Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

27 décembre 2009

Christmas Tag par Tinusia

Sitôt rentrée chez moi, me voilà taguée par ma copine blogueuse de longue date, j'ai nommé Tinusia !!

Ni une ni deux, je réponds promptement à ce tag de Noël ! noel_blog


Nous sommes le 24, il fait froid, il pleut, il vente, il neige. Vous êtes dans les transports, sur le point d'arriver chez vous après une dure journée de courses de dernière minute.
Enfer et  damnation ! Vous vous apercevez du fait que vous avez complètement oublié le plat principal et le livre collector en édition ultra limitée dont vous rêviez depuis des mois et qui est sur le point d'être épuisé. L'ennui, c'est qu'il ne vous reste qu'une heure pour  préparer le réveillon et que vous aurez tout juste le temps de faire l'une des deux courses. D'ailleurs, rien n'est moins sûr ! Et  puis, il faut avouer que votre journée vous a achevé(e). Que faites-vous ?

Je rentre chez moi, et...

Je me mets aux fourneaux, aidée de Tosty (fidèle au poste en cuisine, comme il a pu le démontrer par le passé) et je concocte à mes invités un repas convivial, même si un peu improvisé...

Le livre collector ?? Sans problème, je le trouverai bien sur le net en farfouillant un peu d'ici quelques jours / semaines. Oui, je sais, l'espoir fait vivre, mais à situation désespérée, choix obligés... Et je n'allais pas laisser mes invités mourir de faim quand même !!


Vous voilà enfin chez vous ou chez les personnes chez qui vous réveillonnez. Cette année vous avez décidé que l'oncle Fred ferait le Père Noël. Malheureusement, il vient d'appeler pour vous dire qu'il avait rencontré l'amour de sa vie à 80 ans et partait en Indonésie pour sa lune de miel, avec une dulcinée connue deux mois auparavant à son entrée en maison de retraite. clinteastwoodHeureusement, vous connaissez des gens célèbres, acteurs, chanteurs, sportifs ou autres (morts ou vivants) qui se couperaient en quatre par amitié pour vous. Qui choisissez-vous pour jouer Santa Claus?

Sans hésiter Clint Eastwood, parfait en Père Noël flippant au regard bleu acier, tout droit sorti d'un bon polar...

 

C'est l'heure de distribuer les crackers, je me demande ce qui est inscrit sur le vôtre...

Ah... Il y avait un message ?? Pas vu, j'étais obnubilée par le petit cadeau qu'il contenait !!

CRACKERS

Les enfants sont enfin couchés ! Après avoir bien bu et bien mangé, vous décidez de finir la soirée en beauté en faisant une petite séance de spiritisme. Vous commencez en riant bien, mais soudain le tonnerre gronde, la lumière s'éteint, une lueur bleue vaporeuse s'élève au dessus de la table et vous sentez quelque chose de froid et mou se poser sur votre épaule. Que faites-vous ?


Vues les circonstances, je suis en droit de hurler non ???
 


 Et au fait, on pourrait connaître l'identité du fantôme, vrai ou farceur ?

Personne ne s'est dénoncé, bien sûr, comme d'habitude dans ces séances de spiritisme... Et c'est à cause de ça qu'il existe autant de légendes urbaines à ce propos !!

Enfin vous voilà le 25 au matin et vous allez déballer les cadeaux qui vous attendent depuis quelques heures sous le sapin. Quel est le cadeau inespéré que vous ne pensiez jamais recevoir et qui est là, devant vos yeux ébahis?  

Ma sœur*, qui a finalement pu descendre nous voir, et qui sort d'un paquet cadeau géant...


Vu que beaucoup semblent avoir été tagués pendant mon absence, je  me faufile parmi les non tagués et renvoie ce tag à ma copine non virtuelle Héloïze,  à Herisson08 ainsi qu'à Cynthia !

*Ça va, pas de larmes sœurette, mais l'an prochain, ça sera ensemble !!!

Une chronique de soukee rangée dans - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés :


22 décembre 2009

Mon choix pour le Challenge de Livraddict

Trêve de plaisanterie, sus au suspense, je vous révèle dès aujourd'hui mon choix de lectures pour le tant attendu Challenge Livraddict !

 

J'avais déjà annoncé 10 titres pour ma participation, en décidant à vue d'œil. Et en me promenant sur le blog de ma copine Héloïze, je me suis aperçu que je n'avais pas encore fixé totalement mon challenge...
J'arrête donc mon choix sur :


1. Le Bon Gros Géant
2.
La Quête d'Ewilan, tome 1 : D'un monde à l'autre
3.
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
4.
Le Livre des Étoiles, tome 1 : Qadehar le Sorcier
5.
Les Piliers De La Terre (ça fait des années que ma mère me tanne pour que je le lise, c'est l'occasion !! )
6.
Coraline
7.
Tara Duncan, tome 1 : Les Sortceliers
8.
84, Charring Cross Road
9.
Orgueils et Préjugés
10.
A la croisée des mondes - Intégrale

 

J'en ai beaucoup au CDI de mon collège, donc ça sera pratique, et pour le reste, vive la bibliothèque !!!
Bon, ne m'en demandez pas trop en cette veille de fête, je ne sais pas encore par lequel commencer...

Une chronique de soukee rangée dans - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés :

La mémoire du corps, Shauna Singh Baldwin

corpsVoici un  beau roman, lu il y a peu et publié aux Éditions du Seuil en 2002.


La mémoire du corps
de Shauna Singh Baldwin relate l'histoire de la création du Pakistan en 1947 à travers le parcours d'une famille, et plus particulièrement de deux femmes, que tout oppose : Satya, la première femme de Sardarji, riche propriétaire sikh, à la fois fougueuse et dominatrice et Roop,  la seconde épouse, une très belle jeune fille de dix-sept ans, hésitante et peu téméraire.
Les deux femmes s'affrontent silencieusement sous le même toit tandis que leur mari les ignore et s'investit dans  les relations indo-britanniques.
Mais l'avenir de l'Inde est incertain, et les communautés s'affrontent, sur le même tempo que les deux femmes qui se déchirent. L'Indépendance est proche, les armées britanniques sur le point de partir et les musulmans  voient leur rêve d'un état musulman sur le point de se réaliser.


Un beau roman, mêlant à la fois fiction et réalité historique. La narration à la troisième personne m'a cependant gênée tout au long de la lecture, donnant l'impression d'une intrigue plate et qui reste en surface par cette impossibilité d'avoir accès à l'intériorité des personnages. Pas de ressenti donc, ni de dialogue intérieur qui viennent entrecouper la narration.
Malgré ce désagrément, j'ai apprécié ce roman et plus particulièrement l'aspect historique. Il permet de mieux comprendre les tensions qui ont précédé
en Inde  la création du Pakistan. Les croyances différentes, les traditions et les nombreuses religions représentées dans ce pays sont décrites et participent à la compréhension de l'Histoire.
La condition de la femme sikhe en Inde à cette époque est abondamment abordée grâce aux deux héroïnes. On les suit à travers leur quotidien, les grandes cérémonies tels le mariage ou encore les naissances des enfants, les traditions qui régissent leurs attitudes, etc.
Petit bémol cependant, l'absence d'un glossaire à la fin du roman pour expliciter les nombreux termes hindi utilisés. On comprend la plupart avec le contexte, mais c'est un peu dommage...
L'intrigue est parfois longue, l'aspect fictionnel souvent compliqué (un entrelacs de personnages gênent fréquemment la compréhension) mais la réussite de ce roman réside dans le fait d'aborder ce point de l'histoire indienne par le biais de ce genre littéraire et sans démagogie.

En clair, à lire si on s'intéresse à l'Inde et à l'histoire du Pakistan, ou encore pour en savoir plus sur les traditions et religions de ce pays.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature indienne - Vos commentaires [2] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,

15 décembre 2009

Momo, petit prince des bleuets, Yaël Hassan

bleuetsGrâce à ma chère sœur, j'ai découvert l'an dernier une auteur pour la jeunesse géniale : Yaël Hassan. Momo, petit prince des bleuets, est un de ses romans publié aux éditions Syros en 2006.


Momo habite la cité des bleuets, une cité sans pelouse ni arbre, aux murs gris et sales. Lorsque l'été arrive, l'ennui le guette.

Mais son inscription à la bibliothèque et sa rencontre avec les livre changent son quotidien. Il se met à dévorer tous les livres qu'il emprunte.
Un jour, sur le banc où il a l'habitude de venir lire, un vieil homme est assis. Ensemble, ils vont parler des livres qu'ils aiment et échanger beaucoup malgré leurs différences.


Ce court roman est tout simplement bouleversant. Cette amitié improbable entre un jeune garçon qui vit dans une cité et entreprend la lecture de grands classiques de littérature afin de devenir un jour écrivain, et un vieil instituteur à la retraite un peu farfelu, prend le lecteur aux tripes.

Pour ma part, j'ai trouvé ce roman très émouvant. L'écriture de Yaël Hassan est remarquable et suscite un flot d'émotions. Elle parle avec justesse du fossé socio-culturel qui existe entre les deux personnages, de leurs différences, mais réussit aussi à mettre en valeur leurs ressemblances. Les doutes du jeune Momo face à la lecture et sa capacité d'écrire un jour, sa découverte des livres et son incompréhension face aux extravagances de Monsieur Emile sont savoureuses.

A lire pour le plaisir, et à faire lire aux jeunes pour amorcer une réflexion sur le thème de la vieillesse, de l'amitié ou encore de la lecture !

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés :

10 décembre 2009

Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, Philippe Doumenc

doumencVoilà une de mes récentes découvertes que j'ai dévorée d'une traite ! Surfant sur la même vague que Pierre Bayard, évoqué dans le billet précédent, Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary est un roman de Philippe Doumenc (et non un essai, pour ceux que ça rebute !!), publié chez Actes Sud en 2007, qui se penche sur le décès de l'héroïne éponyme de Flaubert.

L'intrigue démarre à la mort de celle-ci, connue pour son célèbre suicide au cyanure.
Mais sur le corps de la jeune femme, des marques d'ecchymoses.
Deux enquêteurs sont dépêchés sur place pour interroger les villageois. Et si Emma Bovary ne s'était pas suicidée ? Et si derrière l'intrigue de Flaubert se tramait une autre histoire ? Et si cet empoisonnement au cyanure était improbable ?

Savoureux comme les réflexions de P.Bayard, ce roman est un délice. Très rapide (180 pages), sa lecture est fluide et agréable.
Prenant appui sur le texte originel, Philippe Doumenc créé une fiction intéressante. Il reprend chacun des personnages créés par Flaubert et en dresse un autre portrait. La pauvre Emma est, elle aussi, passée au crible et semble bien loin de l'héroïne flaubertienne...
L'enquête est menée avec brio par un jeune policier, qui fait passer à chaque villageois un interrogatoire, rythmant ainsi la narration.

Ce roman n'est pas une autre lecture de l'œuvre de Flaubert mais se propose plutôt comme un prolongement, comme si Flaubert lui-même n'avait pas tout dit, ou que les personnages, dotés de vie, lui avaient menti...
Pour ceux qui ont envie de savoir ce qui aurait pu réellement se passer à Yonville...

Une chronique de soukee rangée dans Pastiches - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,


07 décembre 2009

Qui a tué Roger Ackroyd ? Pierre Bayard

Qui a tué Roger AckroydJ'ai eu l'occasion l'an dernier de découvrir Pierre Bayard, universitaire à Paris VIII et psychanalyste, qui a écrit d'étonnants essais, dont celui-ci, Qui a tué Roger Ackroyd ? publié aux éditions de Minuit en 1998.

Il amorce, dans ce titre, la réflexion qui est sienne : à la lecture du célèbre Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie, au dénouement non moins célèbre, le lecteur est en droit de s'interroger. Le meurtrier est-il vraiment celui présenté par la reine du roman policier ? P. Bayard propose alors une relecture de l'œuvre en se penchant plus précisément sur les preuves qu'Hercule Poirot brandit à la fin pour accuser le meurtrier. Et si une deuxième fin était possible ? Et si Agatha Christie avait semé des indices tout au long de son roman pour permettre au lecteur de confondre le réel meurtrier ? Et si tout concourrait pour être différent de ce qu'il n'y paraît ?

Essai passionnant, accessible sans avoir parfaitement en tête l'œuvre d'A. Christie (P. Bayard en reprend la trame au début pour recontextualiser son propos), ce livre est un vrai régal.
L'auteur se penche tour à tour sur la personnalité du meurtrier présumé et de son entourage, fait un détour par la psychanalyse, se penche sur la syntaxe, pour enfin nous révéler sa version des faits...
Avis aux amateurs de romans policiers !
Et parce que Marc Escola en a parlé mieux que moi, rendez-vous sur le site de  Fabula pour en avoir un aperçu assez conséquent.
Et sur le site des Editions de Minuit pour un petit aperçu des autres essais de cet auteur (notamment Le paradoxe du menteur, Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ou encore Le plagiat par anticipation
)

Une chronique de soukee rangée dans Essais - Vos commentaires [13] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

06 décembre 2009

Le club du suicide, Robert Louis Stevenson

clubdusuicide1Je viens de terminer Le Club du suicide, nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson et publiée aux éditions Gallimard en 2001.
Cette nouvelle, composée de trois textes (Histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème, Histoire du docteur et de la malle de Saratoga et Aventure du fiacre), est issue du recueil Nouvelles Mille et Une Nuits, publié dans la Pléiade.

Pour tromper son ennui, le prince Florizel et son grand écuyer, le colonel Géraldine, s'adonnent aux pires extravagances.
Lors d'une de leurs soirées, ils font la connaissance d'un jeune homme ruiné, qui a décidé d'en finir avec la vie.
Après avoir délié sa langue par un bon repas, celui-ci les convie à une
assemblée étrange : le Club du suicide. Chaque soir, les membres de ce club se réunissent et jouent aux cartes : le malheureux qui tire l'as de pique est condamné, tandis que celui qui tire l'as de trèfle, sera son bourreau. Ainsi, ceux qui veulent en finir avec la vie mais n'en ont pas le courage sont aidés dans leur funeste entreprise.
Le prince et son ami décident de faire cesser au plus vite cette entreprise lucrative et de sauver les membres désespérés de ce club.

Composé de trois nouvelles distinctes, liées par leur sujet, Le Club du suicide est une lecture intrigante. De prime abord, elle m'a fait penser [au] Magasin des suicides de Jean Teulé, que j'ai lu récemment.

La société secrète qui se réunit tous les soirs semble dédramatiser de prime abord la mort en général et le suicide en particulier. En réalité se cache derrière ces tristes réunions un commerce glauque. Les membres désespérés, ruinés par le jeu ou malheureux en amour, veulent en finir avec leur vie, mais pas sérieusement. Et lorsqu'ils tirent une des cartes fatidiques, il est trop tard : ils deviennent soit victime soit bourreau.

Stevenson propose ici une histoire originale, surtout pour l'époque, tout en conservant un manichéisme bien présent. Le prince s'ennuie et se rend dans cette société par hasard, mais une fois l'horreur vue, il met tout en œuvre pour faire cesser ce sombre commerce et condamner le président de club, sorte de Méphistophélès revisité. Chaque chapitre est ponctué par une conclusion, à la manière des Mille et une Nuits, qui informe le lecteur de l'avenir sans entrave des personnages.

Le rythme de l'intrigue est très rapide, en raison du genre littéraire, et ne s'encombre pas de descriptions ou de dialogues inutiles. Les scènes sont souvent très théâtrales et font souvent penser à une farce, malgré le thème de la nouvelle.

Enfin, la traduction de l'anglais, faite par Charles Ballarin, est très réussie, et permet de se plonger avec délice dans le Londres de cette époque.

"En outre, nous savons que la vie n'est qu'un théâtre où nous faisons les bouffons aussi longtemps que ce rôle nous amuse." p.25

2_euros
Cette lecture se rattache bien entendu au challenge Folio 2 euros, initié par Cynthia


Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

04 décembre 2009

La maison aux souvenirs, Nora Roberts

maisonJe viens de terminer La maison aux souvenirs, de Nora Roberts, publié en 2009 aux éditions Michel Lafon, livre reçu grâce au partenariat entre cette maison d'édition et le blog Livraddict.

Cilla McGowan est une jeune femme ex-enfant star, qui a décidé de se reconvertir dans la rénovation de maisons.
Revenue par hasard sur la terre de ses ancêtres, au fin fond de la Virginie, elle convainc sa mère de lui céder Little Farm, la demeure de ses aïeux, afin de la rénover et d'y habiter.
Mais tout les habitants de la vallée de Shenandoah ne semblent pas apprécier son installation et Cilla subit  de multiples déconvenues... Petite-fille d'une actrice célèbre, Cilla souffre des souvenirs liés à Janet, sa grand-mère, et à son mystérieux suicide dans sa propriété, près de trente ans auparavant.
Lorsqu'elle découvre un jour d'anciennes lettres d'amour destinées à sa grand-mère juste avant son suicide, Cilla s'interroge. Janet s'est-elle vraiment suicidée ? Qui est ce mystérieux amant, fou d'amour pour elle ? Et pourquoi sa grand-mère se serait-elle suicidée à 39 ans, dans la fleur de l'âge et au sommet de sa carrière ?
Tout en poursuivant ses travaux de rénovation, Cilla mène l'enquête en questionnant les habitants des environs. Mais tout ceci serait sans compter sa rencontre avec Ford, son charmant voisin, auteur de romans graphiques...


A la frontière entre roman sentimental et roman policier, ce titre est vraiment rafraîchissant. Le cadre nous plonge avec délice
en pleine campagne dans une vieille demeure familiale, pleine de souvenirs mais aussi de secrets.
Cilla, l'héroïne, est un personnage attachant, qui doute et s'interroge. Entre valeurs familiales et rupture avec ladite famille, elle oscille. Tentant de se détacher de cette gynécée où les femmes sont actrices de mères en fille, avec plus ou moins de talent, de succès et d'anxiolitiques, Cilla essaie de se frayer un chemin et de rompre avec son passé d'enfant starisée, laissée pour compte à l'arrêt de la série dont elle tenait le rôle titre.
Elle entretient
des discussions fictives, qui lui permettent de prendre du recul sur son histoire familiale
, avec sa grand-mère, actrice consacrée dont la vie semble s'inspirer de celle de Marilyn Monroe, entre enfance difficile, addictions diverses et mort prématurée.
Le personnage de Ford, son voisin intrigant, est,  à l'instar de Cilla, une sorte de anti-héros, romancier solitaire et empreint de poésie. Il semble en être le double masculin, reflet de ses doutes et de ses interrogations.
L'intrigue est bien menée, semblant se dénouer au fur et à mesure de la rénovation de la vieille demeure, comme si l'héroïne réussissait à se détacher de ses démons familiaux tout en restaurant le foyer de ses aïeux. La maison devient alors une métaphore de cette quête identitaire et le lecteur suit avec plaisir l'avancée des travaux...

La traduction de l'anglais ne souffre d'aucune lourdeur et permet une lecteur fluide et sans accroche.
Un petit plaisir, rapide à lire, qui donne très envie de bricoler ensuite !

Merci à Livraddict de m'avoir permis de participer à ce partenariat, et aux éditions Michel Lafon de m'avoir envoyé ce titre.

D'autres critiques par ici :  Stephie, joey7lindley , Pikachu et Cynthia.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [14] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

29 novembre 2009

Jonathan Strange & Mr Norrell, Susanna Clarke

Je viens de terminer Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke, roman paru en France en 2007 aux Editions Robert Laffont, qui a reçu le  prix Hugo et a été élu meilleur livre de l'année par le Time Magazine.

Angleterre, début 19ème. Mr Norrell est un magicien à l'ancienne mode, perdu dans ses livres. Sur les recommandations de ses conseillers, il s'installe à Londres pour se fairejonathan_strange_and_mr_norrell_cover mieux connaitre du grand public, et aide le gouvernement anglais dans sa guerre contre les français.
Mais lorsqu'il décide de former un jeune magicien débutant, Jonathan Strange, et que celui-ci part aider l'armée sur le front en usant de magie noire, les deux hommes se brouillent. Leurs conceptions de la magie anglaise diamétralement opposées les séparent, et les deux magiciens  se déclarent une guerre ouverte pour l'avenir de la magie.

Je n'ai pas du tout accroché avec ce roman. J'en attendais peut-être trop. La quatrième de couverture (je sais pourtant qu'il ne faut pas s'y fier puisqu'elle est faite par l'éditeur) était  très élogieuse : "En mélangeant avec témérité la mythologie de la littérature fantastique et la comédie de moeurs à la Jane Austen, Clarke a crée une oeuvre magistrale qui rivalise  avec celle de Tolkien."
Personnellement je n'ai trouvé ce roman ni magistral ni comparable à Jane Austen ou encore empreint de la mythologie de la littérature fantastique. L'auteur n'a pas construit un univers comparable à Tolkien ou alors c'est nier la majeure partie de l'oeuvre de celui-ci, non traduite en français.
Son univers est assez confus et sa description ne permet pas de se le représenter. La partie fantastique n'a rien d'innovant ni d'incroyable tandis que le Londres du début du 19e est passé sous silence ou peu s'en faut. La psychologie des personnages est très rapidement esquissée.
Des longueurs, beaucoup de longueurs (1100 pages pour une histoire assez banale !) et une dispersion de l'intrigue avec une kyrielle de personnages secondaires ont fait que j'ai eu du mal à terminer ce roman... Je ne le conseillerai pas à mes proches.
Des rumeurs parlent d'une adaptation cinématographique de ce roman. Peut-être que pour une fois je préfèrerais le film au livre...

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [11] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,

27 novembre 2009

Mon journal de geisha, Komono et Naoyuki Ogino

geishaVoici un ouvrage magnifique que j'ai acheté récemment et que j'ai dévoré d'une traite.

Pour couper court à la méprise courante qui associe
dans l'imaginaire collectif les geishas aux prostituées, depuis la Seconde Guerre mondiale, Mon journal de geisha est le récit de Ruriko, une jeune japonaise qui décide à 15 ans, de commencer l'apprentissage qui fera d'elle une geiko, ou geisha à Kyoto. 
Le parcours est long, les journées interminables et éreintantes, mais au bout le privilège de devenir Komono, son nouveau nom de geisha, et de faire perdurer la tradition japonaise.
L'apprentissage pour devenir geisha demande beaucoup de sacrifices. La rigueur exigée est lourde et les rituels très nombreux mais la jeune fille s'y plie, mue par une volonté hors pair.
De cet apprentissage de cinq ans pour devenir une parfaite geisha, Naoyuki Ogino, photographe indépendant, en a capté le quotidien et les moments les plus importants, suivant la jeune fille durant les instants inoubliables de sa formation, comme sa première représentation en public.

La lecture de ce journal est un réel plaisir. Komono s'y exprime à la première personne, donnant au lecteur l'impression d'être privilégié.
Les photos de
Naoyuki Ogino sont magnifiques et illustrent parfaitement le récit de la jeune geisha. Les couleurs chamarrées sont un délice pour l'oeil et le lecteur tourne les pages de ce documentaire comme s'il s'immisçait dans la vie de la jeune narratrice, partageant avec plaisir son quotidien.
Avec ce livre nous est donnée la possibilité d'avoir accès à cet art japonais ancestral et à toutes ses subtilités, mais aussi de se rendre compte des conséquences que sa disparition entraînerait sur l'artisanat traditionnel du pays, notamment celui des kimonos.
Bref, à lire pour en savoir davantage sur ces femmes si mystérieuses et sur les traditons qui enveloppent leurs vies, pour couper court à toute méprise et appréhender  d'une façon nouvelle cet art japonais. Un petit bonheur d'en savoir un peu plus grâce au témoignage d'une geisha de Kyoto  et de la suivre durant 5ans. De ce projet est né un très bel objet, à lire et à feuilleter régulièrement.

Une chronique de soukee rangée dans Documentaires - Vos commentaires [5] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : ,