impossible de se faire à l'idée qu'elle parle à quelqu'un : les viols et autres horreurs sont racontées avec une telle distance qu'on peine à croire que le personnage les a vécus. Cela semble un détail, mais ça m'a gênée au cours de ma lecture.
Enfin, et parce que j'ai lu ce thriller jusqu'au bout, je m'attendais à un dénouement qui améliorerait mon opinion sur cette lecture. Mais je suis restée sans voix tant ce dernier était tiré par les cheveux...
Bref, un rendez-vous manqué. Peut-être que j'en attendais trop, certes, mais je ne pense pas que mon regard eût été foncièrement différent si j'avais acheté ce thriller sans le connaître.
Je tiens néanmoins à remercier Valérie et les Éditions l'Archipel pour ce roman reçu en service de presse. Les avis plus enthousiastes de Stephie, Canel et Mango

 Challenge Thriller

2/3 pour le Challenge Thriller de Cynthia

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15 septembre 2011

Tokyo, Mo Hayder

mo-Hayder_tokyoTokyo est le troisième roman de la romancière britannique Mo Hayder. Publié en France en 2004, il traînait dans ma PAL depuis quelques temps, après avoir été dégoté chez un bouquiniste.

Grey, la vingtaine, débarque seule à Tokyo, obsédée par un sujet : le massacre de Nankin par les Japonais en 1937. Mais le seul témoin de cet épisode, un vieil universitaire, n'est pas disposé à revenir sur cette période de sa vie et à lui parler.
La jeune anglaise est rapidement embauchée dans un bar à hôtesses. Mais les cients qu'elle y rencontre sont loin d'être des hommes d'affaires lambdas. Subvenant à ses besoins, Grey continue en parallèle ses recherches sur Nankin. Car son obsession n'est pas qu'empathique : la jeune femme a bien des secrets à cacher et des réponses à trouver dans cette tragédie. Et son précédent internement en hôpital psychiatrique la pousse à chercher des vérités dans le passé.

Je connaissais de réputation Mo Hayder et de ses romans. Je savais que je m'exposais à une lecture choquante, violente, etc.
Résultat ? Une nuit d'insomnie quand, arrivée à la moitié du livre et après un début plutôt calme, l'intrigue s'accélère.  Je me suis laissé happée jusqu'à la dernière page. Vous dire que j'étais tellement tendue qu'il m'était impossible de m'endormir sans connaître le dénouement n'est pas loin de la vérité... Non, en fait c'est l'exacte vérité !
Tokyo est un roman que l'on peut qualifier de morbide. Non seulement l'histoire personnelle de Grey, l'héroïne, prend très vite une tournure dérangeante, mais les détails historiques sur le massacre de Nankin font froid dans le dos.
Si Mo Hayder avoue en postface la difficulté de trouver des documents sur cet épisode historique et, surtout, des documents exposant les faits d'une façon cartésienne, sans exagération dans la cruauté ni dans l'horreur, elle en propose ici une version très personnelle mêlée à une part fictionnelle intéressante. Les personnages possèdent une psychologie très fine et leurs vies s'entremêlent inextricablement.
Comme tout bon thriller, la tension monte progressivement (le personnage de la Nurse est devenu mon cauchemar ultime !) et les explications sont données au compte-goutte pour ménager le suspense. L'alternance de temporalité entre les chapitres - Nankin en 1937 et aujourd'hui à Tokyo - permet de faire évoluer les deux histoires de façon parallèle et de faire monter l'intensité dramatique conjointement.

Lectures communesIl y a beaucoup à dire sur ce roman mais je m'arrêterai là. Pour terminer, je vous préviens : si vous ouvrez ce livre, faites le en connaissance de cause. Pour ma part, je crois que je vais m'arrêter là dans ma découverte de Mo Hayder (je suis une trop petite nature pour ce type de thrillers...)
Tokyo
était une lecture commune avec
Manu, Estellecalim, (un peu en retard) Canel et Sophie.

Et comme je n'ai pas pu résister au Challenge Thriller de Cynthia,
je me suis inscrite dans la catégorie "Touriste planquée" (3 thrillers à lire avant le 15 juin 2012)

Challenge Thriller

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