Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

23 avril 2011

Le Mandala de Sherlock Holmes, Jamyang Norbu

le_mandala_de_sherlock_holmesLe Mandala de Sherlock Holmes est un pastiche écrit par un holmésien confirmé d'origine tibétaine, Jamyang Norbu, qui me narguait depuis quelques temps... Quelle idée aussi, de mêler le célèbre détective à l'Inde, pays qui me fascine ?

Sherlock Holmes vient de disparaître dans les chutes de Reichenbach. Tous le croient mort... En réalité, c'est en Inde et au Tibet qu'il s'est réfugié, pour échapper à son ennemi le Professeur Moriarty. Grâce à Hurree Chunder Mookerjee, espion et savant bengali qui l'accompagne et met par écrit leurs aventures, l'intervalle de temps entre la mort présumée de Holmes dans les chutes et sa réapparition dans La maison vide est enfin dévoilé au grand public...

Conseillé par Fabrice Bourland à l'occasion du Festival Quais du polar à Lyon l'an dernier, ce roman m'a vraiment conquise !
Jamyang Norbu mêle habilement les genres et les auteurs, faisant ainsi se rencontrer Sherlock Holmes, imaginé par Conan Doyle, et Hurree Chunder Mookerjee, né sous la plume de Rudyard Kipling.
L'intrigue développée est intéressante, ne souffre d'aucun temps mort, et illustre à merveille la solide connaissance de l'auteur de l'oeuvre de Doyle. Si une pointe de fantastique éclôt dans cette nouvelle aventure de Sherlock Holmes, ce n'est, à mon sens,
que pour adhérer davantage à la culture et aux traditions tibétaines et les faire davantage connaître aux lecteurs. La rencontre avec le Dalaï-Lama participe de cette volonté, et le glossaire présent en fin de roman aide grandement à s'immerger dans cet univers.
Cette décision de faire voyager Holmes en Inde et au Tibet si elle peut sembler cocasse, est en fait encore une fois très fidèle à l'oeuvre de Doyle puisqu'elle s'inspire d'une citation de Holmes dans La Maison vide, citation qui laisse à croire que le célèbre détective a voyagé quelques temps dans ces deux pays.
Finalement, j'ai quasiment eu l'impression de lire un manuscrit de Doyle retrouvé et édite de façon posthume, tant Jamyang Norbu réussit la prouesse d'adopter le style de celui-ci et de recréer à merveille l'ambiance de ses romans. Une très bonne lecture que je conseille aux lecteurs invétérés des aventures de Sherlock Holmes !Vignette_LC

logo_Inde

J'ai lu Le Mandala de Sherlock Holmes dans le cadre d'une lecture commune avecHilde, avec qui j'organise le Challenge "L'Inde en fêtes" dans lequel j'inscris bien entendu cette lecture.

Une chronique de soukee rangée dans Pastiches - Vos commentaires [5] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,


28 avril 2010

La dernière enquête du chevalier Dupin, Fabrice Bourland

9782264049162FSA l'occasion du Festival Quais du Polar de Lyon, j'ai eu le plaisir d'assister à une conférence hommage à Sherlock Holmes en présence de plusieurs auteurs, dont Fabrice Bourland, qui s'est intéressé, dans un de ses romans, à l'œuvre de Doyle.
C'est à cette occasion que j'ai pu discuter avec lui et découvrir ce roman, pastiche d'Edgar Poe, et mettant en scène son célèbre chevalier Dupin.

Paris, 1855. Le poète Gérard de Nerval est retrouvé pendu aux grilles d'une sordide rue. Certains attestent un suicide, arguant la santé mentale défaillante de l'auteur, tandis que d'autres crient au meurtre.
Le chevalier Dupin est dépêché sur place pour enquêter, aidé par un ami, le narrateur de cette histoire. Et ses découvertes vont très rapidement dépasser son entendement.

D'une lecture très rapide, ce roman est un régal. La plume de Fabrice Bourland est d'une fluidité rare et ses phrases s'enchaînent sans lourdeur.
L'intrigue en elle-même est à la fois mystérieuse et fascinante : qu'en est-il réellement de la mort du célèbre poète ? Et que viennent faire un corbeau observateur et une momie égyptienne
dans cette histoire
?
Le personnage du chevalier Dupin est égal à lui-même, à la fois suffisant, comme tout grand détective, et intrigant, pour le lecteur comme pour le narrateur. Ses observations, pertinentes et logiques, s'écoulent lentement au fil de la narration, permettant ainsi de rythmer le suspense du roman et d'orienter progressivement l'intrigue dans une direction originale.
Fabrice Bourland amène son lecteur à franchir les frontières entre fiction et réalité en faisant réfléchir son Dupin à la mort mystérieuse de Poe, le créateur originel de ce personnage.
Une excellente découverte que ce roman et ce auteur ! Moi qui n'étais pas très portée sur les pastiches, les jugeant souvent de qualité inférieure à l'œuvre dont ils proviennent, j'ai passé un très bon moment de lecture.
Je vais poursuivre ma découverte de Fabrice Bourland avec Le fantôme de Baker Street, acheté également à son stand à Quais du polar !

Une chronique de soukee rangée dans Pastiches - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,

07 mars 2010

Duel en Enfer : Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur, Bob Garcia

9782290018880Je viens de terminer Duel en enfer, un polar historique qui m'intriguait... L'auteur, Bob Garcia, présente un prolongement de l'œuvre de Conan Doyle et se réapproprie ses personnages le temps d'une enquête. Son précédent roman, Le Testament de Sherlock Holmes, paru en 2005 aux éditions du Rocher, avait reçu le Prix Intramuros.

George Newnes, directeur du Strand Magazine, est assailli par les lectrices de son périodique qui exigent de nouvelles parutions des aventures du célèbre détective. Devant tant d'insistance, il propose au Dr Watson un financement pour son association d'aide aux nécessiteux en l'échange de son journal rédigé
dans la moiteur londonienne de l'été 1888. A cette époque, des prostituées étaient retrouvées égorgées et affreusement mutilées dans le quartier pauvre de Whitechapel... Sherlock Holmes, secondé par le Dr Watson, avait mené l'enquête...

Lecture rapide malgré les 666 pages de ce roman, j'ai passé un bon moment mais ce n'est pas dû tant à la plume de l'auteur qu'à mes souvenirs de Conan Doyle. J'ai aimé replonger dans le Londres de cette époque, mais je n'ai vraiment pas apprécié la façon dont Bob Garcia l'a appréhendé. Détails sordides et vulgarités semblent lui avoir été nécessaires pour dépeindre les bas quartiers londoniens de cette fin du 19ème. J'ai souvent eu l'impression d'être immergée dans un décor de pacotille où chaque trait a été grossièrement forcé pour plus de vraisemblance... Les personnages pauvres sont vulgaires, gras et grotesques et ne provoquent pas d'empathie mais plutôt du dégoût.
De plus, un détail m'a gênée tout au long de la lecture : la question de la vraisemblance. Je m'explique : la lectrice que je suis lit un roman qui donne à voir des extraits du journal qu'a tenu Watson durant cette sombre affaire. Donc, et c'est là que le bât blesse, la question de l'écriture en elle-même se pose. Watson consigne au jour le jour les événements qui ont eu lieu au cours de cette enquête. Comment donc expliquer qu'il relate des faits sans importance (comme les blagues salaces des pubs mal famés) voire des anecdotes humiliantes sans en faire cas (quand il se retrouve par exemple avec un jeune prostitué dans une chambre, l'ayant confondu avec le déguisement de Holmes, et que celui-ci commence à le déshabiller...) Voulant ponctuer son récit de temps morts parfois comiques, Bob Garcia a oublié cette question de vraisemblance. Pas une seule fois le journal de Watson n'évoque une quelconque honte à relater un événement, ni ne paraphrase des propos vulgaires et inutiles à l'intrigue. Il ne suffit pas de commencer chaque chapitre par une date pour faire d'un roman un extrait de journal...
Enfin, l'intrigue en elle-même est assez longue, avec de grandes pauses ponctuées par des cauchemars de Watson qui n'apportent pas grand chose. J'ai eu du mal à adhérer à cette succession de faits souvent sans intérêt, parfois prévisibles... Le dénouement est intéressant, mais n'a pas suffi à me faire aimer ce roman.
Par contre, la postface de l'auteur démêlant la vérité de la fiction était intéressante à la lumière de ces sordides événements.
Je remercie 47286519 et jailupour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.
 L'avis de Latite, de Pickwick  et de Matilda sur ce livre !

Une chronique de soukee rangée dans Pastiches - Vos commentaires [19] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

10 décembre 2009

Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, Philippe Doumenc

doumencVoilà une de mes récentes découvertes que j'ai dévorée d'une traite ! Surfant sur la même vague que Pierre Bayard, évoqué dans le billet précédent, Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary est un roman de Philippe Doumenc (et non un essai, pour ceux que ça rebute !!), publié chez Actes Sud en 2007, qui se penche sur le décès de l'héroïne éponyme de Flaubert.

L'intrigue démarre à la mort de celle-ci, connue pour son célèbre suicide au cyanure.
Mais sur le corps de la jeune femme, des marques d'ecchymoses.
Deux enquêteurs sont dépêchés sur place pour interroger les villageois. Et si Emma Bovary ne s'était pas suicidée ? Et si derrière l'intrigue de Flaubert se tramait une autre histoire ? Et si cet empoisonnement au cyanure était improbable ?

Savoureux comme les réflexions de P.Bayard, ce roman est un délice. Très rapide (180 pages), sa lecture est fluide et agréable.
Prenant appui sur le texte originel, Philippe Doumenc créé une fiction intéressante. Il reprend chacun des personnages créés par Flaubert et en dresse un autre portrait. La pauvre Emma est, elle aussi, passée au crible et semble bien loin de l'héroïne flaubertienne...
L'enquête est menée avec brio par un jeune policier, qui fait passer à chaque villageois un interrogatoire, rythmant ainsi la narration.

Ce roman n'est pas une autre lecture de l'œuvre de Flaubert mais se propose plutôt comme un prolongement, comme si Flaubert lui-même n'avait pas tout dit, ou que les personnages, dotés de vie, lui avaient menti...
Pour ceux qui ont envie de savoir ce qui aurait pu réellement se passer à Yonville...

Une chronique de soukee rangée dans Pastiches - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,