Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




24 mars 2019

Le Ver à soie, Robert Galbraith

Le Ver à soie, Robert GalbraithLe Ver à soie est le deuxième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike que J.K. Rowling signe du pseudonyme Robert Galbraith. Il est paru en 2014 chez Grasset.

Après avoir résolu le meurtre de Lula Landry, le détective Cormoran Strike croule sous les enquêtes. Mais la plupart du temps, celles-ci s'avèrent être des histoires d'adultères et de tromperies. Le jour où Leonora Quine pousse la porte de son agence, Cormoran décide d'aider cette femme effacée. Son mari, célèbre écrivain, a disparu après avoir terminé son dernier roman, Bombyx Mori, dans lequel il règle ses comptes avec son entourage et le monde littéraire. Personne ne prend Leonora au sérieux, jusqu'à ce que Cormoran découvre le cadavre d'Owen assassiné de façon effroyable. Aidé de Robin, qui devient peu à peu sa coéquipière, Cormoran se lance à la poursuite d'un meurtrier aussi froid que calculateur.

En ce weekend de Read-a-thon du Challenge British Mysteries (auquel je ne peux pas participer malheureusement), je voulais vous parler de ce deuxième tome d'une série qui m'ensorcelle depuis un peu plus d'un mois. J'avais en effet beaucoup aimé L'appel du coucou, premier tome des aventures de Cormoran, et c'est avec un plaisir immense que j'ai ouvert la suite de ses enquêtes.  
Le Ver à soie change complètement de décor car si L'appel du coucou plongeait son lecteur dans un décor de mode et de paillettes, cette nouvelle enquête l'entraîne dans le monde éditorial et littéraire. Cormoran et Robin enquêtent dans un univers où les mots sont plus blessants que les actes et où les égos se mesurent à l'aune du nombre de ventes des livres. J.K. Rowling excelle à décrire cet univers dans lequel elle baigne elle-même - même si le succès de ses oeuvres lui a certainement évité les rivalités entres auteurs peinant à percer - et à décortiquer les émois des acteurs du monde du livre. Les personnages sont encore une fois le point fort de cette nouvelle intrigue. De l'agent aigrie à l'auteur prétentieux, de l'attachée de presse volubile à l'éditeur introverti héritier de la maison familiale en passant par son associé alcoolique et naïf, tous ont virevolté aux côtés d'Owen Quine, cet auteur fat et souvent exécrable..   
L'intrigue avance cette fois-ci plus rapidement - j'avais trouvé quelques longueurs au premier tome - et le roman se dévore à une vitesse folle jusqu'au dénouement, aussi réussi qu'inattendu. L'analyse du microcosme littéraire est intelligente, tout comme les allusions à la guerre - Cormoran est un vétéran d'Afghanistan - et la critique est là, finement sous-entendue, entre les lignes.   
C'est un fait : J.K. Rowling réussit avec brio à s'imposer dans le petit monde des auteurs de polars et signe avec ce deuxième tome un excellent policier contemporain. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je suis déjà plongée dans le troisième tome, La Carrière du Mal, si ?

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20 mars 2019

Le murmure des sorcières, Marianne Renoir

Le murmure des sorcièresLe murmure des sorcières est un roman jeunesse de Marianne Renoir paru en janvier dans la collection Neuf de L'Ecole des Loisirs. 

Kaï est une petite sorcière et comme toutes les sorcières, elle est végétarienne, descend des dragons de Komodo et vit sur une île du Pacifique, en tout quiétude. Mais lorsque la montée des eaux menace leur île, les sorcières sont obligées d'émigrer. Après un long vol en balai, elles se retrouvent à Paris et Kaï, très intriguée par les humains, adore les observer. Mais un soir, alors qu'elle rencontre une petite fille qui lui ressemble énormément, sa mère entre inopinément dans la chambre et les confond. Kaï et Marie-Astrid Caramel de Bellegarde - c'est son nom - échangent donc leur vie. C'est le début des aventures pour les deux fillettes !

J'ai toujours aimé les histoires de sorcières. Depuis que je suis petite et que j'ai dévoré la série des Amandine Malabul puis la saga des Chrestomanci et enfin les Harry Potter, j'avoue avoir un faible pour ces univers. Je n'ai donc pas résisté à l'appel de ce court roman jeunesse, dans lequel les sorcières sont végétariennes.    
Mais j'en ressors en demi-teinte. Si l'idée de départ est assez classique - l'échange de deux personnages qui se ressemblent - le traitement sur fond d'intrigue écologique et de sorcellerie m'intéressait grandement.   
Malheureusement, je n'ai été sensible ni au style narratif, ni à l'univers imaginé qui semble arbitraire et trop peu décrit pour qu'on s'y plonge. Heureusement que l'héroïne est attachante et que les questions de tolérance et d'environnements sont bien traitées. Mais je ressors mitigée de cette lecture. 

Merci  à L'Ecole des Loisirs pour l'envoi de ce roman.

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13 mars 2019

Et si l'amour c'était aimer ? Fabcaro

Et si l'amour c'était d'aimer, FabcaroEt si l'amour c'était aimer ? est un album de Fabcaro paru en novembre 2017 aux éditions Six pieds sous terre.

Sandrine et Henri sont heureux et amoureux et rien ne semble pouvoir gâcher leur bonheur. Mais un jour, Sandrine tombe sous le charme de Michel, livreur de macédoine à domicile et chanteur d'un groupe de rock un brin ringard. Le bel équilibre de Sandrine et Henri est rompu... 

Quand on aime, on ne compte pas. Deux mercredis BD autour de Fabcaro, mais que voulez-vous, je suis fan. En ouvrant Et si l'amour c'était aimer ?, attendez-vous à un hommage vibrant aux romans photos, avec cucul et ridicule fournis ! L'intrigue est une romance mièvre à souhait qui n'échappe pas à l'humour féroce et l'ironie de l'auteur. La galerie de personnages fait penser à un feuilleton de série B tel Hélène et les garçons et enchaîne les absurderies. L'humour est présent quasi à chaque vignette, avec cette touche propre à Fabcaro, entre absurde, parodie et références aux 90's.  

Le trait de Fabcaro est plus travaillé et ressemble au genre parodié, le dessin en noir et blanc offrant un réalisme désuet aux personnages.   
J'ai ri du début à la fin, de ces répliques cinglantes ou naïves, de ces personnages caricaturaux, de ces références cachées. Du grand Fabcaro ! A lire sans hésiter et un auteur à découvrir de tout urgence pour ceux qui passent ici et qui ne l'auraient pas encore fait ! 

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La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

  

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07 mars 2019

L'appel du coucou, Robert Galbraith

L'appel du coucou

L'appel du coucou est un roman policier de J.K. Rowling écrit sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru en novembre 2013 aux éditions Grasset.

Mayfair, quartier cossu de Londres. Lorsque la jeune mannequin Lula Landry est retrouvée morte, précipitée de son blacon du deuxième étage, la police croit au suicide. Mais le frère de la défunte est sceptique et engage le privé Cormoran Strike. Cet ancien lieutenant revenu d'Afghanistan amputé, gagne maigrement sa vie en menant des enquêtes et se plonge à corps perdu dans l'histoire de la jeune femme, adoptée par un couple fortunée. Et lorsque son agence d'intérim lui envoie Robin Ellacott en guise de secrétaire, le trentenaire ne se rend pas compte qu'il va rapidement former un duo de choc avec sa partenaire. 

Vous connaissez mon amour pour J.K. Rowling, et pourtant je n'avais pas encore mis le nez dans sa série de polars écrite sous pseudonyme.  
C'est chose faite avec ce roman ! Et si sa lecture m'a occupée une partie du mois de février, ce n'est pas tant à cause de ses 700 pages que de mon rythme de tortue du mois dernier (cf. mon bilan de lecture de février !).  
Verdict ? J'ai trouvé des longueurs à l'intrigue, certes, mais elle m'a quand même tenue en haleine et sitôt la dernière page tournée, j'ai emprunté dans la foulée le deuxième opus des aventures de Cormoran et Robin, Le ver à soie. Car finalement c'est le duo d'enquêteurs qui m'a séduite dans ce roman, plus que l'intrigue en elle-même. Il faut reconnaître à J.K. Rowling son talent de romancière : tout se tient, chaque détail de l'intrigue est savamment relié à la toile d'ensemble et le roman policier est une réussite, mais il ne se passe pas grand chose et le rythme est assez lent. Je comprends les avis en demi-teinte !  
Le point d'orgue réside néanmoins dans les personnages, gros atout de la créatrice d'Harry Potter, qui sait construire une psychologie vraisemblable et fine.  
Un premier tome un peu longuet parfois, donc, mais qui fonctionne finalement très bien et m'a donné envie de continuer la série dans la foulée. 

Les avis de Sandrine et Amélie, peu conquises de leur côté par ce premier tome.

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06 mars 2019

Moins qu'hier (plus que demain), Fabcaro

Moins qu'hier, plus que demainMoins qu'hier (plus que demain) est le dernier album de Fabcaro paru en mai 2018 chez Glénat. 

Des situations de couple drôles, grinçantes, parfois pathétiques, sont passées à la moulinette de  la plume de Fabcaro. De l'homme qui ne se rend pas compte que sa compagne l'a quitté et pense qu'elle est partie chercher des croissants avec sa valise, au couple qui cherche des excuses pour ne pas être invité par un couple d'amis en passant par la fin de la passion dans les échanges par messages, ce sont autant de situations qui sont présentées dans cet album. 

J'avais découvert Fabcaro il y a 3 ans avec Zaï zaï zaï zaï, un album qui m'avait littéralement fait hurler de rire. J'avais hâte de remettre ça et voir si le plaisir était intact. Et je dois avouer que je n'ai pas été déçue.  
Fabcaro est toujours aussi grinçant et tordant et jette cette fois-ci son dévolu sur le couple. Impossible de ne pas rire devant les situations qui s'enchaînent au fil des planches, certaines vraisemblables, d'autres un peu moins mais toujours finement étudié. C'est piquant, trash parfois, drôle toujours.  
Le trait de Fabcaro est fidèle à lui-même, un peu flou, avec un fort travail sur les ombres, chaque planche évoluant dans une bichromie choisie. Le dessin est là pour compléter le propos acide sans lui voler la vedette. En un mot, parfait ! 
Bref si vous avez envie de rire et que le couple est un sujet qui vous intéresse, foncez ! Pour les autres, si vous ne connaissez pas Fabcaro, commencez par Zaï zaï zaï zaï sans hésiter. Pour ma part, j'ai enchaîné avec Et si l'amour c'était d'aimer (que je vais chroniquer mercredi prochain) et qui confirme le talent de cet auteur et nos accointances au niveau de l'humour. 

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  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

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05 mars 2019

Bilan de lecture février 2019

Bilan février

Mes lectures de février

(cliquez sur les couvertures pour lire mes chroniques)

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Bilan

Après le mois de janvier chargé par le Challenge Feel Good, j'ai profité du mois de février et de ses vacances pour faire tout un tas de choses autre que lire. Et cela s'en ressent sur mon bilan de lecture que je publie un chouïa en retard et qui n'est vraiment pas très fourni ! Mais le mois dernier j'ai pris le temps de flâner, profiter de mes amis, de la montagne enneigée, de faire du sport, de jouer, bref, de vivre ! Je viens juste de terminer L'appel du coucou de Robert Galbraith, alias J.K. Rowling et si j'ai mis beaucoup de temps pour le lire (3 semaines !) j'ai néanmoins beaucoup aimé cette intrigue policière dont je vais vous parler sous peu.  
Je débute le mois de mars avec de nouvelles idées de lectures, une belle énergie liée au soleil de ces dernières semaines, et l'envie aussi de lire deux livres plus introspectifs, l'un sur le cycle féminin, La femme optimale de Mirand Gray, que j'ai reçu à Noël en cadeau, et un nouvel ouvrage du moine bouddhiste vietnamien Thich Nath Hanh, Prendre soin de l'enfant intérieur. De belles lectures en perspective, je le sens !

Je vous souhaite un joli mois de mars et de douces lectures !

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13 février 2019

Retour à Killybegs, Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

Retour à KillybegsRetour à Killybegs est l'adaptation par Pierre Alary du roman de Sorj Chalandon, Grand Prix du roman de l'Académie française en 2011. Elle paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Tyrone Meehan, figure de proue de l'indépendance irlandaise, a été reconnu coupable de traîtrise en 2005. Pendant 25 ans, cet activiste nationaliste a livré des informations aux anglais, trahissant l'IRA et les siens. Au crépuscule de sa vie, reclus dans un cottage à Killybegs, dans le Donegal, Tyrone décide de se raconter, non pas pour justifier son geste, mais pour expliquer ce qui l'a poussé à collaborer.

Mon traître, le premier volet de cette histoire, fait partie de mes coups de coeur de l'an dernier. Un album beau, violent, vibrant. J'avais hâte de découvrir Retour à Killybegs, car si Mon traître embrasse le point de vue de Sorj Chalandon sur son amitié avec Denis Donaldson - Tyrone Meehan dans le roman - ce nouvel album donne la parole à ce dernier pour expliquer les raisons de son geste.
Quelle claque, encore une fois ! Quelle réussite ! Pierre Alary donne à voir un album au graphisme toujours aussi prenant, dans des teintes sépia qui accentuent l'ambiance. Il fait sien le texte de Sorj Chalandon qui romance l'enfance et les débuts de Tyrone à l'IRA, les violences subies, le combat, les morts aussi. L'adaptation équilibre texte et image, ces dernières dressant l'ambiance de ces souvenirs.
L'album alterne encore une fois passé et présent, ce présent lourd et pesant dans lequel Tyrone attend que l'IRA vienne l'assassiner. Les souvenirs remontent, le sentiment d'avoir été pris en étau, aussi, d'avoir voulu le bien, la paix, la cessation de toute cette violence. Tyrone s'explique, patiemment, tout en attendant ceux qui viendront venger la cause. 
Un album qui se dévore d'une traite. Un album magnifique sur cette page de l'histoire de l'Irlande. Une belle réflexion sur les notions de duplicité, de trahison, d'honneur. Bref, encore une fois
une réussite totale.

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

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09 février 2019

Sa majesté des fèves, Eve Borelli

Sa majesté des fèvesSa majesté des fèves est le dernier roman de la professeure de lettres Eve Borelli. Il est paru en janvier cette année aux éditions Mazarine. 

Lucien est le dernier fabricant de fèves en France. Lucien adore son métier : imaginer, sculpter, peindre ces petits personnages glissés dans les galettes des rois le rend heureux. Mais sa profession est en péril. La grande distribution a pris le dessus sur la vente de galettes et propose désormais des fèves bas de gamme et peu chères. Désespéré, Lucien doit en sus faire face à une rupture amoureuse. Heureusement, Cristalline, sa soeur championne de disque, arrive à sa rescousse. En parfaite grande soeur, elle vient sortir Lucien de sa torpeur et lui propose un projet insensé : aller implorer la grâce de la Reine d'Angleterre, grande amatrice de galette des rois, et lui demander de devenir le févier officiel de la Couronne. Lucien ne croit pas une seconde à la réussite de ce projet mais s'embarque avec Cristalline, Roméo, son fils de sept ans un peu déprimé, Micheline Ostermeyer, leur caniche un brin agressif. Et au hasard du covoiturage, ils rencontrent Maguelone, fraîchement séparée elle aussi, et Twix, un géant roux à qui il manque deux doigts. C'est parti pour une folle aventure ! 

J'avais envie de légèreté, pour commencer cette année, et ce roman a parfaitement rempli son office. L'intrigue se met en place avec fluidité. L'humour est omniprésent et les dialogues s'enchaînent avec une certaine répartie et beaucoup d'oralité. C'est vivant, dynamique et assez vraisemblable.     
La seconde partie du roman, qui se déroule à Londres, m'a davantage plu que la première, qui se centre sur le trajet en covoiturage et souffre parfois de longueurs, notamment dans les dialogues. Dès que le convoi a posé le pied à Londres, l'intrigue prend une autre tournure, un peu plus grave, et gagne en densité psychologique.      
La galerie de personnages est intéressante, chacun souffrant de ses blessures psychologiques et de son histoire, et nourrit l'intrigue. Un brin de suspense vient couronner le tout, Lucien et Cristalline se demandant ce que vient faire un géant roux un peu nerveux à Londres. Les suppositions vont bon train mais ils sont loin d'imaginer le dénouement !      
Bref, si vous avez envie d'un road-trip drôle et divertissant, léger et très rapide à lire, bercé par des personnages attachants et un brin fantasque, embarquez aux côtés de cette bande de joyeux drilles pour sauver le dernier févier français ! Un roman que je verrais bien adapté en pièce de théâtre, tant son texte se prête à la mise en scène. 

Un grand merci aux éditions Mazarine pour la découverte de ce roman qui m'a fait passer un agréable moment.

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07 février 2019

Rendez-vous au Cupcake Café, Jenny Colgan

Rendez-vous au cupcake café

Rendez-vous au Cupcake Café est un roman de la britannique Jenny Colgan paru en février 2017 aux éditions Prisma puis en poche en juin 2018 chez Pocket. 

Izzy a toujours adoré la pâtisserie. Depuis sa plus tendre enfance, son grand-père lui a transmis sa passion des cupackes et autres douceurs sucrées et la jeune femme n'aime rien tant qu'en préparer. Alors que son travail dans l'immobilier l'ennuie fortement, Izzie se fait licencier par son supérieur, celui qu'elle considérait comme son petit ami. Seule et sans travail du jour au lendemain, Izzy profite de son indemnité de départ pour se lancer dans un rêve fou : celui d'ouvrir un café spécialisé en cupcakes sur une petite place un peu reculée, dans le quartier de Stoke Newington à Londres. Un projet un peu fou, risqué et un brin utopique, mais Izzy a envie d'y croire. 

J'aime beaucoup les romans feel good de Jenny Colgan (son roman La petite boulangerie du bout du monde est mon chouchou en la matière, mais si vous me lisez, vous le savez certainement !)
J'avais hâte de me plonger dans cette nouvelle série, entre romance et roman culinaire. Et je n'ai pas été déçue ! Du doudou, en veux-tu en voilà ! Jenny Colgan est là où on l'attend pas. Sous couvert d'une intrigue en apparence facile, elle aborde des thèmes plus lourds - les différences sociales, la séparation, les pressions sociétales sur la maternité, les questions liées à l'âge, les relations intergénérationnelles, etc. - et nous offre un roman touchant, entre romance et introspection. 
Izzy est un personnage attachant, très proche de son grand-père aujourd'hui en maison de retraite, qui s'interroge sur la direction à donner à sa vie. Après une histoire chaotique avec son supérieur  hiérarchique, la jeune femme se sent vide et perdue. Jenny Colgan traite toujours avec beaucoup de finesse ces questions fréquentes de nos jours.   
Si vous cherchez un roman feel good, vous serez donc servi avec celui-ci ! Les cupackes et la pâtisserie vous apporteront une touche de douceur (avec des recettes tout au long du roman !), l'amitié et la relation forte d'Izzy avec son grand-père ce qu'il faut comme émotion, et le charmant quartier bohème et multiculturel londonien Stoke Newington un brin de nostalgie. Une recette parfaite ! Je me garde au chaud précieusement pour l'hiver prochain la suite des aventures d'Izzy, Le Cupcake Café sous la neige

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06 février 2019

Speak, Emily Carroll d'après le roman de Laurie Halse Anderson

SpeakSpeak est l'adaptation en album du roman Vous parler de ça de Laurie Halse Anderson. Il est paru le 9 janvier cette année aux éditions Rue de Sèvres.

Mélinda, quinze ans et des lèvres en sang tant elle s'empêche de parler. La lycéenne discrète et réservée, ignorée voir tourmentée par ses camarades, s'est enfermée dans le silence suite à un événement traumatique. Dans son journal, elle parle. Elle raconte, ses journées au lycée. Ses moments de solitude à la cantine. Ses cours d'arts plastiques, qui la bousculent. Ses parents, qui ne la comprennent pas. Ses anciennes amies qui lui ont tourné le dos. Mélinda se répand par écrit, alors que les mots meurent sur ses lèvres. Jusqu'au jour où le monstre de ses cauchemars refait surface. 

Album coup de poing, Speak est une claque tant par son sujet que par son traitement. Adapté du roman en partie autobiographique de Laurie Halse Anderson, il aborde la question du viol. Car c'est de viol que Mélinda a été victime, alors qu'elle avait treize ans. Violée par un élève plus âgé, lors d'une soirée. Le mot n'est posé qu'après la page 300 mais le lecteur se rend compte rapidement de quoi il retourne.     
Au fil des saisons, Mélinda se raconte en noir et blanc. La bichromie semble faire écho à sa météo intérieure, la dépression la guettant depuis l'horreur qu'elle a vécue. Parce qu'elle n'a pas réussi à parler lorsqu'elle a appelé la police ce soir-là, la jeune fille est rejetée par ses camarades, persuadés qu'elle appelait pour dénoncer la soirée. Le harcèlement passif est évoqué, alors que Mélinda voit peu à peu tous ceux qu'elle connaissait lui tourner le dos et la laisser seule, dans sa souffrance, en paria.    
Et c'est seule que Mélinda va sortir de sa souffrance. Seule qu'elle va affronter son passé, ses peurs, le rejet aussi. Seule qu'elle va s'en sortir, pour mieux raconter, ensuite, ce qu'elle a vécu.    
Un album sombre, évidemment, mais qui présente aussi le parcours de résilience de l'héroïne. Sa renaissance, après son combat intérieur. Un album qui me paraît essentiel pour aborder la question du viol et de l'adolescence brisée. Un récit rendu fort par sa part autobiographique. Bref, une lecture coup de poing à découvrir.

 

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album. 

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

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