Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




07 mars 2018

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmesPourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? est un album signé Soledad Bravi pour les illustrations et Dorothée Werner pour les textes. Il est paru chez Rue de Sèvres le mois dernier.

Revenons à la Préhistoire et parcourons au fil des pages la chronologie de l'évolution des droits de la femme : les figures incontournables qui ont oeuvré pour l'égalité (Olympe de Gouges, les Suffragettes, Simone Veil, Gabrielle Chanel, etc.), les dates clés, les événements politiques et sociétaux, etc. C'est avec humour et simplicité que les deux auteures nous entraînent dans ce panorama en BD et nous offrent une perspective diachronique de la condition féminine.

En cette veille de Journée Internationale des droits des Femmes, je ne pouvais pas ne pas me pencher sur cet album au petit format qui promet de balayer le champ historique pour comprendre la source des inégalités hommes femmes qui sévissent encore aujourd'hui. 
Le ton est volontairement sarcastique et le trait humoristique pour traiter de ces faits qui font froid dans le dos. A travers l'Histoire, et malgré les nombreuses voix qui se sont élevées, la femme a toujours été considérée comme inférieure à l'homme, pour des raisons clairement absurdes. Les auteures s'attachent à déconstruir ces idées reçues en les dénonçant purement et simplement.  
Si j'ai adoré l'idée d'une telle chronologie et la postface qui fait le point sur la situation des femmes dans le monde en 2018 et les derniers événements s'y référant (Harvey Weinstein, bonsoir !) j'ai trouvé que certains faits manquaient d'un petit accompagnement pour être appréhendés dans leur complexité, selon le lectorat. Si les dates et mentions des fonctions des personnes citées est pertinent, c'est dommage que des faits soient traités très rapidement (comme l'évocation de la chanson Femme libérée par exemple). Pour autant, Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? reste un court album très bien ficelé, agréable à lire et qui permet une bonne vue d'ensemble sur la question. Je remercie les éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

Planche 1 Planche 2

 BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [38] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,


04 mars 2018

Les morts de la Saint-Jean, Henning Mankell

LES MORTS DE LA SAINT JEANLes morts de la Saint-Jean est un roman policier du suédois Henning Mankell mettant en scène l'inspecteur Kurt Wallander. Il est paru en 1997 en Suède et en 2001 en France aux éditions du Seuil.

Août 1996. La police d'Ystad piétine sur la disparition de trois jeunes gens, durant la nuit de la Saint-Jean. La mère de l'un d'eux est persuadée qu'il leur est arrivé malheur, tandis que des cartes postales signées de leurs trois noms leur parviennent, postées d'un peu partout en Europe. L'affaire prend un autre tournant lorsque Wallander découvre que Karl Evert Svedberg, l'un de ses collègues, a été assassiné chez lui d'une balle dans la tête. Ce dernier s'intéressait durant son temps libre à la disparition des trois jeunes. L'enquête bascule brutalement lorsque les corps sont retrouvés dans un parc par des promeneurs. Déguisés en costumes d'époque les trois jeunes semblent être en plein pique-nique alors que les analyses attestent que leur mort remonte à deux mois. Wallander en est sûr : les deux affaires sont liées !

J'ai longtemps été réticente mais j'ai enfin sauté le pas : ce roman est mon premier livre audio ! 17h10 d'écoute, essentiellement durant mes trajets pour aller travailler. Et si au début l'expérience m'est apparue très agréable, je me suis rapidement lassée, trouvant que le rythme était trop lent et que l'intrigue piétinait un peu. Je ne suis pas une grande adepte des polars contemporains, les trouvant souvent trop violents et répétitifs, mais une collègue m'ayant chaudement recommandé celui-ci, j'ai succombé en l'empruntant à la médiathèque. 
Outre la lenteur due au temps d'écoute (je lis plus rapidement !), j'ai trouvé que l'intrigue démarrait rapidement pour s'enliser progressivement, à l'image d'un Wallander vieillissant, souffrant de diabète et de surpoids. Les enquêteurs stagnent dans leur réflexion, s'égarant dans des pistes que le lecteur sait être des leurres. La narration est en effet parfois prise en charge par le tueur, ce qui donne au lecteur une longueur d'avance sur les personnages. Le suspense est moindre donc, et rapidement le lecteur de comprendre les contours du dénouement. Ne reste que le mobile. Un polar qui m'a détendue un temps, donc, mais qui n'a pas su capter réellement mon intérêt et dont je vais oublier le dénouement rapidement.

Une chronique de soukee rangée dans Romans policiers - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,

02 mars 2018

Sauveur et Fils saison 4, Marie-Aude Murail

Sauveur et Fils saison 4Sauveur & Fils est une série de romans de Marie-Aude Murail publiée à L'Ecole des Loisirs. Le quatrième tome, Saison 4, est paru en janvier 2018.

Dans le cabinet de Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, gravitent toujours autant de patients en quête de mieux-être. Certains sont nouveaux, comme Jean-Jacques, jeune adulte qui ne sort quasi plus de chez sa mère et passe sa vie dans sa chambre à jouer à des jeux en réseau, tandis que d'autres viennent depuis plusieurs mois, comme Ella, troublée par ses problèmes de genre, et qui s'intéresse de plus en plus à l'écriture, Samuel, qui a enfin retrouvé son père mais s'interroge sur cette nouvelle relation, les soeurs Blandine et Margaux, qui décident de partager leur séance chez Sauveur. Côté jardin, c'est toujours autant un joyeux bazar ! Jovo, l'ancien SDF qui a emménagé chez Sauveur et Lazare, poursuit sa convalescence tandis que Gabin redoute de retourner vivre avec sa mère et se plonge de plus en plus dans The Walking Dead et que Louise tente d'apaiser ses deux enfants, perturbés par la nouvelle séparation de leur père. Mais au 12 rue des Murlins, le joie et la simplicité ne sont jamais loin !

Quel délice cette série ! Si vous n'aviez pas compris à quel point c'est un bijou (malgré les couvertures ornées de cochons d'Inde qui fleurissent sur mon blog depuis quelques semaines), je vais en rajouter une couche avec cette chronique. 
Marie-Aude Murail excelle dans l'art de dépeindre la vie dans sa banalité comme dans ses petits drames. Elle analyse avec la finesse qui lui est propre la psychologie des adultes comme celle des adolescents et fait virevolter son petit monde au gré des semaines. C'est beau, vivant, drôle, émouvant aussi, et parfois triste. Le microcosme dépeint durant ces quatre tomes s'élargit au fil des pages et l'ensemble s'imbrique et trouve une sorte de dénouement et d'apaisement dans ce tome. Les personnages suivis depuis la première saison comme ceux apparus dans celle-ci voient leurs vies transformées aux côtés de Sauveur, pilier rayonnant et protecteur de la série. Le personnage n'est heureusement pas exempt de failles, et c'est justement ce qui lui offre toute sa vraisemblance.  Une série qui excelle dans la constance de sa qualité, et c'est assez rare pour être noté. Il n'y a pas de saison de trop dans cette série. Plongez les yeux fermés dans ce tome ! Et si malgré toutes mes chroniques vous n'avez pas encore eu l'occasion d'ouvrir un tome, procurez-vous la saison 1 et vous comprendrez alors mon enthousiasme (et celui des nombreux autres lecteurs de tous âges conquis). Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de lire et adorer cette série. J'ai refermé à regret ce quatrième tome...

Pour retrouver l'intégralité des mes avis sur la série, cliquez sur les couvertures ci-dessous !

112537159 118867069


Logo Challenge Feel good

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

01 mars 2018

Bilan de lecture février 2018

Bilan de lecture

Mes lectures de février

(cliquez sur les couvertures pour lire mes chroniques)

Bilan

Un mois qui fait la part belle à la littérature de jeunesse, avec notamment la série Sauveur & Fils de Marie-Aude Murail qui m'a enchantée (mon avis sur le quatrième tome est programmé pour cette fin de semaine !). Un mois assez froid durant lequel j'ai pas mal lu. Je continue de picorer des BD à droite à gauche, piochant parmi les conseils et les avis des uns et des autres, exhumant une pépite, parfois, comme Le Pays des cerisiers. Un mois enfin bercée par mon lumineux weekend à Bruges. Les vacances sont enfin là, me permettant de prendre le temps de lire. J'avance à pas de souris dans Métro 2033. Sortir de sa zone de confort avec un roman post-apocalyptique c'est chouette mais j'ai un peu de mal à entrer dans l'intrigue... A voir !

Bon mois de mars à tous !

Une chronique de soukee rangée dans Bilan de lecture - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés :

28 février 2018

Le Pays des cerisiers, Fumiyo Kouno

Le pays des cerisiersLe Pays des cerisiers est un one shot signé Fumiyo Kouno paru en 2006 chez Kana. C'est le premier manga de cette auteure née à Hiroshima publié en France.

Trois courtes histoires composent ce manga. La première, La ville de Yunagi, se déroule à Hiroshima en 1955. Dix ans après, la bombe A hante toujours la ville et ses habitants et des commémorations sont prévues pour éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.  Minami, qui travaille dans un atelier de confection, a perdu sa famille dans le bombardement. Seule sa mère s'en est sortie. La jeune femme, traumatisée, n'arrive pas à se reconstruire, hantée par les images de ce jour et ceux qui tombent malades jour après jour, suite à l'irradiation.  
Le Pays des cerisiers, la seconde histoire, se déroule en deux parties. La première, trente ans après le bombardement, se concentre sur Nanami, une jeune joueuse de base-ball qui découvre l'histoire de sa famille en suivant son père à Hiroshima. La dernière partie, enfin, se déroule de nos jours, et se centre sur les descendants des victimes de la bombe.

Je ne suis pas une grande lectrice de mangas, vous le savez. Mais ma curiosité a été piquée par le sujet de celui-ci et la manière dont il serait traité. Manga polémique au Japon (la postface est assez éclairante), Le Pays des cerisiers est un manga commandé par l'éditeur de Fumiyo Kouno pour dénoncer ce qui reste encore tabou aujourd'hui : les conséquences du bombardement et la reconstruction du pays. L'auteure n'est pas une hibakusha (littéralement victime de la bombe atomique), mais s'est largement documentée sur la question pour aborder avec une finesse et une poésie sans nom ce pan de l'histoire japonaise. Les dessins tout en rondeur et en simplicité servent le propos et les trois histoires balayent les cinquante ans qui suivent le bombardement. Comment se reconstruire ? Comment recommencer à vivre après cet épisode de l'Histoire qui a coûté la vie à tant de gens et qui demeure aujourd'hui encore tabou ? C'est ce que se demande l'auteure, qui aborde l'indicible et l'horreur par le prisme des survivants et leurs familles. Un manga très émouvant, à lire et à relire. Un incontournable pour aborder la question du bombardement d'Hiroshima et ses conséquences tant physiques que psychologiques. 

Planche 4Planche 1 Planche 2 Planche 3

image

Cette semaine chez Mo' !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [50] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


25 février 2018

Sauveur & Fils saison 3, Marie-Aude Murail

Sauveur et fils saison 3Sauveur & Fils est une série de romans imaginée par Marie-Aude Murail et publiée à L'Ecole des Loisirs. Le troisième, Saison 3, est paru en juin 2017.

Au 12 rue des Murlins, à Orléans, Sauveur continue la thérapie de ses patients. Le psychologue clinicien père célibataire aide tour à tour Mme Germain, atteinte de tocs, Monsieur Kermatin, qui se croit surveillé par ses voisins du dessus à l'aide d'une caméra installée dans le plafond, mais aussi ses patients enfants et adolescents, qu'il tente d'aider du mieux qu'il peut. Ella, victime de cyberharcèlement, qui voudrait être un garçon, Maïlys, quatre ans, qui oppose à l'indifférence de ses parents une violence envers elle-même, Blandine, hyperactive parce qu'elle veille sur sa soeur Margaux, qui vient d'attenter une nouvelle fois à sa vie, ou encore Samuel, de père inconnu, qui découvre enfin qui est celui-ci. Une fois la porte de son cabinet fermée, c'est de l'autre côté de la maison que Sauveur tente d'organiser les choses. Avec Louise et ses enfants, il tente de former une famille recomposée. Mais la place manque un peu, entre Gabin, un jeune patient qui a emmenagé dans le grenier depuis que sa mère est internée en psychiatrie et Jovo, un ancien légionnaire ex-SDF... 

Ce mois de février aura été placé sous le signe de Sauveur ! J'ai en effet dévoré les saisons 2, 3 et 4 en deux semaines, bercée par la douce musique de cette maison de famille qui déborde de vie et de joie. Marie-Aude Murail réussit avec brio la poursuite de sa série, étoffant ses personnages, détaillant les histoires personnelles, reliant les unes aux autres dans un microcosme dont le cabinet de Sauveur est au centre.  
Une série fine, pleine de tendresse et d'humour, qui aborde des sujets sensibles avec intelligence : l'adolescence et son mal-être, les relations frères soeurs, les relations parents enfants, le harcèlement, la construction identitaire, la famille. Bref, une série à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes ! 
Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de me permettre de pousuivre la découverte de cette série. Une lecture commune avec SvCath dont je file lire l'avis ! 

Si vous aviez raté mes chroniques sur les deux premiers tomes, les voici :

112537159 118867069


Logo Challenge Feel good

 

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , ,

22 février 2018

Bruges, vous avez dit Bruges ?

Si vous me suivez sur Insta, vous savez que le weekend dernier je suis partie faire un petit road trip à Bruges (l'un des avantages de ma nouvelle ville est de permettre tout un tas de road trips en Europe : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas...). J'avais posté quelques photos rapide de notre weekend froid mais ensoleillé dans la Venise du Nord mais j'avais envie de revenir ici en images sur cette échappée belle. 

Bruges est avant tout une ville de canaux, pourvue de jolies façades colorées qui ravissent ses visiteurs. 

WP_20180218_020 WP_20180218_019

WP_20180218_025

WP_20180218_023

 

La vue en bateau est tout aussi merveilleuse et permet de découvrir des jardins cachés et des architectures singulières

WP_20180218_008 WP_20180218_013

WP_20180218_024

WP_20180218_042

 

Bruges, ce sont aussi des façades atypiques et des vitrines chaleureuses.

WP_20180218_002   WP_20180217_017

WP_20180217_004

WP_20180217_022

Bruges by night, vue du Lac d'Amour

 

Mais aussi des monuments emblématiques... 

WP_20180218_026 WP_20180218_032

Le beffroi de la ville et la vue du haut de ses 366 marches

 

WP_20180217_019

WP_20180217_020

Le béguinage, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco

 

WP_20180218_041

La Salle gothique de l'Hôtel de Ville

 

WP_20180218_015

Les Maisons-Dieu, ancêtres des logements sociaux

 

Mais Bruges c'est aussi une gastronomie belge aussi savoureuse qu'appétissante (et encore, j'ai oublié de prendre en photo notre butin à la friterie !)

WP_20180219_006 WP_20180218_038 

Le fabuleux brunch du Pain Quotidien et un petit selfie derrière ma gaufre à la confiture de lait !

WP_20180218_044

Qui dit Belgique dit bière, non ? Pour nous oui (ça se voit, non ?)

WP_20180217_011 WP_20180217_010

Un salon de thé adorable où nous avons repris des forces dans notre périple dans le froid

***

Trois jours de soleil et de ciel bleu, dans une ville romantique à souhait. Trois jours de découvertes et de promenades, au gré de ces façades colorées et crénelées. Bruges, bien qu'elle soit la ville la plus visitée de Belgique, conserve un charme indéniable et une ambiance surannée. Vous n'échapperez pas au fatras touristique et aux files d'attente pour les principaux monuments, mais pour qui veut se laisser porter, déambuler dans les rues est un réel enchantement et permet de découvrir des petits endroits chaleureux où faire une pause chocolatée (ou grignoter une frite !). La Belgique me conquiert encore une fois (après mon weekend à Anvers l'an dernier, mais que je n'avais pas posté ici !).  J'ai très envie de continuer à la découvrir, notamment Liège et Gand. Et vous, vous connaissez ? Vous y êtes déjà allé ?  

Une chronique de soukee rangée dans Voyages - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

21 février 2018

Aquarica T.1 Roodhaven, Benoît Sokal et François Schuiten

Aquarica TAquarica est un diptyque imaginé par Benoît Sokal et François Schuiten. Le premier tome,  Roodhaven, est paru en octobre 2017 chez Rue de Sèvres.

Roodhaven, 1930. Le petit port de pêche vit du commerce de la baleine depuis des générations, hanté par les disparus en mer. Quand un matin vient s'échouer sur la plage une créature mi-animale mi-métallique, les pêcheurs s'emballent : le crabe géant qu'ils ont devant leurs yeux a récupéré une partie du Golden Licorn - une épave d'un navire échoué il y a plus de cinquante ans - et semble l'avoir assimilé à sa chair. Il n'en faut pas plus pour que les esprits s'échauffent et que cette découverte confirme la théorie des anciens : le naufrage serait dû à une baleine gigantesque que les pêcheurs décident d'aller tuer. Pendant ce temps, John Greyford, un jeune chercheur, est dépêché sur place pour appréhender la créature. Mais en l'approchant, il se rend compte qu'une jeune fille y est logée. Aquarica, c'est son nom, lui demande de lui venir en aide pour sauver son peuple. 

Quel album ! Dès les premières planches, le lecteur est plongé dans les dessins tumultueux de François Sokal. L'ambiance est lourde et sombre à Roodhaven, et le dessinateur rend compte avec justesse de cette atmosphère empesée et de la noirceur qui a gagné les pauvres âmes qui y vivent. Les visages déformés par l'alcool et une vie de dur labeur s'opposent à la candeur de la jeune fille et du scientifique venu étudier la créature.

Les planches se suivent et ne se ressemblent pas, alternant les découpages et les plans pour mieux provoquer un sentiment d'immersion du lecteur. Difficile de ne pas se faire happer par cette intrigue qui oppose la science aux légendes, qui offre des personnages anguleux, des trognes de vieux loups de mer et une jeune fille digne héritière des sirènes des légendes. Un régal dont j'attends le second tome avec impatience ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

Planche 3Planche 4

Planche 1 Planche 2

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Stephie !

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [30] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,

17 février 2018

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage est un ensemble de deux carnets qu'Albert Camus a rédigés en 1946 et 1949, à l'occasion de deux voyages en Amérique du Nord et du Sud. 

Au printemps 1946, Albert Camus est convié aux Etats-Unis pour une série de conférences littéraires, notamment à Harvard. Celui qui écrira La Peste l'année suivante n'est encore qu'un journaliste et écrivain à la réputation qui monte, mais dont les idées politiques inquiètent grandement les services secrets américains. Le gigantisme des villes américaines couplée à l'éloignement de ses proches rendent ce voyage douloureux pour l'écrivain. 
Trois ans plus tard, durant l'été  1949, c'est en Amérique du Sud qu'il est invité, en vedette, cette fois. Malade durant une partie de son voyage, il découvre la pauvreté et la misère, mais aussi les traditions et coutumes des pays qu'il traverse. Etouffé par les mondanités de ce voyage, il le survole à distance, échappant dès qu'il peut à ses obligations officielles pour grignoter une once de solitude. 

Revenir aux écrivains vingtiémistes des belles heures de la littérature française, telle était une de mes envies de 2018. Après bien des années à les fuir, après mon cursus de Lettres Modernes, j'ai plaisir à me replonger dans ces pages et les lire d'un oeil neuf. 
Journaux de voyage traînait dans ma PAL depuis peu et m'intéressait par sa forme. Camus en écrivain voyageur qui prend des notes et les retransmet, tel quel. De fait, sa plume est brute, sèche et parfois plate et relate les faits tels qu'il les a vécus. 
Les deux voyages sont émaillés de rares réflexions et s'apparentent davantage à des comptes-rendus de faits sans analyse derrière. Le lecteur ne saura rien desdites conférences que l'auteur donne mais aura en revanche accès à ses états d'âme. Camus relate sa souffrance, ses envies de suicide, son ennui profond des mondanités.  
Texte brut, Journaux de voyage est avant tout une prise de notes personnelle qui servira à l'auteur par la suite pour ses oeuvres - notamment La Pierre qui pousse et La Mer au plus près, nous apprend la préface. J'ai pris plaisir à le découvrir et m'immerger dans le style quasi télégraphique de l'auteur grognon et incommodé par les mondanités mais je conserve un petit goût de frustration de n'en avoir pas su davantage sur ces mois de voyage.

"Fatigué. Ma grippe revient. Et c'est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu'on change d'avis." (p.25)

"Oui, il y a un tragique américain. C'est celui qui m'oppresse depuis que je suis ici mais je ne sais pas encore de quoi il est fait." (p.28)

"J'ai toujours tout apaisé sur la mer et cette solitude infinie me fait du bien pour un moment, bien que j'aie l'impression que cette mer roule aujourd'hui toutes les larmes du monde. (p.50)


READING CLASSICS CHALLENGE 2018

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [2] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,

15 février 2018

L'homme de Lewis, Peter May

L'homme de Lewis, Peter MayAprès L'île des chasseurs d'oiseaux, L'homme de Lewis est le deuxième tome de La Trilogie écossaise écrite par le romancier et scénariste écossais Peter May. Il est paru en 2011 aux éditions du Rouergue.

Ile de Lewis, archipel des Hébrides. Le corps d'un jeune homme est retrouvé dans la tourbe, miraculeusement conservé et momifié. Alors qu'on suspecte une découverte archéologique, les analyses médico-légales mettent à jour un tatouage représentant Elvis Presley. La victime aurait donc vécu au 20e siècle. Les analyses ADN la mettent en relation avec Tormod Macdonald, le père de Marsaili, le premier amour de Fin. Ce dernier, après avoir démissionné de la police et divorcé, est de retour sur l'île, bien décidé à rénover la maison de ses parents pour s'y installer. Pour éviter que Tormod - aujourd'hui atteint de démence sénile - soit accusé de meurtre, Fin décide de mener l'enquête avant que l'inspecteur dépêché d'Inverness n'arrive sur les lieux...

J'avais adoré me plonger dans l'ambiance sombre et pesante du premier tome de la saga, un polar rudement bien mené sur fond d'Ecosse contemporaine. Cette nouvelle intrigue se déroule toujours sur l'île de Lewis, entre passé et présent. La narration alterne les points de vue - entre souvenirs de Tormod et enquête officieuse de Fin - jusqu'à ce que les deux convergent, dans un dénouement glaçant.

L'Ecosse est toujours un personnage à part entière dans ce second tome, Peter May apportant un soin particulier à soigner ses ambiances. Les personnages gagnent en épaisseur psychologique et en histoire personnelle. Le passé, bien présent, semble planer au-dessus de l'île et empêcher ses habitants d'avancer sereinement.

Encore une plongée des plus réussies dans cette intrigue sombre à souhait. Le Braconnier du Lac perdu, dernier tome de la trilogie, m'attend sagement. Le temps de quelques lectures bien différentes (du post apocalyptique et des carnets de voyages m'attendent dans ma PAL, notamment) et je me plongerai avec plaisir dans le dénouement de cette saga écossaise.

Une chronique de soukee rangée dans Romans policiers - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,