Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

28 février 2018

Le Pays des cerisiers, Fumiyo Kouno

Le pays des cerisiersLe Pays des cerisiers est un one shot signé Fumiyo Kouno paru en 2006 chez Kana. C'est le premier manga de cette auteure née à Hiroshima publié en France.

Trois courtes histoires composent ce manga. La première, La ville de Yunagi, se déroule à Hiroshima en 1955. Dix ans après, la bombe A hante toujours la ville et ses habitants et des commémorations sont prévues pour éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.  Minami, qui travaille dans un atelier de confection, a perdu sa famille dans le bombardement. Seule sa mère s'en est sortie. La jeune femme, traumatisée, n'arrive pas à se reconstruire, hantée par les images de ce jour et ceux qui tombent malades jour après jour, suite à l'irradiation.  
Le Pays des cerisiers, la seconde histoire, se déroule en deux parties. La première, trente ans après le bombardement, se concentre sur Nanami, une jeune joueuse de base-ball qui découvre l'histoire de sa famille en suivant son père à Hiroshima. La dernière partie, enfin, se déroule de nos jours, et se centre sur les descendants des victimes de la bombe.

Je ne suis pas une grande lectrice de mangas, vous le savez. Mais ma curiosité a été piquée par le sujet de celui-ci et la manière dont il serait traité. Manga polémique au Japon (la postface est assez éclairante), Le Pays des cerisiers est un manga commandé par l'éditeur de Fumiyo Kouno pour dénoncer ce qui reste encore tabou aujourd'hui : les conséquences du bombardement et la reconstruction du pays. L'auteure n'est pas une hibakusha (littéralement victime de la bombe atomique), mais s'est largement documentée sur la question pour aborder avec une finesse et une poésie sans nom ce pan de l'histoire japonaise. Les dessins tout en rondeur et en simplicité servent le propos et les trois histoires balayent les cinquante ans qui suivent le bombardement. Comment se reconstruire ? Comment recommencer à vivre après cet épisode de l'Histoire qui a coûté la vie à tant de gens et qui demeure aujourd'hui encore tabou ? C'est ce que se demande l'auteure, qui aborde l'indicible et l'horreur par le prisme des survivants et leurs familles. Un manga très émouvant, à lire et à relire. Un incontournable pour aborder la question du bombardement d'Hiroshima et ses conséquences tant physiques que psychologiques. 

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Cette semaine chez Mo' !

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25 février 2018

Sauveur & Fils saison 3, Marie-Aude Murail

Sauveur et fils saison 3Sauveur & Fils est une série de romans imaginée par Marie-Aude Murail et publiée à L'Ecole des Loisirs. Le troisième, Saison 3, est paru en juin 2017.

Au 12 rue des Murlins, à Orléans, Sauveur continue la thérapie de ses patients. Le psychologue clinicien père célibataire aide tour à tour Mme Germain, atteinte de tocs, Monsieur Kermatin, qui se croit surveillé par ses voisins du dessus à l'aide d'une caméra installée dans le plafond, mais aussi ses patients enfants et adolescents, qu'il tente d'aider du mieux qu'il peut. Ella, victime de cyberharcèlement, qui voudrait être un garçon, Maïlys, quatre ans, qui oppose à l'indifférence de ses parents une violence envers elle-même, Blandine, hyperactive parce qu'elle veille sur sa soeur Margaux, qui vient d'attenter une nouvelle fois à sa vie, ou encore Samuel, de père inconnu, qui découvre enfin qui est celui-ci. Une fois la porte de son cabinet fermée, c'est de l'autre côté de la maison que Sauveur tente d'organiser les choses. Avec Louise et ses enfants, il tente de former une famille recomposée. Mais la place manque un peu, entre Gabin, un jeune patient qui a emmenagé dans le grenier depuis que sa mère est internée en psychiatrie et Jovo, un ancien légionnaire ex-SDF... 

Ce mois de février aura été placé sous le signe de Sauveur ! J'ai en effet dévoré les saisons 2, 3 et 4 en deux semaines, bercée par la douce musique de cette maison de famille qui déborde de vie et de joie. Marie-Aude Murail réussit avec brio la poursuite de sa série, étoffant ses personnages, détaillant les histoires personnelles, reliant les unes aux autres dans un microcosme dont le cabinet de Sauveur est au centre.  
Une série fine, pleine de tendresse et d'humour, qui aborde des sujets sensibles avec intelligence : l'adolescence et son mal-être, les relations frères soeurs, les relations parents enfants, le harcèlement, la construction identitaire, la famille. Bref, une série à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes ! 
Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de me permettre de pousuivre la découverte de cette série. Une lecture commune avec SvCath dont je file lire l'avis ! 

Si vous aviez raté mes chroniques sur les deux premiers tomes, les voici :

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22 février 2018

Bruges, vous avez dit Bruges ?

Si vous me suivez sur Insta, vous savez que le weekend dernier je suis partie faire un petit road trip à Bruges (l'un des avantages de ma nouvelle ville est de permettre tout un tas de road trips en Europe : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas...). J'avais posté quelques photos rapide de notre weekend froid mais ensoleillé dans la Venise du Nord mais j'avais envie de revenir ici en images sur cette échappée belle. 

Bruges est avant tout une ville de canaux, pourvue de jolies façades colorées qui ravissent ses visiteurs. 

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La vue en bateau est tout aussi merveilleuse et permet de découvrir des jardins cachés et des architectures singulières

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Bruges, ce sont aussi des façades atypiques et des vitrines chaleureuses.

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Bruges by night, vue du Lac d'Amour

 

Mais aussi des monuments emblématiques... 

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Le beffroi de la ville et la vue du haut de ses 366 marches

 

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Le béguinage, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco

 

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La Salle gothique de l'Hôtel de Ville

 

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Les Maisons-Dieu, ancêtres des logements sociaux

 

Mais Bruges c'est aussi une gastronomie belge aussi savoureuse qu'appétissante (et encore, j'ai oublié de prendre en photo notre butin à la friterie !)

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Le fabuleux brunch du Pain Quotidien et un petit selfie derrière ma gaufre à la confiture de lait !

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Qui dit Belgique dit bière, non ? Pour nous oui (ça se voit, non ?)

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Un salon de thé adorable où nous avons repris des forces dans notre périple dans le froid

***

Trois jours de soleil et de ciel bleu, dans une ville romantique à souhait. Trois jours de découvertes et de promenades, au gré de ces façades colorées et crénelées. Bruges, bien qu'elle soit la ville la plus visitée de Belgique, conserve un charme indéniable et une ambiance surannée. Vous n'échapperez pas au fatras touristique et aux files d'attente pour les principaux monuments, mais pour qui veut se laisser porter, déambuler dans les rues est un réel enchantement et permet de découvrir des petits endroits chaleureux où faire une pause chocolatée (ou grignoter une frite !). La Belgique me conquiert encore une fois (après mon weekend à Anvers l'an dernier, mais que je n'avais pas posté ici !).  J'ai très envie de continuer à la découvrir, notamment Liège et Gand. Et vous, vous connaissez ? Vous y êtes déjà allé ?  

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21 février 2018

Aquarica T.1 Roodhaven, Benoît Sokal et François Schuiten

Aquarica TAquarica est un diptyque imaginé par Benoît Sokal et François Schuiten. Le premier tome,  Roodhaven, est paru en octobre 2017 chez Rue de Sèvres.

Roodhaven, 1930. Le petit port de pêche vit du commerce de la baleine depuis des générations, hanté par les disparus en mer. Quand un matin vient s'échouer sur la plage une créature mi-animale mi-métallique, les pêcheurs s'emballent : le crabe géant qu'ils ont devant leurs yeux a récupéré une partie du Golden Licorn - une épave d'un navire échoué il y a plus de cinquante ans - et semble l'avoir assimilé à sa chair. Il n'en faut pas plus pour que les esprits s'échauffent et que cette découverte confirme la théorie des anciens : le naufrage serait dû à une baleine gigantesque que les pêcheurs décident d'aller tuer. Pendant ce temps, John Greyford, un jeune chercheur, est dépêché sur place pour appréhender la créature. Mais en l'approchant, il se rend compte qu'une jeune fille y est logée. Aquarica, c'est son nom, lui demande de lui venir en aide pour sauver son peuple. 

Quel album ! Dès les premières planches, le lecteur est plongé dans les dessins tumultueux de François Sokal. L'ambiance est lourde et sombre à Roodhaven, et le dessinateur rend compte avec justesse de cette atmosphère empesée et de la noirceur qui a gagné les pauvres âmes qui y vivent. Les visages déformés par l'alcool et une vie de dur labeur s'opposent à la candeur de la jeune fille et du scientifique venu étudier la créature.

Les planches se suivent et ne se ressemblent pas, alternant les découpages et les plans pour mieux provoquer un sentiment d'immersion du lecteur. Difficile de ne pas se faire happer par cette intrigue qui oppose la science aux légendes, qui offre des personnages anguleux, des trognes de vieux loups de mer et une jeune fille digne héritière des sirènes des légendes. Un régal dont j'attends le second tome avec impatience ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Stephie !

 

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17 février 2018

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage est un ensemble de deux carnets qu'Albert Camus a rédigés en 1946 et 1949, à l'occasion de deux voyages en Amérique du Nord et du Sud. 

Au printemps 1946, Albert Camus est convié aux Etats-Unis pour une série de conférences littéraires, notamment à Harvard. Celui qui écrira La Peste l'année suivante n'est encore qu'un journaliste et écrivain à la réputation qui monte, mais dont les idées politiques inquiètent grandement les services secrets américains. Le gigantisme des villes américaines couplée à l'éloignement de ses proches rendent ce voyage douloureux pour l'écrivain. 
Trois ans plus tard, durant l'été  1949, c'est en Amérique du Sud qu'il est invité, en vedette, cette fois. Malade durant une partie de son voyage, il découvre la pauvreté et la misère, mais aussi les traditions et coutumes des pays qu'il traverse. Etouffé par les mondanités de ce voyage, il le survole à distance, échappant dès qu'il peut à ses obligations officielles pour grignoter une once de solitude. 

Revenir aux écrivains vingtiémistes des belles heures de la littérature française, telle était une de mes envies de 2018. Après bien des années à les fuir, après mon cursus de Lettres Modernes, j'ai plaisir à me replonger dans ces pages et les lire d'un oeil neuf. 
Journaux de voyage traînait dans ma PAL depuis peu et m'intéressait par sa forme. Camus en écrivain voyageur qui prend des notes et les retransmet, tel quel. De fait, sa plume est brute, sèche et parfois plate et relate les faits tels qu'il les a vécus. 
Les deux voyages sont émaillés de rares réflexions et s'apparentent davantage à des comptes-rendus de faits sans analyse derrière. Le lecteur ne saura rien desdites conférences que l'auteur donne mais aura en revanche accès à ses états d'âme. Camus relate sa souffrance, ses envies de suicide, son ennui profond des mondanités.  
Texte brut, Journaux de voyage est avant tout une prise de notes personnelle qui servira à l'auteur par la suite pour ses oeuvres - notamment La Pierre qui pousse et La Mer au plus près, nous apprend la préface. J'ai pris plaisir à le découvrir et m'immerger dans le style quasi télégraphique de l'auteur grognon et incommodé par les mondanités mais je conserve un petit goût de frustration de n'en avoir pas su davantage sur ces mois de voyage.

"Fatigué. Ma grippe revient. Et c'est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu'on change d'avis." (p.25)

"Oui, il y a un tragique américain. C'est celui qui m'oppresse depuis que je suis ici mais je ne sais pas encore de quoi il est fait." (p.28)

"J'ai toujours tout apaisé sur la mer et cette solitude infinie me fait du bien pour un moment, bien que j'aie l'impression que cette mer roule aujourd'hui toutes les larmes du monde. (p.50)


READING CLASSICS CHALLENGE 2018

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15 février 2018

L'homme de Lewis, Peter May

L'homme de Lewis, Peter MayAprès L'île des chasseurs d'oiseaux, L'homme de Lewis est le deuxième tome de La Trilogie écossaise écrite par le romancier et scénariste écossais Peter May. Il est paru en 2011 aux éditions du Rouergue.

Ile de Lewis, archipel des Hébrides. Le corps d'un jeune homme est retrouvé dans la tourbe, miraculeusement conservé et momifié. Alors qu'on suspecte une découverte archéologique, les analyses médico-légales mettent à jour un tatouage représentant Elvis Presley. La victime aurait donc vécu au 20e siècle. Les analyses ADN la mettent en relation avec Tormod Macdonald, le père de Marsaili, le premier amour de Fin. Ce dernier, après avoir démissionné de la police et divorcé, est de retour sur l'île, bien décidé à rénover la maison de ses parents pour s'y installer. Pour éviter que Tormod - aujourd'hui atteint de démence sénile - soit accusé de meurtre, Fin décide de mener l'enquête avant que l'inspecteur dépêché d'Inverness n'arrive sur les lieux...

J'avais adoré me plonger dans l'ambiance sombre et pesante du premier tome de la saga, un polar rudement bien mené sur fond d'Ecosse contemporaine. Cette nouvelle intrigue se déroule toujours sur l'île de Lewis, entre passé et présent. La narration alterne les points de vue - entre souvenirs de Tormod et enquête officieuse de Fin - jusqu'à ce que les deux convergent, dans un dénouement glaçant.

L'Ecosse est toujours un personnage à part entière dans ce second tome, Peter May apportant un soin particulier à soigner ses ambiances. Les personnages gagnent en épaisseur psychologique et en histoire personnelle. Le passé, bien présent, semble planer au-dessus de l'île et empêcher ses habitants d'avancer sereinement.

Encore une plongée des plus réussies dans cette intrigue sombre à souhait. Le Braconnier du Lac perdu, dernier tome de la trilogie, m'attend sagement. Le temps de quelques lectures bien différentes (du post apocalyptique et des carnets de voyages m'attendent dans ma PAL, notamment) et je me plongerai avec plaisir dans le dénouement de cette saga écossaise.

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14 février 2018

Où le regard ne porte pas T.2 Georges Abolin et Olivier Pont

Où le regard ne porte pas TLe second volet du diptyque Où le regard ne porte pas est paru en septembre 2004 chez Dargaud. J'avais adoré le premier, je me suis lancée sans attendre dans le second !

Istanbul, juillet 1926. Le temps a passé. William, Nino, Paolo et Lisa ont grandi et se retrouvent autour de cette dernière, qui vient de perdre l'enfant qu'elle portait. A peine remise de ses émotions, elle demande à ses amis de l'accompagner à la recherche de son amant, un talentueux peintre parti au Costa Rica sur les traces d'un mystérieux livre. Au nom de leur amitié, ils acceptent.

Second volet du diptyque offert par un de mes collègues, ce tome clôt cette belle histoire d'amitié. Les enfants ont grandi, sont devenus de jeunes adultes, mais leurs liens sont toujours aussi forts et c'est sans hésiter qu'ils répondent à l'appel de l'une des leurs. L'intrigue alterne présent et passé, vies antérieures et visions, dans une tourbillonnante quête de sens.

Les dessins magnifiques d'Olivier Pont emmènent cette fois-ci le lecteur dans la luxuriante forêt costa ricaine. Le silence a sa place, comme dans le premier album, pour laisser au personnage comme au lecteur le soin de découvrir certains lieux. Un album haut en couleurs, conclusion poétique à cette histoire d'amitié. Une très belle lecture. Merci J. si tu passes par ici !

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Noukette !

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10 février 2018

La pâtisserie Bliss, Kathryn Littlewood

La pâtisserie BlissLa pâtisserie Bliss est le premier roman de la new-yorkaise Kathryn Littlewood. Il est paru en 2013 aux éditions Pocket Jeunesse.

Dans la petite ville de Calamity Falls, la famille Bliss tient une adorable pâtisserie très prisée. Mais ce que les citoyens de la ville ignorent, c'est que la famille possède un livre de recettes magiques qu'elle se passe de génération en génération. Des muffins de l'amour aux cookies de la vérité en passant par les biscuits au sommeil de plomb, certaines pâtisseries possèdent des pouvoirs bien singuliers. Mais la famille tient à garder son secret et ne distille ses merveilles enchantées qu'en cas d'urgence. Ainsi, quand Céleste et Albert, les parents, sont appelés en urgence par la maire d'une ville voisine pour l'aider dans une épidémie de grippe, leurs quatre enfants se retrouvent seuls à gérer la boutique. Pour Rose, Oliver, Origan et Anis commence alors une folle aventure ! Une tante mystérieuse fait son apparition sur une moto étincelante et les envoûte de ses charmes tandis que l'idée d'utiliser le livre de recettes magiques - malgré l'interdiction formelle de leurs parents - les taraude.

C'est bien simple : j'aurais adoré découvrir ce livre à l'âge de dix ans ! Je me serais identifiée à l'héroïne, Rose, une enfant sérieuse et responsable qui adore faire de la pâtisserie et a peur de l'ennui ; j'aurais copié la couverture toute colorée du roman et dessiné de nouvelles aventures pour les personnages ; j'aurais eu envie de tester toutes les recettes... Bref, ce roman m'aurait fascinée longtemps, plus jeune (et en tant que prof doc je me dis que l'édition jeunesse a réellement pris un virage intéressant suite à la parution de Harry Potter)

Mais même si je n'ai plus dix ans ni l'âge des personnages, j'ai quand même passé un excellent moment dans les pages de ce court roman prêté par une de mes élèves. La petite ville de Calamity Falls est paisible, rythmée par les habitudes de ses habitants, et la pâtisserie de la famille est un petit havre de paix, d'amour et de magie !

L'intrigue a beau être un peu prévisible et manichéenne, les personnages secondaires porter des noms évoquant leurs caractéristiques physiques ou une connotation humoristique (M. Phibien et Cléa Molett, notamment), l'ensemble fonctionne bien, faisant la part belle aux relations familiales et au mal-être adolescent. La petite Rose peine à trouver sa place dans sa famille et à entrer en communication avec ses frères, se démenant avec sérieux pour la pâtisserie dans ses parents sans que ceux-ci ne le voient réellement. Une série délicieuse dont j'ai vraiment envie de découvrir la suite et que je ne peux que vous conseiller.

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08 février 2018

Sauveur & Fils saison 2, Marie-Aude Murail

sauveur et fils saison 2Sauveur & Fils est une série de romans imaginée par Marie-Aude Murail et publiée à L'Ecole des Loisirs. Elle compte à ce jour quatre tomes. Le deuxième, Saison 2, est paru en mars 2017.

Sauveur Saint-Yves est toujours psychologue à Orléans, père célibataire de Lazare, son fils de neuf ans. Alors qu'il poursuit la thérapie de ses jeunes patients - Ella qui voudrait être un garçon et s'appeler Elliot, Blandine, insomniaque qui veille sur sa soeur aux tendances suicidaires, Samuel, qui a cessé toute hygiène corporelle pour rompre le dialogue avec sa mère - Sauveur tente de construire son couple avec Louise, une jeune divorcée mère de Paul, le meilleur ami de Lazare. Les deux parents tentent de se retrouver le weekend et de former une famille recomposée mais entre les hamsters des enfants, Gabin, un adolescent dont la mère est internée et qui s'est installé chez Sauveur, Alice, la fille de Louise qui refuse le nouveau couple de sa mère, les journées sont décidément bien remplies ! Mais il en faut beaucoup pour amoindrir la patience et la douceur de Sauveur...

J'avais adoré découvrir la maison de la rue des Murlins où vit et officie Sauveur dans le premier tome. Et j'ai adoré retrouver cette ribambelle de personnages toujours aussi attachants, unis par Sauveur, un colosse d'1m90 aussi doux qu'il est grand. Marie-Aude Murail excelle dans l'art de créer un univers aussi vraisemblable que touchant. Chacun arrive, en toute humilité, dans le cabinet de Sauveur, et celui-ci de tenter de les aider à réparer leurs fêlures. Les histoires personnelles se succèdent, avec leur lot d'interrogations et de doutes, et permettent au lecteur de s'identifier. Une fois la porte du cabinet fermée, c'est dans la maison de Sauveur que se poursuivent les aventures, la vie réservant bien des surprises au psychologue antillais. 
La plume de Marie-Aude Murail, toujours aussi fine et précise, virevolte d'un personnage à l'autre, empruntant la voix d'un ado en colère ou d'une enseignante dépressive pour mieux revenir à son héros, Sauveur, et son calme légendaire.
Je me suis régalée à dévorer ces pages et à retrouver ces personnages que j'avais laissés à la fin du tome 1. Comme le troisième tome m'attend dans ma PAL, je le commence dès ce soir pour poursuivre l'intrigue de ce huis-clos rue des Murlins (attendez-vous donc à avoir une avalanche de cochons d'Inde sur ce blog d'ici peu !).  Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de me permettre de pousuivre la découverte de cette série.

"La vie ne se déroulant jamais comme prévu, tout l'art de l'homme est de s'adapter." (p.209)


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07 février 2018

La passion de Dodin-Bouffant, Mathieu Burniat

La passion de Dodin-BouffantLa passion de Dodin-Bouffant est un album du dessinateur belge Mathieu Burniat paru en octobre 2014 chez Dargaud et librement adapté du roman La vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet de Marcel Rouff (1924).

Dodin-Bouffant est un fin gourmet, passionné de gastronomie. Lorsque Eugénie, sa fabuleuse cuisinière, décède brutalement, Dodin se met en quête d'une remplaçante capable d'égaler ses mets raffinés et de satisfaire son palais exigeant. Il la trouve en la personne d'Adèle, une jeune  fille de ferme dotée d'une inventivité certaine, capable d'émouvoir les rares convives de ses dîners hebdomadaires. Mais lorsqu'un aristocrate de passage goûte aux recettes d'Adèle et met tout en oeuvre pour la prendre à son service, Dodin doit se battre pour la garder à ses côtés.

Je crois que j'aime les albums gastronomiques ! J'avais adoré suivre Alain Passard en cuisine aux côtés de Christophe Blain et m'évader dans l'univers féerique du Viandier de Polpette, du coup j'étais curieuse de plonger dans cet album qui nous entraîne dans une cuisine plus historique, la cuisine du Second Empire, une cuisine riche, carnée, en sauce, une cuisine de terroir, élaborée et qui fait la part belle aux bons produits, viandes comme légumes.

Mathieu Burniat a pris beaucoup de plaisir, semble-t-il, à mettre en scène les mets concoctés par Dodin et Adèle : le Saint-marcelin en sauce aux morilles côtoie ainsi les ortolans bardés, les lapereaux farcis et les vins les plus fins. Les pages se succèdent dans un tourbillon de nourriture cuisinée avec soin et amour. Le taciturne et exigeant Dodin se laisse peu à peu gagner par la candeur et la spontanéité d'Adèle, et le notable de voir son coeur dérobé par la jeune paysanne aux talents culinaires rares. Le trait fait penser aux caricatures de Daumier et l'ensemble ressemble presque à un conte dont il manquerait le "Il était une fois..." liminaire. Un album  entre pudeur et retenue, à vous donner l'eau à la bouche si vous êtes amateurs de bonne chère, et à déguster dans tous les cas.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

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