Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

14 septembre 2016

Un jour, David Nicholls

Un jour, David NichollsUn jour est le troisième roman du britannique David Nicholls paru en 2008 mais le premier à être publié en France. Il est paru en 2011 chez Belfond et a été l'objet d'une adpatation cinématographique par Lone Scherfig en 2011.

Le 15 juillet 1988, lors de leur soirée de fin d'études, Emma et Dexter se rencontrent. Entre les deux étudiants que tout oppose, une alchimie voit le jour, symbolisée par une nuit sans lendemain. Alors que leurs chemins se séparent - Dexter, fortuné, part découvrir le monde en toute insouciance tandis qu'Emma enchaîne les petits boulots alimentaires - les deux amis ne cessent de correspondre. Durant vingt ans, ils s'échangent des lettres, se revoient à intervalles réguliers, et leur amitié ambiguë évolue au fil du temps. 

Cela faisait longtemps que je tournais autour de ce roman, que le résumé m'intriguait. Et cet été, j'ai décidé de le sortir de ma PAL et de me faire une idée. Et j'ai drôlement bien fait...

Si Un jour semble de prime abord une petite bluette , il n'en est rien. En réalité, le roman est une formidable étude de moeurs au travers du prisme de ces deux personnages que tout oppose. Dexter, l'intrépide et insouciant fils de bonne famille et Emma, la jeune femme responsable et rêveuse. Si l'un est dragueur, l'autre est sentimentale, et lorsque Emma envisage une carrière d'écrivain jeunesse, Dexter devient l'animateur d'une émission de télévision aussi creuse qu'inutile. Pour autant, ces deux-là sont aimantés l'un vers l'autre.

L'humour so british est bien présent dans cette comédie douce-amère, et le roman se présente comme une réelle peinture sociale de l'Angleterre sur vingt ans. Le lecteur suit avec plaisir l'histoire de ces deux personnages très vraisemblables, à raison d'un chapitre par an, à la date anniversaire de leur rencontre, le 15 juillet. Leur correspondance est un délice, tout comme leurs aventures.

Bref, vous l'aurez compris : j'ai adoré cette lecture, peinant à la lâcher. L'histoirekeep-calm-and-feel-good-246 d'une belle rencontre + une plume intéressante + l'Angleterre en toile de fond = un cocktail plus que réussi qui m'a complètement séduite et un coup de coeur de plus ! J'ai eu du mal à tourner la dernière page. Laissez-vous séduire vous aussi par le tandem Dex et Em... 

Voilà une nouvelle participation

au Challenge Feel Good que j'organise

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12 septembre 2016

Harry Potter and the Cursed Child, J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

harry-potter-and-the-cursed-child-678x1024Harry Potter and the Cursed Child est le texte de la pièce de théâtre éponyme jouée pour la première fois le 31 juillet 2016 à Londres. Co-écrit par l'auteure des aventures de la saga Harry Potter, J.K. Rowling, Jack Thorne et le metteur en scène John Tiffany, ce huitième volet des aventures du célèbre petit sorcier est sorti le jour de la première londonienne en anglais et paraîtra en français chez Gallimard le 14 octobre 2016. 

Londres, dix-neuf ans après la bataille de Poudlard. Harry, trente-sept ans, désormais employé au Ministère de la Magie, est marié à Ginny et père de trois enfants, James, Lily et Albus. La rentrée d'Albus à Poudlard est rude et le garçon peine à trouver sa place en étant le fils du célèbre Harry Potter. Sa plus grande crainte se réalise - être admis à Serpentard après la cérémonie du Choixpeau magique - et Albus ne parvient pas à s'intégrer aux autres élèves. Son amitié avec Scorpius, le fils de Draco Malefoy, ne l'aide pas à se sociabiliser, et les deux garçons traversent leur scolarité en vase clos. A l'aube de leur cinquième année, et après une énième impression de décevoir constamment son entourage, Albus décide d'agir. Il entraîne Scropius avec lui dans une idée rocambolesque mais dont il ne perçoit pas les conséquences.

Entre Harry et moi, c'est une grande histoire d'amour. Une très grande histoire d'amour même. J'avais consacré mon mémoire de Master 1 de littérature à l'analyse de la peur dans l'oeuvre en examinant son traitement cinématographique et littéraire. Avant ça, j'étais déjà accro à cette série. Après cette année d'étude sur l'oeuvre, je sais que Harry Potter est inscrit en moi et fait partie de mon histoire. J'ai même frôlé l'hystérie en allant visiter les studios de tournage à Londres il y a quatre ans (et je pèse mes mots : je n'avais quasi pas dormi de la nuit tant j'étais excitée par cette journée...)

Bref, ça c'était un petit préambule pour vous mettre en situation. Vous comprendrez donc que j'attendais avec impatience de découvrir de nouvelles aventures de Harry, Ron et Hermione, histoire de prolonger les heures de lecture délicieuses de mon adolescence. Et si cette rencontre fut belle, elle fut néanmoins teintée de points négatifs à mentionner.

J'ai en effet adoré retrouver ces personnages qui m'ont accompagnée durant tant d'années, dont j'ai tant parlé, sur lesquels j'ai échafaudé tant de théories. J'ai adoré découvrir ce que J.K. Rowling avait esquissé pour leur avenir, même si moi aussi j'avais fait quelques plans dans ma tête à la fin du dernier tome. Mais ce huitième tome pèche tout simplement parce que ce n'est pas J.K. Rowling qui est derrière. Et cela change tout. Non que je sois une puriste de la romancière mais elle a réussi à créer des personnages qui ont bouleversé le paysage de l'édition jeunesse et accompagné des générations de lecteurs et il fallait posséder un sacré talent pour prendre sa suite. Ce n'est malheureusement pas le cas ici. Première déception, et non des moindres : les personnages que nous retrouvons dans ce huitième tome ne sont que de pâles copies des personnages originaux. Leur psychologie semble esquissée très rapidement et j'ai même peiné à retrouver Harry sous les traits de ce quadra impulsif, colérique et optu. Le trio Harry-Ron-Hermione est inexistant, même lorsqu'ils se retrouvent et leur alchimie passée semble révolue, malgré les liens qui les liens (Ron et Hermione étant mariés). La nouvelle génération ne bénéficie pas d'un meilleur traitement. Résultat : il est bien difficile de ressentir une quelconque émotion pour Albus, Scorpius ou les autres.

Deuxième déception et non des moindres, la plume. Ce n'est pas J.K. Rowling qui signe cette oeuvre et cela s'en ressent énormément. Le style est plat, sans relief, l'humour souvent lourd et les répétitions nombreuses. La forme théâtrale était très intéressante et aurait pu donner lieu à une salve de dialogues truculents mais ce n'est pas le cas. Et c'est dommage, car c'est un des points forts de J.K. Rowling.

Il n'en reste pas moins que j'ai apprécié cette lecture parce que je peine à être objective. J'ai aimé sa forme théâtrale, fondamentalement différente des précédents opus de la série. Les décors et l'univers ayant déjà été bien campés, il est aisé de se glisser dans cette nouvelle intrigue et d'en suivre les bouleversements. J'ai même apprécié le rythme rapide dû au genre et j'ai souvent imaginé comment je mettrai en scène certains passages et l'effet qu'ils auraient sur le spectateur. Je dois avouer que la forme m'a réellement plu et que j'ai aimé imaginer l'univers de J.K. Rowling transposé sur une scène de théâtre.

L'intrigue est pour sa part bien ficelée, dynamique, avec de nombreux retournements de situation, même si elle est brève en comparaison des précédents tomes. La narration n'est pas linéaire et alterne passé et présent, pour faire parfois des bonds en avant pour mieux revenir et c'est intéressant.

Bref, difficile d'en dire plus sans trop en dire pour ceux qui souhaiteraient le lire. En définitive, je crois que c'est ma nostalgie des incroyables heures de lecture de ma jeunesse qui m'a fait apprécier ce huitième tome, car les bémols sont nombreux. Mais je crois que découvrir une nouvelle aventure de Harry, Ron et Hermione l'a emporté et j'ai apprécié malgré tout ces pages.

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04 septembre 2016

La Passe-Miroir T.2 Les disparus du Clairdelune, Christelle Dabos

A66198Les disparus du Clairdelune est le deuxième tome de la série La Passe-Miroir imaginée par Christelle Dabos. Il est paru en octobre 2015 chez Gallimard.

Émigrée au Pôle où elle est sur le point d'épouser Thor, la jeune Ophélie peine à s'accoutumer à la vie à Citacielle. Promue vice-conteuse par Farouk, l'esprit de famille du Pôle, la jeune liseuse observe les manigances des sujets d'un oeil circonspect. Son fiancé, Thorn, est toujours aussi mystérieux et Ophélie apprend avec dégoût que ce dernier souhaite l'épouser pour hériter de son don de liseuse et lire le Livre de Farouk, un manuscrit ancien auquel l'esprit de famille est très attaché. Dans le même temps, d'importantes disparitions surviennent au Pôle : d'influentes personnalités disparaissent dans d'étranges circonstances. C'est dans ce contexte tendu et opaque et que la famille d'Ophélie décide de lui rendre visite...

Souvenez-vous... J'avais adoré le premier tome et je n'avais qu'une hâte : découvrir la suite des aventures d'Ophélie. Et je n'ai pas été déçue par ce second tome, bien au contraire ! Christelle Dabos continue de tisser minutieusement la toile de son intrigue et de délimiter progressivement l'univers qu'elle a inventé. Ce second tome poursuit sur le même rythme assez lent que le premier et le lecteur suit le quotidien d'Ophélie dans cette cité pervertie par les intrigues et les complots. Difficile d'y voir clair, de cerner les personnages et de connaître les alliés de la jeune fille, et c'est justement ce qui est intéressant. Pas de manichéisme, aucune facilité dans ce petit monde qui n'est pas sans rappeler celui de la cour royale en France. Personne n'est foncièrement bon ni mauvais, et c'est la force de cette série : brouiller les pistes, les frontières, pour plus de vraisemblance.

L'univers que Christelle Dabos donne à voir est régi par des règles solides et la jeune auteure nous montre l'étendue de son talent dans ce second opus. L'intrigue est bien ficelée, avance par étapes, mais le lecteur de sentir que ce second tome n'est qu'un élément d'un ensemble bien plus vaste et dont il ne connaît pas encore tous les rouages. On en redemande, une fois la dernière pas tournée. Et c'est suffisamment rare en jeunesse de mon côté que je tiens à le signaler...

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31 août 2016

Zaï zaï zaï zaï, Fabcaro

Zaï Zaï Zaï Zaï, FabcaroZaï zaï zaï zaï est un album de Fabrice Caro, alias Fabcaro, paru en mai 2015 chez 6 pieds sous terre.

Pris en tort par le vigile d'un supermarché parce qu'il a oublié sa carte de fidélité, Fabrice, auteur de BD de son état, s'enfuit. Débute alors une immense traque et une course-poursuite contre cet incroyable hors-la-loi mis au ban de la société.

Alors c'est simple : cet album est une pure merveille ! Un condensé de non-sense, d'absurde et de loufoquerie à côté duquel il serait vraiment dommage de passer ! Dès les premières planches, Fabcaro plante le décor de ce road-movie décalé à l'humour ravageur, un brin kitsch, complètement ubuesque, littéralement déjanté. Fabrice menace le vigile d'un poireau avant de prendre la fuite ! Difficile de rester insensible face à cette scène et celles qui suivent, toutes aussi savoureuses. Cette fuite effrénée est l'occasion pour l'auteur de dénoncer les travers de notre société : le poids des médias, le racisme ordinaire, le conformisme, l'étroitesse d'esprit, la rumeur, etc. Sous couvert d'humour, sans ton moralisateur, c'est bien une critique de la société que Fabcaro nous livre ici, et c'est en usant d'un procédé littéraire bien ancien qui consiste à parler d'un ailleurs que l'auteur dénonce le ici et maintenant.

Le dessin un peu flou - qui fait penser à celui de Bastien Vivès - porte ce road-movie au rythme lent. L'auteur donne à voir ses scènes, tels des tableaux, et permet à son lecteur de s'immiscer dans cette intrigue barrée. Le découpage des planches est irrégulier et chaque page offre une chute ou une occasion de s'ésclaffer allègrement. C'est bien simple, Zaï zaï zaï zaï est une confiserie délicieuse que l'on regrette d'avoir trop vite terminée. A bon entendeur...Un gros coup de coeur, sans hésitation aucune, que je vous encourage vivement à découvrir et un grand merci à celui qui me l'a offert. Les avis de Mo, Noukette, SabineYvan, Jérome...

"La vie est une chienne borgne sous un ciel d'octobre, je vous souhaite de le découvrir le plus tard possible."

Planche 3 Planche 1

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30 août 2016

Bilan de lecture juillet et août 2016

Pfiuu ! J'ai disparu comme ça, presque deux mois, sans prévenir. Vous laissant orphelins de mes blagues et de ma présence. Vous ne l'avez pas vu venir, mais moi non plus, je vous rassure ! Ce n'était pas prévu... Mille excuses !

Bon, je doute que vous ayez été traumatisés et pour ma part, cette pause impromptue m'a fait le plus grand bien. Je pourrais vous dire qu'encore une fois j'étais bien loin de mon ordi, vadrouillant par monts et par vaux, crapahutant tel un cabri dans les montagnes népalaises, voguant au large des îles de Nouvelle-Calédonie ou randonnant dans les forêts canadiennes (ça donne des envies, tiens !), mais que nenni ! J'ai passé une partie de mon été scotchée à mon PC pour rédiger mon mémoire de Master 2 (et à mon smartphone, mais ça c'était quand j'avais du mal à me concentrer et que je préférais aller zieuter sur Instagram ce que faisaient les copains... Dure condition étudiante à l'heure du numérique !) Mais une fois toute ma concentration donnée à la rédaction de mon mémoire, je n'avais plus aucune envie de m'atteler à mes chroniques de livres et préférais faire des choses complètement différentes.

Alors mille pardons de vous avoir abandonnés lâchement, sans nouvelles. Me revoilà, en pleine forme et avec plein de chroniques en retard. Et pour commencer, voilà le donc le bilan des livres que j'ai lus durant ces deux mois d'été.

Bilan de lecture

Les livres lus en attente d'une chronique

Bilan

Vous l'aurez remarqué : je n'ai pas énormément lu cet été, et en majorité des romans légers, drôles, sentimentaux, etc. Non, ce n'est pas parce que j'ai lancé le Challenge Feel good que je me suis lancée à corps perdu dans le genre mais plutôt parce que la rédaction de mon mémoire m'a coûté tous mes neurones, et une fois mon PC refermé, après 8h de travail, j'avais besoin de détente facile et confortable, sans risque (je voulais pas une scène atroce qui me ferait pleurer comme la scène de la mort du cheval dans Wild par exemple). Donc des lectures doudous, faciles, qui m'ont transportée tout cet été et m'ont fait un bien fou. Que demander de plus ? Donc, vous vous en doutez, elles seront chroniquées dans les semaines à venir (certains, allergiques au genre, vont déserter un peu Bouquinbourg du coup, je me doute).

Grande nouvelle en tout cas : je vais pouvoir reprendre un rythme de publication plus régulier cette année. J'ai terminé mon Master 2 qui m'a beaucoup accaparée cette année, en plus de mon boulot de doc en lycée. Je n'avais pas beaucoup le temps de lire et encore moins pour chroniquer mes lectures depuis septembre dernier. Mais c'est derrière moi et c'est tant mieux ! J'ai beaucoup de chroniques rédigées qui attendent d'être postées et je vais me mettre à jour pour celles qui ne sont pas entièrement rédigées.

Bon par contre, je suis complètement déconnectée de la rentrée littéraire, ayant terminé mon mémoire il y a trois jours à peine. Je vais aller fureter en librairie pour me remettre à jour et voir si j'ai envie de succomber. Je verrai bien ! Pour l'heure, je suis plongée dans le dernier Harry Potter en anglais. Et je me régale (je suis loin d'être objective, je sais...)

Bonne rentrée des livres à tous et bonnes lectures !

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06 juillet 2016

Bilan de lecture juin 2016

Le voilà, tout chaud, tout juste rédigé, le bilan de mes lectures de juin !

Bilan de lecture

Les livres chroniqués

(cliquez sur les couvertures pour lire mes billets)

Les livres en attente d'une chronique

Bilan

Un mois placé sous le signe de l'Angleterre, avec le Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda. Un mois synonyme de fin d'année scolaire, avec son lot de choses à terminer, de bilan à écrire, de tri à effectuer. Un mois durant lequel la lecture a tenu une grande place, me permettant de m'évader dans une Angleterre qui m'est chère, à travers des intrigues très différentes. Un mois aussi placé sous le signe d'un nouveau déménagement à venir, en juillet. A la torpeur estivale habituelle de mon blog va donc se greffer une lenteur due à ce changement de lieu, mais aussi une préoccupation majeure (ceux qui me suivent me voient venir !) : rédiger mon mémoire et terminer cette année de Master. Une année de reprise d'études très très intense mais épanouissante aussi. Donc si je me fais un peu rare ce mois-ci, c'est normal, mais c'est pour mieux revenir une fois tout ça bouclé !

Bon mois de juillet à tous !

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30 juin 2016

Avant d'aller dormir, S.J. Watson

Avant d'aller dormir, SAvant d'aller dormir est le premier roman du britannique S.J. Watson paru en 2011 chez Sonatine. 

Lorsque que Christine se réveille un matin, elle ne reconnaît ni la chambre dans laquelle elle se trouve, ni l'homme couché à ses côtés. Prise d'effroi, la jeune femme s'enferme dans la salle de bain avant de découvrir avec horreur qu'elle a vieilli de vingt ans... L'homme dans la chambre, qui s'avère être son mari, lui apprend qu'elle a perdu la mémoire dans un grave accident il y a vingt ans. Depuis, à chaque fois qu'elle s'endort, Christine efface tous ses souvenirs. Et tous ses matins ressemblent à celui-ci... Commence alors un combat contre l'effacement de ses souvenirs et pour la réappropriation de sa vie, combat qu'elle mène grâce à l'aide d'un médecin qui lui fait écrire tous les jours dans un journal. Mais au fur et à mesure de la lecture de celui-ci, Christine note des incohérences dans ce que lui est dit chaque matin...

Largement conseillé par Amélie après ma lecture de La fille du train (qu'elle m'avait conseillé aussi !), je me suis plongée dans ce roman avec grand plaisir.

L'intrigue démarre sur les chapeaux de roue et entraîne son lecteur au coeur des sentiments nébuleux de l'héroïne, Christine. Cette dernière, qui est aussi la narratrice, emporte le lecteur dans son effroi face à cette révélation sordide : un accident l'a laissée quasi morte et lui a volé toute sa mémoire, la rendant incapable de fixer tout nouveau souvenir et la condamnant à un éternel présent. Les journées passent, rythmées par ces nuits qui effacent tout et le lecteur d'espérer, à chaque nouvel événement, que Christine le consigne soigneusement dans son journal, sa mémoire externe, son support du passé, afin de le retrouver le lendemain matin.

Très vite, pourtant, des incohérences apparaissent et le lecteur est en proie au doute : et si finalement tout n'était pas si simple ? Et si tout n'était pas dit à Christine ? Pour la protéger ? Ou peut-être pas ? Et si elle-même n'arrivait pas à percevoir la réalité telle qu'elle est ? Le roman s'accélère, les incertitudes gagnent du terrain, les moments de doute et d'effroi aussi. L'étau se resserre, jusqu'à un final éclatant.

S.J. Watson parvient à distiller un suspense haletant qui emprisonne son lecteur sans lui donner une once de chance de découvrir la vérité. C'est brillant ! Je suis sortie soufflée de ce roman, les nerfs un peu en pelote, conquise par sa construction narrative. Un thriller psychologique qui remplit parfaitement son rôle ! Merci Amélie pour ce conseil ! (et maintenant, pause dans les thrillers, sinon, petite nature que je suis, je vais finir par ne plus dormir !)

Voici ma quatrième participation pour terminer le Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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28 juin 2016

La troisième fille, Agatha Christie

La troisième fille, Agatha ChristieLa troisième fille est un roman policier de la Reine du crime - Agatha Christie - paru en 1966 en Angleterre.

Alors qu'il vient de terminer l'écriture de son essai sur les maîtres du roman policier, Hercule Poirot s'ennuie... Mais ce sentiment est de courte durée car une jeune fille vient le trouver pour lui demander de l'aide. Elle pense en effet avoir commis un crime, mais elle en doute. Le détective belge a à peine le temps de lui poser quelques questions qu'elle s'évanouit dans la nature. Il n'en faut pas plus à Poirot pour qu'il décide de mener l'enquête !

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman d'Agatha Christie et celui-ci était une découverte. Je m'en suis réjouie ! Hélas, la réjouissance fut de courte durée tant l'ennui m'a gagnée au fil des pages...

L'intrigue se met en place rapidement mais patine tout aussi rapidement, Poirot se retrouvant face à un crime qui n'a pas eu lieu et un personnage énigmatique qui disparaît. Le détective s'enlise dans ses réflexions, passant très régulièrement en revue la galerie des personnages qui entourent cette énigme, peinant à émettre des hypothèses. La jeune Norma, qui fait appel à lui, disparaît et laisse derrière elle bien des interrogations. C'est lent, très lent, il ne se passe pas réellement grand-chose et le lecteur a l'impression d'être figé aux côtés d'un Poirot vieillissant et empêtré dans ce mystère.

Les personnages sont assez plats, parfois caricaturaux, et même Poirot est en retrait, manigançant certaines opérations que le lecteur apprend a posteriori.

Un dénouement digne des grands Agatha Christie permet de redorer le blason de la Reine du crime, mais pas assez pour effacer le sentiment d'ennui qui naît et s'installe progressivement tout au long de ces 300 pages. Un Agatha Christie que je ne connaissais pas mais que je suis certaine de ne pas relire tant il m'a laissée de marbre...

Voici ma troisième participation au Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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17 juin 2016

Le temps des métamorphoses, Poppy Adams

Le temps des métamorphoses, Poppy AdamsLe temps des métamorphoses est le premier roman de l'écrivain et documentariste britannique Poppy Adams paru en avril 2009 chez Belfond.

Après cinquante ans sans nouvelle, Vivien  rentre à la maison. Dans le manoir familial qui l'a vue grandir, Virginia, sa soeur aînée, vit recluse depuis le décès de leurs parents. Entre les murs épais de la silencieuse demeure familiale, Virginia ne comprend pas pourquoi Vivien revient, après tant d'années de silence, au crépuscule de sa vie. Les deux soeurs se tournent autour, tentent de s'apprivoiser en évoquant leur enfance, leurs souvenirs, leurs parents. Maud, leur mère, fantasque et volubile, malheureusement décédée en tombant dans un escalier, et Clive, leur père, entomologiste passionné par les papillons qui dédia sa vie et sa santé mentale à ces insectes.

Voilà un temps infini que ce roman attendait sagement sur les étagères de ma bibliothèque que je l'ouvre. Le Mois anglais était l'occasion toute trouvée ! Un premier roman britannique, qui évoque l'histoire de deux soeurs, j'étais à vrai dire assez enthousiaste en débutant ma lecture.

Mais attention aux apparences ! Le temps des métamorphoses est un roman bien plus sombre que ne le laisse imaginer son résumé. Virginia prend en charge la narration à la première personne et le lecteur est pris dans les filets de ce personnage, voguant au gré de ses souvenirs, entre passé et présent. Si Vivien apparaît dès la première page, elle restera, comme les autres personnages, une ombre fantomatique à laquelle le lecteur n'aura pas accès, prisonnier de cette focalisation interne au personnage de Virginia.

L'intrigue alterne passé et présent, enfance et vieillesse, et de lourds secrets ne tardent pas à être mis au jour. L'entomologie tient une grande place dans le roman, l'histoire familiale semblant être condamnée à être sous le joug des papillons et de leur emprise sur les membres de la famille. C'est pesant, angoissant même, menaçant sans aucun doute, mais je n'ai pas eu envie de reposer ces pages. Je m'attendais à un roman plus léger, mais je n'ai pas été déçue de la tournure que prenait l'intrigue. J'ai même aimé me plonger dans ce manoir silencieux, dépoussiérer les souvenirs de Virginia, soulever la poussière qui s'est déposée en voile sur les secrets de famille, pour mieux comprendre ce qui s'est joué entre ces murs. Un roman qui m'a mise mal à l'aise, mais dans le bon sens du terme (si tant est que cela soit possible !). Un roman que je vous recommande, c'est certain !

Voici ma deuxième participation au Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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15 juin 2016

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

Tu comprendras quand tu seras grandeAprès Le premier jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande est le second roman de Virginie Grimaldi paru en mai 2016 chez Fayard.

Après une rupture douloureuse, Julia quitte Paris pour le Pays basque, où elle va effectuer un remplacement en qualité de psychologue dans une maison de retraite. Pour cette trentenaire parisienne, ce poste est une fuite, une échappatoire à son quotidien devenu déprimant depuis sa rupture. Mais une fois sur place, les doutes s'installent. Elle qui n'a jamais vraiment été à l'aise avec les personnes âgées, la voilà immergée dans le quotidien des pensionnaires des Tamaris. Heureusement, une équipe jeune et dynamique l'attend et très vite, Julia prend goût à l'air de la côte et aux Tamaris. Elle qui a été embauchée pour être à l'écoute des pensionnaires et alléger leur mélancolie se rend vite compte qu'elle apprend beaucoup à leurs côtés et que si les époques sont différentes, les problématiques sont universelles. Et la fuite de Julia va se révéler être une très bonne façon de reprendre goût à la vie...

J'ai ouvert ce roman en ayant envie de soleil, de détente, de feel good (vous savez à quel point j'aime ponctuer mes lectures de romans feel good !) et je n'ai absolument pas été déçue ! Je ne connaissais Virginie Grimaldi que de nom, n'ayant pas lu son premier roman, et j'étais très curieuse de découvrir la plume de cette jeune passionnée d'écriture. Bien m'en a pris car j'ai passé un très bon moment aux Tamaris en compagnie de Julia et de ses pensionnaires !

L'intrigue nous emmène dans un lieu qui de prime abord ne fait absolument pas rêver : une maison de retraite. Pour éviter que son lecteur ne ressente tout sentiment négatif, Virginie Grimaldi le fait immédiatement éprouver par son héroïne, pour mieux le déconstruire ensuite. Et c'est rudement bien joué ! Car qui imaginerait trouver une bouffée de positif et de vie dans un endroit qui accompagne ceux qui sont en train de la quitter ? Certainement pas Julia, qui éprouve cette réticence dès son arrivée dans les lieux. Mais celle-ci est très vite chassée par l'énergie qui émane des pensionnaires et de l'équipe qui les encadre. Quel meilleur moyen de prendre du recul sur sa vie que d'écouter les autres raconter leurs souvenirs ? L'auteure met l'accent sur la richesse des relations inter-générationnelles et inverse les rôles : venue écouter et délivrer sa bienveillance, Julia se retrouve prise en charge et cocoonnée par ceux qui sont au crépuscule de leurs vies.  Et la beauté qui émerge de ces échanges est belle et authentique. 

Les personnages secondaires sont bien étudiés, et si certains sont parfois un brin caricaturaux, ce sentiment est vite effacé par la chaleur des rapports humains aux Tamaris. L'intrigue se déroule avec lenteur, au rythme de ce quotidien bien réglé à la maison de retraite et le retournement de situation final ne lui en offre que plus de saveur.

Petit bémol, néanmoins : si j'ai trouvé le personnage de Julia consistant et bien étudié, j'ai trouvé que son aspect professionnel était moins réussi. Pour une psychologue, Julia manque parfois cruellement de recul et cela amoindrit la vraisemblance de son métier. C'est un détail, certes, mais je me suis fait souvent la réflexion au cours de la lecture.

Virginie Grimaldi réussit là un roman à la fois léger et grave, porté par des personnages hauts en couleurs que l'on aimerait croiser dans notre vie. Et on ressort de ces pages avec le sourire aux lèvres et l'envie furieuse de vivre intensément...  Un grand merci à Marie et aux éditions Fayard pour la découverte de ce roman et de cette auteure !

 Voilà une nouvelle participation au Challenge Feel Good que j'organise

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