Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




25 avril 2019

L'amour, le Japon, les sushis et moi, N.M. Zimmerman

9782226329387-jL'amour, le Japon, les sushis et moi est un roman de Naïma Murail Zimmermann, nièce de Marie-Aude Murail et Moka, paru en octobre 2016 chez Albin Michel Jeunesse. 

Lucrèce a quinze ans lorsque sa mère, chercheuse en sciences, décide d'emmener sa famille vivre à Nagoya, au Japon. Depuis la disparition de leur père dans l'Himalaya, Lucrèce et Maximilien, son frère essaient de trouver un équilibre précaire avec leur mère un peu fantasque. Leur nouvelle vie japonaise est l'occasion pour eux d'avancer. Si Maximilien se régale à jouer avec Trobeau, leur chien, et remporte un franc succès à l'école primaire, Lucrèce, pour sa part, peine à s'intégrer au lycée. Obligée de choisir un club pour compléter son cursus, elle rejoint le Club des amateurs de sushis. Mais elle se rend rapidement compte que ce dernier n'est qu'une vitrine pour quatre lycéens qui n'ont pas envie de faire partie d'un club. Rapidement, Lucrèce perçoit des tensions entre Oda et Ryu, les deux garçons du groupe. Elle décide de s'en mêler et d'oeuvrer pour leur réconciliation. Pourquoi ne pas organiser un projet autour du club de sushis ? 

Je dois avouer que je n'espérais pas grand chose en ouvrant ce roman ado. Peut-être un contexte culturel détaillé, quelques traditions ça et là et un soupçon de Japon d'aujourd'hui, comme Ueno Park qui m'a littéralement conquise. Et à ce niveau-là, je dois avouer que j'ai été servie.  
L'intrigue prend corps dans un Japon étudié juste ce qu'il faut, où traditions bouddhistes, légendes, gastronomie et mentalités sont rendues accessibles pour le lectorat visé.  
Pour le reste, l'intrigue reste très classique et hautement prévisible. Lucrèce se donne comme mission de réconcilier les deux garçons du groupe et de faire reprendre le violoncelle à Ryu, tout en s'ouvrant doucement au sentiment amoureux et l'intrigue se déroule lentement vers un dénouement attendu. Aucune surprise ni folie dans cette histoire adolescente si ce n'est la rapide question du deuil du père, évoquée alors la mère de Lucrèce a fait croire à son petit frère que ce dernier était resté vivre dans l'Himalaya avec le yéti.  
Un roman ado qui ne me laissera pas grand souvenir mais qui possède le mérite d'apporter une touche culturelle à son lectorat. 

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Un Mois au Japon organisé par Lou et Hilde

 

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04 avril 2019

Ueno Park, Antoine Dole

Ueno Park, Antoine DoleUeno Park est un roman de l'écrivain et scénariste Antoine Dole. Il est paru en août 2018 chez Actes Sud Junior.

Huit adolescents tokyoïtes. Huit voix qui s'élèvent au moment du Hanami - la floraison des cerisiers - pour raconter le Japon d'aujourd'hui. A  Ueno Park où tous convergent sans se connaître, ils parlent de leur quotidien, des traditions qui les écrasent, de la société japonaise et de ses codes, de leur culture et contre-culture. 

En ce moment, je me languis de mon voyage au Japon l'été dernier. Quel plaisir de me plonger dans ces pages et de retrouver les sensations que j'avais éprouvées en découvrant Tokyo ! 
Antoine Dole réussit le pari d'adopter une écriture épurée et imagée qui rappelle celle des écrivains japonais. Il entraîne son lecteur au coeur de ces huit nouvelles portées par huit voix différentesAyumi, Sora, Fuko, Natsuki, Haruto, Daïsuké, Aïri et Nozomu se racontent chacun leur tour, à la première personne. Portés par le désir d'exister et d'être singulier, ils évoquent leur quotidien. 
Peur d'échouer, transidentité, amour passionnel, maladie incurable, traumatisme, les thématiques sont nombreuses autant que sensibles et parfaitement étudiées culturellement
L'auteur maîtrise son sujet et parvient à emmener son lecteur dans le Tokyo d'aujourd'hui, au printemps, alors que le Hanami bat son plein et que le cerisier géant de Ueno Park fascine les visiteurs
Un livre court autant qu'intense. Une parfaite plongée dans le Japon d'aujourd'hui, avec ses particularités culturelles et ses traditions bien ancrées. Un petit bijou d'une finesse et d'une intelligence rares. A lire sans hésiter ! 

"Nous ne racontons pas nos blessures, nous sommes de ces familles qui survivent dans le silence des choses." (p.20)

"Et je souris à ces vies que les fleurs de Hanami nous aident à célébrer. A ces vies qui nous manquent et que des vents contraires ont emportées trop tôt. A celles qui naissent, fleurissent et se dévoilent en plein soleil. A celles qui s'égarent et retrouvent leur chemin. Et à toutes celles, précieuses et pleines d'espoirs, qu'il nous reste encore à vivre." (p.27)

"Est-ce qu'un printemps pourrait rejaillir un jour, au creux de ma vie ? Est-ce qu'un jour, quelqu'un, quelque part, se souviendra de qui je suis ? Est-ce qu'on se souviendra seulement que j'ai été quelqu'un ?" (p.115)

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Un Mois au Japon organisé par Lou et Hilde

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20 mars 2019

Le murmure des sorcières, Marianne Renoir

Le murmure des sorcièresLe murmure des sorcières est un roman jeunesse de Marianne Renoir paru en janvier dans la collection Neuf de L'Ecole des Loisirs. 

Kaï est une petite sorcière et comme toutes les sorcières, elle est végétarienne, descend des dragons de Komodo et vit sur une île du Pacifique, en tout quiétude. Mais lorsque la montée des eaux menace leur île, les sorcières sont obligées d'émigrer. Après un long vol en balai, elles se retrouvent à Paris et Kaï, très intriguée par les humains, adore les observer. Mais un soir, alors qu'elle rencontre une petite fille qui lui ressemble énormément, sa mère entre inopinément dans la chambre et les confond. Kaï et Marie-Astrid Caramel de Bellegarde - c'est son nom - échangent donc leur vie. C'est le début des aventures pour les deux fillettes !

J'ai toujours aimé les histoires de sorcières. Depuis que je suis petite et que j'ai dévoré la série des Amandine Malabul puis la saga des Chrestomanci et enfin les Harry Potter, j'avoue avoir un faible pour ces univers. Je n'ai donc pas résisté à l'appel de ce court roman jeunesse, dans lequel les sorcières sont végétariennes.    
Mais j'en ressors en demi-teinte. Si l'idée de départ est assez classique - l'échange de deux personnages qui se ressemblent - le traitement sur fond d'intrigue écologique et de sorcellerie m'intéressait grandement.   
Malheureusement, je n'ai été sensible ni au style narratif, ni à l'univers imaginé qui semble arbitraire et trop peu décrit pour qu'on s'y plonge. Heureusement que l'héroïne est attachante et que les questions de tolérance et d'environnements sont bien traitées. Mais je ressors mitigée de cette lecture. 

Merci  à L'Ecole des Loisirs pour l'envoi de ce roman.

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30 décembre 2018

Bjorn le Morphir, Thomas Lavachery

Bjorn le MorphirBjorn le Morphir est un roman de Thomas Lavachery paru en 2002 à L'Ecole des Loisirs. Il reçut le Prix Sorcières en 2006.

Hiver 1065. Une terrible tempête de neige s'abat sur le royaume de Fizzland, contraignant les habitants à se réfugier dans leurs maisons. La Démone blanche, comme elle est surnommée, veut tuer les hommes pour s'approprier leurs âmes. Le jeune Bjorn et sa famille s'enferment dans leur demeure familiale, prêts à tenir le siège d'un hiver sans fin. Le jeune viking, timide et réservé, va peu à peu révéler son caractère et dans ce huis-clos glacial, devenir un morphir.

Quelle découverte, pour cette dernière lecture de 2018 ! Intriguée par ce terme de morphir (qui désigne un personnage malingre et peureux qui se transforme en héros et guerrier exceptionnel), j'ai dévoré ce premier tome, prémisse d'une série qui s'annonce riche et de qualité.

Thomas Lavachery tisse une intrigue de qualité, mélange de fantasy et de légendes nordiques, pour mieux créer son univers personnel. Le fantastique est là, avec la neige personnifiée en démone qui susurre des menaces à l'oreille de Bjorn, et sert l'histoire qui oscille entre conte, roman d'apprentissage et d'aventure.

Le jeune Bjorn va révéler peu à peu ses capacités, au fil des pages et d'un voyage qui n'est pas sans rappeler Jules Verne et son Voyage au centre de la Terre. Les personnages sont rapidement décrits, l'auteur ne s'attardant pas tant sur leur psychologie que sur leurs agissements. L'intrigue est rythmée, pleine de suspense - la neige, dehors, menace de faire s'écrouler la maison familiale ! - et de péripéties.

Un excellent premier tome, qui va loin dans le terreau des contes et des légendes et promet une suite tout aussi excellente. A lire, à offrir aux plus jeunes, pour les faire rêver à un ailleurs d'un autre temps fascinant.

La série compte aujourd'hui sept tomes, adaptés en bande dessinée par l'auteur et Thomas Gilbert.

 

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Un grand merci à L'Ecole des Loisirs pour la découverte de ce roman ! 

 

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15 décembre 2018

La fille qui a sauvé Noël, Matt Haig

La fille qui a sauvé Noël, Matt HaigLa fille qui a sauvé Noël est un roman écrit par le britannique Matt Haig et illustré par Chris Mould. Il est paru en novembre 2017 dans la collection Helium de chez Actes Sud.

Londres, 1841. Amélia est ramoneuse, tout comme sa maman. Avec son chat Capitaine Suie, elle tente de garder espoir, en cette période de Noël. Car la maman d'Amélia est très malade. Et si elle meurt, Amélia sait qu'elle sera envoyée dans une maison de redressement. Alors Amélia écrit au Père Noël une lettre. Une lettre pour lui demander de guérir sa maman. Mais pendant ce temps, à Lutinbourg, c'est la panique. Les lutins se font attaquer par des trolls tandis que les rennes du Père Noël n'arrivent plus à voler. Mais qui va sauver Noël ?

Alors que le Marathon de lecture de Noël bat son plein dans le chalet de Chicky Poo et Samarian (je ne peux pas participer pour cause de weekend bien chargé !), je vous propose une petite lecture jeunesse bien sympathique avec ce roman, digne héritier de Roald Dahl et Dickens.

Le Londres du 19e est bien impitoyable pour les orphelins, et Matt Haig n'ouvre pas son roman sur une note joyeuse. La petite Amélia, qui vit seule avec sa mère, tremble à l'idée que celle-ci meure et qu'elle soit envoyée dans une maison de redressement, lieu sombre et violent. On ne peut pas ne pas penser à Oliver Twist - voire à Harry Potter ! - en lisant ces lignes, mais le roman ne s'arrête pas à cette misère historique réelle et suit en parallèle les troubles de Lutinbourg. Matt Haig a imaginé un village de Noël des plus charmants, avec une organisation bien rodée (l'atelier des jouets, le journal La Gazette des neiges, le groupe de musique Les Clochettes, la monnaie en pièces en chocolat, etc.) et les illustrations de Chris Mould lui donnent vie. L'imaginaire est stimulé par les descriptions imagées complétées par ces illustrations en noir et blanc un brin rétro. L'intrigue est bien construite, le Londres du 19e bien esquissé sans être trop lourd pour un roman destiné aux 9-12 ans, les personnages attachants et l'ensemble se lit avec douceur.

Un roman jeunesse drôle et attachant, que j'aurais aimé découvrir vers 10 ans pour mieux m'émerveiller du village de Lutinbourg et des illustrations de Chris Mould. A lire et à offrir aux petits lecteurs autour de soi sans hésiter !

 

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Challenge Christmas Time chez MyaRosa et Il était six fois Noël chez Chickypoo et Samarian

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05 décembre 2018

Broadway Limited T.1 Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Broadway LimitedUn dîner avec Cary Grant est le premier tome de la série Broadway Limited imaginée par la romancière et scénariste algérienne Malika Ferdjoukh. Il est paru en mars 2015 à L'Ecole des Loisirs puis en avril 2018 en poche.

New York, automne 1948. Jocelyn a dix-sept ans et vient d'arriver dans la ville tentaculaire. Répondant à une annonce, il atterrit à la pension Giboulées, un établissement pour jeunes filles gérée par deux soeurs fantasques. Comme Jocelyn est français et pianiste, les soeurs Merle l'acceptent. Commence alors pour Jocelyn un tourbillon de vie et de musique, entouré des jeunes filles de cette drôle de pension. Le jeune français timide et réservé va découvrir le New York vibrant du swing et du jazz au côté des pensionnaires artistes en herbe. 

Quel tourbillon de vie, quel rythme, quelle musicalité ! Ce roman nous entraîne tout droit dans le New York de la fin des années 40, alors que Broadway est le centre de la création artistique. Comédiens en herbe, chanteurs, danseurs, tout ce petit monde gravite autour des clubs et des théâtres, dans une effervescence incontrôlée. Ode à la jeunesse, à la vie, à l'amour aussi, ce premier tome campe le décor et les personnages (nombreux !) de la pension des Giboulées. Le New York de l'époque est très bien représenté tout en évitant l'éccueil de descriptions trop importantes qui alourdissent le texte. L'ensemble reste léger et se lit avec fluidité. 

L'automne se termine, l'hiver et Noël arrivent à grand pas, et Jocelyn de s'émerveiller de la vie qu'il mène, entre clubs de jazz et sorties au théâtre, et de raconter le tout, par lettres, à sa soeur jumelle restée en France. Les intrigues amoureuses et les amitiés se croisent, s'entremêlent, se tissent doucement. Un premier tome qui se lit comme une douceur, à l'image de sa couverture rosée, pour mieux poursuivre les aventures de la pension Giboulées avec le second tome. Un grand merci à L'Ecole des Loisirs pour la découverte de ce roman. La suite m'attend dans ma PAL et ne va pas y rester longtemps !

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31 octobre 2018

Soeurs Sorcières T.1 Jessica Spotswood

Soeurs Sorières TSoeurs Sorcières est une trilogie de l'américaine Jessica Spotswood. Son premier tome est paru en juin 2013 chez Nathan. 

Fin XIXe, dans une Nouvelle-Angleterre imaginaire. Cate est l'aînée de trois soeurs. Trois soeurs sorcières. A bientôt dix-sept ans, la jeune fille va devoir choisir lors d'une cérémonie rituelle entre la vie maritale et la vie monacale. Depuis la mort de leur mère, sorcière aussi, Cate tremble que quelqu'un découvre leur secret. A l'aube du XXe siècle, la chasse aux sorcières fait toujours rage. Sur délation ou simple présomption, des dizaines de femmes disparaissent, certaines envoyées dans un obscur pénitencier, d'autres s'évanouissant dans la nature. Alors que la date fatidique de la cérémonie d'annonce approche, Cate hésite. Son ami d'enfance la demande en mariage, tandis que son coeur penche vers le fils de la libraire de la ville. L'arrivée d'Elena, une gouvernante sensée veiller sur les trois soeurs et les introduire en société, va bousculer le fragile équilibre familial.

Je n'avais aucune attente en ouvrant ce roman lors du Read-a-Thon d'Halloween il y a presque quinze jours. J'étais même circonspecte, mon attrait pour la bit lit - la littérature de vampires - étant très très limité. Mais sur les conseils d'une Instagrammeuse que j'apprécie, j'ai sauté le pas. Et je dois dire que j'ai bien fait !  
Jessica Spotswood construit une intrigue intéressante, empruntant à l'Histoire bien des détails. La question de la chasse aux sorcières, de la condition féminine, et de l'éducation des jeunes filles de bonnes familles au XIXe sont ainsi abordées avec finesse, sur fond d'intrigue fantastique. La sorcellerie est là - les trois soeurs faisant l'objet d'une prophétie qui pourrait changer l'Histoire - mais elle n'est finalement qu'un prétexte à la construction de personnages féminins complexes.   
Les trois soeurs entretiennent des relations qui ne sont pas sans rappeler celles d'Elizabeth Bennet et ses soeurs, les héroïnes de Jane Austen, l'aînée devant s'introduire dans le monde et se marier avant ses cadettes.   
Vous l'aurez donc compris, c'est rare que je dise ça  avec de la young adult, mais allez-y les yeux fermés ! De mon côté, je vais rapidement poursuivre avec la lecture du second tome tant cette intrigue m'a envoûtée. Une parfaite lecture d'automne et d'Halloween...

Challenge Halloween 2018, Halloween, logo   

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04 juin 2018

Mauve, Marie Desplechin

Mauve Marie DesplechinMauve est le troisième et dernier tome de la trilogie consacrée à Verte et imaginée par Marie Desplechin. Il est paru une première fois en 2014 avant d'être réédité le mois dernier avec une nouvelle couverture de Magali Le Huche. 

Rien ne va plus ces derniers temps : Verte et Pome sont d'une humeur massacrante et claquent les portes. Serait-ce une crise d'adolescence qui pointe le bout de son nez ? C'est d'un banal et ne ressemble pas aux deux petites sorcières. Mais le jour où Pome revient avec un hématome sur la joue, le doute n'est plus possible : il se passe quelque chose au collège ! Depuis l'arrivée d'une nouvelle, Mauve, tout a changé. Verte et Pome refusent d'en parler car une aura sombre semble planer au-dessus d'elle. Heureusement, Papi Ray, Gérard, Ursule, Clorinda, Anastabotte et son amie Euphronie leur viennent en aide. 

La semaine dernière, je m'étais régalée avec Pome, renouant avec les personnages de Verte et retrouvant avec plaisir le petit univers créé par Marie Desplechin. J'ai tout naturellement enchaîné par la lecture de ce troisième et dernier tome de la série pour en connaître le dénouement.      
Marie Desplechin introduit un nouveau personnage, Mauve, qui incarne le Mal, et met à mal le fragile équilibre que la petite communauté a réussit à trouver, Pome venant régulièrement chez Papi Ray pour être avec Verte et échapper à l'humeur un peu sombre de Clorinda, sa mère, tandis que Verte alterne les semaines chez Gérard, son père et Ursule, sa mère, et les cours de sorcellerie chez sa grand-mère Anstabotte. L'auteure aborde avec finesse des thèmes sensibles comme la séparation des parents, l'amitié, les relations intergénérationnelles, les discriminations aussi - les hommes sont en minorité dans la série et non autorisés à pratiquer la sorcellerie - le harcèlement, aussi, dans ce tome, le tout sous couvert d'une intrigue légère et joyeuse dans laquelle il est agréable, à tout âge, de plonger. Ce tome clôt parfaitement la série tout en lui apportant un dynamisme certain avec le combat contre le MalUne série à mettre entre les petites mains, sans hésiter une seconde - j'aurais adoré la découvrir plus jeune ! - et à relire adulte avec gourmandise.      
Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce roman.     

 

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27 mai 2018

Pome, Marie Desplechin

Pome, Marie DesplechinPome est un roman jeunesse signé Marie Desplechin paru originellement en 2007 aux éditions L'Ecole des Loisirs. Une nouvelle édition avec une couverture de Magali Le Huche est paru la semaine dernière. Pome est le deuxième tome de la trilogie formée par Verte et Mauve

Verte est une petite sorcière, comme Ursule et Annastabotte, sa mère et sa grand-mère. A la fin du premier tome, elle a retrouvé Gérard, son père, qui ignore tout de sa condition. Elle partage donc son quotidien entre l'appartement de sa mère et de son père et les enseignements de sorcellerie que sa grand-mère lui délivre le mercredi après-midi. Mais lorsqu'emménage en face de chez son père une fille de son âge, Verte n'est plus seule et trouve illico une amie. Car Pome, c'est son nom, est une sorcière aussi. A elles deux, les deux espiègles vont révolutionner la vie de leurs proches, à commencer par Ray - Papi Ray comme elles l'appellent - le père de Gérard, qui endosse à la perfection le rôle de grand-père idéal en leur préparant de faramineux goûters et de délicieuses frites et en les amenant le mercredi chez Anastabotte.

J'avais adoré Verte, il y a quelques années et j'avais adoré découvrir l'adaptation en BD de ce roman par Magali Le Huche l'an dernier. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongée cet après-midi dans Pome, ce deuxième tome.     
Marie Desplechin reprend les ingrédients qui ont fait de Verte un roman jeunesse de référence et en offre une excellente suite. Pome est drôle, les personnages toujours aussi attachants et les thèmes abordés tout autant actuels. Relations intergénérationnelles, amitié, confiance, famille, en un peu plus de 150 pages Marie Desplechin fait mouche avec une simplicité désarmante. L'intrigue est bien ficelée et la narration prise en charge à tour de rôle par les personnages (avec un clin d'oeil à la probable adaptation en BD par Magali Le Huche à chaque chapitre avec un dessin du personnage narrateur), marque de fabrique de la série, offre un rythme dynamique à l'ensemble.
Bref, un must have de la littérature de jeunesse que cette trilogie à lire à tout âge. Elle rejoint mon panthéon des séries jeunesse feel good et bien ficelées avec Sauveur & FilsUn grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce tome. Je vais de ce pas dévorer Mauve, le dernier titre de la série !

"Dans cette vie faite d'événements saisissants, j'ai connu un "avant" et un "après". Ou plutôt un "avant" et un "avec". Avant Pome. Avec Pome. La séparation entre les deux époques est bien visible : "avec" est mon histoire, "avant" ma préhistoire." (p.98)

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02 mars 2018

Sauveur et Fils saison 4, Marie-Aude Murail

Sauveur et Fils saison 4Sauveur & Fils est une série de romans de Marie-Aude Murail publiée à L'Ecole des Loisirs. Le quatrième tome, Saison 4, est paru en janvier 2018.

Dans le cabinet de Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, gravitent toujours autant de patients en quête de mieux-être. Certains sont nouveaux, comme Jean-Jacques, jeune adulte qui ne sort quasi plus de chez sa mère et passe sa vie dans sa chambre à jouer à des jeux en réseau, tandis que d'autres viennent depuis plusieurs mois, comme Ella, troublée par ses problèmes de genre, et qui s'intéresse de plus en plus à l'écriture, Samuel, qui a enfin retrouvé son père mais s'interroge sur cette nouvelle relation, les soeurs Blandine et Margaux, qui décident de partager leur séance chez Sauveur. Côté jardin, c'est toujours autant un joyeux bazar ! Jovo, l'ancien SDF qui a emménagé chez Sauveur et Lazare, poursuit sa convalescence tandis que Gabin redoute de retourner vivre avec sa mère et se plonge de plus en plus dans The Walking Dead et que Louise tente d'apaiser ses deux enfants, perturbés par la nouvelle séparation de leur père. Mais au 12 rue des Murlins, le joie et la simplicité ne sont jamais loin !

Quel délice cette série ! Si vous n'aviez pas compris à quel point c'est un bijou (malgré les couvertures ornées de cochons d'Inde qui fleurissent sur mon blog depuis quelques semaines), je vais en rajouter une couche avec cette chronique. 
Marie-Aude Murail excelle dans l'art de dépeindre la vie dans sa banalité comme dans ses petits drames. Elle analyse avec la finesse qui lui est propre la psychologie des adultes comme celle des adolescents et fait virevolter son petit monde au gré des semaines. C'est beau, vivant, drôle, émouvant aussi, et parfois triste. Le microcosme dépeint durant ces quatre tomes s'élargit au fil des pages et l'ensemble s'imbrique et trouve une sorte de dénouement et d'apaisement dans ce tome. Les personnages suivis depuis la première saison comme ceux apparus dans celle-ci voient leurs vies transformées aux côtés de Sauveur, pilier rayonnant et protecteur de la série. Le personnage n'est heureusement pas exempt de failles, et c'est justement ce qui lui offre toute sa vraisemblance.  Une série qui excelle dans la constance de sa qualité, et c'est assez rare pour être noté. Il n'y a pas de saison de trop dans cette série. Plongez les yeux fermés dans ce tome ! Et si malgré toutes mes chroniques vous n'avez pas encore eu l'occasion d'ouvrir un tome, procurez-vous la saison 1 et vous comprendrez alors mon enthousiasme (et celui des nombreux autres lecteurs de tous âges conquis). Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de lire et adorer cette série. J'ai refermé à regret ce quatrième tome...

Pour retrouver l'intégralité des mes avis sur la série, cliquez sur les couvertures ci-dessous !

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