Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




15 mai 2019

Le château des étoiles T.4 Un français sur Mars, Alex Alice

Le château des étoiles 4 Alex AliceUn français sur Mars est le quatrième tome de la série Le château des étoiles imaginée par Alex Alice. Il est paru en septembre 2018 aux éditions Rue de Sèvres. 

Arrivés sur Mars, Séraphin et ses amis se mettent en quête de l'expédition prussienne qui les a précédés et qui retient en otage le Professeur Dulac. Lorsqu'ils retrouvent les restes du vaisseau sans signe de vie, le petit groupe panique. Mais ils n'ont guère le temps de s'en préoccuper car Gudden, venu avec eux, dévoile son jeu : le père de Séraphin n'est pas sur Mars et Gudden n'est ici que pour permettre de rapporter de l'etherite sur Terre. Une rixe éclate alors entre Séraphin et Gudden et Séraphin est vite assommé et perd connaissance. Lorsqu'il réouvre les yeux, il est seul. Ses amis l'auraient-ils abandonné sur Mars ? Très vite, l'adolescent se rend compte qu'il n'est pas seul et que la planète est habitée par d'étranges créatures.

Deuxième tome du diptyque consacré à la planète rouge, Un français sur Mars entraîne une nouvelle fois son lecteur dans une aventure rocambolesque. Elle est bien loin, la Bretagne du précédent tome et les temps calmes de la vie de Séraphin et ses amis. Dans ce nouvel album qui se déroule exclusivement sur Mars, la petite troupe est confrontée à la trahison, l'isolement et la folie, parfois, le tout sur une planète inconnue où la vie n'a pas encore été étudiée.  
Alex Alice poursuit l'exploration de l'univers qu'il a construit, offrant à la fois de superbes planches dignes de planches de botanique, où minéral et végétal se mélangent pour mieux se confondre, et une intrigue riche et rythmée. La palette de couleurs utilisée est chaude, ressemblant parfois à un arc-en-ciel, et malgré la guerre qui sourd pour exploiter les ressources de Mars, cette dernière semble accueillante et pacifique.  
Les héros ont bien grandi depuis le premier tome, et ce sont maintenant des adolescents qui parcourent l'espace au volant de leurs engins bricolés. Le côté steampunk est toujours bien présent, avec ces machines volantes tout droit sorties de l'imagination d'inventeurs de génie.  
L'humour est toujours présent, mais c'est un tome plus sombre que signe ici Alex Alice, en proie aux affres d'un monde qui ressemble étonnamment au nôtre. La question du racisme est évoquée sous couvert de fantastique, tout comme celles de la tolérance et du vivre-ensemble. Un nouveau chapitre aussi soigné qu'intéressant, qui ouvre encore de nouvelles portes dans les aventures de Séraphin et ses amis. Une série qui gagne en densité au fil des tomes, gardant l'onirisme de Miyazaki et le côté scientifique bien marqué qui rappelle sans cesse Jules Verne. 

Mon avis sur les trois premiers tomes : 

Le château des étoiles T image 

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

Planche 1 Planche 2

 

Planche 3Planche 4

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

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12 mai 2019

Blanc Mortel, Robert Galbraith

Blanc Mortel Robert GalbraithBlanc Mortel est le quatrième tome de la série Cormoran Strike, série imaginée par J.K. Rowling sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru le mois dernier aux éditions Grasset. 

Le jour où un jeune homme en apparence déséquilibré sonne à l'agence de détectives de Cormoran Strike, ce dernier a tout lieu de penser que celui-ci affabule. Billy, c'est son nom, dit avoir été témoin du meurtre d'une enfant lorsqu'il était jeune et veut que la vérité soit faite sur cette sombre histoire. Mais avant que Strike ne puisse l'interroger, Billy s'enfuit. Tiraillé, l'enquêteur ne sait quel crédit accorder à ses dires mais par acquit de conscience, commence à effectuer quelques recherches. En parallèle, il se lance avec son associée, Robin, dans l'espionnage politique, alors qu'un Ministre victime de chantage, leur demande de trouver des charges contre son ennemi en infiltrant le Parlement. Les deux enquêtes sont sinueuses et piétinent, d'autant plus que Cormoran souffre désormais d'une certaine notoriété l'empêchant d'agir sur le terrain sans être découvert.

Souvenez-vous : depuis deux mois, je suis plongée dans cette série de mon auteure favorite. Début mars, je découvrais L'appel du coucou, et si le rythme un peu lent me déroutait un peu, je persévérais néanmoins en enchaînant directement avec le deuxième tome, Le Ver à soie, que je dévorais en moins de quinze jours, avant de me plonger littéralement dans le troisième, La Carrière du Mal, dont je sortais haletante, perdue dans l'attente de la sortie de ce quatrième tome en français.  
Autant vous dire que j'attendais ce dernier avec une impatience rare et que sitôt en ma possession, je me suis lancée dans sa lecture avec délectation.  
J.K. Rowling signe ici un tome foncièrement différent des trois premiers. Si la trame demeure la même - une enquête de terrain pourvue de multiples rebondissements - le rythme du roman est plus lent, plus centré également sur ses deux héros, Cormoran et Robin. Le roman avance progressivement au fil des 700 pages, à la fois sur l'intrigue du chantage politique, à la fois sur l'histoire du meurtre de l'enfant mais aussi sur les relations personnelles de Cormoran et de Robin. Cette dernière tente de sauver son mariage, alors que celui-ci n'a qu'un an, tandis que Cormoran s'enlise dans une relation sans lendemain avec une dénommée Lorelei, qui attend beaucoup plus de l'ancien soldat unijambiste.  
R
este que, malgré une intrigue riche et fouillée, des personnages qui gagnent en densité psychologique, j'ai eu plus de mal à apprécier ce tome, me perdant un peu dans ses méandres labyrinthiques. J'ai mis près d'un mois à le lire, m'endormant souvent dessus (ce qui est rare !), captivée pourtant par les circonvolutions de l'enquête et de la vie des deux personnages principaux. Mais il a manqué une petite étincelle, je crois. Le dénouement est encore une fois inattendu et bien pensé, non dénué d'intensité dramatique, et offre à l'ensemble une portée intéressante. Mais j'ai nettement ressenti un intérêt en baisse au milieu de l'intrigue, avant que celle-ci ne s'accélère à nouveau.  
U
n tome que je referme donc avec plaisir, certes, mais pas autant que les trois premiers. J'attendrai quand même avec plaisir la sortie du prochain, que je lirai peut-être en anglais, pour éviter d'avoir à attendre la sortie française. Une série qui reste ma série coup de coeur de l'année, malgré cette petite déception.

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03 mai 2019

Bilan de lecture Avril 2019

Bilan Avril 2019

Mes lectures d'avril

(cliquez sur les couvertures pour lire mes chroniques)


Bilan

Un joli mois de lecture, placé sous le signe du Japon, avec le Challenge Un Mois au Japon organisé par Lou et Hilde, mais aussi - encore et toujours - des Enquêtes de Cormoran Strike, la série de J.K. Rowling signée du pseudonyme de Robert Galbraith. J'ai dévoré le troisième tome, La Carrière du Mal, et je suis pour le moment plongée dans le quatrième, Blanc Mortel, sorti ce mois-ci en français.   
Un mois de jolies découvertes avec notamment Ueno Park, coup de coeur jeunesse signé Antoine Dole, La papeterie Tsubaki d'Ito Ogawa ou encore Un putain de salopard, la dernière BD signée Loisel et Pont.  
J'espère que le mois de mai me réserve d'aussi belles découvertes et que les nombreux jours fériés me permettront de me plonger avec délice dedans.

Je vous souhaite un joli mois de mai à tous ! 

 

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27 avril 2019

La vérité sur Dix petits nègres, Pierre Bayard

La vérité sur dix petits nègresLa vérité sur Dix petits nègres est le dernier essai de critique policière de l'universitaire et psychanalyste Pierre Bayard. Il est paru en janvier aux éditions de Minuit. 

Tout le monde connaît le célèbre roman d'Agatha Christie, Les dix petits nègres. Dix personnages, sur une île en pleine tempête, sont tués chacun leur tour, tandis qu'une comptine macabre hante les murs et que des statuettes disparaissent au fur et à mesure des meurtres. Et si le meurtrier n'était pas celui que la Reine du crime a désigné comme tel ? Et si, malgré tous les indices, les lecteurs du monde entier s'étaient fourvoyés depuis quatre-vingts ans en n'identifiant pas le bon coupable ? Pierre Bayard donne la parole au meurtrier pour qu'il explique ce qui s'est réellement passé sur l'île. 

Entre Pierre Bayard et moi, c'est une histoire qui dure depuis longtemps. Je l'avais découvert avec sa première critique policière Qui a tué Roger Ackroyd ? il y a dix ans, et, conquise, j'avais poursuivi avec L'affaire du Chien des Baskerville, Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? et enfin Et si les oeuvres changeaient d'auteur ?  
A chaque fois séduite par son style et sa déconstruction des grands classiques de la littérature, j'ai succombé à l'appel de son dernier essai, après être allée l'écouter en parler à la Librairie Autour du Monde près de chez moi.   
Encore une fois, il nous entraîne dans une relecture d'un classique du genre et cherche les invraisemblances du texte pour en proposer une solution alternative élégante, plausible et logique.  
L'exercice de style n'est pas évident mais Pierre Bayard s'en sort avec brio, comme toujours, empruntant aux illusions d'optique, à la psychologie, à la prestidigitation ou encore aux fantasmes liés à l'île pour expliquer son raisonnement.  
Nul besoin d'avoir parfaitement l'oeuvre de Christie en tête, le début de l'essai étant consacré à un résumé des personnages, des faits et de leur chronologie dans l'oeuvre originelle. S'ensuit une deuxième partie consacrée aux invraisemblances et impossibilités de la solution proposée par la romancière. Une troisième partie s'attarde sur ce qui permet de fausser le jugement du lecteur, grâce à une série d'aveuglements multiples, avant une dernière partie consacrée à la solution proposée par Pierre Bayard, à travers son personnage meurtrier.  
L'ensemble, pointu et teinté d'ironie, se lit avec délectation, tout en restant très largement accessible. C'est bien simple, pour ma part j'ai dévoré une grosse moitié dans l'avion qui m'amenait à Londres, avant de le terminer au calme sur ma terrasse. Encore une fois Pierre Bayard réussit le pari de déconstruire une oeuvre littéraire avec élégance. A découvrir sans tarder ! De mon côté, je vais aller fouiner du côté d'Intercripol, association de recherches universitaires pour traquer les personnages criminels. 

"Aborder une île ou en rêver, c'est laisser revenir en soi des récits de l'enfance et se vivre en héros de roman à la découverte de secrets enfouis." (p.127)

"Aussi terrifiante soit-elle, toute histoire nous aide à mettre de l'ordre dans le désordre des faits, le plus souvent aléatoires, qui constituent nos existences." (p.128)

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25 avril 2019

L'amour, le Japon, les sushis et moi, N.M. Zimmerman

9782226329387-jL'amour, le Japon, les sushis et moi est un roman de Naïma Murail Zimmermann, nièce de Marie-Aude Murail et Moka, paru en octobre 2016 chez Albin Michel Jeunesse. 

Lucrèce a quinze ans lorsque sa mère, chercheuse en sciences, décide d'emmener sa famille vivre à Nagoya, au Japon. Depuis la disparition de leur père dans l'Himalaya, Lucrèce et Maximilien, son frère essaient de trouver un équilibre précaire avec leur mère un peu fantasque. Leur nouvelle vie japonaise est l'occasion pour eux d'avancer. Si Maximilien se régale à jouer avec Trobeau, leur chien, et remporte un franc succès à l'école primaire, Lucrèce, pour sa part, peine à s'intégrer au lycée. Obligée de choisir un club pour compléter son cursus, elle rejoint le Club des amateurs de sushis. Mais elle se rend rapidement compte que ce dernier n'est qu'une vitrine pour quatre lycéens qui n'ont pas envie de faire partie d'un club. Rapidement, Lucrèce perçoit des tensions entre Oda et Ryu, les deux garçons du groupe. Elle décide de s'en mêler et d'oeuvrer pour leur réconciliation. Pourquoi ne pas organiser un projet autour du club de sushis ? 

Je dois avouer que je n'espérais pas grand chose en ouvrant ce roman ado. Peut-être un contexte culturel détaillé, quelques traditions ça et là et un soupçon de Japon d'aujourd'hui, comme Ueno Park qui m'a littéralement conquise. Et à ce niveau-là, je dois avouer que j'ai été servie.  
L'intrigue prend corps dans un Japon étudié juste ce qu'il faut, où traditions bouddhistes, légendes, gastronomie et mentalités sont rendues accessibles pour le lectorat visé.  
Pour le reste, l'intrigue reste très classique et hautement prévisible. Lucrèce se donne comme mission de réconcilier les deux garçons du groupe et de faire reprendre le violoncelle à Ryu, tout en s'ouvrant doucement au sentiment amoureux et l'intrigue se déroule lentement vers un dénouement attendu. Aucune surprise ni folie dans cette histoire adolescente si ce n'est la rapide question du deuil du père, évoquée alors la mère de Lucrèce a fait croire à son petit frère que ce dernier était resté vivre dans l'Himalaya avec le yéti.  
Un roman ado qui ne me laissera pas grand souvenir mais qui possède le mérite d'apporter une touche culturelle à son lectorat. 

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Un Mois au Japon organisé par Lou et Hilde

 

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24 avril 2019

Un putain de salopard T.1 Isabel, Loisel et Pont

Un putain de salopard TUn putain de salopard est la nouvelle série signée Régis Loisel pour le scénario et Olivier Pont pour le dessin. Le premier tome, Isabel, paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Brésil, 1972. Max atterrit à Kalimboantao avec l'envie de rencontrer son père. Sa mère, disparue il y a peu, y a vécu durant les jeunes années de son fils et ne lui a jamais parlé de son père. En triant ses affaires, il est tombé sur deux photos sur lesquelles elle pose avec Max et un homme. Mais lequel de ces deux hommes est son père ? Aidé de trois françaises, Christelle, Charlotte et Corinne, Max commence ses recherches, en plein milieu de l'Amazonie, tandis que la transamazonienne est en train d'être construite. Mais le milieu est rude, la prostitution et la violence omniprésentes, et la vie tient à peu. Max déchante vite de son rêve d'exotisme et se heurte à la réalité de la jungle des années 70.

Ouvrir cet album, c'est plonger instantanément dans la moiteur de la jungle brésilienne, au coeur d'une intrigue que l'on pressent riche et intense. Loisel réussit à transporter son lecteur dans une histoire qui allie sérieux et humour, le trio de françaises n'étant pas en reste pour les blagues vaseuses et la déconne. Le timide Max se déride rapidement en compagnie des trois amies et sa quête familiale prend une tournure plus légère. Mais ça serait sans compter le contexte dans lequel les jeunes gens ont débarqué. 
Christelle et Charlotte sont infirmières expatriées et rejoignent rapidement le camp forestier dans lequel elles font un remplacement. Là-bas, elles découvrent la précarité et la dangerosité du quotidien au milieu de la forêt. Les jeunes filles sont arrachées à leurs familles pour servir les appétits sexuels des hommes sur les chantiers tandis que ces derniers travaillent dans des conditions dangereuses et n'hésitent pas à utiliser la violence pour parvenir  à leurs fins. 
L'intrigue s'installe progressivement mais sans temps mort aucun. Le lecteur suit en parallèle la quête de Max, aidé de la jeune muette Baïa, et les aventures de Christelle et Charlotte. Le trait d'Olivier Pont offre à l'ensemble un dynamisme certain, porté par des couleurs chatoyantes qui rendent hommage au monde végétal. Les personnages possèdent des traits ronds qui leur confèrent une touche de légèreté bien appréciable dans ce contexte-là. 
Un premier tome hautement addictif qu'il est impossible de lâcher. Une trame de fond qui s'installe en profondeur et dont on perçoit à peine les contours, des personnages attachants et une intrigue à la fois familiale et politique. Bref, un coup de coeur !

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Planche 3

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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17 avril 2019

Prendre refuge, Zeina Abirached et Mathias Enard

Prendre refuge, Zeina Abirached et Mathias EnardPrendre refuge est un album coécrit par Zeina Abirached et Mathias Enard paru en septembre 2018 aux éditions Casterman. 

1939, Afghanistan. Autour d'un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse de l'archéologue Ella Maillart. Cette nuit là, les deux femmes l'apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate. 2016, Berlin. Karsten, jeune allemand qui se passionne pour l'Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s'éprend, malgré leurs différences. 

Deux époques complexes, deux guerres, deux êtres que tout oppose, deux histoires d'amour en noir et blanc. Ouvrir Prendre refuge, c'est s'immerger dans une bichromie fine et graphiquement très aboutie qui bouleverse les codes du genre. Chaque planche est une déconstruction de la double page classique et emmène son lecteur au coeur de ces deux histoires d'amour compliquées.  
Réflexion sur les errances de l'amour hier et aujourd'hui, entre l'Afghanistan et l'Allemagne, entre Kaboul et Berlin, entre deux être que tout oppose, cet album est une magnifique plongée graphique et historique.   
Les auteurs ont pris comme point de départ La voie cruelle, écrit par Ella Maillart et ont tissé leur histoire autour de ce fait-là. Entre la passion entre deux femmes au milieu du désert à celle entre une réfugiée syrienne et un arhitecte berlinois, les ponts sont nombreux. Zeina Abirached et Mathias Enard interrogent la question des différences, notamment culturelles, et déroulent deux histoires d'amour singulières devant les yeux du lecteur.   
Le titre fait référence à la prise de refuge dans le bouddhisme et au lieu de rencontre d'AnneMarie et d'Ella, où des Bouddhas géants veillent sur la vallée mais peut aussi faire penser au refuge trouvé par Neyla en arrivant à Berlin, alors qu'elle fuit Alep et ses bombardements.   
Une claque visuelle autant qu'une magnifique réflexion sur l'amour et ses tourments, Prendre refuge est une pépite à découvrir d'urgence. 

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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12 avril 2019

La papeterie Tsubaki, Ito Ogawa

La papeterie TsubakiLa papeterie Tsubaki est le quatrième roman de la japonaise Ito Ogawa traduit en français. Il est paru en août 2018 aux éditions Philippe Picquier. 

Hatoko a vingt-cinq ans lorsqu'elle hérite de la papeterie de sa grand-mère à Kamakura, petite ville côtière au Sud de Tokyo. Malgré leurs différends, la jeune fille décide de se glisser dans le rôle d'écrivain public et de papetière à laquelle son aînée l'a formée durant toute son enfance. Au fil des saisons, Hatoko prend son rôle de plus en plus à coeur et trouve sa place dans la petite boutique familiale qu'elle gère seule.

Je garde un souvenir très doux du premier roman de cette écrivaine, Le restaurant de l'amour retrouvé. Allais-je retrouver ce souffle poétique et cette lumière en ouvrant son dernier roman ? La réponse est oui, mille fois oui ! 
L'histoire se découpe au rythme des saisons, le livre s'ouvrant sur l'été pour se terminer par le printemps, et le lecteur de suivre le quotidien de la jeune Hatoko
dans la papeterie familiale. 
Ito Ogawa possède une plume très poétique et imagée qui entraîne son lecteur dans la douceur d'un quotidien lent, rythmé par la nature et les saisons. La jeune Hatoko, seule dans la maison familiale, écoule ses journées au rythme de ses commandes d'écrivain public. Avec minutie et rigueur, elle s'acquitte des lettres qu'elle doit écrire à la place des autres, cherchant pour chacune le meilleur papier, la meilleur encre, la meilleure façon d'écrire pour transmettre la volonté de l'expéditeur. 
La plume d'Ito Ogawa est toujours aussi imagée et légère et les pages se succèdent dans le calme de la petite papeterie d'Hatoko. 
Les relations de celles-ci avec L'Ainée, sa grand-mère qui l'a élevée et qui est décédée il y a peu, sont abordée avec toute la pudeur de la culture japonaise. C'est beau, un peu triste parfois, diablement poétique. 
Ode à la vie et à ses petits plaisirs, au Japon et à ses traditions, à l'amitié et à l'amour,
La papeterie Tsubaki est une douceur rare dont il serait dommage de se priver.

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Un Mois au Japon organisé par Lou et Hilde

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10 avril 2019

Le Japon vu par 17 auteurs, Collectif

Le Japon vu par 17 auteurs Le Japon vu par 17 auteurs est un album réalisé par un collectif d'auteurs francophones ou japonais. Il est paru 2005 chez Casterman, dans la collection Écritures. 

Dix-sept auteurs, seize nouvelles - l'une d'elle a été écrite à quatre mains -, pour raconter l'archipel nippon. Seize nouvelles tour à tour réalistes, dramatiques, fantasmagoriques ou encore oniriques pour un Japon éternel.

Ouvrir un recueil de nouvelles, surtout écrites par plusieurs mains, c'est s'exposer à l'inégalité. Et c'est exactement ce qui s'est produit ici, au fil des pages. Si j'ai plongé avec délice dans certaines histoires, certains traits, certaines sensibilité, je dois avouer que d'autres m'ont laissée de marbre, voire ennuyée. 
Davodeau, Taniguchi ou encore Shuiten m'ont conquise sans mesure - mais c'était prévisible - tandis que je suis passée à côté de Sfar - mais c'était prévisible aussi -, Little Fish ou Fabrice Neaud. L'album se lit néanmoins avec plaisir, chaque nouvelle histoire étant une promesse. 
Les dessins sont inégaux, aussi, chacun ayant son style, précis ou griffonné, chargé ou minimaliste, et racontent une histoire d'un Japon réaliste ou fantasmé. 
Malgré l'inégalité de l'ensemble, j'ai passé un agréable moment de lecture, chaque nouvelle étant remplie de détails culturels ou historiques. Amateurs du Japon, allez-y les yeux fermés : je suis certaine que vous refermerez l'album avec quelques pépites en tête.

 

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  La BD de la semaine

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07 avril 2019

La carrière du Mal, Robert Galbraith

La carrière du malLa carrière du Mal est le troisième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike écrit par Robert Galbraith, alias J.K. Rowling. Il est paru en 2016 chez Grasset.

L'agence de détective de Cormoran Strike est de plus en plus prospère, grâce aux enquêtes qu'il a menées avec succès avec Robin Ellacot, son assistante devenue progressivement son associée. Mais lorsqu'un matin celle-ci reçoit un colis contenant une jambe de femme accompagnée de paroles de chanson du groupe de rock Blue Öyster Cult, Cormoran prend peur. La chanson fait référence à un  tatouage que sa mère avait, ce qui met Cormoran sur la trace de trois de ses anciennes connaissances qui pourraient lui en vouloir. L'ancien soldat devenu enquêteur se met immédiatement au travail.  De son côté, Robin, ébranlée par cette découverte, perd peu à peu pied dans son couple avec Matthew, tandis que leur mariage arrive à grands pas. 

C'est bien simple, il ne m'aura fallu qu'un gros mois pour dévorer les trois premiers tomes de cette série et leurs 2200 pages (le quatrième arrive dans quelques jours !). Et autant vous le dire tout de suite : mon enthousiasme n'a pas faibli au fil des tomes, bien au contraire ! 
J. K. Rowling réussit à étonner son lecteur avec une nouvelle intrigue foncièrement différente des deux premières. Dans ce tome, le lecteur plonge dans le passé de Cormoran Strike et ses sombres années. Il en apprend bien plus sur son passé de soldat et son enfance dans des squats avec sa mère et sa jeune soeur. La question de l'amputation est évidemment abordée avec ce membre sectionné reçu au courrier et Cormoran de revenir sur ce qu'il ressent à ce sujet. 
L'intrigue alterne une focalisation sur le meurtrier, dont on sait le minimum, et une focalisation sur Cormoran ou Robin. Les chapitres se succèdent et le lecteur, impuissant, voit la folie meurtrière s'emparer de celui qui ne trouve sa jouissance que dans le fait de découper des femmes et les mettre à sa merci. L'étau se resserre, tandis que Robin, insouciante, se lance à corps perdu dans les filatures que lui confie Cormoran.  
Un troisième tome haletant, à la construction bien différente des deux premiers, un dénouement ingénieux autant qu'inattendu, un duo d'enquêteurs dont la psychologie s'étoffe. Bref, on en redemande !

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