Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

13 avril 2017

Bye Bye Bollywood, Hélène Couturier

Bye Bye Bollywood, Hélène CouturierBye Bye Bollywood est un roman d'Hélène Couturier qui paraît aujourd'hui aux Editions Syros.

Nina a quinze ans, un père qui vit en Irlande, une mère branchée yoga et une petite soeur de neuf ans agaçante dans son genre. Tout bascule le jour où sa mère décide de partir quinze jours dans un ashram en Inde avec ses deux filles. Quinze jours de vacances qui riment avec pénitence pour l'adolescente : pas de réseau, des menus végétariens, du yoga et de la méditation tous les jours, bref un enfer ! Mais l'Inde va réserver des surprises à Nina et faire vaciller ses certitudes. 

Vous connaissez sûrement mon goût pour l'Inde (avec Hilde nous avons organisé pendant plusieurs années des challenges autour de la littérature indienne), vous connaissez peut-être un peu moins mon goût pour le yoga et la méditation (bien que je l'ai esquissé à demi-mot dans ce billet). Mais vous l'aurez compris : ce roman jeunesse était fait pour moi !

Et j'ai dévoré ces pages en y prenant beaucoup de plaisir. Hélène Couturier réussit le tour de force d'une narration à la première personne par un personnage adolescent sans que celle-ci ne soit trop vulgaire ni édulcorée. Nina a quinze ans, Nina ne pense qu'à ses copines et sa vie sociale via Facebook et WhatsApp, Nina se fiche complètement des aspirations de sérénité de sa mère et Nina est la narratrice du roman. Du coup, l'humour est au rendez-vous de cette intrigue qui se moque gentiment de la verve yoga/bouddhisme/méditation qui envahit l'Occident et fait d'une retraite dans un ashram le dernier endroit branché. Pour la jeune fille, rien ne vaut la farniente dans un hôtel-club all inclusive à siroter des sodas toute la journée au bord d'une piscine.

Mais c'est en Inde que Nina se rend. Et le pays ne va pas la laisser indifférente. Et si la pauvreté l'assaille dès l'atterrissage, c'est surtout à la condition féminine que Nina va s'intéresser, en rencontrant notamment Sampat Pal Devi, la militante indienne qui lutte contre la corruption et défend les droits des femmes dans un pays où  les lois qui les protègent sont souvent négligées.

La culture indienne est abordée sans aucune lourdeur et permet une incursion en douceur dans cet Orient qui fait tant rêver l'Occident. Cuisine, culture, codes vestimentaires, coutumes, Hélène Couturier balaie un large spectre pour permettre à son jeune lectorat de s'imprégner du contexte de son intrigue.

Bye Bye Bollywood est un excellent roman jeunesse qui, sous couvert d'une couverture rigolote, d'une narratrice un brin en colère et auto-centrée (mais qui ne l'est pas à cet âge ?), aborde des thématiques très intéressantes. La relation mère-fille, les relations entre soeurs, les premiers émois et le conformisme adolescents sont ainsi traités avec finesse dans ces 200 pages. Un grand merci à LP Langage&Projets et aux éditions Syros pour la découverte de ce roman pétillant.

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12 avril 2017

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle

Chroniques de Jerusalem, Guy DelisleChroniques de Jérusalem est un album autobiographique du québécois Guy Delisle paru en 2011 chez Delcourt et qui a reçu le Fauve d'Or d'Angoulême en 2012. 

En 2008, Guy Delisle et sa famille s'installent pour un an à Jérusalem, dans les locaux de Médecins sans Frontières, organisation pour laquelle sa femme travaille. Durant cette année en Israël, l'auteur de BD va mener de front ses projets professionnels tout en s'occupant de ses deux enfants. 

J'avais découvert le travail de Guy Delisle avec ses Chroniques Birmanes il y a quelques temps, et ayant adoré ce premier titre, je me suis mise en quête de ses autres albums pour prolonger le plaisir.

Inutile de présenter cet auteur de roman graphique et son travail autour de ses tranches de vie à travers le monde. Chroniques de Jérusalem est encore une fois un album d'une richesse incroyable, un album qui se savoure autant qu'il interpelle. Guy Delisle y relate son expérience d'un an à Jérusalem et son quotidien, sans fioriture ni mise en scène. Il raconte en toute humilité ses déboires parfois risibles, parfois non, ses chocs culturels, ses lacunes sur le pays dans lequel il est, ses rencontres aussi. Il se fait porteur d'histoire, de son histoire, à Jérusalem en 2008. Témoin de l'intérieur de la guerre de Gaza, il rend compte de ce qu'il voit, de ce qu'on lui relate, de ce qu'il constate. 

Comme dans ses Chroniques Birmanes, Guy Delisle livre ici un journal de l'intime, une sorte de carnet de bord de cette année en Israël, entre belles découvertes et dure réalité. Le trait est incisif, minimaliste, les tons sépia assez contrastés. On sourit, on réfléchit, on comprend. Bref, encore un album à ne pas manquer.

Planche 1 Planche 2

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Noukette !

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07 avril 2017

La Prophétie de Glendower T.2 Les Voleurs de rêves, Maggie Stiefvater

Les voleurs de rêvesLe voleur de Rêves est le deuxième tome de la quadrilogie La Prophétie de Glendower imaginée par Maggie Stiefvater. Il est paru en français en 2013 chez Hachette dans la collection Black Moon.

La ligne de ley a été réactivée et depuis, tout a changé pour Blue et ses trois amis. Si Gansey est toujours aussi déterminé à retrouver Glendower, Adam souffre de plus en plus de sa différence sociale avec ses amis et ceux de son école huppée. Quant à Ronan, depuis qu'il a compris qu'il pouvait ramener des objets de ses rêves, il s'évade de plus en plus dans ses songes parfois cauchemardesques.

Souvenez-vous : à Halloween dernier, j'avais découvert le premier tome de cette série chaudement recommandée par une de mes copines. Et j'avais été réellement séduite par son intrigue, le soin apporté à la psychologie adolescente et l'imaginaire très bien construit. Et pourtant... Et pourtant je partais avec un a priori négatif vis-à-vis de la collection dans laquelle ce texte était paru, ne me sentant absolument pas le coeur de cible du lectorat visé. 

Bref, après ce premier tome vraiment réussi, je n'avais qu'une envie : découvrir celui-ci ! Et si parfois les suites s'avèrent décevantes dans certaines séries, il n'en est rien avec Le Voleur de Rêves. J'ai retrouvé avec un très grand plaisir la petite ville d'Henrietta et ses personnages un peu étranges. L'auteure poursuit sa narration alternée qui permet de passer d'un personnage à l'autre et à l'ensemble de s'imbriquer naturellement.

L'intrigue est toujours bien construite, les péripéties apparues dans le premier tome permettent de la complexifier encore davantage. Les relations entre les personnages gagnent en profondeur et l'ensemble se lit très rapidement, porté par une plume souvent imagée et poétique. C'est inventif, beau, un brin mélancolique et torturé - comme peut l'être l'adolescence - et incroyablement réussi. Une série à côté de laquelle je serais passée si je m'étais arrêtée à sa couverture et sa collection. "C'eût été dommage", comme dirait celui qui se reconnaîtra. Un deuxième tome excellent, et un plaisir de lecture que j'adorerais prolonger avec la suite, mais qui n'est pour l'instant pas encore traduite...

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06 avril 2017

Liebster Award Livresque

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas prêtée au jeu d'un tag et c'est Petite Noisette qui m'a fait l'honneur de me décerner un Liebster Award livresque il y a quelques jours et m'a priée de répondre à quelques questions. C'est parti donc pour vous révéler 11 choses sur moi, répondre à ses 11 questions et poser moi-même 11 questions aux 11 blogs que je choisirai. 

Liebster Award livresque

*** Les 11 choses sur moi et les livres ***

1. Je lis rarement un livre à la fois, alors que régulièrement j'essaie de m'y tenir. Mais c'est plus fort que moi !

2. Je suis en train de faire un tri drastique dans ma bibliothèque selon la méthode de Marie Kondo. Résultat : je me suis séparée de la moitié de mes romans et documentaires pour ne garder que ceux qui comptent vraiment.

3. Plus de quatre ans après ma visite des Studios de tournage, j'ai décidé de relire tous les Harry Potter, à raison d'un tome par mois de janvier à juin, afin de me remettre en mémoire tous les détails de cette série qui a profondément marqué mon parcours de lectrice.

4. Je ne corne pas mes livres mais quand une citation me plaît, je marque au crayon sur la page de garde le numéro de la page où elle se trouve pour la retrouver facilement et l'insérer dans mon billet quand je rédige ma chronique.

5. Je lis beaucoup sur mon Kindle depuis que je l'ai acheté il y a bientôt six ans. Il me suit partout : en weekend, en vacances en sac à dos, dans le train. C'est un ami très pratique quand je ne veux pas transporter un gros livre ! Et puis quel confort de lecture...

6. Bonne résolution de 2017 (haha) : chroniquer immédiatement chaque livre une fois que celui-ci est terminé. Plus de billets en retards ni de livres non chroniqués donc. Et pour l'instant, je m'y tiens...

7. Je pleure extrêmement souvent quand je lis : il suffit qu'un personnage ou un animal meure, qu'une scène soit un tant soit peu émouvante, et pouf ! C'est l'avalanche de larmes ! Certains diront que je suis trop sensible. J'aime à croire que c'est mon empathie légendaire qui se propage au-delà des pages.

8. J'adore conseiller un livre à quelqu'un. Mais vraiment. J'adore quand un lecteur ne sait pas du tout quoi lire et qu'en sondant ses goûts, ses envies du moment, ses derniers livres lus et aimés, j'arrive à trouver un livre que je sens fait pour lui. Et quand je tombe juste, j'adore le voir revenir, des étoiles dans les yeux, m'expliquer à quel point il a aimé cette histoire, s'est identifié à ses personnages ou encore a été ému par cette intrigue. Ce sont toujours des discussions passionnées et passionnantes.

9. Lire est mon moyen de détente pour m'endormir. Quelle que soit l'heure à laquelle je rentre et me couche, où que je sois, je sors un livre pour lire quelques pages et m'endormir en rêvant à son intrigue. Depuis que je sais lire, c'est mon anti-stress préféré, quelle que soit la situation et bien souvent, dans des moments difficiles, m'évader dans la fiction m'a été d'un grand secours. Le fameux pouvoir cathartique de la littérature.

10. J'adore les livres et je lis très régulièrement des essais les concernant. Soit sur les bibliothèques, soit sur le rapport à la lecture, soit sur les livres en général. Alberto Manguel reste mon auteur chouchou pour ce type de lecture et au dernier Salon du Livre de Paris je n'ai pas pu résister à acheter Dans la forêt du miroir, qui me tentait depuis longtemps.

11. Quand ma semaine a été trop à mille à l'heure pour moi, j'ai un remède infaillible : rester au lit le dimanche matin avec une tasse de thé et un roman. Je peux lire trois ou quatre heures d'affilée, m'immergeant complètement dans l'univers de mon livre, et quand j'ai terminé, une petite douche et je me sens reposée et gorgée d'énergie. Comme si j'étais allée la chercher dans ces pages.

*** Les 11 questions de Petite Noisette ***

1.Ton dernier coup de coeur livresque ? Frida de Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez, un album coloré et poétique qui rend magnifiquement hommage à la peintre mexicaine.

2.Pourquoi faire ce blog ? Parce que j'aime garder une trace de mes lectures, pouvoir naviguer dans mes bilans de lecture pour revoir comment les livres ont accompagné certaines périodes de ma vie. Ce blog, c'est ma mémoire, c'est mon passé. C'est ma vie à travers mes livres.

3.Quelle adaptation de livre en film as-tu préférée ? Pourquoi ? Tamara Drewe de Posy Simmonds, adapté à l'écran par Stephen Frears. Le réalisateur britannique a su rendre à la perfection l'ambiance champêtre de cette peinture sociale de l'Angleterre contemporaine par la reine du roman graphique. Un régal !

4.Quel est ton genre préféré ? Je n'en ai pas, mes goûts étant très éclectiques : roman historique, nouvelle, policier, jeunesse, album, BD, etc. 

 5.Quel est le genre que tu aimes le moins ? Je suis très peu polar esotérique, bit-lit et chick-lit (quoique ces derniers temps, avec le Challenge Feel good, je sors de ma zone de confort et lis quelques romances qui s'approchent dangereusement de ce dernier genre). 

6.Ton métier est-il en rapport avec les livres, et si oui, que fais-tu au quotidien en rapport avec la lecture ? Oui, et c'est une grande chance car il ne se passe pas un jour sans que je ne parle de livres au boulot. Je suis documentaliste en lycée et du coup je conseille beaucoup mes élèves et discute de livres avec eux. Le gros point positif de ce boulot c'est que je suis obligée de faire une veille littéraire pour penser mes acquisitions. Du coup, je mêle l'utile à l'agréable. 

7.Quel est ton premier souvenir de lecture ? J'ai le souvenir d'un album de Tic et Tac que j'expliquais à ma mère alors que je ne savais pas encore lire !

8.Es-tu plutôt bibliothèque ou librairie ? Bibliothèque, sans hésiter ! Comme j'ai beaucoup déménagé ces dernières années, je me sépare progressivement de mes livres pour ne garder que mes essentiels. Du coup, j'emprunte beaucoup, ça m'évite de devoir trier trop souvent ma bibliothèque !

9.Participes-tu à des challenges lecture ? Pourquoi et lesquels ? Ces dernières années, beaucoup moins. La frénésie des premières années de blog m'a laissé un goût de contrainte parfois lourd. Du coup, je picore dans certains challenges comme Halloween, Noël ou encore les échappées dans un pays quand celui-ci me séduit.

10.Comment choisis-tu ta prochaine lecture ? Je pioche dans ma bibliothèque, au gré de mes envies, de mon ressenti une fois un livre terminé, de mon désir d'évasion temporelle ou géographique, souvent, des conseils que l'on m'a donnés, parfois. Et comme j'anime un club lecture hebdomadaire au lycée, je veille toujours à lire très régulièrement des livres de mon fonds que je peux présenter à mes élèves lors de notre rendez-vous sur les canapés du CDI !

11.Quel personnage de livre te ressemble ? J'aurais aimé pouvoir répondre comme Flaubert : "Madame Bovary, c'est moi", mais non seulement je ne ressemble pas du tout à Emma, mais en plus je ne peux la remplacer par aucun autre personnage qui me vient immédiatement en tête. Non vraiment, je ne me suis jamais dit : "C'est tout à fait moi !".

*** Les 11 blogs que je choisis ***

Hilde, Nelfe, Estellecalim, Tiphanie, Violette, Tante Fi, Myrtille lit, Moka, Pauline, L'Or, L'Irrégulière

*** Mes 11 questions ***

1. Comme le personnage de Thursday Next de Jasper Fforde, tu peux voyager à l'intérieur des livres. Ta première destination ?

2. Si tu pouvais changer la fin d'un livre...

3. Le personnage que tu rêverais de rencontrer en vrai...

4. Tu aurais adoré habiter dans ce lieu/cet univers...

5. S'il ne devait rester qu'un livre dans ta bibliothèque, ce serait...

6. L'adaptation ciné d'un livre qui t'a enchantée...

7. Et celle qui a failli te faire quitter la salle de ciné (ou ton canapé, au choix !)

8. La citation qui t'a le plus marquée dans une de tes lectures...

9. Ecrire dans ses livres, c'est pêché ou c'est permis ?

10. Le livre que tu aurais adoré avoir écrit...

11. Et l'auteur, vivant ou mort, avec qui tu adorerais passer une après-midi...

Bon tag, j'ai hâte de lire vos réponses !

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05 avril 2017

La loterie, Miles Hyman

La Loterie Miles HymanLa Loterie est un album de Miles Hyman d'après une nouvelle originale de sa grand-mère, la romancière américaine Shirley Jackson, paru en septembre 2016 chez Casterman.

Dans un village agricole de Nouvelle-Angleterre a lieu chaque année le 27 juin la loterie annuelle. Une loterie singulière à laquelle chaque famille doit participer.

Quel album ! Et quelle chute, surtout ! Je n'en dirais pas plus pour garder le mystère entier mais je m'atterderais plutôt sur les dessins de Miles Hyman qui provoquent un choc esthétique dès la première page.

Les planches aux découpages cinématographiques ne sont pas sans rappeler les peintures d'Edward Hooper et donnent le ton d'un réalisme saisissant. Les jeux d'ombre et de lumière sont fascinants, tout comme les découpages dynamiques de cases et l'utilisation de couleurs franches. Chaque double page semble être constituée de mini tableaux interdépendants les uns des autres qui forment un tout mais qui pourraient tout aussi bien être exposés individuellement dans un musée, tant chaque détail est soigné et rappelle les techniques picturales de certains artistes peintres.

Le rythme de l'intrigue est porté par  ces cases irrégulières qui alternent segmentation horizontale et verticale et que peu de dialogues accompagnent - la narration étant souvent prise en charge dans les cartouches par un narrateur omniscient. Le lecteur progresse rapidement dans sa lecture, porté par le peu d'informations dont il dispose, sans se douter de ce qui l'attend.

Un très bel album, une intrigue fascinante - difficile d'y apposer un adjectif sans rien en dévoiler - une postface éclairante de Miles Hyman sur la vie de sa grand-mère et sur cette nouvelle, La Loterie, qui a fait grand bruit lors de sa parution en 1948 dans le New Yorker Magazine et qui continue d'être au programme scolaire aux Etats-Unis, près de soixante-dix ans plus tard. Une très belle découverte esthétique et narrative qui amène à s'interroger. 

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

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02 avril 2017

Frida, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez

Frida, Benjamin Lacombe

Frida est un album signé Benjamin Lacombe pour les dessins et Sébastien Pérez pour le texte, paru en novembre 2016 chez Albin Michel.

Frida Khalo. Ce nom évoque tout un univers de couleurs et une vie teintée de tragédies et d'amours complexes. A travers neuf thèmes  - l'accident, la médecine, la terre, la faune, l'amour, la mort, la maternité, la colonne brisée et la postérité - les deux auteurs ont choisi de rendre hommage à la femme peintre la plus célèbre de l'histoire.

Ouvrir Frida, c'est comme se glisser dans une toile de l'artiste mexicaine, c'est s'immerger dans son univers haut en couleurs magnifiquement rendu par les dessins de Benjamin Lacombe, c'est découvrir un bel hommage à une vie tant de fois racontée. Ouvrir Frida, c'est s'assurer une claque esthétique et visuelle.

L'objet en lui-même est un véritable bijou. La couverture en tissu rend à la perfection le flamboyant des tableaux de Frida, tandis que les découpes intérieures font naviguer le lecteur à l'intérieur de son oeuvre. Mise en abyme et plongée dans l'intériorité de l'artiste, le travail de découpage des doubles pages permet de s'approcher de la complexité de l'oeuvre de Frida.

Les textes de Sébastien Pérez portent en eux toute la poésie des propres textes de Frida et c'est un réel bonheur de les découvrir à chaque page en même temps que le travail esthétique de Benjamin Lacombe. Ce dernier soigne ses planches avec minutie, récupérant les éléments de certaines tableaux de l'artiste mexicaine pour mieux lui rendre hommage et la raconter, et joue avec la profondeur de plans que lui permet le travail de découpage des pages.

Un album lu sitôt acheté, savouré à chaque page. Un album lu mais que je relirai avec grand plaisir, que je feuilletterai souvent. Un album hommage à une femme que j'admire et dont la subtilité de l'art me fascine. Une grande découverte, c'est certain.

"L'écorce se fend et la sève ruisselle jusqu'à la terre. La vie n'est qu'un recommencement."

"J'ai suivi les mouvements de tes mains. J'ai voulu peindre mon image. Je me suis perdue."

"Dans un cri triomphant, les formes et les aplats que je peins me libèrent. Sincères, sans mensonge. Le voile se lève."

Plutôt que des images des planches, je vous laisse avec la bande-annonce officielle de l'album, réalisée par Albin Michel.

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01 avril 2017

Bilan de lecture mars 2017

Bilan de lecture doré

Les livres chroniqués

(cliquez sur les couvertures pour lire mes chroniques)

 

 

Bilan du mois

Un mois de mars durant lequel la lecture n'a pas été au coeur de mes priorités. Un mois de mars en demi-teinte où j'ai navigué de pages en pages l'esprit ailleurs. J'ai commencé Piège pour Cendrillon de Sébastien Japrisot, que j'ai abandonné après quelques pages, idem pour Kinderzimmer de Valentine Goby. Je suis un peu ici, pas très présente dans mes lectures, la tête ailleurs. Qu'importe ! Les vacances sont là, et j'ai bon espoir que les livres que j'ai empruntés dans mon fonds parviennent à retenir mon attention...

Bon mois d'avril à tous !

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29 mars 2017

Un zoo en hiver, Jirô Taniguchi

Un zoo en hiver, Taniguchi Un zoo en hiver est un album signé Jirô Taniguchi paru en 2008 au Japon et en 2009 en France chez Casterman, dans la collection Ecritures. 

Kyoto, 1966. Hamaguchi, seize ans, s'ennuie à travailler dans une entreprise de textiles. Le jeune homme passe son temps libre à dessiner les animaux du zoo voisin. Un de ses amis l'encourage un jour à venir travailler à Tokyo pour Kondô, un mangaka renommé. Hamaguchi devient alors l'un de ses assistants. Dans cet espace créatif, entouré de dessinateurs travaillant dans la pression des délais, Hamaguchi laisse parler son art et découvre le monde.

Affectée par le décès en février dernier de Taniguchi, j'ai décidé de lire tous les albums que je possède dans mon fonds avant de quitter la région parisienne en juillet prochain. Et Un zoo en hiver m'attendait patiemment depuis six ans...

Très largement autobiographique, l'album aborde avec toute la poésie propre à ce grand nom de la BD japonaise l'éveil amoureux et la naissance de la passion professionnelle pour le dessin de mangas.  Sans sentimentalisme, avec beaucoup de pudeur, Taniguchi revient sur ses débuts en qualité d'assistant de mangaka et son entrée dans la vie d'adulte, à Tokyo, au milieu des années 60. La tradition est bien présente et le jeune Hamaguchi est assujetti à un cadre de travail rigoureux et difficile, mais il s'y plie de bonne grâce.

Refusant de rester assistant toute sa vie, le jeune homme peine malheureusement à écrire son propre manga. Mais la rencontre avec une jeune femme sensible et bienveillante va permettre à l'adolescent de dépasser ses peurs et trouver l'inspiration qui lui faisait défaut. 

Très poétique, lent - comme toujours avec Taniguchi - l'album déroule sa temporalité en regard des mois que Hamaguchi passe dans l'atelier de Kondô. Porté par des traits hautement reconnaissables et un découpage des planches qui alterne plans larges et rapprochés, l'histoire suit tranquillement son cours. Je referme ces pages avec le même sentiment qui m'anime quand je lis un album de Taniguchi, un mélange de mélancolie et d'émerveillement. Et j'en redemande.

Planche 1 Planche 2

BD de la semaine saumon 

Cette semaine chez Mo'

Mes autres billets sur les albums de Taniguchi :

  

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27 mars 2017

Eleanor & Park, Rainbow Rowell

Eleanor & Park Rainbow RowellEleanor & Park est un roman de l'américaine Rainbow Rowell paru en 2014 aux éditions Pocket Jeunesse.

Août 1986. Eleanor est nouvelle au lycée. Rousse et un peu ronde, habillée avec des vêtements de deuxième main, elle se fait rapidement repérer et railler par les autres élèves. Heureusement, elle fait la connaissance de Park dans le bus, un solitaire fan de comics et de musique. Les deux adolescents se rapprochent timidement, tandis que le contexte familial d'Eleanor se dégrade de plus en plus.

C'est Amélie qui avait présenté ce roman au club lecture du lycée l'an dernier et m'avait donné envie de le découvrir. Et je dois dire qu'elle a été encore une fois de très bon conseil ! 

Eleanor & Park est un petit bijou de roman jeunesse teinté d'une ambiance singulière et mélancolique. Sur fond de références musicales et littéraires des 80's très marquées et d'un contexte social populaire, le roman aborde la dure condition adolescente sous un angle fin. Conformisme social et physique, peur de l'autre, rejet, harcèlement, premiers émois, découverte du corps, sont autant de thématiques propres à cet âge - mais pas que - que Rainbow Rowell traite grâce à ses deux personnages d'une vraisemblance rare. Car le point fort de ce roman réside dans cette psychologie des personnages très finement esquissée et une narration alternée qui permet à chacun des héros éponymes de laisser libre court à ses pensées. Point de vue masculin et féminin sur des sujets communs, sur des situations qui parfois dérapent, sur une violence environnante et un âge critique - seize ans, l'âge de tous les possibles ? - Eleanor & Park est un roman qui se déguste à tout âge, c'est certain. Merci Amélie pour ce chouette conseil (et je continue avec tes conseils en poursuivant La Prophétie de Glendower dont le premier tome m'avait conquise !)

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26 mars 2017

Livre Paris 2017 : mes achats au Salon du livre

Créer son propre livre au Salon du Livre de ParisL'occasion était trop belle : un magnifique soleil, des fourmis dans les jambes, l'envie de flâner à Paris, ma dernière année ici, aussi... Du coup hier, je n'ai pas résisté à faire un saut au Salon du Livre de Paris.

Me baladant au gré de mes envies entre les stands - croisant Marie Desplechin, Daniel Pennac, Leïla Slimani, Agnès Martin-Lugand, entre autres - écoutant d'une oreille les interviews, arrachant quelques pages bien choisies de l'installation prévue à cet effet, me remplissant des effluves des pâtisseries marocaines - le Maroc étant l'invité d'honneur de cette 36e édition -, visitant avec émotion l'exposition hommage consacrée à Jiro Taniguchi disparu le 11 février cette année ou encore la rétrospective des 90 ans des éditions du Masque, j'ai profité de cette incursion dans le monde des livres malgré la foule dense attirée comme moi par cette passion commune.

Et je ne suis pas revenue les mains vides, même si j'ai été assez raisonnable (dit celle qui vient de trier tout son appart, y compris ses livres, selon la méthode de Marie Kondo !). 

Salon du Livre de Paris 2017

J'ai craqué en premier lieu chez Actes Sud avec l'essai Les livres prennent soin de nous de Régine Détambel, suivi de près par Dans la forêt du Miroir, un autre essai de mon chouchou Alberto Manguel. Je pensais m'arrêter là, étonnée même d'avoir succombé à l'achat alors que le weekend dernier je me délestais de la moitié des livres de ma bibliothèque, quand mon regard a été attiré par La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt. Pressentant un livre qui pourrait me faire du bien - l'histoire relate la relation entre une grand-mère qui doit aller en maison de retraite et sa petite-fille - j'ai lâché prise et décidé de le glisser dans mon sac d'achat. Le silence de Jan Costin Wagner m'a été offert pour l'achat de deux Babel et je verrai s'il me séduit ou si je le donne à mes lycéens. Quant à Frida, de Benjamin Lacombre, c'était une évidence. D'une part parce que j'adore l'artiste mexicaine, d'autre part parce que j'aime le travail de Lacombe depuis ses débuts. Et pour avoir déjà dévoré cet album dans mon jardin, je ne peux que me féliciter d'avoir succombé à l'appel... 

Pas de reportage photos d'une journée marathon, ça serait vous mentir. J'ai flâné deux petites heures au salon avant de rejoindre des amis et profiter de Paris au soleil. Je n'avais pas envie d'attendre des heures pour une dédicace. Je n'avais pas envie de me retrouver devant un auteur et bredouiller trois banalités, comme d'habitude. Je n'avais pas envie de m'épuiser à slalomer dans la foule et jouer ma vie pour un livre. Je crois que je n'aime rien tant que le charme intimiste des salons littéraires de moins grande envergure où il est permis d'échanger avec un auteur et de discuter réellement de son oeuvre... Bon dimanche à tous !

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