Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

02 juin 2010

La flèche du temps, Martin Amis

9782070399147FSAttirée par la quatrième de ce roman et désireuse de lire un roman de Martin Amis, j'ai été très enthousiaste à l'idée de le découvrir...

Tod, le héros de ce roman, regarde sa vie se dérouler à l'envers et son corps rajeunir. Chaque geste du quotidien est pour lui un étrange bal où les actions s'enchaînent sans relation logique. Médecin, il reçoit dans son cabinet des patients en bonne santé qui ressortent de chez lui malades, ses relations avec les femmes commencent par une incompréhension et se terminent par une rencontre, tandis qu'au tennis, les balles viennent du filet pour finir arbitrairement dans la poche d'un des joueurs...

Lecture intrigante s'il en est, Martin Amis pousse dans La flèche du temps le nonsense jusqu'à écrire un roman où les conséquences deviennent les causes. Le personnage et le lecteur sont entraînés dans des situations qui alternent grotesque et tragique.
Pour autant, ce dispositif n'est pas
à première vue innovant (je pense en particulier à L'étrange histoire de Benjamin Button) mais Martin Amis manie d'une main de maître la narration d'une vie racontée à l'envers et non à rebours. En effet, il imagine que c'est le cours du temps qui est inversé et non simplement l'existence de son personnage. Alors que Tod retrouve sa jeunesse au fil des pages, le lecteur découvre petit à petit le passé / futur de ce curieux personnage.
Une lecture étonnante, tant dans sa tonalité que dans ses rouages, La flèche du temps est une interrogation sur l'être et l'Histoire. Expérience  à la fois déroutante et parfois même troublante,  ce roman s'avère vertigineux telle une machine à remonter le temps.
Martin Amis signe ici une œuvre de qualité dont je ne saurais que conseiller la lecture. L'avis de Cynthia sur ce roman.
Je tiens à remercier 47286893 et folio pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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31 mai 2010

Le point sur le Challenge : les billets de mai

LogoLa fin du mois rime avec le récapitulatif mensuel de notre challenge Bienvenue en Inde, mis en place par Hilde et moi en février (n'oubliez pas de jeter un oeil à son récapitulatif BD et littérature de jeunesse !)
Mais avec un dégât des eaux ce week-end dans notre appartement, un déménagement en urgence sur deux jours et une voiture en train de mourir, j'ai cru que je n'aurais pas le temps de le faire... J'arrive enfin à  prendre le temps de brancher mon ordi et de m'installer pour rédiger ce billet...

*Tout d'abord, trois nouvelles exploratrices nous ont rejoints dans notre périple :
Delphine, Aurore, L'or des chambre. Nous les accueillons avec plaisir dans notre découverte de ce beau pays et espérons qu'elles trouveront dans cette littérature des richesses insoupçonnées...

*Ce mois-ci, 5 lectures sur l'Inde ont été faites dans le cadre de notre challenge :

Aurore : Anita cherche mari, Le chemin de Sarasvati

Delphine : L'odeur de l'Inde

Hilde :  Contes et récits de l'Inde

Mimi : Le Dieu des Petits Riens
(Je me rends compte que je n'ai lu aucun livre pour ce challenge ce mois-ci, mais le mois de juin  sera prometteur, notamment avec les lectures communes ! )

*Enfin, Delphine nous a signalé une interview intéressante d'Anita Nair sur Bibliobs, tandis que Mary Goodnight nous parle du film My name is Khan.


Les 58 voyageurs à nos côtés :
Aurore - Alexiel - Anneso - Antigone37 - Armande -  Austengirl - Babycakes  - Bookine  - Brunissende - Briggy13 - Bulle - Canel - Catherine - Charlotte - Choco -Choupynette -Delphine -  Evertkhorus - **Fleur** - Hilde  - Héloïse -  Iluze - Jeny  - Kathel  - ladyshushin -  lagrandesteph  - Latite  - Liyah  - L'or des chambre -Lou - Loulou  - Mamoun - Manu  - Marie  - Marie L  - Mary Goodnight - Mea  - MeL  - Mimi - Mme tout va bien - Moi -  Nane   - Nyenna -  Noryane -  Penelope -Pickwick -Pikachu - Saperlipopette  - Séverine- Stellade - Solène  - Stémilou - Sybille - Taliesin -  Theoma -Tinusia -   Tiphanie -Yoshi

 Bonne lecture à tous et régalez-vous bien avec ce pays et sa littérature !

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28 mai 2010

La couleur du bonheur, Wei-Wei

9782757817537FSJ'avais découvert il y a quelques années la littérature chinoise avec Shan Sa. Curieuse d'en savoir un peu plus sur ce pays et son histoire, je m'étais plongée avec plaisir dans Le Palanquin des Larmes au début de l'année. Donc quand j'ai vu ce roman, je n'ai  naturellement pas hésité à  le découvrir  et connaître ainsi davantage la Chine des années 1920 au milieu des années 1980.

Nous sommes en 1920. Mei-Li est mariée à seize ans à un homme aveugle et impotent qu'elle n'a jamais vu. Elle s'accommodera
de son mariage malheureux en soignant son pauvre époux et en se dévouant aux corvées domestiques.  Malgré de longues années d'abstinence, elle deviendra mère douze ans plus tard et sa petite Bai-Lan sera sans cesse un sujet de réconfort et de joie pour elle.
Lorsque cette dernière, mariée et mère de deux enfants, se retrouve seule après que son mari a été envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste, Mei-Li n'hésite pas à rejoindre sa fille pour la soulager et l'accompagner. Mais pour ne rien oublier de sa vie et de ses rebondissements, Mei-Li la raconte à Fan-Fan, sa petite-fille.

Je me suis plongée avec plaisir dans cette lecture. L'auteure nous entraîne
avec brio dans son pays natal, relatant avec autant de précision les événements politiques et sociaux de cette période que la vie quotidienne et les gestes qui l'accompagnent.
La construction de ce roman est vraiment intéressante : les chapitres alternent entre deux époques, celle de l'enfance et la jeunesse de Mei-Li, racontée par cette dernière, et celle de la jeunesse de Fan-Fan, qu'un narrateur omniscient prend en charge, relatant par là-même la vieillesse de Mei-Li. La relation chaleureuse entre la grand-mère et sa petite-fille baigne l'ensemble de ce roman à travers les chapitres que  Mei-Li prend en charge et confère à son personnage  une aura maternelle et protectrice rare.
Les événements politiques bousculent la vie de ce pays et le quotidien des habitants, les plongeant fréquemment dans la pauvreté voire la misère. Mais face à ces aléas de la vie, le personnage de Mei-Li insuffle à son entourage un calme à toute épreuve et un soutien indéfectible. A travers sa cuisine et ses potions miraculeuses, elle soigne et cajole sa famille et ses proches. Nombreux sont les poèmes traditionnels qu'elle raconte à ses petits-enfants, afin d'illustrer leur quotidien et le comprendre.

J'ai été happée par cette histoire, tant du point de vue historique que fictionnel. Wei-Wei nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur les événements qui ont marqué son pays d'origine des années 1920 aux années 1980 et lève ainsi le voile sur les conséquences du régime politique et du gouvernement maoïste sur les Chinois. En parallèle, elle offre à son lecteur une poésie du quotidien, notamment en cuisine, qui contrebalance la dureté de l'histoire.
J'ai lu avec horreur les punitions infligées aux opposants au régime, mais aussi certaines traditions ancrées dans l'imaginaire collectif mais dont les raisons sont parfois obscures (je pense
notamment aux pieds bandés), voire les obligations faites au peuple pour le régime, tel l'envoi de jeunes diplômés dans la campagne chinoise au nom du gouvernement, et l'obligation faite aux parents de plusieurs enfants (alors que la politique de l'enfant unique n'était pas encore en place), de choisir lequel de leur enfant échapperait à ces durs labeurs et continuerait ses études...
Un roman à la force rare, alternant fiction et histoire, et qui a le mérite d'immerger totalement son lecteur.  Pour ma part, j'ai eu du mal à en sortir.... J'ai encore en tête les tisanes de gingembre que Mei-Li prépare à diverses occasions pour soigner ses petits-enfants...

Je tiens à remercier 47286519et les Editions Capture pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat et cette belle découverte !

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27 mai 2010

Le colis du Swap Holmes !

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Fashion et Emma avaient organisé ce Swap sur la thématique de Sherlock 1003975496Holmes il y a quelques temps. Voici l'heure de vous révéler le contenu de mon colis !!

Je suis donc allée chercher à La Poste un colis tout vert que je me suis empressée d'ouvrir !


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P1000840Voilà donc le colis que m'a concocté Saperlipopette, ma swapeuse !

*Une étude en rouge et Un scandale en Bohème de Conan Doyle du côté de la lecture, ce qui est parfait puisque je n'ai pas de Sherlock Holmes dans ma bibliothèque ! (c'est le comble en participant à un swap Holmes, je sais...)

*Pour les gourmandises, du chocolat à l'orange (mmmhh !) et du thé. Soit la panoplie parfaite pour se plonger dans un bon roman !

*Et enfin pour l'objet, une loupe, ce qui est super car j'avais spécifié que je déménageais bientôt et que je ne voulais pas d'objet encombrant pour ce swap !

Merci
Saperlipopette pour ce colis qui m'a fait plaisir ! Et merci aux deux organisatrices de ce swap !
Et si vous êtes curieux, vous pouvez aller jeter un œil chez Crazyprof que j'ai swapée pour voir le colis que je lui ai confectionné !

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22 mai 2010

Requiem pour une étoile, Jennifer D. Richard

9782221111482FSA l'occasion de ma seconde participation à l'Opération Masse Critique de Babelio, j'ai eu le plaisir de recevoir Requiem pour une étoile, le second roman de Jennifer D. Richard.

Le monde est au bord du chaos. Partout la violence et la pauvreté règnent. Pour permettre à sa famille d'échapper à une destinée funeste, Illidan part travailler pendant un an à la Fournaise. Lieu de toutes les violences et de toutes les atrocités, la Fournaise se présente comme un des derniers endroits où l'on peut encore gagner de l'argent dans ce monde. Mais à quel prix ?
De retour de cet enfer, Illidan se rend compte qu'il a tout oublié de son passé. De sa vie de famille à son année à la Fournaise, rares sont les bribes de souvenirs qui lui reviennent. Et si finalement son amnésie était salvatrice pour sa santé mentale, effaçant dans les méandres de sa mémoire ce qu'il a vu à la Fournaise, ou ce qu'il a fait ?

Difficile de ne pas en dire trop...  D'une lecture très rapide, ce roman est absolument incroyable ! Jennifer D. Richard manie d'une main de maître son intrigue, dévoilant juste ce qu'il faut au lecteur pour permettre à celui-ci de s'imaginer son univers apocalyptique sans en comprendre les codes. C'est une sorte de contrat de lecture implicite passé entre l'auteure et celui qui la lit dès les premières pages.
Le flou qui règne autour de ce monde en plein chaos participe de l'ambiance et de l'ambiguïté de cette intrigue. On ne sait rien de ce qui précède le début du roman, si ce n'est que la terreur et la violence règnent sur ce monde.
Les personnages sont énigmatiques, eux aussi, et leur part de mystère est aussi au service de l'intrigue. Pourquoi Illidan a-t-il tout oublié ? Pourquoi ses fils craignent-ils tant leur mère, une femme pourtant parfaite en apparence ? Et quel est ce mystérieux contrat que Sigrid, la femme d'Illidan, a passé avec un homme à la mine patibulaire ? Que de questions se chevauchent tout au long de cette lecture. Et c'est en cela que réside le talent de Jennifer D. Richard :  faire s'interroger son lecteur sur une intrigue floue contextualisée dans un univers dont elle ne nous donne pas les codes... Brillant !
Le roman est divisé en trois parties, chacune prise en charge par un personnage et narrée d'après son point de vue. Au fil des pages, le mystère se dissipe peu à peu... jusqu'à la révélation finale, qui intervient dans les dernières pages.
Formidable histoire d'amour impossible, Requiem pour une étoile ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire auparavant. En 225 pages, Jennifer D. Richard entraîne avec brio son lecteur dans une intrigue dense au rythme rapide.
Une excellente découverte pour moi, un roman lu en une après-midi, une expérience de lecture étrange. Merci Jennifer D. Richard pour ce voyage ! Je m'en vais de ce pas découvrir Bleu poussière, le premier roman de cette auteure paru en 2007.
Merci encore à logo2et aux éditions logo pour ce roman fabuleux !

Requiem pour une étoile par
Jennifer Richard

Requiem pour une étoile

Requiem pour une étoile

Jennifer Richard

Critiques et infos sur Babelio.com

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20 mai 2010

Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé

9782742760183FSCela fait quelques temps que j'ai envie de lire La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé, mais je diffère cette lecture, sans savoir pourquoi. Donc quand on m'a offert ce roman, je me suis jetée dessus, ma curiosité attisée par l'avis enthousiaste de ma généreuse donatrice...

Parce que son père a été lapidé sur la place du petit village de Montepuccio, en Italie du Sud, Rocco, son fils, décide sur son lit de mort de léguer ses biens, acquis illégalement, à l'Église du petit village, laissant sa famille dans la misère la plus totale. En contrepartie, les siens seront enterrés au fil des générations avec les honneurs dans le petit cimetière italien. Ce sera la vengeance des Scorta faite aux habitants de ce village, cupides et vénaux.
La lignée des Scorta vivra donc dans le dénuement, sous les yeux des Montépucciens. De cette pauvreté naîtra une volonté hors du commun de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur offre...

Magnifique chronique familiale, Le soleil des Scorta ne laisse pas indifférent. Laurent Gaudé nous ouvre les portes d'un petit village italien où l'honneur prime avant tout. Les années passent, et les Scorta construisent peu à peu leur vie de misère, leur pauvreté leur rappelant sans cesse l'histoire familiale.
Ode à l'Italie et à ses traditions, l'œuvre de Gaudé permet au lecteur de se faire voyeur et de pénétrer dans Montepuccio et de voir à travers un œilleton ce qui se passe, au fil des ans.
L'intrigue est complexe, s'étendant de 1870 à nos jours, et chaque génération a son lot de bonheurs et de pertes. L'entraide est primordiale au sein de cette famille que les drames déchirent.
Il fait chaud, très chaud à Montepuccio. Et la plume imagée et incisive de Gaudé entraîne le lecteur dans la touffeur de ce village du Sud... Le pages défilent, très vite, comme les années, et déjà point la fin du roman. On lit, avide de poursuivre, de s'immerger dans ce petit village et ses codes. On peine à lâcher le roman avant d'en connaître la toute dernière phrase. Hypnotisé, écrasé par la chaleur que Laurent Gaudé laisse transparaître entre ses lignes, on engloutit ce Soleil des Scorta en une seule bouchée. Quel délice !

Un grand merci Marine de m'avoir fait découvrir ce roman. Je l'ai lu d'une traite, presque sans respirer, tant il m'a coupé le souffle... Et il a su, encore une fois, attiser mon envie de lire l'Italie à travers la plume d'auteurs talentueux.

"Une légende courait dans le village qu'à cette heure, un jour, un homme remonté un peu tard des champs avait traversé la place centrale. Le temps qu'il atteigne l'ombre des maisons, le soleil l'avait rendu fou. Comme si les rayons lui avaient brûlé le crâne." (p.13)
"Un homme poussiéreux et sale entrait dans la maison des Biscotti, à l'heure où les lézards rêvent d'être poissons, et les pierres n'y trouvèrent rien à redire." (p.17)
"On mange dans le Sud avec une sorte de frénésie et d'avidité goinfre. Tant qu'on peut. Comme si le pire était à venir. Comme si c'était la dernière fois qu'on mangeait. Il faut manger tant que la nourriture est là. C'est une sorte d'instinct panique. Et tant pis si l'on s'en rend malade. Il faut manger avec joie et exagération." (p.147)

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18 mai 2010

Le souffle des Marquises, Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas

9782350211046FSLes romans qui mêlent fiction et histoire ? J'adore ! Les romans qui mêlent fiction et histoire pour les jeunes ? Je suis prudente quant à la qualité, mais quand elle est au rendez-vous, je ne peux que m'incliner...

Éléonore est née à Lille en 1852. Dotée d'une sensibilité musicale exceptionnelle récusée par son père, la jeune fille est envoyée chez sa tante à Paris pour débuter son apprentissage de lingère. Elle repère très vite, rue Saint Georges, la boutique de monsieur Sax, remplie de cuivres en tous genres. Téméraire, la jeune fille se travestie en garçon pour travailler dans les ateliers de cet inventeur d'instruments de musique. Sa supercherie découverte, elle intègre alors la fanfare des Tourterelles, uniquement composée de femmes, et dirigée par le frère de monsieur Sax. Débute alors pour la jeune fille une vie remplie de rencontres et de musique à Montmartre.
Mais les événements de la Commune viennent bouleverser ce fragile équilibre... Et lorsque l'Exposition Universelle est organisée à Paris en 1878 et qu'un trompettiste américain entre dans la vie d'Éléonore, tout chancelle...

Je me suis laissée entraîner dans le tourbillon de cette intrigue, vibrant au son des cuivres de la fanfare féminine des Tourterelles. Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas mêlent avec brio l'histoire de la France au 19e avec l'histoire du saxophone et autres cuivres, le tout au service d'une intrigue fictive haute en couleurs. Il est rare, dans un roman, que le thème de l'histoire de la musique et de ses instruments soit abordé. Pour ma part, il me manquait des jalons pour me repérer dans ce domaine, jalons construits grâce aux détails historiques de ce roman, précis sans être lourds. C'est le principal atout de ce roman, à mon sens : s'engager dans une voie que peu empruntent et le faire sans didactisme aucun.
Les personnages ont une psychologie suffisamment développée pour permettre au lecteur une identification certaine.  Eléonore est une jeune héroïne courageuse, portée par son amour de la vie et de la musique. Sur son parcours, elle croise de nombreux mentors qui sauront la guider dans ses choix et l'aider à affermir son caractère et ses convictions politiques pour ne pas se perdre dans l'obscurité des affrontements de la Commune. Aux personnages imaginés par l'auteur se superpose les figures historiques de cette époque, comme Hector Berlioz, Alexandre Dumas ou encore Napoléon
III.

L'intrigue de ce premier opus est intéressante et imprévisible, la lecture est très fluide et les années filent pour le personnage d'Éléonore, au gré de l'Histoire et de ses rencontres. Il fait bon vivre à Montmartre en compagnie de ces personnages mélomanes et bohèmes.
Pour ma part, je continue mon voyage à la Nouvelle-Orléans avec Le Swing des Marquises, où Éléonore... Mais chut !  Je n'en dirai pas plus !
J'inscris bien entendu cette lecture dans le Challenge Des notes et des mots d'Anne
challenge-Des-notes-et-des-mots-4
Je tiens à remercier chaleureusement Camille et les éditions naive pour l'envoi de cette série. Quelle belle découverte ! Pour jeter un œil sur leur site, c'est par ici, et pour voir leur page Facebook, consacrée uniquement aux livres, c'est par là !

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16 mai 2010

La reine des lectrices, Alan Bennett

9782070419609FSAyant vu il y a quelques mois une adaptation théâtrale de Talking Heads, une série de monologues truculents écrits par Alan Bennett, j'ai eu envie de  connaître davantage ce romancier et dramaturge anglais. Au détour de certains blogs, j'avais repéré ce court roman il y a quelques temps et, en tombant sur sa version poche hier dans une librairie, j'ai succombé !

La reine d'Angleterre découvre un matin, lors d'une promenade avec ses chiens, le bibliobus de Westminster. Intriguée, elle pénètre dans ce lieu dédié à la lecture et fait la connaissance  de Norman Seakins, un commis de cuisine passionné par la lecture et autodidacte. A ses côtés, la reine se lance dans la lecture, commençant par des choix assez aléatoires, puis affirmant ces derniers, au fil de ses lectures.  
Mais à Windsor, tout le monde ne voit pas d'un très bon œil la soudaine lubie de la reine. Les conséquences de sa nouvelle activité ne tardent pas à se faire sentir : retards, désintérêt pour sa fonction, mais aussi une culture grandissante qui effraie ceux qui l'entourent...


Voici une courte farce vraiment très drôle ! Alan Bennett donne à voir à son lecteur une reine d'Angleterre humaine, enfermée dans la solitude de son protocole. Au fil de ses lectures et de ses découvertes, elle s'ouvre peu à peu au monde des sentiments et des émotions, regardant ses contemporains d'un autre œil. Mais qu'une reine se rapproche du commun des mortels, ce n'est pas pensable pour ses ministres...
Bennett joue ici avec la figure emblématique de la reine d'Angleterre et s'offre le luxe d'imaginer ce que sa vie serait si elle avait le temps d'être une lectrice boulimique. Le ton est à la fois drôle et décalé et les personnages, bien que vite décrits, permettent de se divertir grandement avec cette farce.
Ode à la lecture et à ses grandes figures - Proust, Brontë, Genet, Shakespeare... - ce court roman est une petite merveille  d'humour ! A la fois léger et subversif, il fait passer un bon moment de lecture à quiconque se plonge dans ses pages.

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15 mai 2010

La cité perdue de Z, David Grann

9782221112076FSAvis aux amateurs d'Indiana Jones et autres archéologues en quête de civilisations oubliées : La cité perdue de Z est fait pour vous ! Je n'y ai moi même pas résisté...

En 1925, le monde perdait la trace de Percy Harrison Fawcett, un explorateur anglais passionné par l'Amazonie et ses trésors cachés. Toute sa vie durant, cet homme, d'une constitution hors du commun, a tenté de découvrir une civilisation antique dans l'immensité de la forêt amazonienne. Cette cité, qu'il baptisera "Z", sera le point de départ de bons nombres d'explorations périlleuses. Armé d'une machette et s'aidant d'une boussole et de cartes, l'explorateur est de ceux qui préfèrent une équipe restreinte, sans animal de trait ni technologie, pour s'enfoncer dans la forêt. D'un tempérament passionné, Fawcett sera parfois considéré comme tyrannique par ceux qui l'accompagnent et qui n'ont pas sa résistance  face aux dangers de cet environnement.
Malgré de nombreuses expéditions toutes aussi périlleuses les unes que les autres, celle de 1925 sonnera le glas pour Fawcett : l'Amazonie et ses dangers prendront le dessus sur l'homme et ceux qui l'accompagnent. La disparition de l'explorateur mondialement connu passionnera les foules et bon nombres d'expéditions seront menées pour le retrouver.
En 2004, près de quatre-vingts ans plus tard, le journaliste new-yorkais David Grann se plonge avec ferveur dans l'histoire de Fawcett et décide de se lancer sur ses traces et tenter de comprendre ce qui lui est arrivé...

Êtes-vous prêts à plonger en plein cœur de l'Amazonie et vivre au rythme des expéditions de Fawcett ? Ce documentaire est absolument incroyable ! Moi qui aimais bien les aventures d'Indiana Jones, aussi bien pour leur aspect archéologique (bien que fictif) que pour le côté périlleux de l'exploration, j'étais à dix mille lieues de penser à tout ce qu'impliquait une expédition dans des contrées inconnues.
Le côté hostile de la nature ne m'avait bien sûr pas échappé, même si j'étais loin de me douter du nombre de dangers qui guettaient un explorateur, notamment avec les insectes (entre les asticots qui grandissent sous la peau, les tiques qui font infecter les plaies, les nuées de moustiques qui piquent chaque centimètre carré de peau qui dépasse...), la forêt elle-même (les marécages plein de piranhas mais aussi de poissons tout petits qui s'insèrent dans les orifices corporels et s'accrochent à la peau en vidant l'organisme de son sang....) ou encore les peuplades qui vivent reculées dans la forêt et regardent arriver avec méfiance des explorateurs.
David Grann emmène le lecteur entre le passé et le présent, relatant avec beaucoup de précision l'étendue des recherches menées au début du XXe par divers explorateurs, dont Fawcett. Le récit des expéditions du célèbre explorateur, très détaillé grâce aux multiples références que l'auteur a pu glaner au fil de ses recherches, permet au lecteur de s'immerger complétement dans le projet fou de découvrir cette mystérieuse cité. Le lecteur n'attend qu'une seule chose : savoir si oui ou non Fawcett avait raison de croire en l'existence de vestiges d'une civilisation en plein cœur de l'Amazonie, et si David Grann, qui s'enfonce lui même dans cette forêt hostile près de quatre-vingts ans après, en trouvera la trace.

Je n'ai pas pu lâcher ce livre, encore une fois, passionnée par le récit de la vie de cet homme à la volonté hors du commun et par l'engouement qu'il a su faire susciter à son égard au fil des années. David Grann a réalisé ici un travail de recherche considérable et nous donne à lire un récit extrêmement documenté, tant historiquement que scientifiquement. A lire pour en savoir plus sur cet explorateur génial autant que monomaniaque, mais aussi en apprendre un peu plus sur l'histoire de la cartographie d'une partie de l'Amérique latine et les progrès techniques de cette époque.

Sans_titre_2J'avoue, nouveau coup de cœur pour cette année, le septième. Je n'ai pas su résister ni au travail fourni par David Grann pour la rédaction de ce livre, ni aux références bibliographiques très précises qu'il indique en fin d'ouvrage ni à la forme qu'il a choisie pour nous relater le fruit de ses recherches.
Je remercie 47286519et logo pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. 

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14 mai 2010

Fablehaven T.1 Le Sanctuaire Secret, Brandon Mull

fablehavenIl y a quelques temps sur la blogosphère, le premier tome de cette saga a fait couler beaucoup d'encre... Laissant passer cet engouement, je me suis intéressée cette semaine au premier tome de la série Fablehaven, ou "refuge des créatures fabuleuses", intitulé Le Sanctuaire Secret.

Alors que leurs parents partent en croisière en Scandinavie Kendra, treize ans, et son frère Seth, onze ans, sont confiés à leurs grands-parents paternels. Leur vieille maison,  au beau milieu de la nature, semble d'un ennui mortel pour les deux adolescents.
Mais des phénomènes étranges se produisent peu à peu et conduisent leur grand-père à leur avouer qu'il est le gardien de Fablehaven, un refuge pour créatures fabuleuses. Fascinés, les deux enfants regardent d'un autre œil la forêt qui environne la propriété, remplie de ces êtres incroyables. Le jour où leur grand-père est enlevé et l'équilibre de la réserve remis en question par une sorcière maléfique, les deux jeunes héros passent à l'action !

Autant le dire tout de suite : j'aurais adoré ce roman plus jeune ! L'univers merveilleux de Brandon Mull n'a certes rien d'innovant puisqu'il a directement puisé dans la fantasy ses personnages, mais il est une invitation à l'évasion et à l'imagination. Les personnages boivent un lait produit par une vache géante pour voir les rares créatures fabuleuses autorisées à se promener dans le jardin de la vieille demeure, telles les fées. Sans ce lait, le jardin semble peuplé d'insectes en tous genres, mais la forêt, où toutes sortes de créatures plus ou moins bienveillantes évoluent, est moins effrayante...

L'intrigue a un schéma assez classique - deux adolescents doivent rétablir un équilibre mis à mal par des forces occultes - et est souvent assez manichéenne, mais fonctionne bien. Les trouvailles de Brandon Mull - notamment l'idée de préserver la diversité des espèces fabuleuses, ode à nos préoccupations actuelles - permet de revisiter l'aspect fantasy du roman. Les ogres côtoient les sorcières, naïades et autres satyres pour mieux vanter l'importance de cette diversité.

Petit bémol à mon goût, la psychologie des personnages qui, si elle est assez bien détaillée,  est parfois assez grossière : je n'ai pas pu m'empêcher d'être agacée par le personnage de Seth, à la fois égoïste et inconséquent. Son attitude donne trop souvent lieu, à mon goût, à des leçons de morale consensuelle dans le roman, donnant à ce dernier un ton édifiant et moralisateur parfois lourd...

Pour conclure néanmoins, j'ai passé un très bon moment de lecture, m'évadant avec plaisir à Fablehaven, et, comme je viens d'acheter le deuxième tome de la série, La menace de l'étoile du soir, vous aurez très vite mon avis sur ce roman !

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