Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

14 novembre 2009

Défi "Une année en Russie"

russieEt voilà, à peine arrivée sur la blogosphère, je m'emballe et suis très enthousiaste à l'idée de partager mes lectures avec des accros aux livres comme moi.

Donc en flânant sur le blog Marque ta page
, je me suis inscrite au défi "Une année en Russie".
Je vais très certainement me plonger dans Crime et Châtiment... Et puis je laisse mes envies me guider pour ce défi !!

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L'enfant océan, Jean-Claude Mourlevat

oc_anNormalement, ce roman de littérature de jeunesse n'a pas trop besoin de mon acharnement pour le diffuser tant il est connu.
Mais certains ne le connaissent pas encore autour de moi et ne l'ont pas lu, d'où ce billet.
L'enfant Océan est un court roman de littérature de jeunesse écrit par Jean-Claude Mourlevat et publié en 1999 aux éditions Pocket Jeunesse.

Il relate le périple de 7 frères, en fugue  vers l'Océan pour échapper à leurs parents, croyant que ceux-ci veulent les tuer.

Vous aurez sûrement deviné qu'il s'agit là d'une réécriture moderne du conte du Petit Poucet. Yann, le cadet des frères et le plus perspicace, entraîne la petite troupe vers l'Ouest, comme aimanté par l'Océan.
Le récit est une narration à plusieurs voix, chaque chapitre correspondant au récit d'un personnage ayant croisé la fratrie sur son chemin.
Dit comme ça, cet article peut laisser froid et indifférent, mais pour vous convaincre peut-être, je peux vous affirmer que l'écriture de J-C Mourlevat est poignante, que l'alternance narrative permet de maintenir un certain flou sur la fugue des enfants et que l'émotion est présente du début à la fin. Même en connaissant le conte originel, le lecteur se laisse porter par cette adaptation moderne et émouvante.
Considéré comme un classique (même si je déteste employer ce mot aux frontières floues et à la définition hasardeuse...) en littérature de jeunesse, ce roman a connu un très vif succès auprès des jeunes lecteurs et est toujours considéré comme un titre à connaître dans le domaine.
Avis aux retardataires et aux autres !

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13 novembre 2009

L'attentat, Yasmina Khadra

attentatIl est de ces livres qui vous bouleversent littéralement, vous poussent dans vos retranchements et vous forcent à réfléchir. L'attentat, roman de nombreuses fois primé de Yasmina Khadra, fait partie de ce genre là.

Tel Aviv. Un attentat suicide dans un restaurant bondé. Amine, jeune chirurgien israélien d'origine arabe, opère les blessés qui arrivent en grand nombre.

Exténué, il rentre chez lui. Au milieu de la nuit, un coup de téléphone le réveille en sursaut. C'est au sujet de sa femme. Elle a été tuée dans l'attentat. Mais ce qu'Amine met beaucoup de temps à comprendre et à admettre, c'est que c'était elle la kamikaze qui a fait sauter ce restaurant plein.

Commence alors pour le narrateur une douloureuse période de recherches sur sa femme, ses fréquentations,  pour comprendre ses motivations, et ce qui l'a incitée à cet acte. La difficulté d'admettre qu'il ne la connaissait pas, qu'il la laissée commettre l'irréparable et l'innommable au nom d'une cause qui lui est étrangère et qu'il ne comprend pas.

La lutte pour survivre  et recommencer à vivre avec cette réalité, la culpabilité de n'avoir rien vu, la haine, aussi.

Un roman poignant, le premier que je lisais de cet auteur. Une écriture à couper le souffle. Des phrases à la prosodie qui fait sens, un rythme narratif qui oblige le lecteur à poursuivre un peu plus loin sa lecture, incapable d'en rester là.

Une grande émotion face à cette histoire, beaucoup d'identification au narrateur pour ma part, de compréhension face à sa culpabilité et ses doutes.  Une belle leçon  de réflexion sur le conflit israëlo-palestinien.

A lire à haute voix à un auditoire (même restreint...) pour apprécier le style incisif et lyrique de l'auteur.

"Je me sens patraque, halluciné, dévitalisé. Ne suis qu'un énorme  chagrin recroquevillé sous une chape de plomb, incapable de dire si j'ai conscience du malheur qui me frappe ou bien s'il m'a déjà anéanti." p.36

"C'était sur le bord d'un lac suisse tandis que l'horizon crépusculaire se prenait pour un tableau de maître : "Je ne te survivrais pas une minute de plus ", m'avait-elle confié." p.80

"Il est des matins qui se lèvent sur d'autres nuits." p.83 (pour Marine !)

"Le matin, à l'heure où la nuit retrousse ses ourlets sur les premiers attouchements du jour, je suis débout." p.229

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12 novembre 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button, Francis Scott Fitzgerald

BUTTONCurieuse comme je suis des adaptations au cinéma des œuvres littéraires, après avoir vu le blockbuster américain sorti en février 2009 sur nos écrans, je me suis ruée dans la librairie derrière chez moi pour acheter la nouvelle de Fitzgerald dont le film s'était inspiré.
J'insiste sur ce dernier mot. En effet, alors que L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher s'étend sur 2h35, la nouvelle qui en est la source ne fait que 59 pages (enfin 47 si on enlève les pages de garde du début...) Autant dire que les scénaristes ont librement brodé autour de l'intrigue originelle. Rares sont les similitudes entre les deux versions et je suis même étonnée que ce film ait pu prendre ce titre, et non pas "librement inspiré de la nouvelle, etc." Mais tout ceci n'est qu'une question de droit d'auteur...

Bref, pour parler ici de la nouvelle de Fitzgerald, j'ai été agréablement surprise par cette histoire à la fois courte et très imaginative.
Et comme le logo l'indique, cette lecture s'inscrivait dans le Challenge 2 euros initié par Cynthia ici !
1860 aux Etats-Unis. Le couple Button donne naissance à son premier enfant, mais celui-ci, par le plus grand des mystères, s'avère être un vieillard de 70 ans. 
Le temps passant, ses parents s'aperçoivent qu'il subit une croissance inversée et retourne littéralement en enfance, défiant les lois de la nature et de la logique.
Benjamin voit ses proches et sa femme vieillir au fil des années, se raidir  et disparaître avec le temps, tandis qu'il se découvre une nouvelle vigueur et profite de ses années de jeunesse.
Mais au bout de cette inversion du temps, le retour à l'état de nourrisson et à l'origine le guette.
Challenge
L'auteur de Gatsby le Magnifique nous livre ici une nouvelle étrange, à la fantaisie rare.
L'écriture est fluide, la traduction coule sans lourdeur et nous entraîne dans ce conte avec légèreté.
L'intrigue est plus suggérée qu'elle n'est détaillée, et son originalité permet à l'auteur de ne pas s'étendre sur de nombreuses scènes. Des situations générales prennent le pas sur les anecdotes, et les années du personnage défilent à vive allure au fil des pages.
"
Nous ne nous étendrons pas sur la vie de Benjamin Button entre sa douzième et sa vingt-cinquième année. Disons simplement que ce furent des années de décroissance régulière." (p.30)
Ode au temps qui passe et que l'on ne peut retenir, cette nouvelle laisse un sentiment de mélancolie étrange lorsqu'elle se termine. L'inéluctable arrive à grands pas pour le personnage, tel le fatum, ou destin,  qui s'abat sur les héros des tragédies grecques.


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Rien, Janne Teller

rienJe viens de terminer ce livre qui m'a bouleversée et fait réfléchir...
Rien de Janne Teller, paru aux éditions du Panama en 2007 est en effet de ces livres dont on ne ressort pas indemne.
Ce roman pour ado, qui a reçu le prix du meilleur livre jeunesse décerné par le Ministère de la Culture Danois, ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire auparavant.

Pierre Anthon, un jeune ado de 14 ans, décide le jour  de sa rentrée en 4ème de grimper dans un prunier et d'y rester , proclamant le fait que la vie n'a pas de sens et que "tout commence pour finir".
Ses camarades de classe cherchent
en vain un moyen  de le déloger de son abri, puis s'interrogent sur sa motivation.
Si Pierre pense que rien n'a de sens, alors ils vont lui prouver qu'il existe une signification au monde en érigeant un "mont de signification" composé d'objets auxquels ils tiennent et qui font sens pour eux.  Le sens naîtra de ce sacrifice.
Chacun oblige alors un de ses camarades à se séparer de quelque chose auquel il tient pour prouver à Pierre que la vie a un sens.
D'une paire de boucle d'oreille à un gant de boxe, les jeunes deviennent de plus en plus durs entre eux et les sacrifices demandés prennent une ampleur incontrôlable. Jusqu'à l'irréparable et l'insoutenable...


A la lecture de ce livre, le lecteur se sent emporté dans un tourbillon de surenchère impossible à contrôler et sent l'horreur poindre son nez. Le petit jeu cruel des personnages, leur volonté de prouver à leur condisciple que la vie est porteuse d'une certaine signification, leurs blessures personnelles à chaque sacrifice, met mal à l'aise en même temps qu'il fascine.
Jusqu'où vont-il aller ? Quelle limite vont-il imposer à cette leçon de réflexion ? Ne vont-il pas perdre en chemin leur lucidité et une part de leur humanité ?
Un roman vraiment très réussi, loin de laisser le lecteur indifférent, et qui résonne longtemps après avoir fermé la dernière page...

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11 novembre 2009

Challenge 2 euros

challenge_2_eurosEn furetant à droite à gauche sur les blogs consacrés à la littérature et à la lecture, je suis tombée sur celui de Cynthia  intitulé qui propose Le challenge 2euros.

Ni une ni deux, vu que j'ai beaucoup de temps devant moi (une fracture au pied et 3 semaines d'arrêt maladie), je me suis inscrite pour participer !

Alors je vous laisse, je vais bouquiner !!

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Graines de cabanes, Philippe Lechermeier et illustré par Eric Puybaret

cabanesPour un de mes cours de littérature de jeunesse, il avait fallu que je fasse l'analyse d'un album de mon choix.

Après de nombreuses hésitations, mon choix avait porté sur Graines de Cabanes,écrit par Philippe Lechermeier et illustré par Eric Puybaret, paru aux éditions Gautier-Languereau en 2005.

Le lecteur ouvre avec cet album le carnet de voyage du célèbre explorateur Alphonse Cagibi, qui parcourt le monde à la recherche des mystérieuses graines qui, une fois plantées et arrosées, se transforment en petites maisons.


Cet album est une petite merveille tant à lire qu'à regarder !!! Je vous aurais prévenus !!
Les illustrations sont magnifiques et permettent de se plonger avec délice dans cette histoire merveilleuse. Les cabanes sont toutes plus imaginatives les unes que les autres et sont un appel à la rêverie.
La mise en page joue sur le rapport texte / images et sur les différents styles de cabanes. pour surprendre encore plus le lecteur. Le texte donne vie à tous ces croquis aussi loufoques les uns que les autres...
A mettre entre toutes les mains, petits ou grands, pour faire une place à l'imaginaire dans sa vie !

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10 novembre 2009

La proie des âmes, Matt Ruff

Là encore, jeproie travaille depuis quelques temps pour diffuser ce livre autour de moi, le prêter à mes proches (et le récupérer, ne vous inquiétez pas pour celui-là, même s'il a pris un peu l'eau...) et le conseiller à tous ceux qui m'entourent : c'est une réelle merveille !

Andy Gage, le personnage principal de La proie des âmes de Matt Ruff,  souffre de troubles de la personnalité multiple.
Dans sa tête cohabitent une centaine d'âmes, chacune apparue suite à un traumatisme. Andy, grâce à l'aide d'un psychiatre, a su créer dans son esprit une sorte de refuge pour celles-ci, afin qu'elles cohabitent.
Un jour, Andy rencontre Penny, une jeune femme atteinte du même mal que lui. Et pour l'aider, Andy va bouleverser l'équilibre mental
qu'il a difficilement acquis, au risque de laisser émerger certaines de ses personnalités dangereuses et  se perdre en chemin...

Jamais effrayant, ce livre vous entraîne dans une histoire chargée en suspense et en émotions. Andy et ses personnalités fascinent le lecteur, tout autant que le mystère qui entoure leurs apparitions.
L'écriture est haletante, rapide et ne laisse jamais de répit. L'auteur utilise avec beaucoup de pertinence la ponctuation, notamment les points de suspension, pour passer d'une personnalité à une autre, laissant le lecteur désorienté avant de savoir qui contrôle le corps d'Andy Gage et quel  but il poursuit...

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La maîtresse des épices, Chitra Banerjee Divakaruni

_picesPour continuer mon tour du monde des livres qui m'ont plus cette année, je tenais à vous parler d'un de mes derniers coups de coeur :  La maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni, paru aux éditions Philippe Picquier en 2002.

Laissez-vous emporter par Tilo, expatriée en Californie où elle tient une petite échoppe d'épices.
Possédant l'art d'apaiser l'âme et le corps grâce aux celles-ci, elle soigne avec douceur ceux qui poussent la porte de sa boutique, clairvoyante sur leurs malaises et leurs émotions...
A chaque épice ses caractéristiques et ses propriétés et Tilo sait manier cet art avec habileté.
Jusqu'au jour où un bel inconnu passe le pas de sa porte et fait chavirer son cœur. La maîtresse des épices remet alors en cause son savoir et son don au risque de se perdre dans cet amour impossible.


Ce livre m'a beaucoup émue.
La réflexion sur les conditions difficiles des expatriés indiens aux États-Unis, leur déception face au rêve américain et les réactions parfois violentes à l'encontre de leur origine est bouleversante.
La syntaxe est précise, le rythme des phrases semble s'adapter aux épices et à leur symbolique. La traduction est légère et permet d'appréhender le texte sans lourdeur.
A sa lecture, ce livre semble diffuser les épices qu'il évoque autour de nous et nous apprend à les regarder d'un autre œil.

Bref, à lire absolument !

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09 novembre 2009

La cité des livres qui rêvent

BouquinbourgPour rebondir sur mon précédent article (vu qu'il n'y en a qu'un pour le moment, c'est facile !), voici pour ceux qui sont intéressés, quelques indications sur La cité des livres qui rêvent.

Le lecteur suit le périple d'Hildegunst Tallemythes, un jeune dragon qui entre dans les catacombes de Bouquinbourg à la recherche du manuscrit "parfait", le tout ponctué d'illustrations en noir et blanc d'une inventivité rare.

Les descriptions sont délicieuses, l'imaginaire de Walter Moers incroyable, ses trouvailles linguistiques vraiment géniales (tout du moins l'excellente traduction de François Mathieu et Dominique Taffin-Jouhaud) et les illustrations qu'il a lui-même réalisées donnent froid dans le dos.

Bref, ce livre est un petit bijou de poésie et de réflexion sur la lecture et la littérature... Il est bien dommage qu'il ne soit pas plus connu et reconnu, d'où mon acharnement à en parler autour de moi et à l'indiquer dans le cahier de suggestions d'achats des bibliothèques. Avis aux amateurs !

 

Quatrième de couverture :

"Ici commence l'histoire. Elle raconte comment je suis entré en possession du Livre sanglant, comment j'ai atteint l'Orm. Cette histoire n'est pas destinée aux lecteurs au cuir tendre et aux nerfs fragiles - à qui je recommande d'emblée de reposer cet ouvrage. (...) Oui, je parle d'un pays où la lecture peut rendre fou. Où les livres risquent de blesser, d'empoisonner et même de tuer. Seul celui qui est prêt à accepter le risque de me lire, à mettre sa vie en jeu pour avoir sa part de mon histoire doit me suivre jusqu'au prochain paragraphe.  (...) Mais ne perdons pas plus de temps et entamons notre périple. Car il s'agit bien d'un voyage qui nous mènera à Bouquinbourg, la Cité des livres qui rêvent."

 

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