Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

25 mars 2010

Le Monde de Barney, Mordecai Richler

9782253149958_GJe viens de terminer Le Monde de Barney, présenté par son éditeur comme "l'un des plus grands romans du Canada anglophone d'aujourd'hui".

Barney Panofsky, juif canadien, a eu une vie mouvementée : trois mariages, trois enfants, une jeunesse de bohème à Paris, puis une affaire d'importation de fromage dans son pays natal avant de terminer producteur de séries télévisées. Accusé du meurtre de l'un de ses amis, Barney voit sa vie s'effondrer : ses proches le délaissent et sa vie devient chaotique entre l'alcool et les pertes de mémoire qui commencent à l'envahir.

Difficile de catégoriser ce livre. Présenté comme un roman par l'éditeur, il s'agit en réalité d'un texte autobiographique (Barney Panofsky a réellement existé !), commenté par l'un de ses fils et mit en mot par Mordecai Richler... Bien confus tout ça !
Ce livre est néanmoins d'une drôlerie rare, d'une construction aussi anticonformiste que son narrateur. Le personnage de Barney, qui s'exprime à la première personne, égare le lecteur dans ses élucubrations et ses souvenirs. De ses trois femmes, il écrit trois chapitres successifs, chacun relatant, de façon désorganisée, les réminiscences de sa vie à cette époque mêlée à celle de son présent. Il entraîne le lecteur à sa suite, dans les méandres de sa mémoire défaillante.

Teinté d'humour noir et de cynisme, Barney est néanmoins attachant.  Sa vie est fantasque, à la limite de la vraisemblance. Il côtoie des personnalités aussi diverses qu'intéressantes.  J'ai vraiment apprécié les notes de bas de page de son fils, qui complètent ce récit,  qui  sont souvent très critiques, et par là même comiques...

J'ai passé un bon moment de lecture et je me suis souvent esclaffée, comme lorsque Barney cherche le nom de l'ustensile pour égoutter les pâtes... Une fois retrouvé, l'égouttoir ponctuera le texte régulièrement, tel un moyen mnémotechnique...

Je tiens à remercier 47286893 et logo pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. 

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23 mars 2010

Madeleine Vionnet, ma mère et moi, Madeleine Chapsal

Madeleine Vionnet, ma mère et moi

Sitôt reçu, sitôt lu ! J'étais assez curieuse de ce livre, dont la quatrième m'a intriguée. Plutôt que de la reformuler, une fois n'est pas coutume, je vous livre ici les mots de l'auteur :

"Madeleine Vionnet, ma marraine, et Marcelle Chaumont, ma mère, ont créé et dirigé la plus grande maison de haute couture d'avant-guerre, à Paris. Elles m'ont éduquée dans le luxe, mais aussi l'exigence. Je devais exceller en tout, à l'école, aux cours de maintien, dans mon apparence. À leur image... Dès mes trois ans, j'ai assisté aux collections et peu à peu j'ai pris conscience de la grandeur de ce travail accompli par une ruche de douze cents employées, dans une discipline quasi militaire, pour créer et reproduire plus de mille modèles par an.
Reste que je ressentais la futilité de ce monde aujourd'hui disparu. Une femme ne valait-elle que par ce qu'elle portait ? Ces chiffons sublimes pouvaient-ils consoler certaines d'avoir dû renoncer à un métier, à une vocation, à leurs rêves d'autonomie ? Derrière cette coûteuse élégance se menait en sourdine un combat. C'est cette histoire ambiguë de femmes en marche vers leur libération, d'une mode à l'autre, que j'ai voulu raconter. J'en fais partie. " Madeleine Chapsal


D'une lecture très rapide, ce livre n'est pas à proprement parler un roman mais plutôt un récit autobiographique parcellaire, un ensemble de souvenirs et de témoignages sur cette époque et les deux fabuleuses couturières parentes de l'auteur.
De sa marraine, Madeleine Vionnet, nous apprendrons finalement peu, Madeleine Chapsal avouant elle-même en savoir peu sur la vie de celle-ci, cette femme à la volonté hors du commun et au talent incontesté.
De sa maison de couture, rue de Rivoli à ses débuts, au magnifique hôtel particulier de l'avenue Montaigne, lorsque le tout Paris passait commande chez elle, nous connaîtrons des fragments : son autorité naturelle, sa bienveillance envers ses ouvrières, son talent et son avant-gardisme.
De ses anciennes couturières, nous auront quelques anecdotes, de sa filleule, l'auteur, des impressions floues, liées à l'enfance : le luxe incroyable dans lequel elle baignait, mêlé à la simplicité de sa vie, son affection pour les deux filles de son associée, Madeleine et sa sœur, la déférence avec laquelle chacun s'adressait à elle et le respect qu'elle inspirait.
La mère de Madeleine Chapsal, qui débuta comme seconde main dans la maison de couture Vionnet, s'associera avec sa fondatrice grâce à sa créativité et à sa passion pour la couture. A elles deux, la maison Vionnet connaîtra ses heures de gloire, avant la Seconde Guerre mondiale.
Un beau récit de la vie de ces deux femmes, de leur émancipation financière, rare à cette époque. Une plongée dans le monde la haute couture et de son fonctionnement. Sans suivre un ordre chronologique stricte, Madeleine Chapsal offre au lecteur un ensemble de souvenirs et de faits, recueillis plus récemment, sur la fondation d'une des plus grande maison de couture du Paris des années 30.
Un très bel hommage à Madeleine Vionnet, une femme disparue dans l'anonymat et enterrée dans le Jura. Un livre qui permet de lui redonner un nom et lui rendre ses innovations, afin que les jeunes générations ne l'oublient pas.

Le deux carnets de photos, au centre du livre, permettent d'avoir un aperçu appréciable des créations décrites dans le texte et font susciter la tendre nostalgie de cette époque et l'affection de l'auteur pour ces deux femmes.
Je remercie 47286519 et les Éditions MICHELLAFON pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

fashion

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21 mars 2010

Un pas de trop, Patricia Wentworth

9782264039903FSJ'ai eu la chance de recevoir, à l'occasion du Swap Irlande, ce roman policier de la part de Caro, ma swapeuse...
Quelle belle découverte ! Je ne connaissais Patricia Wentworth que de nom, et pensait qu'elle nous était contemporaine
et situait ses romans dans l'Angleterre des années 40...
En réalité, Patricia Wentworth écrivait à la même époque qu'Agatha Christie, et a même imaginé,
quelques années avant la reine du polar et avec Miss Maud Silver, le prototype du armachair detective, dont Miss Marple est le plus célèbre exemple ...
Revenons en à Un pas de trop, roman policier qui met en scène le deuxième détective de l'auteur, Frank Abbott.

Lucas Dale est un homme sûr de lui, immensément riche, et heureux propriétaire de King's Bourne, une magnifique demeure dans la campagne anglaise. Bien décidé à épouser Susan Lenox, dont la famille possédait la propriété, Lucas Dale tente par tous les moyens de séduire la belle, déjà fiancée à un autre.
Lorsque le riche propriétaire est retrouvé dans son bureau avec une balle dans la nuque, un terrible constat s'impose : il a été assassiné !
L'inspecteur Lamb de Scotland Yard, aidé du jeune inspecteur Abbott, est dépêché sur place pour mener l'enquête. Curieusement, personne ne semble avoir entendu quoi que ce soit dans la maison...

Roman policier bien ficelé, avec une intrigue classique, certes, mais bien menée. Un très bon moment de lecture, pour ceux qui adhèrent au charme paisible de la campagne anglaise et à ses histoires retorses. Un meurtre étrange, des passions humaines, un village où rien ne reste privé bien longtemps.
Les personnages sont bien esquissés et permettent une identification certaine, malgré la méfiance du lecteur.
Patricia Wentworth nous entraîne avec brio dans cette intrigue, laissant planer une atmosphère de soupçon sur chacun des personnages, et donnant au lecteur l'impression d'être épié par les commères du village, dissimulées derrière leurs rideaux.
Un huis-clos intrigant, où aucun des personnages n'est véritablement ce qu'il paraît et où chaque mensonge aide un peu plus le meurtrier à se dissimuler.
Les langues se délient difficilement, au prix de bien des sacrifices, et les masques tombent au fur et à mesure afin que la vérité soit mise au jour.

Bref, un excellent moment de lecture qui m'incite à m'intéresser de plus près à cette auteure prolifique, bien connue Outre-Manche. Merci beaucoup Caro pour cette découverte ! Je vais essayer de trouver les enquêtes de Miss Silver maintenant, pour chercher les similitudes avec cette chère Miss Marple !

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19 mars 2010

Petits contes amoureux, Gudule, Samuel Ribeyron

9782745930774Un très bel album pour voyager à travers le monde et ses traditions orales. Onze contes sont racontés par Gudule et illustrés par Samuel Ribeyron dans cet album pour les petits dès 4 ans.

En Egypte, le lecteur voyage avec Aïcha, la fille d'un cadi et ses trois prétendants ; à Madagascar, il connaîtra l'histoire de Tabo-ada, une jeune princesse très laide qui cherche néanmoins son prince ; en Inde, Gudule nous invite à lire le destin de Balaam et Oumi, deux cœurs amoureux que leurs rêves séparent ; en Bulgarie, l'album s'attarde sur l'histoire du petit bossu qui avait du miel dans sa ruche ; en Turquie nous est donnée à voir l'histoire de la belle Zénobia, fille du sultan, qui met au défi ses prétendants afin de choisir le plus courageux...

Les textes courts sont les témoins des tradition orale de chacun de ces pays. Les illustrations toute en douceur et en couleurs tendres sont un régal pour les yeux.challenge2

Ce tour du monde des contes sur l'amour est un plaisir autant pour les yeux que pour l'esprit. Qu'il est bon de regarder les traditions populaires de nos voisins plus ou moins proches et d'y trouver des échos dans nos propres souvenirs d'enfant et des résonances dans nos lectures d'adulte ! Cette lecture s'inscrit dans le Challenge Je lis aussi des albums ! d'Herisson08 (3/11) et comme troisième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle ! 

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18 mars 2010

Fourrure, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

9782234063389Je viens de terminer Fourrure, le premier roman d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre. Et je dois dire que je n'ai pas été déçue par cette lecture...

Zita Chalitzine est une écrivaine de renom. Lorsqu'elle est retrouvée suicidée à l'arrière de sa Mercedes, enveloppée dans son vison blanc, les journalistes accourent, flairant le scandale. Accusée d'avoir signé de son nom les romans de Romain Kiev, son ancien amant, Zita connut une fin de vie chaotique. Pour Ondine, sa fille, qui n'a plus eu de contact avec elle ces dix dernières années, cette nouvelle scelle à jamais le secret de l'identité de son père. En rangeant les affaires de Zita, Pierre, son jeune veuf, découvre son autobiographie. De son enfance  d'origine modeste, au milieu de l'aristocratie parisienne, à sa passion pour les livres, en passant par ses années durant lesquelles elle vendait ses charmes, au service de Madame Claude, il découvre la vie de son épouse, sa solitude et sa soif d'être quelqu'un. Pierre se lance dans la douloureuse lecture de cet écrit, engagé par Ondine pour découvrir l'identité de son père.

Ce roman entraîne le lecteur dans un tourbillon vertigineux dont il est difficile de sortir. Alternant passé et présent, temps du récit et lecture de l'autobiographie de Zita, sa lecture est un plaisir. La vie parisienne aristocratique et ses codes sont décrits avec précision par l'auteure, le personnage de Zita permettant d'introduire toute la frustration d'en être écartée.

Les personnages ont une psychologie intéressante. Très centrée sur la vie de Zita, la narration s'attarde néanmoins sur certaines personnalités, comme Pierre, jeune galeriste que Zita a épousé la veille de son suicide, Henry, jeune aristocrate fils d'une ancienne amie de Zita, ou encore Ondine, la fille de l'écrivaine,  délaissée par cette dernière, élevée par sa grand-mère et allergique aux livres. Ces personnages semblent être des prétextes à développer la vie fantasque de Zita et à l'ancrer dans le présent - sa relation fusionnelle avec son père, bouquiniste parisien, et celle, tendue, avec sa mère, une concierge boulimique qui noyait son chagrin dans sa nourriture - tout en la situant dans les années 70.

L'intrigue est bien menée, et les destins des personnages s'entrelacent entre le passé et le présent. La plume d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre est incisive et imagée, et nous transporte dans ce Paris protéiforme.

Un plaisir de lecture, dévoré très rapidement... Vivement la suite des romans de cette auteure prometteuse !

"Il faut toujours avoir un livre sur soi, c'est mieux que les cigarettes pour ignorer superbement le monde." (p.166)

"L'amour, cet opium des femmes. Ce narcotique bon marché avec lequel on endormait depuis des siècles nos velléités d'indépendance." (p.357)

Je remercie 47286519 et les Éditions Enseigne_Stock3 pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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17 mars 2010

Le Swap Irlande : révélation des colis !

Voici arrivé le jour tant attendu de la Saint Patrick, où nous dévoilons les colis que nous avons reçus à l'occasion du Swap Irlande organisé 48114061_ppar Canel.

P1000321Je suis  allée chercher à la Poste mon mystérieux colis, déjà excitée à l'idée de découvrir ce que m'avait concocté ma swapeuse...

 

Sitôt rentrée chez moi, je me mets à l'ouvrage  et je commence à ouvrir le paquet (vert, ce qui est de circonstance...)

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Ma swapeuse semble m'avoir gâtée ! J'aperçois plusieurs cartes et des petits paquets...

Alors vite vite, je déballe tout ça !

P1000323Ma swapeuse se révèle : il s'agit de Caroline, ou plutôt Caro, une blogueuse que je ne connaissais pas et dont le blog Bleue et Violette m'a vraiment conquise... Je vous invite à aller y jeter un œil... Dans son joli paquet, que de belles et bonne choses, je suis ravie :

Pour la lecture :
P1000324
*Teacher Man de Franck McCourt (pour l'auteur irlandais)
*Un pas de trop de Patricia Wentworth (pour l'auteur en Pat)
*et un petit supplément : Cookies, muffins & Co, 100 douceurs à la mode anglo-saxonne, un petit livre de rece
ttes typiques...

Quant aux douceurs irlandaises (ou non, d'ailleursP1000325 !) :
*Un pot de succulente lemon curd, un de mes pêchés mignons... Cette crème au citron ne fait pas long feu quand elle passe le pas de ma porte à chaque fois... Un de mes péchés mignons typiquement anglo-saxon. Et j'ai vu que Caro y avait succombé elle aussi !!!
*Un pot de confiture aux quatre fruits rouges de Provence, petit clin d'œil de la région où vit Caro...

Et pour terminer, l'objet vert ou en rapport avec l'Irlande :

P1000326*Deux cartes postale d'Irlande

*Un set de mini cartes et enveloppes illustrées par Rebecca Dautremer, issues de l'album L'amoureux... Au début, incompréhension quand j'ai ouvert ce paquet :" Tiens, c'est bizarre, ce n'est pas vert..." En lisant  les explications de Caro, j'ai compris : elle a lu dans ma description que je n'aimais pas le vert, ni les couleurs froides (c'est ballot pour un swap Irlande...). Donc elle a choisi de contourner un peu la règle de Canel en m'offrant deux cartes postale d'Irlande (dont une verte pour l'objet vert) et un objet rouge, pour me faire plaisir... Merci beaucoup chère swapeuse de tant d'attention !!

Je remercie Canel, notre gentille organisatrice très encourageante et organisée (ça serait le comble pour une organisatrice de ne pas l'être...) Son idée de Swap Irlande pur la Saint Patrick était excellente !!
Et je remercie particulièrement Caro pour ces jolis présents très attentionnés... Je suis vraiment contente d'avoir partagée ce swap avec toi. Sache que j'ai presque terminé Un pas de trop de Patricia Wentworth, que la lemon curd et la confiture sont excellentes et que ton mini livre de recettes m'a donné envie d'en expérimenter très vite !!

Pour plus de curiosité, rendez-vous sur le blog de Canel pour voir tous les swapeurs participants, et sur celui d'Anne, que j'ai swapée !

trefle Bonne Saint Patrick à tous !!! trefle

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13 mars 2010

Magasin Zinzin, Frédéric Clément

couvJe suis tombée  par hasard sur cet album et l'ai emprunté pour y jeter un oeil. C'était, a posteriori, une très bonne idée !
Magasin Zinzin est un album paru en 1995
 et primé au niveau international (Grand Prix international du Livre Jeunesse à Bologne en 1996, Le Prix France Télévision en 1996, Le Prix Fantaisiste à Genève en 1996...)

" Savez-vous , Mademoiselle, que j'ai dans mon Magasin Zinzin, l'écharde qui, jadis, piqua le doigt de la Belle au Bois Dormant ...
J'ai aussi l'authentique
petit pois de la Princesse au petit pois et bien d'autres merveilles encore ...
Entrez, entrez... laissez vous tenter ...
"

Voila comment la quatrième de couverture aguiche le lecteur... Étonnant et déroutant, non ? Je me suis donc plongée avec curiosité dans la lecture de cet album.
Frédéric Clément entraîne avec brio le lecteur dans son univers merveilleux à l'imagination folle en nous ouvrant la porte de ce mystérieux magazin... Les références littéraires et culturelles sont nombreuses et amusantes.
Ses textes sont empreints d'une poésie rare, d'un rythme étudié et d'une musicalité page7époustouflante. Un réel petit bonheur à lire à haute voix pour en savourer tous les effets...

Les illustrations complètent l'imaginaire du texte tout en douceur et en couleurs tendres. La mise en page est très étudiée et porteuse de sens. On suit avec plaisir ce marchand dans sa boutique de merveilles, le laissant nous entraîner dans ses anecdotes aussi folles que fantasques.
Un petit bijou d'album, qui mérite largement d'être redécouvert aujourd'hui...

Ce sera donc ma deuxième lecture dans le cadre du Challenge Je lis aussi des albums d'Herisson08 !

challenge2

2/11

 

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10 mars 2010

La Princesse Ligovskoï, Michel Lermontov

9782070398676FSUne lecture de plus dans le Défi Une Année en Russie, organisé par Pimpi. Elle n'était pas prévue au programme (j'ai Crime et Châtiment sur le feu...) mais je suis tombée sur ce folio 2 euros par hasard, et j'ai été attirée par la couverture....

Saint-Pétersbourg, 1833. Georges et Vièrotchka se sont aimés puis perdus de vue dans d'obscures circonstances... Devenue la Princesse Ligovskoï suite à son mariage, Vièrotchka accompagne son mari à Saint-Pétersbourg où son ancien amant et fiancé, devenu un jeune officier de la Garde, demeure. Leurs retrouvailles ne les laissent pas indemnes...

Court texte de Michel Lermontov, La Princesse Ligovskoï est un roman inachevé. Assez frustrant donc de ne pas savoir ce qu'il advient des deux héros, mais un pari que l'on prend en ouvrant ce livre. Difficile donc d'en dire beaucoup sans trop dévoiler l'intrigue.
La plume est très fluide et se lit avec aisance. Les phrases, longues, très ponctuées et souvent très imagées, invitent à la rêverie. Le narrateur nous entraîne avec malice dans cette histoire.
Une plongée dans la société pétersbourgeoise des années 1830 très agréable, portée par l'étiquette et les conventions de l'époque. Une intrigue bien menée, prélude à un roman qui aurait pu être très prometteur...
Un très bon moment de lecture, très rapide.

"Il savait qu'il est facile de faire parler de soi, mais il savait aussi que le monde ne s'intéresse pas deux fois de suite à la même personne ; il lui faut sans cesse de nouvelles idoles, de nouvelles modes, de nouveaux romans..." (p.24)

"La pauvrette, pressentant que c'est là son dernier adorateur, s'efforce sans amour, uniquement par amour-propre, de garder le plus longtemps possible le mauvais sujet à ses pieds... en vain : elle s'englue de plus en plus - et finalement... hélas... après cette période il ne reste que les rêves d'un mari, de n'importe quel mari... rien que des rêves." (p.44)

"Oh ! Les dames étaient le véritable ornement de ce bal, comme de tous les bals possibles !... Que d'yeux étincelants et d'étincelants brillants, que de lèvres roses et de roses rubans... merveilles de la nature et merveilles du magasin de modes... ravissants petits pieds et souliers merveilleusement petits, épaules marmoréennes et fards français de première qualité, phrases sonores empruntées  au roman à la mode, bijoux de location..." (p.116)


46357548_pEt je fais encore une fois d'une pierre deux coups (ça va devenir une habitude !) en inscrivant cette 47287655lecture non seulement dans le Défi Une année en Russie de Pimpi, mais aussi dans le Challenge 2euros de Cynthia !



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08 mars 2010

Junk, Melvin Brugess

9782070396924FSNous avions lancé l'idée d'une lecture commune avec Tinusia pour ce roman qui me tentait depuis un certain temps... C'est chose faite !Sans_titre_2
Junk est un roman paru en 2002 aux éditions Gallimard dans la collection Scripto, pour les adolescents. Ce détail explique mon choix de le classer en littérature de jeunesse, malgré la couverture que je présente ici (la version adulte, parue en 2009 dans la collection Folio).

Nico est un jeune adolescent mal dans sa peau : avec une mère alcoolique qui ne tient plus debout et un père violent, sa vie est dure. Heureusement il a Gemma, une fille de son âge avec qui il sort. Un peu paumée aussi, en rébellion surtout.
Le jour où Nico décide de fuguer, il rencontre Richard, un homme étrange et profondément philanthrope, qui récupère des maisons abandonnées pour ouvrir des squats pour les jeunes sans toit. Nico s'installe donc dans un squat où Gemma le retrouve, ayant fuguée elle aussi, mais par désœuvrement. Les deux adolescents débutent alors une vie de pseudo liberté, où tout est simple. Mais le jour où deux jeunes de leur âge arrivent et leur proposent de venir vivre dans leur squat, l'enfer de la drogue se referme sur eux...

Cinquième coup de cœur de cette année, Junk est un livre que l'on n'ouvre pas sans conséquences et qui résonne longtemps après en avoir tourné la dernière page...
L'auteur présente les événements relatés comme inspirés de ce qu'il a vu et côtoyé lorsqu'il vivait à Bristol dans les années 80. La misère et la drogue vont souvent de paire et se referment sur de nombreux jeunes telle la gueule d'un loup.
Nico et Gemma, les deux personnages principaux, ont l'innocence et la candeur de leur âge, à peine quinze ans, et se croient naïvement plus forts que leurs paradis artificiels. Leur histoire est très dure, mais reflète une triste réalité que l'on ne peut ignorer. La narration alternée, adoptant à tour de rôle le point de vue des différents protagonistes, permet d'avoir non seulement une vue d'ensemble de l'intrigue mais aussi des opinions diverses sur celle-ci. Certains personnages subissent leur addiction sans en avoir conscience, tandis que d'autres, plus lucides, tentent en vain de décrocher, ou tout du moins de baisser leur consommation. Les relations entre les personnages sont réalistes, la psychologie de ces derniers très bien étudiée, l'intrigue bien menée...

Bref, j'ai eu du mal à refermer ce livre, prise dans le tourbillon infernal de cette histoire, souffrant avec les personnages, espérant en même temps qu'eux, anticipant, parfois, leurs déconvenues et leurs rechutes. L'enfer de la drogue est décrit avec précision par l'auteur qui l'argumente ainsi : « Je pense qu'il est préférable que les jeunes n'entendent pas parler de la drogue pour la première fois le jour où quelqu'un essaiera de leur en vendre. » Les mots sont durs, les sensations décrites en détails, les phrases font sens douloureusement et dangereusement. On est emportés par cette lecture noire, repoussant l'inextricable dénouement, tentant de fuir cet engrenage déjà enclenché.

Une lecture coup de poing dont vous ne sortirez pas indemne. A ne pas mettre entre toutes les mains, certes, mais en gardant à l'esprit la visée de l'auteur...

Lectures communes

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07 mars 2010

Duel en Enfer : Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur, Bob Garcia

9782290018880Je viens de terminer Duel en enfer, un polar historique qui m'intriguait... L'auteur, Bob Garcia, présente un prolongement de l'œuvre de Conan Doyle et se réapproprie ses personnages le temps d'une enquête. Son précédent roman, Le Testament de Sherlock Holmes, paru en 2005 aux éditions du Rocher, avait reçu le Prix Intramuros.

George Newnes, directeur du Strand Magazine, est assailli par les lectrices de son périodique qui exigent de nouvelles parutions des aventures du célèbre détective. Devant tant d'insistance, il propose au Dr Watson un financement pour son association d'aide aux nécessiteux en l'échange de son journal rédigé
dans la moiteur londonienne de l'été 1888. A cette époque, des prostituées étaient retrouvées égorgées et affreusement mutilées dans le quartier pauvre de Whitechapel... Sherlock Holmes, secondé par le Dr Watson, avait mené l'enquête...

Lecture rapide malgré les 666 pages de ce roman, j'ai passé un bon moment mais ce n'est pas dû tant à la plume de l'auteur qu'à mes souvenirs de Conan Doyle. J'ai aimé replonger dans le Londres de cette époque, mais je n'ai vraiment pas apprécié la façon dont Bob Garcia l'a appréhendé. Détails sordides et vulgarités semblent lui avoir été nécessaires pour dépeindre les bas quartiers londoniens de cette fin du 19ème. J'ai souvent eu l'impression d'être immergée dans un décor de pacotille où chaque trait a été grossièrement forcé pour plus de vraisemblance... Les personnages pauvres sont vulgaires, gras et grotesques et ne provoquent pas d'empathie mais plutôt du dégoût.
De plus, un détail m'a gênée tout au long de la lecture : la question de la vraisemblance. Je m'explique : la lectrice que je suis lit un roman qui donne à voir des extraits du journal qu'a tenu Watson durant cette sombre affaire. Donc, et c'est là que le bât blesse, la question de l'écriture en elle-même se pose. Watson consigne au jour le jour les événements qui ont eu lieu au cours de cette enquête. Comment donc expliquer qu'il relate des faits sans importance (comme les blagues salaces des pubs mal famés) voire des anecdotes humiliantes sans en faire cas (quand il se retrouve par exemple avec un jeune prostitué dans une chambre, l'ayant confondu avec le déguisement de Holmes, et que celui-ci commence à le déshabiller...) Voulant ponctuer son récit de temps morts parfois comiques, Bob Garcia a oublié cette question de vraisemblance. Pas une seule fois le journal de Watson n'évoque une quelconque honte à relater un événement, ni ne paraphrase des propos vulgaires et inutiles à l'intrigue. Il ne suffit pas de commencer chaque chapitre par une date pour faire d'un roman un extrait de journal...
Enfin, l'intrigue en elle-même est assez longue, avec de grandes pauses ponctuées par des cauchemars de Watson qui n'apportent pas grand chose. J'ai eu du mal à adhérer à cette succession de faits souvent sans intérêt, parfois prévisibles... Le dénouement est intéressant, mais n'a pas suffi à me faire aimer ce roman.
Par contre, la postface de l'auteur démêlant la vérité de la fiction était intéressante à la lumière de ces sordides événements.
Je remercie 47286519 et jailupour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.
 L'avis de Latite, de Pickwick  et de Matilda sur ce livre !

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