Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

27 février 2017

Harry Potter et la chambre des secrets, J.K. Rowling

Harry Potter et la chambre des secretsHarry Potter et la chambre des secrets est le deuxième tome de la célèbre saga de l'anglaise J.K. Rowling, paru en 1998 au Royaume-Uni, avant de paraître en France  chez Gallimard  en 1999.

Après sa première année à Poudlard, Harry retourne passer l'été chez son oncle et sa tante moldus, les Dursley. Le jeune garçon se languit de retourner à l'école de sorcellerie et d'y retrouver ses amis. Mais un soir, une drôle de créature fait irruption  dans sa chambre. Dobby, c'est son nom, le met en garde : Harry ne doit pas retourner à Poudlard car un grand danger rôde. Une mystérieuse chambre des secrets dissimulée dans les murs de l'antique château va être ouverte et le monstre qui s'y trouve libéré. Malgré ses craintes, Harry décide d'ignorer l'avertissement de l'elfe de maison.

Je poursuis ma relecture de la série, à raison d'un tome par mois, avec mes acolytes de lecture. Et si l'intrigue du premier tome est assez similaire à son adaptation cinématographique et que je l'avais bien en tête, dès ce deuxième volume, des divergences apparaissent et offrent à cette relecture une saveur particulière. La psychologie des personnages est finement travaillée et commence à laisser apercevoir la densité qu'ils prendront au fil des tomes. Les personnages secondaires, nombreux, bénéficient eux aussi d'un traitement intéressant et participent de la construction de cet univers fabuleux.

L'intrigue est très bien orchestrée et même en connaissant par coeur son dénouement, je me suis surprise à noter des indices ou des éléments de détails que je n'avais jamais vus, malgré mes nombreuses lectures de la série.

Inutile d'en faire des tartines. Tout a été dit ou presque sur Harry Potter. Alors je termine juste ce billet en évoquant une nouvelle fois le plaisir que j'éprouve à me plonger dans ces pages et à retrouver cet univers à la fois inquiétant et rassurant qui a fait de Harry Potter la série à succès qu'elle est. J'ai hâte de poursuivre la suite de la série et d'en parler au fur et à mesure avec mes co-lectrices ! (parce que c'est ça aussi la magie de Harry Potter : pouvoir en parler des heures avec plein de lecteurs différents, aux sensibilités diverses).

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25 février 2017

Outlander T.2 Le Talisman, Diana Gabaldon

Outlander TLe Talisman est le deuxième tome de la série Outlander (ou encore Le Chardon et le Tartan ou Le Cercle de pierre) imaginée par Diana Gabldon dans les années 1990 et remis dernièrement sur le devant de la scène par son adaptation en série télé.

1968. Frank, le mari de Claire, vient de mourir. Cette dernière retourne en Écosse avec leur fille, Brianna, afin de chercher des traces de son passé. Celle qui a voyagé dans le temps grâce à un cromlech se souvient de son incursion dans le 18ème siècle écossais aux côtés de Jamie, un Highlander dont elle est tombée follement amoureuse et avec qui elle a fuit à Paris, à l'époque de Louis XV. Déterminés à empêcher la rébellion jacobite et l'accession au trône de Charles-Edouard Stuart , Jamie et Claire infiltrent la société mondaine parisienne pour éviter une répression sanglante dans les Highlands.

Souvenez-vous, j'avez adoré le premier tome des aventures de Claire et Jamie le mois dernier. Et j'ai naturellement continué sur ma lancée dans cette saga, avide de découvrir la suite des aventures de ce duo britannique dans l'Écosse de 1745.  Mais je dois avouer que le début de ce second tome a eu raison de mon enthousiasme, Diana Gabaldon décidant de planter son intrigue en 1968 et de délaisser le voyage dans le temps cher à mon coeur. Passé le premier moment de déception (j'adore la lande écossaise rabattue par les vents et les Highlanders et leur finesse légendaire, c'est vrai !), j'ai poursuivi ma lecture avec curiosité. Et force est de constater que l'auteure maîtrise son sujet à la perfection. En construisant son intrigue de la sorte, elle parvient à distiller un suspense dès les premiers chapitres et d'enferrer son lecteur dans les méandres de l'histoire. Les lieux se mélangent, les époques aussi, et le voyage dans le temps, au coeur de l'intrigue, prend toute sa dimension. Pourquoi Claire est-elle revenue dans le présent ? Et qui est donc Brianna ? Voilà des questions que le lecteur se pose très rapidement...

Les personnages gagnent en épaisseur psychologique, la romance en intensité, la trame historique est toujours aussi riche et bien traitée et l'ensemble fonctionne très bien. Je ressors de ces 950 pages enchantée, bercée par le vent écossais, sentant dans mon nez les effluves de whisky qui hantent ces pages et je n'ai qu'une envie : y retourner ! Je vais certainement intercaler quelques lectures entre la fin de ce tome et le suivant, mais je ne vais pas trop tarder : Claire et son bel écossais commencent déjà à me manquer !

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22 février 2017

Culottées T.1, Pénélope Bagieu

Culottées TCulottées est un album de Pénélope Bagieu paru en septembre 2016 chez Gallimard. Il regroupe les quinze premières planches prépubliées de façon hebdomadaire par la jeune illustratrice sur le blog éponyme qu'elle a lancé sur le site du Monde. Un second album a suivi, en janvier 2017.

Clémentine Delait - la célèbre femme à barbe -, Margaret Hamilton - qui terrorisa des générations d'enfants par ses rôles de sorcières terrifiantes -, Giorgina Reid - gardienne d'un phare et experte en terrassement -, Agnodice - gynécologue au IV av. JC -, Joséphine Baker - actrice, résistante et mère de famille nombreuse-, etc. Pénélope Bagieu dresse dans cet album le portrait de quinze femmes qui se sont élevées contre la pression sociale de leur époque pour vivre librement et accomplir leurs rêves.

J'avais entendu parler de l'initiative de Pénélope Bagieu d'un blog consacré à des femmes culottées (et c'est le cas de le dire !) l'an dernier, sorti conjointement mais sans rapport avec le scandale d'Angoulême quant à l'absence de femmes sélectionnées pour le Grand Prix du Festival, mais je n'avais pas eu l'occasion d'aller y jeter un oeil. Il a fallu qu'on me mette cet album sous le nez ce weekend pour que je m'y plonge dedans... et j'ai rudement bien fait !

Il sont loin le dessin et le ton de Joséphine ou de Cadavre exquis, les premiers albums de Pénélope Bagieu.  La jeune illustratrice a évolué dans son trait et son propos et nous livre ici un album intéressant et intriguant. Recueil de chroniques sur ces femmes qui ont su croire à leurs rêves malgré les freins de leurs époques, l'album est un bel hommage à ces personnalités oubliées ou ces célébrités intimistes. Chaque portrait s'étale sur quelques planches, Pénélope Bagieu résumant avec humour la vie de ces femmes. Ces quinze mini biographies sont autant d'appels à découvrir le destin de chacune de ces femmes, forçant le respect chacune à sa manière. Une très belle lecture, ode à la condition féminine et porteuse d'une universalité malgré les époques et les continents. Merci Marion et Flo !

Planche 1 Planche 2

 

Si comme moi vous n'avez pas le tome 2 sous la main et envie de découvrir les quinze autres portraits de ces femmes d'exception, rendez-vous sur le blog Culottéestoutes les planches sont disponibles !

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo' !

 

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18 février 2017

Rue des boutiques obscures, Patrick Modiano

Rue des boutiques obscures, Patrick ModianoRue des boutiques obscures est le sixième roman de l'écrivain français Patrick Modiano - dont l'oeuvre a été couronnée par le Prix Nobel de littérature en 2014 - paru en septembre 1978. 

Guy Roland est détective. Guy Roland est amnésique, aussi. Quand son patron part à la retraite, Guy décide de partir sur les traces de son identité oubliée. En remontant les maigres pistes parisiennes dont il dispose, il retrouve son nom, ses proches et recompose son passé.

Première incursion dans l'oeuvre de Modiano, ma lecture de Rue des boutiques obscures s'est faite dans l'avion qui m'amenait à Prague, il y a quelques jours. Je suis tombée sous le charme de cette intrigue tournée vers la quête identitaire et la reconstitution d'un passé oublié. Le narrateur, qui enquête sur sa vie avec la précision de son ancienne profession, est un personnage difficile à cerner, qui ne donne à voir que ce qu'il désire de lui. Personnage flou, à l'identité insaisissable, il erre à la recherche de fragments de son passé pour comprendre qui il a été tout en étant observateur des souvenirs que chacun lui relate. Le charme de ces rencontres opère à chaque page, et le lecteur de suivre avec intérêt la reconstruction de ce moi brisé.

Un roman très court, déroutant, captivant, à la limite de l'absurde. Une très belle rencontre avec l'oeuvre de Patrick Modiano.

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15 février 2017

Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand

Désolée je suis attendue, Agnès Martin-LugandDésolée, je suis attendue est le quatrième roman d'Agnès Martin-Lugand paru en avril 2016 aux éditions Michel Lafon.

Yaël, jeune interprète dans une agence parisienne réputée, est obnubilée par son travail. Délaissant amis et famille, la trentenaire qu'elle est devenue n'a plus rien de la jeune fille insouciante et légère qu'elle était dans sa jeunesse. Son quotidien, rythmé par son travail, ne laisse aucune place à une quelconque vie personnelle et ses proches s'en inquiètent. Mais quand un vieil ami refait surface et que la bande de copains de l'université se reforme peu à peu, Yaël vacille et son équilibre aussi. Et si la vie qu'elle avait choisie ne lui correspondait pas ?

Ayant adoré Les gens heureux lisent et boivent du café et La vie est facile, ne t'inquiète pas - respectivement les premiers et troisième romans d'Agnès Martin-Lugand qui se suivent et reprennent les mêmes personnages - j'ai sauté sur l'occasion de découvrir celui-ci, anticipant avec délectation une lecture agréable. Malheureusement, je me suis ennuyée dans ces pages, éprouvant un goût de déjà-vu assez dérangeant. Les personnages sont caricaturaux - Yaël ressemble à un Patrick Bateman d'American Psycho en version féminine pas meurtrière, tandis que les personnages secondaires sont de pâles êtres de papier sans consistance aucune -, l'intrigue prévisible dès les premières pages, et la romance insipide. Les pages défilent au son d'écueils qui se succèdent et qui donnent à l'ensemble un goût superficiel. 

Bref, une rencontre ratée avec une auteure qui a su me ravir avec deux romans. Ma déception est certainement à la hauteur de la joie éprouvée à la découverte de ces derniers, mais je ne m'avoue pas vaincue et découvrirais avec plaisir ses deux romans que je n'ai pas lus, Entre mes mains le bonheur se faufile, paru en 2014, et J'ai toujours cette musique dans la tête qui sortira en mars.

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12 février 2017

Un joli weekend à Prague

Si vous me connaissez un peu, vous savez que j'ai la bougeotte, que j'adore voyager et découvrir d'autres horizons et que lorsque je reste trop longtemps à un endroit, j'ai les semelles qui me démangent (très belle image que j'emprunte à Julien Blanc-Gras dans son récit Touriste). C'était le cas ces derniers temps, et même si je n'ai pas de gros projet de voyage en vue (comme le Vietnam en sac à dos l'an dernier), j'ai quand même ressenti le besoin de vadrouiller quelques jours... Et mon choix s'est porté sur Prague, à l'occasion d'une dernière minute alléchante et intéressante. Difficile de résister, quand cela faisait plus de dix ans que je tournais autour de cette ville. Petit retour en image sur cette escapade (si vous êtes sur Instagram, vous avez peut-être suivi une partie de mes péripéties !)

Arrivée à 18h, j'ai posé ma mini-valise dans mon appart et j'ai commencé à vadrouiller dans la ville, alors que la nuit se couchait. Vu le froid mordant, une halte repas s'est imposée rapidement, et si la gastronomie tchèque fait la part belle aux ragoûts et autres viandes en sauce, j'ai plutôt opté pour une autre spécialité : le fromage pané ! (tout sauf léger, je vous l'accorde)

Smazeny syr ou fromage pané

J'ai passé ma première soirée dans un théâtre noir, tradition tchèque née en 1796 en bohème centrale avec Pierrot, entre ballet et pantomime. C'était merveilleux, onirique et envoûtant. Les photos étaient interdites, mais voilà la bande-annonce du spectacle que j'ai vu.

 

Après ça, dodo ! Le lendemain matin, direction Le Grand café de la Maison centrale - au décor Art nouveau, avec serveurs en livrée, chariot de pâtisserie, lustres en cristal et argenterie - pour un petit déjeuner délicieux. 

 Kavarna Obecni Dum Apfelstrudel et tartines !

Une fois l'estomac plein, c'est sous quelques flocons de neige qui dansaient dans l'air et un froid mordant que j'ai découvert Prague, de jour, avec ses ruelles à l'architecture baroque, ses façades aux couleurs pastel qui semblent sorties d'un décor de Disney et sa majestueuse place de la Vieille-Ville et son horloge astronomique. 

 La place de la Vieille-Ville

La place de la Vieille-Ville vue dans une bulle L'horloge astronomique  

Notre-Dame-de-Tyn, une sombre église gothique datant du 14e siècle, pourvue de deux flèches gigantesques.

Notre-Dame-de-Tyn

Une balade au coeur de la vieille ville aux bâtiments gothico-baroques. 

Stare mesto, la vieille ville Stare Mesto, la vieille ville

Le pont des soupirs ?

Maisons Praha et Topic, Art nouveau 

Façades dans Nove Mesto, Prague

J'ai ensuite poursuivi ma journée, après un vin chaud salvateur pour mes doigts, en traversant la Vltava pour aller visiter le Château, symbole de la ville.

Le Château, au-delà du Pont Charles

La fin du pont Charles

  Terminer l'ascension vers le Château par la rue Nerudova et ses échoppes médiévales

La rue Nerudova 

Le Château, s'étendant sur 42 hectares, j'ai choisi d'en visiter une partie, dont le Palais royal, la Cathédrale Saint-Guy et la ruelle d'or, composée de petites maisons basses de toutes les couleurs où la légende dit que Rodolphe II logeait ses alchimistes. 

Katedrála svatého Víta ou Cathédrale Saint-Guy  Salle Vladislas du Palais royal

Une bibliothèque ingénieuse La sortie du Palais royal

Une gigantesque couronne de l'Avent, sur la porte d'une boutique de la ruelle d'or, met en valeur l'artisanat tchèque traditionnel.

Artisanat tchèque

Après la visite du Château, j'ai décidé de poursuivre ma découverte de la ville par un arrêt dans l'ancien ghetto juif.

Vue sur Prague, depuis le Château

Sur les murs de la Synagogue Pinkas, transformée en mémorial, les noms des 77297 victimes tchèques de l'Holocauste.

Synagogue Pinkas Murs de la Synagogue Pinkas

 La gorge nouée, après l'exposition à l'étage de cette même synagogue de dessins d'enfants internés dans le camp de Terezin (je n'ai pas pu faire de photo tant l'émotion m'a étreinte), j'ai poursuivi la visite du ghetto par l'ancien cimetière où reposent 100 000 juifs et où 12 000 stèles composent un étrange tableau. 

Le Cimetière juif, Prague

Le Cimetière juif, Prague 

Après un dernier tour en ville, j'ai craqué et goûté un trdelnik, pâtisserie slovaque cuite à la broche et garnie au choix de pommes, de glace, ou de chocolat, comme ici ! C'est délicieux mais légèrement périlleux à manger tout en restant digne...

Un trdelnik au chocolat, Prague

Après une bonne nuit réparatrice, je me suis réveillée pour ma deuxième et dernière journée à Prague. Je tenais absolument à découvrir le Musée Mucha, consacré à un artiste que j'adore. Mais la visite a été de courte durée et assez frustrante (je lui ai trouvé moins d'intérêt que la rétrospective que j'avais pu voir à Montpellier en 2009). 

Musée Mucha, Prague Musée Mucha, Prague

Un arrêt pour me réchauffer dans une pâtisserie réputée m'a permis de découvrir ce que je pensais être une erreur de la serveuse : une infusion de framboise, soit de l'eau chaude versée sur des framboises. J'avais commandé du thé, j'ai eu cette tasse mais finalement c'était délicieux et réconfortant ! 

Gâteau et infusion à la framboise

 Enfin, en attendant de repartir prendre mon avion, j'ai marché encore et encore dans la ville, découvrant de petites merveilles d'art par hasard : une sculpture en métal tournante représentant une tête (je n'ai pas su identifier qui c'était et il n'y avait pas panneau explicatif) et une sculpture rhabillée avec un tricot représentant un tableau de Klimt. Brillant !

Sculpture, Prague Klimt en tricot

Et puis il a été temps de partir... Un weekend éclair qui m'a permis d'avoir un premier aperçu de la ville. J'ai adoré la découvrir et me plonger dans son histoire. Il reste encore beaucoup à découvrir, c'est sûr, mais cette échappée m'a fait le plus grand bien depuis celle que j'avais faite à Anvers en novembre (mais dont je n'avais pas parlé ici !). Et comme j'ai eu un peu de temps pendant les transports, j'ai pu lire Rue des boutiques obscures de Patrick Modiano et Désolée, je suis attendue d'Agnès Martin-Lugand sur mon Kindle. Vous connaissez donc mes prochaines chroniques !

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05 février 2017

Touriste, Julien Blanc-Gras

Touriste, Julien Blanc-GrasTouriste est le troisième livre du journaliste globe-trotter Julien Blanc-Gras paru en 2011 aux éditions Au Diable Vauvert. 

Julien Blanc-Gras se qualifie ni plus ni moins de touriste. Ni explorateur, ni Indiana Jones des temps modernes, juste touriste. Quelqu'un qui parcourt le monde en dilettante, à la rencontre des autres, de leur culture, de leur histoire, de leur quotidien. Touriste est un récit de ses escapades diverses et variées aux quatre coins du monde.

Voyager, c'est un peu ma vie (comme H&M, Monoprix et les crêpes diraient certaines...) et comme Julien Blanc-Gras, si je reste trop longtemps à un endroit, je finis par avoir les semelles qui me démangent (c'est le cas en ce moment). Ce livre était donc fait pour moi et je me suis régalée à sa lecture.

De la Chine au Proche-Orient, du Royaume-Uni à l'Inde, de la Polynésie au Brésil en passant par Madagascar et le Mozambique, je me suis retrouvée dans beaucoup de réflexions et de situations décrites par l'auteur et j'ai éclaté de rire plus d'une fois. Car sous couvert d'un regard observateur sur les pays qu'il parcourt, cet amoureux de la géographie et de la cartographie nous livre avec un humour très fin le fruit de ses pensées sur les us et coutumes des autochtones mais aussi - et surtout - sur les touristes. Jamais hautain ni donneur de leçon mais en toute humilité, il parcourt le monde sans jamais être dupe de ce qu'il voit ou ce qu'il vit. C'est beau, souvent drôle, parfois triste, toujours finement étudié.

J'avais commencé à l'envers en lisant l'adapation de ce livre en BD par Mademoiselle Caroline chez Delcourt. Je ne regrette absolument pas d'être revenue à la source en découvrant ce texte. A mettre entre les mains des voyageurs, mais pas que. On est tous touristes...

"Le caractère magique des cartes m'offrait mon premier choc esthétique. Aujourd'hui encore, je reste persuadé que la projection de Mercator, en dépit de ses imperfections, dévoile une grâce supérieure à la Joconde." (p.10)

"Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas si exigeant. Touriste, ça me suffit. Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d'être futile. De s'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire. Le touriste inspire le dédain, j'en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C'est un cliché qui résulte d'une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu'un." (p.12)

"J'ai fait une expérience inédite. C'est une bonne nouvelle en soi. Certaines personnes ne font jamais rien pour la première fois. Ils naissent, ils achètent un canapé, ils meurent." (p.75)

"Dans la plupart des pays, ma couleur de peau trahit le gringo. Je trimballe l'Occident avec moi, je ne peux pas y échapper. Mes origines inspirent la fascination ou le ressentiment, et toute la palette de préjugés se situant entre les deux." (p.109)

"Je n'ai rien contre la géopolitique de comptoir, c'est un miroir grossissant des névroses d'une société." (p.123)

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01 février 2017

Bilan de lecture janvier 2017

Bilan de lecture doré

Les livres chroniqués

(cliquez sur les couvertures pour lire mes chroniques)


Bilan du mois

Un début d'année riche en lectures très différentes. Si le début du mois a été marqué par des lectures nippones, la fin a davantage été consacrée à la jeunesse, le tout entrecoupé d'une plongée en Écosse avec la série Outlander (je suis en plein dans Le Talisman, le deuxième tome de la saga de Diana Gabaldon). Je continue de picorer ça et là les livres, au gré de mes envies, entre lectures que je peux/veux présenter à mes lycéens durant notre club lecture, livres prêtés, offerts ou dans ma PAL depuis trop longtemps, etc. Et ce mois-ci petite victoire, j'ai réussi à tenir ma seule résolution de l'année : chroniquer toutes mes lectures en temps et en heure et ne pas avoir de billets en retard dans mon bilan... Pourvu que ça dure !

Bon mois de février en lecture à tous !

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30 janvier 2017

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure DeslandesLe collège des éplucheurs de citrouilles est le premier roman de Laure Deslandes, enseignante de lettres classiques dans le Finistère. Il est paru le 25 janvier à L'Ecole des Loisirs.

Elliot, douze ans, est envoyé en internat dans le collège des Museaux, un minuscule collège breton un peu étrange. Là-bas, pas de programme conventionnel mais des cours d'estonien, un chantier collectif de maison à énergie passive en technologie ou encore de semence en botanique et une cantine bio et locavore qui fait la part belle aux produits du terroir. Une vie simple, au rythme des saisons que les enfants du village apprécient depuis leur enfance. Mais pour Elliot et les autres internes, tous au passé chaotique, l'acclimatation est dure. Heureusement pour celui-ci, dans sa classe de cinquième Hérisson, il y a Péline, une grande rousse joyeuse et généreuse qui va lui tendre la main et l'aider à s'intégrer dans ce nouvel environnement.

Quel régal ce roman ! Intriguée par le titre et le résumé un peu décalé, j'ai ouvert Le collège des éplucheurs de citrouilles sans savoir véritablement à quoi m'attendre. Et si le début m'a un peu rebutée - me rappelant que trop mes problématiques professionnelles - j'ai finalement pris beaucoup de plaisir à découvrir ce collège loufoque aux cours aussi barrés que ses enseignants.

Les personnages adolescents sont traités avec beaucoup de soin, et Elliot et Péline forment un duo attendrissant aux fêlures vraisemblables. Malgré l'aspect décalé des cours peu conventionnels, des problématiques de cet âge sont abordées - le premier émoi, la vie en communauté, l'amitié, la transformation du corps, etc. - tout comme les relations parents enfants. C'est fin, bien étudié, même si l'ensemble s'approche d'une belle utopie par certains aspects. Portée par un humour décapant qui témoigne d'une belle connaissance des adolescents, l'intrigue avance à bon rythme, dans une langue fleurie et riche comme les parterres du collège. On se prête à rêver à un établissement scolaire où le cuistot servirait des crumbles maison après un cours d'escalade dans les arbres, à la découverte des différentes essences. Bref, un premier roman très réussi qui plaira sans aucun doute autant aux lecteurs de l'âge d'Elliot et Péline qu'aux plus grands.

Un grand merci à Coline et aux éditions L'Ecole des loisirs pour ce roman.

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25 janvier 2017

Le sixième Dalaï-Lama T.1, Zhao Ze et Guo Qiang

Le sixième Dalaï-LamaLe sixième Dalaï-Lama est un manhua - bande dessinée chinoise - illustré par Zhao Ze et scénarisé par Guo Qiang, paru en août 2016 aux éditions Fei, maison d'édition spécialisée dans la BD chinoise. 

Tawang, petit village du Sud de l'Himalaya, 1694. Lobsang y coule une vie paisible de paysan-esclave avec ses parents. Un matin, alors qu'il se rend aux champs avec Gelaï, son renard blanc, Lobsang fait la connaissance de Makye Ame, fille du seigneur local. Ignorant les conseils de ses domestiques, la fillette se lie d'amitié avec Lobsang, et, accompagnée de Dédi, sa fidèle servante, passe son temps libre avec lui. Les années passent et font naître une solide amitié entre les trois enfants. Mais le trio est loin de se douter que le cinquième Dalaï-Lama est mort depuis quinze ans et que les lamas se mettent en quête de sa réincarnation à travers le pays.

Je vous vois venir : "Mais elle a fini de nous ennuyer avec ses lectures autour du bouddhisme ?" Je vous arrête tout de suite : c'est un hasard, j'ai piqué cet album au boulot, attirée par sa couverture (et son sujet, je ne vous le cache pas !). Et autant vous le dire tout de suite : je suis tombée sous le charme de ses planches aussi belles que contemplatives.

Les personnages, tout en rondeur, semblent porter l'innocence de leur âge sur leurs visages, dominés par leurs grands yeux candides et leurs joues rosies par le vent qu'on imagine souffler dans ce petit village tibétain. Zhao Ze apporte tout autant de soin au traitement de ses paysages et chaque double page est un enchantement onirique porté par des couleurs douces.

L'intrigue se met en place doucement, et le suspense en est absent, mais qu'importe. La beauté réside ailleurs, dans cette amitié entre les enfants, entre Lobsang et son renard ou encore dans cette vie simple proche de la nature. Un très bel album que j'ai adoré découvrir et dont j'ai hâte de connaître la suite.

Planche 1 Planche 3

Planche 4 Planche 2

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo !

 

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