Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

31 octobre 2016

Le protectorat de l'ombrelle T.1 Sans âme, Gail Carriger

Sans âme TSans âme est le premier tome de la série Le protectorat de l'ombrelle imaginée par l'archéologue et romancière américaine Tofa Borregaard - qui écrit sous le nom d'emprunt de Gail Carriger - paru en 2011 aux éditions Orbit. La série compte à ce jour cinq tomes.

Londres, époque victorienne. Miss Alexia Tarabotti est un cas désespérée pour sa famille : vieille fille de vingt-cinq ans sans perspective d'union à l'horizon, elle joue au chaperon pour ses demi-soeurs cadettes au potentiel plus élevé. Mais ce que ses proches ne savent pas c'est qu'Alexia n'est pas tout à fait ordinaire : la jeune femme n'a en effet pas d'âme, elle fait partie des paranaturels et possède le don d'annuler ceux des autres. A son contact, vampires, loup-garous et consorts perdent leurs attributs et redeviennent humains. Ainsi, lorsqu'elle est attaquée à un bal privé par un vampire qui semble ignorer ses capacités et qu'elle tue celui-ci accidentellement, les choses se compliquent. La Reine Victoria dépêche sur place Lord Maccon, un loup-garou écossais au tempérament ardent. Alors que les relations entre eux sont incendiaires, des disparitions inquiétantes sont signalées. Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon vont devoir collaborer pour démêler l'affaire.

Voilà un roman vers lequel je ne me serais jamais tournée il y a peu. La bit-lit et moi, on est loin d'être copines... Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy, j'ouvre mes horizons littéraires et sors de ma zone de confort pour partir à la découverte d'autres genres. Et autant dire que la période d'Halloween est parfaite pour ce type de lecture aux relents de vampires et de loups-garous...

Dès la couverture, le ton est donné : l'époque victorienne - rendue furieusement glamour par l'allure du personnage et le rose Barbie du titre - sera le théâtre de ces jeux de pouvoir dont Miss Alexia Tarabotti sera l'héroïne à l'ombrelle ravageuse. L'intrigue possède un fonctionnement assez classique mais avance à bon pas, portée par des premiers chapitres assez déroutants et rythmés offrant un avant-goût de l'ensemble. L'écriture est cinématographique et très visuelle et le décor assez soigné pour permettre au lecteur de s'imaginer le contexte de l'intrigue. Ce premier tome augure un univers riche dont l'auteure semble posséder toutes les ficelles. Il n'y a rien de tel qu'un univers bien construit dans lequel le lecteur a envie de se glisser. J'espère que le contexte historique sera mieux exploité par la suite, car l'époque victorienne et ses codes sont une toile de fond qui possède de beaux avantages pour une intrigue telle celle-ci.

Petit bémol en revanche pour la galerie de personnages éclipsée par le duo formé par Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon. L'auteure a soigné leur psychologie au détriment des personnages secondaires qui peuplent l'univers de façon quasi fantomatique. Difficile d'exister à côté de ces deux personnages charismatiques au tempérament fort  ! Mais j'espère que la suite permettra de rééquilibrer l'ensemble.

Enfin, et encore je ne suis pas spécialiste du genre, mais le style de l'auteur est soigné et confère à l'ensemble une qualité loin des clichés du genre. Si l'intrigue amoureuse est assez cousue de fil blanc, il n'en demeure pas moins qu'elle est bien amenée et assez addictive (c'est rare que je sois tenue en haleine par une histoire d'amour et que je veuille à tout prix retrouver le couple naissant au fil des chapitres mais c'est exactement ce que j'ai ressenti avec ces pages). Elle se fond avec l'intrigue principale avec finesse et les deux coexistent en bonne intelligence.

Entre steampunk et romance aux faux-airs de pastiche d'Orgueil et Préjugés, entre bit-lit qui échappe aux clichés du genre et roman fantastique,  Le Protectorat de l'ombrelle est un pur divertissement bourré de charme auquel je n'ai pas résisté bien longtemps. Deux jours de lecture et c'était bouclé ! Heureusement que la suite m'attend au chaud dans mon Kindle... Et même si c'est la troisième fois en peu de temps que je le dis (avec Miss Peregrine et les enfants particuliers et La Prophétie de Glendower), c'est rare que les séries me donnent envie de poursuivre. Ces trois-là sont donc de belles découvertes !

D'autres avis de lecteurs : Dup, Galleane, Karine:), Lou, Patacaisse, Plume de Cajou, Radicale, Syl., Vilvirt, etc.

Voilà ma quatrième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou.

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22 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

Miss Peregrine et les enfants particulier, Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers est le premier roman du blogueur et écrivain voyageur américain Ransom Riggs paru en 2012 chez Bayard. Il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton sortie le 5 octobre. 

Jacob, seize ans, est effondré à la mort brutale de son grand-père. Ce dernier, qui semblait fantasque aux yeux de sa famille, n'a cessé de raconter à Jacob des récits fabuleux sur son enfance. Juif Polonais émigré sur une petite île du Pays de Galles, Abe -c'est son nom - y a vécu des jours heureux dans un orphelinat un peu singulier. Ce dernier, dirigé par Miss Peregrine Faucon, accueillait des enfants particuliers. Des enfants dotés de dons. Alors que Jacob a toujours pensé que son grand-père affabulait, sa mort dans des circonstances étranges le font douter. Et si finalement Abe n'avait rien inventé ? Et si cet orphelinat existait réellement ? Qu'en est-il de ces enfants qui y vivaient cloîtrés ? Pour en avoir le coeur net, Jacob supplie ses parents de partir mener l'enquête sur  l'île. Et ce qu'il va y trouver va changer sa vie à jamais...

Vous connaissez ma propension à découvrir les romans à l'origine des films. Et si j'étais passée à côté de cette publication lors de sa sortie française, j'ai vite remédié à ce problème en la dévorant en deux jours avant d'aller voir comment Tim Burton l'a traitée.

Ransom Riggs a imaginé dans ce roman un univers très sombre, mêlant cauchemars peuplés de monstres et atrocités liées à la Seconde Guerre mondiale. Jacob évolue dans ce présent sombre, hanté par le souvenir de son grand-père et de ses histoires extraordinaires. L'enfance est omniprésente dans cette intrigue peuplée d'enfants et d'adolescents coincés dans une boucle temporelle les empêchant de vieillir. Le personnage de Jacob - narrateur de l'intrigue - possède une psychologie vraisemblable et bien esquissée, tandis que gravitent autour de lui une galerie de personnages secondaires intéressante mais qui mériterait davantage d'attention. Peut-être que le deuxième tome s'attardera plus sur ces enfants particuliers et leur offrira une psychologie plus individualisée...

Conte poétique, ode à l'enfance, Miss Peregrine et les enfants particuliers est aussi une réflexion intéressante sur la notion de mal, entre monstres imaginaires et horreurs de la guerre. L'intrigue aborde des thématiques variées avec une grande finesse - les premiers émois, la question de la différence et de la tolérance, le devoir de mémoire, les relations intergénérationnelles, la peur, etc.- et l'ensemble se met en place de façon rythmée. Pas de temps mort dans ce premier tome qui augure une suite des plus intéressantes.

Vous aurez compris, j'ai passé un très bon moment dans ces pages, parfaites à découvrir en ce début d'automne. Le deuxième tome m'attend sagement dans mon Kindle et je ne vais pas tarder à le découvrir ! Une fois refermé ce roman, le parallèle avec le film Big Fish, précédemment réalisé par Tim Burton, m'a sauté aux yeux. Dans les deux cas, l'intrigue se centre sur un échange inter-générationnel autour des fabuleux souvenirs d'enfance d'un vieil homme. Le scepticisme du jeune (fils ou petit-fils) laisse progressivement la place à  la compréhension de son aïeul et celui qui semblait un peu fou récupère uneimage légitimité aux yeux de sa famille. Les thématiques sont donc assez proches. J'attends de voir comment Tim Burton a traité ce roman, mais la bande-annonce (que je vous mets ci-dessous pour ceux qui étaient passés au travers) semble définitivement beaucoup plus sombre et effrayante que le doux Big Fish aux couleurs surannées.  Voici ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

 

20 octobre 2016

La prophétie de Glendower T.1, Maggie Stiefvater

La prophétie de GlendowerLa Prophétie de Glendower est le premier tome d'une quadrilogie imaginée par la romancière et illustratrice américaine  Maggie Stiefvater, paru en 2013 chez Blackmoon.

Blue, seize ans, vit entourée de mediums. Toutes les femmes de sa famille possèdent un don pour l'art divinatoire. Toutes sauf Blue, qui exacerbe par sa présence le don des autres, sans n'en posséder aucun elle-même. Depuis qu'elle est petite, toutes ces voyantes se sont accordées sur un point : si Blue embrasse l'amour de sa vie, il mourra. Cette prophétie bien ancrée en elle, Blue renonce donc à tomber amoureuse. Jusqu'au jour où elle rencontre un groupe de garçons d'une prestigieuse école. Quatre garçons mus par le même objectif : trouver la dépouille du prince gallois Glendower. A la tête de ce groupe, Gansey, dont Blue a vu apparaître le fantôme lors d'une cérémonie la veille de la Saint-Marc. La jeune fille est troublée car un esprit se manifeste dans deux situations précises : soit il est l'amour de sa vie, soit elle est la cause de sa mort. Horrifiée par cette signification, Blue se greffe à  la quête des garçons pour découvrir les lignes de ley et le tombeau de Glendower et éviter que la prédiction ne se réalise.

Si vous me connaissez un tant soit peu, vous savez que ce livre n'avait aucune chance de croiser ma route. Et quand je dis aucune, je pèse mes mots. Je lis peu de young adult (je le fais essentiellement pour mon travail), la première de couverture laisse entendre une romance un peu mièvre et éculée et la maison d'édition fait partie de celles vers lesquelles je ne vais pas spontanément. Je n'ai rien contre Black Moon, cela va sans dire, mais leur ligne éditoriale ne me correspond pas du tout et le fait que ce texte soit publié chez eux m'aurait fait passer à côté. Heureusement, une collègue du club lecture du lycée (merci Amélie !) a fait l'apologie de ce texte qu'elle lisait l'année dernière en anglais, et j'avais été intriguée par son enthousiasme. Elle avait ajouté que l'édition française pouvait faire passer inaperçu ce roman, le noyant parmi des bluettes de bit-lit et des romances adolescentes et que ça serait fort dommage. Ce n'était bien entendu pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Sitôt que j'en ai eu l'occasion, j'ai acheté ce roman pour le CDI de mon lycée, et en bonne documentaliste que je suis, je me suis octroyé la primeur de sa lecture. Et j'ai rudement bien fait ! Effectivement, passez outre la couverture très Twilight, le sous-titre "Si elle embrasse l'amour de sa vie, il mourra" et partez à la découverte de ce texte extrêmement bien construit et à l'intrigue des plus prometteuses !

Maggie Stiefvater soigne le début de sa quadralogie en plantant un décor solide à l'ambiance léchée et en prenant le temps d'y installer ses personnages. Ces derniers sont bien loin d'être des caricatures de personnages adolescents et possèdent une psychologie fine que l'auteure dépeint avec attention. La narration à la troisième personne change de point de vue et permet de passer d'un personnage à l'autre, balayant ainsi le spectre de leurs préoccupations. C'est subtil, intelligent et tout se tient. L'apport historique lié au personnage de Glendower est d'autant plus intéressant et offre à la quête des quatre Corbeaux - Gansey et ses amis, surnommés ainsi car le corbeau est l'emblème de leur école - une visée culturelle intéressante.

L'intrigue se met en place doucement, chaque élément s'emboîtant patiemment jusqu'à ce que le tout s'accélère brusquement, vous empêchant de reposer le livre. C'est simple : moi qui peine à poursuivre les séries (je préfère de loin les titres isolés à quinze tomes d'une série qui n'en finit pas), une fois reposé ce roman, je n'ai eu d'autre choix que d'emprunter la suite (que j'avais heureusement achetée pour le CDI). Donc en gros, oui on dirait une romance de fantasy, oui la maison d'édition laisse sous-entendre ça mais que nenni : foncez ! Vous allez découvrir un texte étonnant, mêlant histoire et problématiques adolescentes et sociales, loin des poncifs du genre et vous n'aurez plus envie de le lâcher.

 Voici ma deuxième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

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11 octobre 2016

Les Nécrophiles anonymes T.2 L'étrange cas du docteur Ravna et de Monsieur Gray, Cécile Duquenne

Les Necrophiles anonymes T L'étrange cas du docteur Ravna et de Monsieur Gray est le deuxième tome de la série Les Nécrophiles anonymes imaginée par Cécile Duquenne, paru en avril 2014 chez Bragelonne. Le premier tome, Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue, m'avait ravie l'an dernier au moment d'Halloween et j'ai eu envie d'en découvrir la suite.

Bob le vampire et Népomucène le préposé à la morgue poursuivent leur chemin ensemble, dans cette amitié amoureuse platonique à laquelle ils sont condamnés par leurs conditions. Bob, qui ne s'est jamais autant lié à un autre être depuis qu'il est devenu un vampire, décide de faire lire à Népomucène les carnets qu'il tient depuis sa renaissance vampirique. Des carnets dans lesquels Népomucène découvre qu'être un vampire n'est pas aisé et que le dédoublement de personnalité est monnaie courante. Mais lorsque Bob décide de présenter Népomucène à ses amis vampires, les retrouvailles prennent une tournure inquiétante pour le tandem. Bob est en effet hypnotisé pas un vampire qui se fait appeler Dorian Gray et Népomucène assiste impuissant à la transformation de son ami.

J'avais découvert le premier tome de cette série par hasard l'an dernier, en cherchant des lectures halloweenesques et j'avais passé un agréable moment en compagnie de Bob et Népomucène. L'humour était prégnant et les références littéraires et cinématographiques au mythe du vampire nombreuses.

Malheureusement pour ce deuxième opus, la magie n'a pas du tout opéré. Si les références sont toujours présentes par l'intermédiaire d'Oscar Wilde et Bram Stocker et leurs personnages de Dorian Gray et Van Helsing, elles semblent être là pour apporter une sorte de crédit à une intrigue plate et sans saveur. L'ensemble manque cruellement de rythme et de cohérence et la brièveté du texte laisse le lecteur sur sa faim, tandis que de nombreuses questions restent en suspens à la fin du roman. Si la relation entre Bob et Népomucène avance à petit pas et laisse suggérer une approche intéressante, il n'en demeure pas moins que l'intrigue reste bancale dans son ensemble. Les lieux sont trop brièvement décrits pour permettre à l'imagination d'éclore, tandis que les personnages restent superficiels et leurs psychologie trop rapidement traitée. L'humour, omniprésent dans le premier tome, est quasi absent de celui-ci, ce qui est fort dommage. Bref, une rencontre ratée avec ce roman et une grosse déception. J'avais pris tellement de plaisir à découvrir le ton décalé et drôle de Cécile Duquenne dans le premier volet des aventures de Bob et Népomucène que je pensais me régaler d'avance avec celui-ci, mais il n'en est rien. Je me laisserai peut-être tenter par le troisième titre de la série, désireuse de retrouver le mordant du premier tome, mais rien n'est moins sûr...

 Voici ma première participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

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03 octobre 2016

La petite couturière du Titanic, Kate Alcott

La petite couturière du Titanic Kate AlcottLa petite couturière du Titanic est un roman de la journaliste américaine Patricia O’Brien, qui écrit sous le pseudonyme de Kate Alcott, paru en 2012 aux États-Unis avant d'être traduit en français et de paraître aux Éditions de l'Archipel en avril 2016.

10 avril 1912, le Titanic quitte le port de Southampton en direction de New York. A son bord, Tess Collins, une jeune gouvernante qui rêve de vivre de ses talents de couturière. La jeune fille vient d'être miraculeusement embauchée par Lucy Duff Gordon, la célèbre et non moins impressionnante créatrice de mode. Durant la traversée, Tess fait la connaissance de deux hommes - un marin et un riche homme d'affaires - avant que le naufrage ne les sépare. Sauvée de justesse, la jeune femme survit à la tragédie sans connaître le sort de ceux qui avaient fait chavirer son coeur. A New York, entre l'enquête sur le naufrage et ses débuts dans la mode, la jeune anglaise découvre une nouvelle vie.

Publié sous le titre The Dressmaker, La petite couturière du Titanic est une jolie romance qui mêle Histoire et fiction. Si le titre français peut faire penser que l'intrigue va se dérouler durant la traversée du Titanic, il n'en est rien car celle-ci, ainsi que le naufrage, sont évacués en début de roman et l'intrigue se concentre davantage sur la nouvelle vie de Tess à New York et les suites juridiques du drame du Titanic que sur la vie à bord. J'ai donc été quelque peu déçue de ce titre alléchant et en ouvrant ces pages, je m'attendais davantage à trouver des détails sur la vie sur le paquebot que sur l'enquête qui a suivi son naufrage.

Néanmoins, ma déception a rapidement été balayée par l'intérêt que j'ai porté aux détails historiques de l'intrigue. Non seulement les suites du naufrage sont historiquement fondées et bien documentées, mais certains personnages ont réellement existé, comme Lucy Duff Gordon. La créatrice de mode, dont la carrière était alors à son apogée, a ainsi créé la polémique quant aux conditions de sa survie au naufrage et sa carrière, entachée de ce scandale, ne s'en est jamais remise.

Le milieu dans lequel évolue Tess m'a également conquise - celui de la mode et de la création - et j'ai aimé suivre les pas de cette jeune anglaise dans le gigantisme de la grosse pomme du début du 20ème siècle. Si la romance est conventionnelle et sans surprise, j'avoue que je n'y ai pas prêté réellement attention. J'ai aimé ce que j'étais venue chercher dans ce roman : un contexte historique documenté et précis, sur fond de création et de mode.

En bref, une romance historique bien ficelée, bien documentée, qui ravira les amateurs d'histoire et de beaux sentiments. Merci à LP Langage&Projets et aux éditions de L'Archipel pour la découverte de ce roman.

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02 octobre 2016

Bilan de lecture septembre 2016

 Septembre ensoleillé s'est envolé. Il est temps de faire le bilan des livres que j'ai lus et chroniqués en cette rentrée.

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Les livres chroniqués

(Cliquez sur les images pour lire mes chroniques)

   

   

Les livres en attente d'une chronique

  

 

 Bilan

Ce mois de septembre à été synonyme de libération pour moi : après un an de reprise d'études en Master 2 en même temps que mon métier de doc en lycée, j'ai soutenu mon mémoire et en ai terminé avec les études (du moins pour le moment...) 

J'ai donc pu savourer le temps que j'avais et j'en ai profité pour lire un peu plus que ces derniers mois et chroniquer les livres que j'avais lus dernièrement et qui ne l'avaient pas encore été. Il en reste, mais j'ai déjà bien avancé. 

imageCette année du coup, j'ai peu suivi la rentrée littéraire et suis restée concentrée sur ma dernière échéance avec mon mémoire. En parallèle, j'ai fait de belles lectures, de genres très différents et qui m'ont bien aérée. 

Octobre est là, et avec lui l'heure de se plonger dans des lectures terrifiantes sous le signe du Royaume-Uni pour accompagner Hilde et Lou et les autres lecteurs dans le Challenge Halloween. Vite, il faut que je prépare ma PAL spécial Halloween !

Bon mois d'octobre à tous !

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30 septembre 2016

Comment Papa est devenu danseuse étoile, Gavin's Clemente-Ruiz

Comment_papa_est_devenu_danseuse_etoile_de_Gavin_s_Clemente_Ruiz_edComment Papa est devenu danseuse étoile est le premier roman de l'éditeur, chroniqueur et voyageur hispano-belge Gavin's Clemente-Ruiz paru chez Mazarine en mars 2016.

A 47 ans, Lucien Minchielli est au chômage et passe ses journées sur le canapé de son salon, exaspérant Sophie, sa femme. Un jour, Lucien décide de se reprendre en main et s'inscrit au cours de danse de Sarah, sa fille, au grand désarroi de cette dernière. Pendant ce temps, Paul, le petit dernier de la famille, fuit l'appartement et passe son temps libre chez sa grand-mère, une ancienne danseuse étoile du Bolchoï. Alors que Lucien est de plus en plus assidu à ses cours, ses proches s'interrogent : mais pourquoi s'intéresse-t-il subitement à la danse ?

Comédie familiale légère et fraîche, Comment Papa est devenu danseuse étoile est une lecture rapide et agréable qui sous couvert d'une tonalité humoristique, aborde des problématiques familiales plus graves. L'intérêt soudain de Lucien pour la danse possède une raison bien particulière, et le lecteur la découvre au fil des pages, en même temps que la famille de ce dernier.

La narration, prise en charge par Paul, est bien rythmée, et l'intrigue avance à bon pas. Les personnages sont brièvement décrits mais campent leur rôle à merveille et participent de cette comédie qui frôle le vaudeville.

Si j'ai lu ce roman en un rien de temps et que j'ai souri plusieurs fois des situations cocasses (et notamment du personnage de Lucien), je dois avouer que je n'ai pas réellement été convaincue par cette lecture. Le sujet de fond est traité de façon trop superficielle et le tout s'enlise entre comédie et drame. L'ensemble hésite, tremblote, et ne possède pas la profondeur qu'il aurait pu avoir. C'est dommage...

Je remercie néanmoins Marie et les éditions Mazarine pour l'envoi de ce roman en service de presse.

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27 septembre 2016

La petite boulangerie du bout du monde, Jenny Colgan

La petite boulangerie du bout du mondeLa petite boulangerie du bout du monde est un roman de l'écossaise Jenny Colgan paru en 2015 aux éditions Prisma.

Suite à l'échec de son mariage et de l'entreprise qu'elle avait fondée avec son mari, Polly quitte Plymouth pour Mount Polbearne, un petit port de pêche de Cornouailles, accessible uniquement à marée basse. Sans le sou, elle emménage dans un sinistre appartement situé au-dessus d'une ancienne boulangerie. Loin de tout et de tous, coupée du monde par les marées, la jeune femme tente  de se reconstruire peu à peu et de faire le point sur sa vie. Entre la vie rythmée par la nature et le calme de l'île, Polly se retrouve. Et rapidement, la jeune femme recommence à faire ce qu'elle préfère : fabriquer du pain. D'abord pour se réconforter et s'occuper, la jeune femme est vite assaillie de commandes. Car à Mount Polbearne, il n'y a qu'un seul dépôt de pain industriel tenu par une vieille femme aigrie et les habitants sont très vite attirés par les doux effluves qui s'échappent du four de Polly. Elle qui pensait faire une pause à Mount Polbearne se retrouve rapidement à apprécier cet univers calme, loin de la foule et à se lier avec ses habitants.

Feel good book par excellence, ce roman m'a accompagnée cet été, lorsque je terminais d'écrire mon mémoire. Et je dois vous avouer que j'ai savouré ces pages comme des tartines de pain frais. Prenez une pincée de rupture, rajoutez une once de perte d'emploi sur fond de crise économique, mélangez le tout avec une héroïne déterminée et combative. Laissez reposer sur une petite île de Cornouailles en compagnie de drôles de marins et d'un macareux facétieux et attendez que le tout cuise doucement. A la sortie du four, vous obtenez un roman attachant, portée par des valeurs de solidarité et d'entraide, sur fond de troubles économiques, de romance et de quête identitaire. Si en plus je vous dis qu'il y a toujours une miche de pain qui dore au four et une douce et appétissante odeur qui se répand dans la cuisine, je sens que vous allez fondre...

L'intrigue, même si elle est classique de prime abord, regorge de positif et d'optimisme et renferme de belles surprises. L'entraide est au centre de cette quête identitaire et de cette vie qui s'effondre. Sans mièvrerie (et pourtant ça aurait pu !), avec finesse et parfois une once de mélancolie, Jenny Colgan aborde la question de la quête de soi à travers le personnage de Polly, trentenaire lambda, un peu bancale. Le lieu est cocon, malgré une nature violente, les descriptions de la Cornouailles soignées et il est facile et agréable de se glisser aux côtés de Polly pour l'accompagner dans cette période sombre de sa vie, qui se révèle bien plus lumineuse que prévue.

Pour ma part, vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman doudou et feel good et j'ai même eu l'impression de sentir l'odeur du pain chaud de la petite boulangerie clandestine de Polly lors de ma lecture... Certains pourraient y voir un ramassis de bons sentiments ou répliquer qu'il ne s'agit pas du roman du siècle, j'en concède. Pour ma part, il m'a accompagnée à un moment où j'avais besoin d'une détente facile et rapide et j'étais ravie de me plonger dans ces pages le soir venu. Résultat : j'ai très envie de dévorer la suite, Une saison à la petite boulangerie très vite et de retourner en Cornouailles.

Petit bonus final : les recettes de Polly qui permettent de réaliser les divers pains et viennoiseries indiqués au fil des pages... Un régal ! (je n'en ai encore testé aucune mais promis dès que je passe à l'action j'en rajoute une photo ici !)

D'autres avis sur ce roman : Faelys, FondantoChocolatGalleane, MamzellePotter, etc.

Encore une participation au Challenge Feel Good

Logo Challenge Feel good

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25 septembre 2016

Sauveur & Fils saison 1, Marie-Aude Murail

Sauveur & Fils saison 1, Marie-Aude MurailSauveur & Fils saison 1 est un roman de Marie-Aude Murail paru en avril à L'Ecole des Loisirs. 

Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Le quotidien de ce bel homme d'1m90 se partage entre ses consultations et la vie avec son fils, Lazare, huit ans, qu'il élève seul depuis le décès de sa femme. Du travail, il en a ! Et s'il lui a fallu au début faire face à des a priori racistes - Sauveur est d'origine martiniquaise - aujourd'hui, sa clientèle est bien établie et le jeune père célibataire se débat pour aider ses jeunes patients. Entre Ella qui préférerait être née garçon, Margaux qui s'auto-mutile, Cyrille qui à neuf ans fait encore pipi au lit, Lucille, Marion et Elodie, trois soeurs qui vivent mal la séparation de leurs parents et le départ de leur mère pour une autre femme ou encore Gabin, élevé seul par une mère dépressive, Sauveur ne voit pas ses journées passer. Au risque d'oublier de discuter avec son petit garçon et de penser un peu à lui...

Ces derniers temps, mes lectures me ravissent... Et celle-là remporte haut la main le prix de la lecture la plus enthousiasmante de la rentrée ! Je vous vois venir, ceux qui me connaissent bien : ce n'est pas uniquement parce qu'il y a un cochon d'inde sur la couverture ! Non, Sauveur & Fils est une petite pépite dont chaque page est un bonbon d'optimisme à savourer.

Les thèmes abordés sont nombreux et le sont avec la délicatesse que l'on connaît à Marie-Aude Murail. L'intrigue balaye un large spectre de problématiques adolescentes par l'intermédiaire des patients de Sauveur. La relation père-fils est également abordée en finesse et pudeur, par le duo que forment Sauveur et Lazare, mais aussi grâce à Gabin, cet adolescent accro aux jeux en réseau que Sauveur héberge un temps. Les personnages sont touchants, attachants, chacun avec ses failles et sa vulnérabilité - même Sauveur ! - et ce petit univers centré autour de ce psychologue paternel d'évoluer.

Le deuil, enfin, et la perte d'un être cher, sont abordés en filigrane tout le long de l'intrigue, tandis que père et fils se débrouillent dans un quotidien exclusivement masculin, à coup de lasagnes surgelées et de blagues absurdes. L'humour est présent, malgré le sujet parfois grave et le quotidien de Sainte-Yves est ponctué de ses consultations que son petit Lazare épie et interprète du haut de ses huit ans.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman de Marie-Aude Murail et maintenant c'est bien simple : j'attends la suite avec impatience, tant j'ai envie de savoir ce qui va leur arriver. Encore un beau coup de coeur à noter pour cette rentrée ! Un roman à mettre entre les petites mains mais aussi les grandes. Un très beau moment de lecture et d'humanité.

Les avis enthousiastes de Bladelor, Cathulu, Cuné, Jérôme, Noukette, Gaëlle, Nadège, Pépita, Thalie, Za, etc. Merci à Coline et aux éditions L'Ecole des Loisirs pour cette découverte.

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17 septembre 2016

Les jumelles, Claire Douglas

Les jumelles, Claire DouglasLes Jumelles est le premier roman écrit par la journaliste Claire Douglas, finaliste du concours du premier roman organisé par l'édition britannique de Marie-Claire. Il paraîtra le 5 octobre prochain chez Harper Collins.

Traumatisée par le décès dix-huit mois plus tôt de Lucy, sa jumelle, Abi se remet doucement d'une tentative de suicide lorsqu'elle rencontre la flamboyante Beatrice. Cette dernière, créatrice de bijoux, habite une luxueuse maison avec des amis artistes, et son quotidien ne semble être que légèreté, insouciance et fêtes. Très vite, elle propose à Abi d'emménager dans sa collocation, ce que la jeune femme accepte immédiatement. Mais celle-ci tombe immédiatement sous le charme de Ben, le jumeau de Beatrice, ce que celle-ci accepte difficilement. Et entre les trois trentenaires, un triangle ambigu se met rapidement en place. Abi se rend compte que Beatrice possède une emprise inquiétante sur les autres membres de la maisonnée qui lui semblent tout dévoués, jusqu'à son jumeau, partagé entre les deux femmes.

Point de suspense ici, je ne vais pas vous le cacher longtemps : je suis tombée sous le charme de ce thriller, dévoré en trois jours (à peine le temps de vous indiquer que j'étais en train de le lire dans la colonne du blog que pouf ! Il était terminé !). Vous savez pourtant que ce n'est pas mon genre de prédilection, mais depuis mes lectures récentes de La fille du train et Avant d'aller dormir, j'ose sortir de ma zone de confort et me laisser surprendre. Et cette fois encore, j'ai bien fait.

Les jumelles est un huis-clos des plus réussis dans la vaste demeure de Bath de Beatrice dans laquelle elle évolue entourée de ses amis. Comme Abi, vous rentrez par la vaste porte du porche, charmé par cette nouvelle famille accueillante composée de personnalités affirmées et vous ne réussirez pas à en ressortir, envoûté par l'ambiance légère et détendue qui y règne. Impossible d'échapper au charme de Beatrice et à son quotidien fantasque et pétillant. Même lorsque ce dernier se révélera un peu moins pailleté qu'en apparence. La question de la gémellité est au coeur de cette intrigue passionnante et une fois le piège refermé, vous n'arriverez plus à lâcher ce roman, avide d'en connaître le dénouement...

La narration alterne entre une focalisation interne au personnage de Abi et une focalisation externe au personnage de Beatrice. Les chapitres se succèdent, la première personne alternant avec la troisième, et entraînent le lecteur dans une intrigue extrêmement bien ficelée. Le doute est là, à chaque page, à chaque affirmation. Car les passés respectifs de Abi, Beatrice et Ben sont assez flous et chacun semble cacher des détails de son ancienne vie. Et lorsque les choses commencent à se gâter entre les trois membres du trio, vous aurez du mal à savoir qui croire. Peut-on faire confiance à Abi, vulnérable, sous médicaments, mais qui semble aujourd'hui stable ? Et que dire de Beatrice, flamboyante et merveilleuse en apparence, mais qui se cache en un rien de temps derrière un masque de froideur des plus déconcertants ? Et qui est vraiment Ben, ce bel homme en apparence si fort, sûr de lui, qui semble trembler derrière sa soeur ?

Vous l'aurez compris : j'ai adoré ces pages. J'ai adoré m'interroger sur la personne à qui accorder ma confiance. J'ai adoré douter, à chaque événement nouveau, de tout, de tous. Claire Douglas entraîne son lecteur dans un huis-clos paradoxalement doudou et inquiétant. Entre la collocation à la Friends et le charme discret des intérieurs britanniques un rien suranné où le thé est omniprésent, des secrets dorment, bien enfouis, ou presque. Allez, foncez, vous ne le regretterez pas ! Par contre, petit conseil : ne lisez pas la quatrième qui dévoile une grande partie des rouages de l'intrigue (c'en est même étonnant a posteriori) De quoi vous gâcher le plaisir de lecture ! (grande chance pour moi : ma mémoire de moineau qui m'a fait l'oublier sitôt lue et permis de découvrir avec délice le roman).

Un grand merci à Angélique de Langage&Projets de m'avoir proposé de découvrir ce titre en avant-première.

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