Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




04 février 2015

Le château des étoiles T.1 1869 : La conquête de l'espace, Alex Alice

Le château des étoiles TLe château des étoiles est la dernière série du dessinateur et scénariste français Alex Alice dont le premier tome, 1869 : La conquête de l'espace, est paru tout d'abord en feuilleton sous la forme de journaux grand format, avant de sortir en album en septembre 2014 aux éditions Rue de Sèvres.

1869. La mère de Séraphin, scientifique passionnée, a disparu un an plus tôt en ballon, alors qu'elle faisait des recherches autour de l'éther et de ses possibilités de conquête de l'espace. 
Un jour, un étrange courrier destiné à Archibald, le père de Séraphin, le somme de se rendre en Bavière. Attaqués sur le trajet par des Prussiens, Séraphin et son père répondent présents à l'appel du roi Ludwig, souverain de Bavière et expéditeur du mystérieux courrier, et se replongent dans le projet de l'éther.

Le château des étoiles était mon unique achat à Montreuil cette année (quel sérieux, vous remarquerez...) Et si j'avais opté pour cet album, c'est que les nombreuses chroniques paraissant sur la blogosphère m'avaient largement convaincue que je tomberai sous son charme. Et l'hypothèse s'est vérifiée ! J'ai adoré ce premier tome, me plongeant avec un plaisir immense dans ce 19e siècle un tantinet différent du nôtre, onirique et merveilleux, aux allures de steampunk.
L'idée de conquête de l'espace grâce aux possibilités de l'éther est intéressante et Alex Alice prend le temps de l'expliquer, de la décortiquer pour la rendre accessible. On pense à Jules Verne, bien entendu, pour ces références aux questionnements scientifiques d'une époque, et c'est fort agréable.
Les dessins à l'aquarelle directement sur le crayonné, grande nouveauté pour Alex Alice, offrent à l'ensemble un rendu très intéressant. Les dessins des différents éthernefs rendent hommage à l'imagination d'Alex Alice et les recherches effectuées sur son sujet et offrent une sorte de légitimité à ce projet scientifique fou.
On pense à Miyazaki, pour le titre et les tonalités de couleurs, bien entendu. On rêve, aux côtés de Séraphin et ses amis. Et on a qu'une hâte : découvrir la suite de leurs aventures !
Coup de coeurMalgré des références scientifiques, l'ensemble demeure grand public et s'adresse à tous. Les différents lectorats y trouveront chacun ce qu'ils souhaitent. Les enfants, un album d'aventure drôle et porté par un personnage enfant ; les adultes une interrogation plus vaste. De mon côté, c'est un appel à découvrir Siegfried d'ici peu, série chaudement recommandée par mon ami Antoine.

En tout cas, voilà un nouveau coup de coeur pour moi. Et oui, quand je vous dis que mon année 2015 de lecture commence bien... C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck

D'autres lecteurs de cet album ou du feuilleton grand format : Stephie, Mo, JViel, George et Yaneck.

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Voici ma 59e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20)

 Top BD

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03 février 2015

Moi après mois... Janvier 2015

 Un rendez-vous initié par Moka.
Un peu de moi à Bouquinbourg. Beaucoup des autres, surtout.

Un rendez-vous initié par Moka
Un peu de moi à Bouquinbourg. Beaucoup des autres, aussi. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2015/01/08/31267741.html#sthash.siUA1RAs.dpuf

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Solid bronze, c'est sa couleur. Et elle est très souple à conduire / Un latte speculoos dans un chouette endroit et une discussion à deux sur l'art qui fait du bien. Tellement de bien / Comme une envie de faire un chantier de restauration d'un château du coup. Ferronnerie d'art ou terre et cuisson, mon coeur balance encore / Fourmiller d'envies et de projets et regorger d'énergie quand autour de moi tout le monde s'essouffle / Ouvrir les portes de Bouquinbourg à quelqu'un qui parle des livres si bien / Revoir Flo, découvrir son gros bidon et profiter de ces retrouvailles pour la présenter à celles qui comptent / Me dire que le temps a passé, depuis Toulouse et la place Olivier, mais que l'essentiel reste / Une banderole et une bougie qui chante qui font deux émules. Ouais, j'avoue, je mets bien l'ambiance quand même... (je suis dispo aussi pour les mariages et les Bar mitzvah !) / Première raclette en 2 ans. Merciiiiiiiiiiii ! / Des retrouvailles autour d'une plancha dans un resto coréen top. Rire, beaucoup, et se raconter nos moments importants / Parler de Tchernobyl aux élèves, grâce à deux livres si bouleversants / Et un latte cookies, un beau dimanche matin, et une discussion à trois évoquant, notamment, Badinter / L'horreur, ce 7 janvier / Pleurer. En rester sans voix et me sentir cruellement inutile dans ce monde en mouvement / Rebondir et décider d'agir, à mon niveau : l'éducation / Un weekend avec mon alsacienne qui tombe à l'eau. Le remettre à  plus tard / Celui qui refait sa déco et demande conseil / Le convertir à Cousin Paul / D'inlassables discussions autour des matières, couleurs et styles / Regarder Derek et Meredith après tout le monde et adorer. Vraiment... / Recevoir plein de gens à la maison, en ce mois de janvier, et cuisiner, pour resserrer des liens, continuer à vivre / Tarte pommes de terre, lardons, chèvre et marbré au Nutell*, c'est pas de la grande cuisine ça ? (Question diététique, on repassera, je suis d'accord... Mais il y avait quand même de la salade verte, c'est pas mal, non ?) / Porter un projet pro qui me tient à coeur et le driver comme je l'entends / Une impro un soir de semaine avec celle qui me manque tous les jours. La regarder manger des sushis sans moi, parce que j'avais mangé à 18h24. La loose... Mais c'était super quand même : j'ai eu droit à des boules coco en dessert ! / Encadrer ma stagiaire de Master 1 pendant 3 semaines. Apprécier ses points de vue et porter un autre regard sur mon métier. Ça fait du bien aussi / Faire découvrir La cité des livres qui rêvent à Poulette-Nene, et aimer qu'elle souhaite lire ce livre qui me tient tant à coeur / Des retrouvailles à Pigalle autour de cafés viennois et de burgers. Apprécier toujours autant les moments passés en leur compagnie. Next time à la maison ! / Rire à gorge déployée avec La femme parfaite est une connasse 2. Oui, et j'assume d'abord. Merci Manu pour le prêt ! / Prévoir 30, 60, 90 le 14 juillet et apprécier l'enthousiasme soulevé par cette idée / Recevoir mon nouveau téléphone noir. Ouais, c'est plus classe que le fushia, y'a pas à dire ! / Lui commander un étui made in England pour le protéger et lui éviter le sort du précédent / Comme une envie de créer. Beaucoup. / Un chouette weekend sous la neige, où la déco, les sushis, le foot et Tchernobyl se côtoient / Harmonie et sérénité, malgré tout. 2015, merci /

Les mois de Sandrine, Un livre un thé, Eleonore, Mademoiselle A, Martine, Capp, Elora, Sarah, Anne-Véronique, L’Irrégulière, Saxaoul, Tiphanie et Moka.

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29 janvier 2015

Moi, Marilyn, Jean-Jacques Greif

Moi, MarilynMoi, Marilyn est un roman de Jean-Claude Greif paru en 1998 à L'Ecole des Loisirs. 

Moi, Marilyn se présente comme un texte à la première personne, sorte de journal de la blonde la plus célèbre d'Hollywood. De son enfance malheureuse à sa gloire au cinéma, en passant pas ses histoires d'amour, Marilyn semble raconter sa vie à son lecteur.

Je ne serai pas tendre avec cette lecture : ce fut une grosse déception. J'étais très curieuse de tomber sur un texte consacré à Marilyn en littérature de jeunesse, et d'autant plus intriguée par la façon dont un romancier pouvait intéresser la jeune génération à cette actrice, sans sombrer dans la biographie pure et dure.marilyn-monroe-les-hommes-preferent-les-blondes
La narration à la première personne est lourde et vraiment trop elliptique pour être compréhensible par un jeune lectorat. Des pans entiers de la vie de la belle sont éludés au profit d'instants parfois anecdotiques, et l'ensemble souffre de ces choix narratifs.
Le présent de narration accentue cette lourdeur et empêche au texte d'acquérir une quelconque dimension. C'est plat, sans aucune émotion et la vie de Marilyn se déroule comme une succession de faits.
Je me demande vraiment à qui s'adresse ce texte : incompréhensible pour des enfants, il est trop léger et enfantin pour un lectorat adulte. Et pour qui connaît un tant soit peu la vie de Marilyn, il en est même inintéressant. J'attendais peut-être trop de ce livre. J'ai été déçue et je n'ai pas perçu la visée de l'auteur.

Une lecture que j'inscris dans le cadre du Challenge Marilyn de George.

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28 janvier 2015

Moby Dick, Jouvray et Alary

Moby Dick, Jouvray et AlaryOlivier Jouvray et Pierre Alary se sont intéressés au monument de la littérature qu'est le roman de l'américain Herman Melville Moby Dick, publié en 1851. Leur adaptation en BD est parue en avril 2014 chez Soleil, dans la collection Noctambule.

Le capitaine Achab a juré la perte de la baleine blanche qui lui a volé sa jambe. Moby Dick, c'est son nom, hante les océans et sème le chaos chez les baleiniers qui l'approchent de trop près.  
Ishmaël, jeune marin de la marine marchande, embarque sur le Pequod, le navire d'Achab, en compagnie de Queequeg, un harponneur rencontré dans une taverne. 
L'équipage s'engage dès lors dans un combat à mort au nom de la folie d'Achab.

Abreuvée comme tout le monde par ce monument littéraire et ses réécritures, j'étais assez curieuse d'en découvrir une adaptation BD
Si j'ai aimé l'intrigue librement adaptée de l'oeuvre de Melville par Jouvray, je dois avouer que j'ai été assez mal à l'aise face à cet album. La violence est là, qui suinte à chaque page, à l'image de la folie d'Achab et les dessins de Pierre Alary en rendent parfaitement compte.
Les couleurs utilisées - dans les tons ocres et verts - se transforment progressivement en teintes orangées sanguinolentes à mesure que le combat contre la fameuse baleine blanche gagne en intensité. Au fil des pages, le dessin se transforme pour embrasser la folie d'Achab et le lecteur d'assister impuissant à cette mécanique mortelle que rien n'arrêtera. 
L'adaptation de Jouvray et Alary est très réussie mais j'ai eu beaucoup de mal à l'apprécier tant j'ai été angoissée par l'intrigue et sa représentation picturale. Le signe que l'album est réussi, en somme. C'etait ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Jacques (qui avait chroniqué cet album dans ce billet).

Je tiens à remercier Bénédicte et les éditions pour cet album.

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Voici ma 58e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (16/20)

 Top BD

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26 janvier 2015

Opium, Maxence Fermine

Opium, Maxence FermineOpium est le quatrième roman de l'écrivain Maxence Fermine paru en 2002 chez Albin Michel.

Londres, 1838. Charles Stowe, négociant en thé, décide d'embarquer pour la Chine, afin de suivre la route du thé et découvrir les merveilles que les occidentaux ne connaissent pas encore.
En chemin, sa route croise celle de Loan, une belle chinoise qui le fascine. Mais elle croise aussi celle de l'opium et de ses dangers.

J'ai découvert Maxence Fermine avec son premier roman, Neige, une de mes grosses claques littéraires de ces dix dernières années. Je n'avais pas réouvert un de ses livres depuis et j'avais adoré découvrir Opium dans mon colis du Swap de Printemps concocté par Mrs Pepys.
Malheureusement, la magie n'a pas opéré comme pour ma première incursion dans l'oeuvre de Fermine. Opium suit le même type de construction narrative, se déroule au même siècle, et si l'écriture est tout aussi poétique et musicale,  la comparaison avec Neige est évidente.
Impossible de ne pas y penser lorsqu'on découvre ces lignes. Et malgré un dénouement inattendu et une révélation intéressante, l'intrigue n'est pas aussi accrocheuse que celle du premier roman de l'auteur.
L'ensemble reste néanmoins très agréable à lire. Maxence Fermine excelle dans le maniement des mots et dans le rythme de ses phrases, toujours aussi poétiques. Son incursion sur la route du thé et son histoire est des plus intéressantes, il faut bien l'avouer. Mais j'attendais plus.
C'est peut-être idiot. C'est toujours le problème d'un premier roman excellent et qui a fait parler de lui - Neige est traduit en dix-sept langues - qui force la comparaison.
Alors j'avoue : je ne suis pas impartiale avec Opium. Si vous n'avez lu aucun des deux, je vous conseille donc de commencer par celui-ci, pour le découvrir avec un oeil neuf, et de dévorer ensuite Neige.

Voici ma première troisième participation au Reading Challenge 2015 :

11 Un livre dont le titre n'est composé que d'un seul mot

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Mrs Pepys

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24 janvier 2015

Amis, amants, chocolat, Alexander McCall Smith

Amis, amants, chocolatAmis, amants, chocolat est le deuxième tome des aventures d'Isabel Dalhousie, la pétillante rédactrice en chef d'une revue philosophique et enquêtrice à ses heures perdues, écrit par l'écossais Alexander McCall Smith et publié en 2006 aux Éditions des 2 Terres.

Edimbourg. Ian, un ancien psychologue ayant subi une greffe du coeur, est hanté par des visions. Celles d'un jeune homme dont il ne connaît pas le visage mais qu'il suspecte être son donneur. Tourmenté, Ian demande à Isabel de lui venir en aide. Cette dernière, intriguée, se demande si la mémoire cellulaire est une réalité ou si Ian souffre d'autres troubles.
En parallèle, notre brillante quadragénaire est tiraillée. Jamie, un de ses proches amis musicien, se voit proposer un poste loin d'Edimourg. Et la perspective de ne plus avoir Jamie à ses côtés interpelle Isabel. Ne serait-ce pas un sentiment amoureux qui se cache sous cette apparente angoisse ?

Un vrai régal que ce deuxième tome, à l'image de sa couverture ! Un brin doudou, c'est sûr... On y retrouve Isabel, à Edimbourg, ville chère à mon coeur, et cette nouvelle intrigue est l'occasion pour la cartésienne de s'interroger sur cette notion de mémoire cellulaire. Le lecteur suit son cheminement, jamais indigeste, jamais élitiste, et accompagne sa pensée au fil de ses errements.
Les affres des relations amoureuses de Cat, la nièce d'Isabel, et de celle-ci, offrent une parenthèse plus légère à l'ensemble.
L'Ecosse est mise à l'honneur au fil des déambulations de notre philosophe préférée, et c'est un bonheur de la suivre au fil de ses réflexions et de voyager à ses côtés dans cette ambiance si authentique sous la plume d'Alexander McCall Smith.
Encore un bon moment de lecture grâce à cet auteur. Après Les chroniques d'Edimbourg, cette série est une petite douceur à savourer, c'est indéniable. Une ode à l'Ecosse et à ses richesses.

Les avis de FondantOchocolat et CottageMyrtille sur ce roman.

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22 janvier 2015

Causes mortelles, Ian Rankin

Causes mortelles, Ian RankinCauses mortelles est un roman de l'auteur écossais Ian Rankin paru en 1994  avant d'être traduit en français en 2002 et de paraître chez Folio dans la collection Policier.

Le festival d'Edimbourg est l'occasion de mettre à l'honneur l'art sous toutes ses formes dans la capitale écossaise. Mais cette année, dans la ville souterraine aux rues tortueuses, un cadavre est découvert. Affreusement mutilé, le jeune homme semble avoir été torturé selon des méthodes employées par l'IRA.
L'inspecteur John Rebus mène l'enquête. Et il va très vite se rendre compte que des enjeux politiques de grande envergure se cachent derrière cette sombre histoire.

Lu pendant mon road trip en Ecosse en avril dernier, Causes mortelles est un roman policier à la construction tout à fait classique mais qui fonctionne bien.
L'intrigue entraîne le lecteur dans les bas-fonds d'Edimbourg et dans les tourmentes politiques et religieuses qui perturbent son histoire.

Le personnage de Rebus est assez semblable aux canons du genre - râleur et misanthrope, obsédé par son travail et trop porté sur la bouteille -, mais il possède un humour grinçant bien à lui, appréciable au fil des pages et qui apporte une once de légèreté au milieu des détails sordides de son enquête. 
Là où Ian Rankin excelle, c'est dans son hommage à Edimbourg, qu'il érige au rang de personnage, disséminant ça et là des anecdotes la concernant, des précisions historiques. Rien d'indigeste, bien au contraire, mais une vraie plongée dans la ville, hors des sentiers battus. Un régal quand on lit ces lignes et qu'on y est... Le tout offre une ambiance particulière au roman, qui souffre, il faut bien le dire, d'une facture bien trop classique pour être un policier dont on se souvient longtemps.
Une première découverte de l'oeuvre de Ian Rankin qui m'a plu parce que je me trouvais sur les lieux de l'intrigue mais qui ne m'a pas séduite autant que je m'y attendais. Peut-être suis-je moins sensible au genre policier ? Ou plus exigeante ?

Voici ma deuxième participation au Reading Challenge 2015 :

10 - Un thriller
41 - Un livre d'un auteur que vous n'avez jamais lu

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21 janvier 2015

Les vieux fourneaux T.1 et 2, Lupano et Cauuet

Les vieux fourneaux est une série de BD dont les deux premiers tomes sont parus respectivement en avril et en octobre 2014 chez Dargaud. Wilfrid Lupano en signe le scénario et Paul Cauuet les dessins.

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Tome 1 Ceux qui restent

Pierrot, Mimile et Antoine. Trois amis d'enfance, septuagénaires, anars, unis par les mêmes idées et un passé commun. Mais aujourd'hui, on enterre Lucette, l'épouse d'Antoine. Alors malgré leur verve et leur humour, les trois amis n'ont pas le coeur à la fête.
Mais avec une lettre posthume dans laquelle elle avoue un adultère commis quelques décennies plus tôt, Lucette jette un pavé dans la mare. Sus à ses soixante-dix printemps ! Antoine part en trombe, armé d'un fusil, direction la Toscane, où coule des jours paisibles l'objet de cet adultère, son ancien patron. Pierrot et Mimile n'ont d'autre choix que de suivre leur ami pour éviter le pire. C'est parti pour un road-movie haut en couleurs !

Tome 2 Bonny and Pierrot

Revoilà nos trois amis, toujours unis par leur envie de ne pas laisser le monde actuel tourner aussi mal et enrayer le système à coup d'attentats gériatriques au nom des générations futures. Mais lorsqu'un étrange paquet arrive par la poste pour Pierrot signé Bonny, sa comparse d'avant, son amour de jeunesse, celui-ci s'effondre. Il la pensait morte depuis quarante ans. Il ne faut pas longtemps au fringant septuagénaire pour se lancer sur les traces de sa belle !

***

Coup de coeurAttention, coup de coeur... (oui je sais, deux en quelques jours, mais que voulez-vous, 2015 commence bien en terme de lecture, alors j'en profite et n'hésite pas à apposer mon logo aux livres qui le méritent !)
Ouvrir Les vieux fourneaux, c'est se garantir une parenthèse de rire assuré, un bon moment de franche rigolade et ce, grâce à des dialogues truculents, intelligents et des personnages savoureux à la répartie brillante, tout en réflechissant en parallèle au monde d'aujourd'hui. C'est bien simple : cette série devrait être remboursée par la Sécu ! Voilà, c'est dit. Et je pense que je ne suis pas loin de la vérité tant ces deux albums sont bourrés d'humour et portés par une intrigue émouvante et des personnages attachants qui offrent un regard critique sur notre société qui va mal.

C'est hilarant, caustique, jamais méchant. Certaines références sur le côté soixante-huitard doivent me manquer, c'est certain, mais cela ne m'a pas empêchée de me régaler avec ces deux albums et de rire à gorge déployée aux dialogues des ces trois loustics si attachants.
Chaque album, s'il suit un fil rouge pour la série, possède néanmoins une intrigue qui lui est propre, qui se termine à la fin du tome. Le premier tome se centre sur la vengeance d'Antoine en Toscane, tandis que le deuxième opère un focus sur Pierrot et sa jeunesse avec Bonny. Un troisième tome consacré à Mimile, peut-être ?

Les dessins de Cauuet s'attachent à rendre compte de l'âge des personnages et de toutes ces petites choses qui apparaissent en même temps que le temps passe : rides, tremblements, hésitations, mémoire qui flanche et incontinence. Mais ce sans aucun pathos ni méchanceté mais avec humour et tendresse. Comme un hommage à cette génération qui semble déconnectée de ce vingt-et-unième siècle ultra-connecté qui va trop vite et sur lequel elle porte un regard critique qui fait du bien, sans nier pour autant sa responsabilité dans le monde d'aujourd'hui.
Les vieux fourneaux est une parenthèse, une lecture à part, une bulle de réflexion sur les maux de notre époque - crise, solitude, vieillesse, lutte des classes et choc des générations -, un concentré d'humour, à coup de répliques jubilatoires, de jeux de mots et d'expressions. Bref un vrai régal à mettre entre toutes les mains ou à laisser traîner pour tenter les autres... La preuve ? Ma grand-mère de 89 ans, en voyant ces albums sur la table à Noël, en a ouvert un et s'est plongée dedans, tournant les pages sans rien dire à personne. Pour quelqu'un qui n'aime pas trop les BD...
Pour ma part, je ris encore toute seule en pensant au concept d'attentat gériatrique et à la mamie hackeuse qui pirate le site de Nadine Morano...

Voici ma 57e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20 et 18/20)

 Top BD

 

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Planche 3

Ils sont nombreux à avoir parlé du tome 1 Aifelle, Canel, JacquesMoka, Noukette, JéromeSandrine, StephieViolette, Yaneck et Yvan et du tome 2 : Canel, JacquesJérome, Mo', Noukette, etc.

 

L'interview des deux auteurs à propos de leur projet par Jacques

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19 janvier 2015

Mes lèvres sont mortes à minuit, Arièle Butaux

Mes lèvres sont mortes à minuit, Arièle ButauxMes lèvres sont mortes à minuit est le dernier roman de la pianiste et altiste de formation Arièle Butaux paru aux éditions Écriture en octobre 2014.

Malika est femme de ménage dans un appartement parisien dans lequel elle n'a strictement rien à faire. Chez Paul et Laura, tout est blanc, immaculé, impeccable, à l'image des monochromes que peint Paul et des vêtements de Laura.
Mal à l'aise face à tout ce blanc et cette propreté extrême, Malika s'interroge sur cette obsession. Mais le jour où une tâche de sang vient souiller la moquette du salon - et par là-même la pureté de cette vie bien rythmée - les apparences s'effritent et Malika voit l'équilibre du couple s'effondrer.

Sous le charme de ce titre très poétique et intriguée par la quatrième évoquant un huis clos des plus glaçants, je me suis plongée avec plaisir dans ce drame psychologique, pensant être happée par le suspense et tourner les pages de plus en plus vite pour en connaître le dénouement.
Mais si j'ai effectivement tourné très rapidement les pages, ce n'est pas tant grâce à la tension grandissante que pour vérifier que l'hypothèse que j'avais au quart de l'intrigue n'était pas la clé du mystère. Malheureusement si... Et pourtant je ne suis pas des plus perspicaces pour découvrir les détails retors des drames psychologiques. Quelle déception !
Porté par une plume insipide et sans saveur, Mes lèvres sont mortes à minuit est un texte qui s'oublie aussi vite qu'il se lit. C'est bien dommage. Il y avait tant à faire avec l'idée de départ...
Bref, une lecture à côté de laquelle je suis complètement passée et qui ne m'a pas donné envie de découvrir le texte qui suivait, intitulé Le choix du Roi.

Je tiens néanmoins à remercier Pauline de Langage&Projets et les éditions Écriture.

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17 janvier 2015

Le Livre de Perle, Timothée de Fombelle

Le livre de PerleLe Livre de Perle est le dernier roman de l'écrivain et dramaturge français Timothée de Fombelle paru en novembre 2014 chez Gallimard et couronné de la Pépite Roman Ado Européen au dernier Salon du Livre de Montreuil.

Trois vies tissées, trois destins liés comme trois fils emberlificotés. Celui d'un jeune garçon de quatorze ans, passionné de photo qui, lors d'une fugue, rencontre un vieil homme dans une cabane au milieu des bois. L'histoire, ensuite, de cet homme, Joshua Perle, de son silence et de sa solitude, du mystère qui entoure les étranges valises amoncelées dans sa cabane, témoins de sa vie de roi d'un conte de fées chassé de son royaume par un frère tyrannique et condamné à l'exil. Le destin, enfin, d'Olia, la fée dont il est éperdument amoureux, et qui a renoncé à ses pouvoirs pour le suivre dans notre monde.

Parler de ce livre n'est pas aisé. Je viens juste de le terminer, et pour une fois, j'ai envie vous en parler tout de suite. J'en ressors ébranlée par tant de beauté et de poésie. C'est dire...
Timothée de Fombelle signe ici un bijou. Et je pèse mes mots. Un bijou tant dans sa forme que dans son contenu. Car si mon résumé peine à rendre hommage à son intrigue, il serait dommage de passer à côté de ce roman qui dérive vers le conte de fées sous prétexte que c'est un sujet commun. Je vous l'affirme haut et fort : Le Livre de Perle ne ressemble à rien de ce que vous avez pu lire auparavant.
Dès la première page, ce roman vous entraîne dans la vie tourmentée de Joshua Perle. Sa vie dans notre monde, dans la boutique de guimauves de ses parents adoptifs avant la guerre et son entrée dans la Résistance, mais aussi sa vie dans son monde, où il se nomme Ilian, prince déchu d'un royaume pris dans la tourmente. Son amour impossible avec la fée Olia, qui le conduit à sa perte, est le lien entre ses deux destins, ses deux vies tremblantes et fragiles dans les deux mondes.

Ancien prof de lettres, Timothée de Fombelle manie les mots tel un magicien et offre à son roman une poésie enchanteresse à laquelle il est difficile de se soustraire. Ses phrases coulent, lumineuses et vibrantes, rythmées et chantantes, et portent l'intrigue de façon remarquable.
Le roman possède une construction savamment étudiée qui entraîne le lecteur dans la vie de ces trois personnages, entre ces deux mondes, à travers les époques. La narration change de point de vue, tantôt à la première personne, tantôt à la troisième. Et le lecteur de se demander qui est derrière l'ensemble...Coup de coeur
Difficile d'en dire plus si ce n'est que je comprends, enfin et après tout le monde, pourquoi Timothée de Fombelle est reconnu pour être un des auteurs pour la jeunesse les plus talentueux de sa génération. Je n'ai qu'une envie : découvrir son oeuvre au plus vite... Et je sors tellement bouleversée par cette très belle lecture que je me refrotte à l'idée de coups de coeur. Comme quoi...

"L'imaginaire de chacun est pour moi unique et impossible à dupliquer. Une réserve, un sanctuaire intime. Dans chacune de nos têtes, des bestioles étranges, un herbier et de petits peuples, mais je ne suppportais pas les fées ou les farfadets qui se promenaient d'une tête à l'autre comme des poux. Pourquoi se laisser imposer des créatures inventées par d'autres ?
Mais les histoires nous font changer. Et certaines rencontres nous retournent sur le dos comme des tortues. Elles nous obligent à nous laisser faire.
" (p.260)

"Les histoires nous inventent." (p.285)

L'avis de Faelys et de Jérome sur ce roman.

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