Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

11 juin 2014

Nos étoiles contraires, John Green

Nos étoiles contraires, John GreenNos étoiles contraires est le sixième roman de l'écrivain américain John Green paru en janvier 2012 aux Etats-Unis et l'année suivante en France.

Hazel Lancaster a seize ans et un cancer de la thyroïde. Augustus Waters a dix-sept ans et un cancer des os qui lui a volé une jambe.
Lorsque ces deux-là se rencontrent à un groupe de soutien, l'alchimie est immédiate et donne naissance à une grande complicité. Les deux adolescents échangent sur leurs goûts littéraires et cinématographiques et se passionnent bien vite pour un roman inachevé mettant en scène une jeune cancéreuse. Désireux de savoir à tout prix ce qu'il advient des personnages, Hazel et Augustus décident de rendre visite à son auteur, exilé à Amsterdam.

Lire aujourd'hui Nos étoiles contraires, c'est lire après tout le monde un roman destiné à l'origine à un lectorat adolescent mais finalement loué par tous pour ses qualités littéraires.
Je lis de moins en moins de romans pour la jeunesse pour le plaisir. J'en ai beaucoup lu pour mes études et désormais pour mon boulot donc maintenant j'aime me consacrer principalement à la littérature adulte. Mais passer à côté de ce roman semblait être un crime... Et une fois la dernière page tournée, je vous le confirme : j'ai bien fait de mettre à mal mes habitudes de lecture et succomber à l'appel de John Green.
Lire Nos étoiles contraires, c'est recevoir une grande claque. D'optimisme. D'humanité. De détachement face à la vie et ses imprévus. Parce que réussir à écrire un roman dont la narratrice de seize ans est condamnée par un cancer sans sombrer dans le larmoyant, c'est déjà un exploit en soi. Mais le transformer en ode à la vie, c'est brillant !
John Green parvient à insuffler une énergie à chacune de ses pages grâce à son tandem de personnages déroutants par sa façon d'appréhender son quotidien et pourvu d'un humour féroce. Un humour noir, certes, car la mort rôde autour d'Hazel et d'Augustus, mais qui permet de dédramatiser des situations dures - la bouteille d'oxygène d'Hazel, la jambe artificielle d'Augustus. Et chaque once de légèreté face à la maladie et aux aléas de la vie ne sont que des rappels au lecteur de la nécessité de vivre sa vie aussi intensément que ces deux héros.
Ces derniers sont d'une vraisemblance troublante et possèdent une psychologie bien loin des clichés du genre. Les personnages qui gravitent autour d'eux - amis, familles - bénéficient de la même attention accordée à leur psychologie. Et c'est un vrai régal. Chaque page donne l'impression de découvrir des êtres de chair et non des personnages de papier.
Ode à l'optimisme, à l'amour et à la vie, Nos étoiles contraires a l'art de donner le sourire à quiconque parcourt ses pages. Parce que la vie peut être belle même quand on a seize ans et qu'une guerre civile se déroule dans notre corps. Et cette leçon de vie est bien loin d'être la seule qu'Hazel et Augustus vous donneront si vous vous donnez la peine de découvrir leur histoire... Il serait bien dommage de s'arrêter au statut de roman jeunesse et de passer à côté de ce livre.

"Tu m'as offert une éternité dans un nombre de jours limités, et j'en suis heureuse." (p.274)

D'autres avis : Alex-Mot-à-MotsCess, CoralieFaelys, Fée BourbonnaiseHerisson, Jérôme, Lasardine Latite, Leiloona, MangoMathilde, Mlle Pointillés, MyaRosaNoukette, Stephie etc.

Une adaptation ciné est prévue le 20 août. 

Vous voulez en découvrir la bande-annonce ?

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05 juin 2014

Mangez-moi, Agnès Desarthe

MANGEZMangez-moi est un roman de l'écrivain et traductrice française Agnès Desarthe paru en 2006 aux Éditions de l'Olivier. Il m'avait été offert lors du Swap Nouvel an 2011 par Hathaway. Il était grand temps que je le lise ! 

Myriam ment à son banquier pour ouvrir un restaurant. Chez moi, c'est son nom, est un lieu sans prétention qu'elle orchestre de façon familiale. Elle cuisine avec amour, sans extravagance, pour une clientèle d'abord rare, puis de plus en plus nombreuse. Aidée de Ben, un étudiant en sciences politiques reconverti en serveur, Myriam offre à ses habitués un refuge douillet autour d'une cuisine simple et authentique. Et c'est grâce à cette simplicité et ces partages que la quadragénaire se répare peu à peu de ses blessures et de son passé un brin compliqué.

Mangez-moi est un roman à déguster, à savourer, comme la cuisine de son héroïne. Une très belle histoire. Celle d'une femme qui a fait une erreur et que la vie n'a pas épargnée. La reconstruction personnelle par la cuisine et par la générosité, voilà le moyen qu'utilise Myriam pour se relever d'un passé douloureux. Et Agnès Desarthe de recréer une sorte de havre réconfortant dans ce modeste lieu qui n'a d'abord rien d'un restaurant mais tient davantage de la cuisine familiale.
Il y a de la beauté dans l'humilité de Myriam et des personnages qui gravitent autour d'elle. Une pudeur aussi, c'est certain, face à ce passé dévoilé à demi mots. Face à cette faute chuchotée entre deux pages. Et cela force l'admiration pour cette femme qui a tout perdu et qui accepte ses erreurs.
La narration à la première personne fait pénétrer dans l'intimité de Myriam et offre au lecteur une proximité qui a tout de la confidence. Et c'est avec plaisir que le lecteur se glisse à ses côtés et participe à ce projet un peu fou d'ouvrir seule une cantine de quartier. Les effluves de cuisine embaument les pages, la douce chaleur du four se répand, les ustensiles tintent. Quel bonheur d'être aux côtés de Myriam quant elle choie ses clients ! 
L'intrigue est simple en apparence mais explore les méandres du passé de l'héroïne et s'égare dans son présent parcellaire, cette vie dont elle n'offre au lecteur que des bribes. Comme pour se raconter avec pudeur et édulcorer ses fautes. Comme pour essayer d'avancer malgré tout, sans être jugée. 
Voilà une bien belle lecture, réconfortante comme ce que cuisine Myriam, et portée par la plume très poétique d'Agnès Desarthe. Merci Hathaway, si tu passes par là, pour ce très beau roman.
D'autres avis :  Argali, ClarabelMiss Alfie, Syl.etc.

"Comment éviter que les souvenirs refluent ? Comment détacher sa conscience du passé ? Comment faire pour que rien n'évoque, pour que rien ne dénote, pour que rien ne rappelle ? Comment abolir l'écho ? Pourquoi la vie consiste-t-elle en cet inépuisable ressassement ? Ne guérit-on jamais de nos amputations, de nos mutilations ?" (p.226)

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02 juin 2014

Bilan de lecture : mai 2014

 Après le risible bilan-mensuel-pour-trois-mois du mois dernier,
me revoilà  avec un vrai bilan mensuel pour mai.
Et même que pour une fois, je n'en ai pas trop honte...

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 Les livres déjà chroniqués

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Les livres en attente d'une chronique

  

Bilan

Un mois qui a filé, filé... Je n'ai rien vu passer, mais j'ai quand même pris le temps de lire. Pas sur ma terrasse - c'est illusoire de penser que lire au soleil est possible pour moi, cela se transforme très vite en rêverie au soleil - mais à l'intérieur, avec une tasse de thé ou de café et Chachat collé à moi.
J'ai eu de très bons moments de lecture ce mois-ci. J'ai eu froid, très froid même, dans le silence sibérien étouffant de Sylvain Tesson. J'ai dégusté Mangez-moi comme une gourmandise, lentement, en savourant chaque page. J'ai pleuré avec Nos étoiles contraires (beaucoup pleuré), j'ai réfléchi en compagnie de Rilke qui est devenu en quelques jours un auteur à part dans ma bibliothèque, je me suis détendue dans la mercerie de La liste de mes envies...
Bref, j'ai adoré ce mois de lectures très hétéroclites, inspirantes chacune à sa façon. Et en commençant le Jonathan Coe, je pense que je débute juin sous de très bons auspices...

Et vous ? Mai fut-il un mois propice à la lecture ?

Je vous souhaite un excellent mois de juin.

 

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31 mai 2014

Moi après mois... mai 2014

Un rendez-vous initié par Moka.

Un peu de moi à Bouquinbourg. Beaucoup des autres, aussi

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"A la fac, à la cafèt'..." ou la phrase qui fait prendre un coup de vieux énorme /  Une pièce de théâtre jouée par les élèves et des comédiens en herbe vraiment talentueux / Un gilet lapins qui fait des émules. Si si, je vous assure ! /  Un festival des arts des rues sans fanion mais avec des jongleurs, des musiciens géniaux, du soleil et une super copine, je kiffe ! / "Il y a dix ans, en camping..." ou la phrase qui fait prendre un coup de vieux énorme, le retour ! / Des brocantes au soleil, toujours en étant hyper raisonnable / Un apéro super sympa et un feu d'artifice, le premier de l'année, étonnement réussi... On est mauvaises langues Hélène ! / Une voiture qui fait encore des siennes / Dormir jusqu'à midi, cela faisait longtemps / Chocolat-addict, je me dénonce. Merci Pâques ! / Une prise de conscience et un poids qui s'en va / Une bière au soleil / Tout se précipite, et ça me va bien / Des films, des tas de films / Un barbecue parfait lors d'un dimanche ensoleillé, et une merguez offerte étonnement par celui qui n'aime pas ceux qui ne mangent pas comme les autres / Comme une impression d'être en famille. Merci. / Bollywood, me revoilà. Yes ! / Celle qui me charrie, hein Hélène ? / Des semaines en pointillés et un mois de mai tout doux / "Tu es mauvaise perdante, toi ? -Non, mais j'aime pas perdre..." Merci Eugénie, je sens qu'on va rire ! /  L'écovolontariat ? Clairement pour moi ! / Une douce balade main dans la main à Paris / "J'ai l'extension pleine lune" ou la réplique obscure qui sonne comme un nom de code / La lecture du manuscrit brillant d'une élève /  Envoûtée, je suis et je l'assume / Candy Crush, toujours niveau 153. Suis-je un cas ? / De l'excitation d'être dans les cartons / Mussels, my love / Un autre barbecue parfait, dans une maison accueillante et en pleine évolution / Roland-Garros, ou l'atmosphère particulière du mois de mai. Une pensée pour Delerm, bien entendu. / Une soirée DVD qui se transforme en recadrage violent mais nécessaire / Celle qui va peut-être me quitter et qui me manque déjà / Une super soirée sous le signe du bouddhisme. J'y pense, ça fait son chemin. / Une brocante parfaite, un dimanche ensoleillé. Plein de ventes, des échanges, des rires, des frites et des copines. Perfect day. / Celle qui a sorti son bazooka pour la bonne cause / Des services de presse drôles, prenants ou magnifiques. Je suis chanceuse ! / Des amies précieuses, cela va sans dire / Une journée médiévale en perspective avec soeurette et toute la clique / Un nouveau chez-moi, un nouveau départ. Encore. /   

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28 mai 2014

Ekhö Monde Miroir T.2 Paris Empire, Arleston et Barbucci

Ekhö Monde miroir TParis Empire est le deuxième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Barbucci, paru en novembre 2013 chez Soleil.

Fourmille Gratule, qui a atterri par hasard sur Ekhö dans le premier tome, s'est installée dans le New York de ce monde miroir du nôtre où les dragons remplacent les moyens de transport et l'électricité n'existe pas. Gérante de l'agence artistique que sa tante lui a léguée, Fourmille doit se rendre à Paris avec Yuri, qui a malencontreusement atterri sur Ekhö lui aussi, et Grace, la secrétaire de l'agence, afin de négocier un contrat. Mais Fourmille est une nouvelle fois possédée et cette fois-ci c'est le fantôme du fils de Napoléon VII qui l'habite. Le mystère de sa mort doit être résolu pour que Fourmille retrouve sa personnalité...

J'avais adoré découvrir le premier tome de cette série, m'immergeant avec beaucoup de plaisir dans cet univers d'heroïc-fantasy très attachant. Le plaisir est intact à la lecture de ce deuxième opus.
L'intrigue esquissée dans le premier tome s'installe progressivement dans cette suite et s'ouvre toujours autant, promettant à la série des aventures rocambolesques.

Les dessins de Barbucci sont encore une fois magnifiques et les larges planches du Paris et du New York d'Ekhö sont un régal pour les yeux. Les détails sont très nombreux et particpent de cette ambiance particulière, à la fois légère et onirique.
L'humour est toujours aussi présent et permet de casser le côté classique de l'intrigue. Le duo formé par Fourmille et Yuri détonne toujours autant par son inadéquation et créé des situations toujours aussi cocasses.
Un deuxième tome prometteur, donc, qui permet d'ancrer la série davantage dans son univers miroir et tisse une intrigue qui s'annonce riche pour la suite.

Je remercie chaleureusement Bénédicte et les Editions pour cette lecture encore une fois très agréable.

  Voici ma 65e participation  à la de Mango
 
et ma 53e au Top BD des blogueurs de Yaneck
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23 mai 2014

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

Dans les forêts de SibérieDans les forêts de Sibérie est un essai de l'écrivain et voyageur Sylvain Tesson paru en 2011 chez Gallimard et couronné du Prix Médicis la même année. 

Six mois seul dans une isba au bord du lac Baïkal. Coupé du monde, seul face à lui-même et dans l'immensité sibérienne. Voilà le défi que s'est lancé Sylvain Tesson en 2010. Pour regarder la vie différemment. Pour réapprendre la simplicité et se réapproprier la notion de liberté. Dans les forêts de Sibérie est son journal de bord.

Éloge de la lenteur et de la contemplation, cet essai est à la fois une expérience humaine intense et une lecture fascinante. Le choix de Sylvain Tesson de se retirer du monde pour mieux l'analyser est sage, certes, mais sa manière de le faire dénote d'une force de caractère inouïe qui frôle parfois l'inconscience.  
De cette quête tournée vers soi et vers le monde naît une réflexion des plus intéressantes. Sylvain Tesson s'interroge. Sur le monde, certes, mais aussi sur la notion de liberté, de bonheur, de temps. Et le lecteur, au fil des pages, entre dans la solitude de l'auteur pour mieux la contempler, à ses côtés. 
Chaque jour amène son lot de nouveautés, de réflexion. De doutes, aussi. Surtout. Car Sylvain Tesson entreprend un réel travail introspectif qui remet tout en cause. Quitte à y perdre beaucoup. Comme l'amour de la femme qu'il aime. Et c'est tout en pudeur qu'il évoque ces moments-là, sans jamais se départir de son projet fou. C'est émouvant, extrême aussi - à la hauteur du nombre incalculable de litres de vodka qu'il ingurgite ! - et pourtant, chaque phrase suinte une authenticité remarquable. Pour ce voyageur intrépide, la solitude et l'inaction sont contre-nature. Mais c'est dans cette expérience qu'il parvient à trouver une certaine forme de sérénité. 
Je me suis glissée dans l'isba, doucement, à ses côtés. J'ai regardé la neige tomber avec lui. Tremblé quand un ours s'approchait de la cabane. Souffert par empathie des longues marches dans la neige pour atteindre la première habitation. Patienté dans ce temps qui s'étire et cette lenteur qui prend le pas sur tout. Été émue, enfin, par tant de beauté.   
Conquise, c'est certain. Emphatique, je pourrais l'être, sans fin, sur cet essai très poétique. Mais je préfère vous livrer un florilège de citations qui m'ont chamboulée au fil des pages. Comme si j'avais, le temps de cette lecture, remis moi aussi le temps et la solitude à leur juste place.

"J'ai connu l'hiver et le printemps, le bonheur, le désespoir et, finalement, la paix." (p.9)

"Se lever de son lit demande une énergie formidable. Surtout pour changer de vie. Cette envie de faire demi-tour lorsqu'on est au bord de saisir ce que l'on désire. Certains hommes font volte-face au moment crucial. J'ai peur d'appartenir à cette espèce." (p.23)

"J'admire les gens mutiques, je m'imagine leurs pensées." (p.23)

"Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres : on pourra toujours remplir son propre vide." (p.32)

"Il suffisait de demander à l'immobilité ce que le voyage ne m'apportait plus :  la paix." (p.41)

"Un jour, on est las de parler de "décroissance" et d'amour de la nature. L'envie nous prend d'aligner nos actes et nos idées. Il est temps de quitter la ville et de tirer sur les discours le rideau des forêts." (p. 43)

"Marcher sur la neige, c'est ne pas supporter la virginité du monde." (p.45)

"La cabane est un laboratoire. Une paillasse où précipiter ses désirs de liberté, de silence et de solitude. Un champ expérimental où s'inventer une vie ralentie." (p.49)

"Au réveil, mes journées se dressent, vierges, désireuses, offertes en pages blanches. Et j'en ai par dizaines en réserve dans mon magasin. Chaque seconde d'entre elles m'appartient. Je suis libre d'en disposer comme je l'entends, d'en faire des chapitres de lumière, de sommeil ou de mélancolie. Personne ne peut altérer le cours de pareille existence. Ces jours sont des êtres d'argile à modeler. Je suis le maître d'une ménagerie abstraite." (p.51)

"Une fois ankylosé dans la graisse du conformisme et enkysté dans le saindoux du confort, on est mûr pour l'appel de la forêt." (p.159)

"Penser qu'il faudrait le prendre en photo est le meilleur moyen de tuer l'intensité d'un moment." (p.194)

"Il est bon de savoir que dans une forêt du monde, là-bas, il est une cabane où quelque chose est possible, situé pas trop loin du bonheur de vivre." (p.288)

"Ici, j'ai demandé au génie d'un lieu de faire la paix avec le temps." (p.289)

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15 mai 2014

N'oublier jamais, Michel Bussi

N_oublier_jamais_Michel_BussiN'oublier jamais est le dernier roman de l'universitaire et politologue Michel Bussi publié le 7 mai 2014 aux Presses de la Cité. 

Jamal n'a qu'une jambe mais un rêve plutôt fou : participer à l'Ultra-Trail du Mont-Blanc. Pour cet éducateur de la Courneuve, aller s'entraîner à Yport, en Normandie, est une véritable chance. Mais cette semaine de congés va faire basculer sa vie. 
Alors qu'il s'entraîne sur la plus haute falaise d'Europe, Jamal tombe sur une jeune femme désespérée qui menace de sauter dans le vide. Jamal panique, essaye de la sauver. En vain. Traumatisé par ce suicide, il devient vite le suspect numéro un, le dernier à avoir vu la victime vivante. Et les enveloppes anonymes qu'il reçoit dans les jours qui suivent et qui établissent un parallèle entre cet accident et deux meurtres classés sans suite ne font rien pour le rassurer. 

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas plongée dans un roman policier avec autant de plaisir. Michel Bussi est un maître dans l'art de ficeler une intrigue des plus retorses et bien malin qui saura en démêler les écheveaux.
Dès le commencement, le doute s'insinue dans l'esprit du lecteur pour ne plus le quitter. Le récit est à la première personne, pris en charge par le personnage de Jamal et ce dernier affirme, au bout de quelques pages, qu'il est innocent, que les six jours qui ont suivi l'incident de la falaise ont été une véritable chasse à l'homme contre lui mais que tout se termine bien. Intriguant, ce début. Très intriguant même.
Habituée aux romans policiers et ayant en tête un célèbre titre d'Agatha Christie qui déjoue les codes du genre pour mieux endormir son lecteur, je me suis tenue sur mes gardes dès le début. J'ai douté de la parole de Jamal, douté de son honnêteté mais aussi de sa santé mentale. Et s'il était fou, comme il le craint tout au long du roman ? Et si sa parole n'avait aucune valeur parce que Jamal s'est perdu dans ses souvenirs, perdu dans ce qu'il croit avoir vu ? Comment savoir ? 
Et c'est là que c'est brillant ! Cette narration à la première personne n'offre qu'une vue particulière sur cette histoire - celle de Jamal - et pas une seule fois le lecteur ne peut réellement lui faire confiance. Les événements s'enchaînent sans que Jamal, anti-héros par excellence, n'y puisse quoi que ce soit. L'étau se resserre, les personnages secondaires gagnent en opacité et le lecteur est aussi perdu que le personnage. Et ce, jusqu'à un dénouement des plus intéressants !
Dévoré en trois jours, N'oublier jamais est un roman policier comme on aimerait en lire plus souvent. Loin des clichés habituels et s'affranchissant des codes du genre, il fait partie de ces romans qui estomaquent autant qu'ils troublent.  
D'autres avis : Enna, Kathel, Mara, Sandrine, etc.

Un grand merci aux Éditions Presses de la Cité et à Babelio pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique

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09 mai 2014

Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding

BridgetLe Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding est initalement paru sous forme de chroniques dans The Independant et The Daily Telegraph entre 1995 et 1996, avant d'être réunies en roman en 1996. Mondialement connue pour être l'archétype de la trentenaire célibataire, Bridget Jones est rapidement devenue un personnage culte et ses aventures ont ouvert la voie à une veine de chick-lit plus ou moins réussie. 

Londres. Bridget, trente ans, célibataire, à la recherche du grand amour. Entre son boss avec qui elle entretient une liaison, ses amis célibataires aussi désépérés qu'elle, sa mère qui tente de la caser à tout prix, ses amis mariés-et-fiers-de-l'être qui ne comprennent pas sa situation, le ringard Mark Darcy qui finalement ne l'est pas tant que ça, Bridget se cherche. A coup de vodka, de clopes, d'incartades à son régime et de soirées d'intense réflexion avec ses amis. Comment trouver l'homme avec qui partager sa vie ? Et comment le garder ? Bridget se débat avec sa vie... et le fait avec beaucoup d'humour !

J'avais lu les deux tomes des aventures de Bridget quand j'étais au lycée... Ça commençait à dater un peu et si en dehors de ces romans je n'avais jamais succombé à l'appel de la chick-lit, une envie d'y revenir m'a prise, récemment. 
Envie de détente. De retrouver la Bridget des romans plutôt que celle des films. Attention, loin de moi l'idée de dire que Renée Zellweger ne correspond pas à l'image que j'ai de Bridget. Elle campe à la perfection le personnage de girl next door et possède un potentiel comique indéniableJe ne m'attarderais pas non plus sur Colin Firth ou Hugh Grant dans les rôles de Mark Darcy et Daniel Cleaver. Enfin, je pourrais, mais les digressions pourraient être longues (Hiiiii ! La scène d'arrivée de Hugh Grant dans l'ascenceur ! Le "I like you very much" de Colin Firth !! Parenthèse fermée. Cris hystériques contenus). 
Mais, dans mon souvenir, les romans étaient bien plus drôles que les films et j'avais envie de revenir aux origines de Bridget. Et mon souvenir était bon : je me suis marrée tout le temps de ma lecture ! J'ai adoré retrouver le style un peu télégraphique du journal de Bridget, son compte (plus ou moins sincère) de cigarettes/unités d'alcool/calories en début de chaque chapitre, ses tribulations invraisemblables mais vraiment tordantes.
Forcément un brin caricatural, le personnage de Bridget cristallise toutes les angoisses véhiculées par le statut de célibataire. On rit, c'est sûr. Et on apprécie la fraîcheur du ton, en gardant à l'esprit que ce roman a bientôt vingt ans mais qu'il résonne toujours de la même façon. Bridget Jones, porteur d'universalité ? Je n'irai peut-être pas jusque là. Mais presque... Récriture moderne d'Orgueil et Préjugés, Bridget Jones dépeint avec un humour décapant la société et ses travers par le prisme du célibat. A lire ou relire. A consommer sans modération, qu'on se le dise. 

Je ne résiste pas et vous mets la bande-annonce, bien entendu...

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07 mai 2014

Mon ami Dahmer, Derf Backderf

Mon ami DahmerMon ami Dahmer est un album documentaire qui a occupé vingt ans son auteur, Derf Backderf, avant de voir le jour. Vainqueur ex-æquo du Fauve d'Or au Festival d'Angoulême cette année, il est paru en février 2013 aux éditions Ça et là.

Jeffrey Dahmer, enfant solitaire puis adolescent marginal, est devenu un des plus célèbres serial killer américain. Derf Backderf, l'auteur de cet album, a été son camarade au collège et au lycée, dans les années 1970. A la lumière des évènements, il tente de se souvenir de celui qu'il a cotôyé. En interrogeant d'anciens camarades et en plongeant dans ses souvenirs, il cherche à comprendre.

Glaçant au possible, Mon ami Dahmer est un album dont on ne sort pas indemne. Jamais violent ni sanglant malgré son sujet, il fouille  l'enfance et l'adolescence de Jeffrey Dahmer et amène le lecteur aux portes du moment où tout a basculé. Le jour où Dahmer a succombé à ses pulsions. De ces dernières, nous ne saurons rien, tout du moins en images. La postface explique tout en pudeur les troubles de Dahmer - nécrophilie, cannibalisme, démembrement de ses victimes - et tente d'éclairer, grâce à ses propos et son histoire personnelle, ses agissements.
Derf Backderf tente de retranscrire ses souvenirs et c'est un étrange récit que cet album. Les dessins tout en rondeurs et en plis offrent une esthétique particulière au récit. On se croirait dans un comics américain un peu léger. Il n'en est rien. Dès la première page, on est happé. Hypnotisé par le personnage de Dahmer, tel que se le rappellent ceux qui l'ont côtoyé avant. Avant l'horreur. Et cet adolescent un peu à part, extrême, qui adorait jouer au fou, est tour à tour pathétique et glaçant. On essaie de comprendre avec l'auteur. On frémit de voir le nombre de gens qui l'ont connu sans jamais déceler ses troubles. On referme l'album avec un sentiment étrange. Mal à l'aise, apeuré peut-être. En tout cas profondément marqué, c'est sûr. Comme si on avait nous aussi côtoyé Dahmer... Merci C. pour cette lecture que je ne suis pas prêt d'oublier.

D'autres avis : CanelChoco, Jérôme,  Joëlle, Mo', Oliv, Theoma, Yaneck, Yvan, etc.

Voici ma 64e participation à la   organisée par Mango et ma 53e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

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05 mai 2014

Bilan de lecture : février, mars et avril 2014

Un bilan de lecture mensuel pour trois mois ? Cherchez l'erreur...  

Regardons ça de plus près...

 

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Bilan

Trois mois de lecture durant lesquels j'ai picoré ce que bon me semblait, quand j'en ai eu envie. Mes choix ont été assez hétéroclites, de l'essai de Bayard à la relecture - dix ans après - de Bridget Jones. Quelques BD aussi, surtout pour le boulot. Mais un fait important : un coup de coeur, le premier de l'année, avec La Famille Fang.
Le mois de mai commence en douceur. J'ai cessé de croire que ma terrasse ensoleillée serait propice à la lecture. Elle l'est, mais à tout autre chose. Je me régale néanmoins avec l'essai de Tesson, Dans les forêts de Sibérie. Absolument pas en adéquation avec le climat, chose étonnante venant de moi, mais un délice quand même.

Je vous souhaite de belles lectures, dans la douceur de mai.

 

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