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22 décembre 2009

La mémoire du corps, Shauna Singh Baldwin

corpsVoici un  beau roman, lu il y a peu et publié aux Éditions du Seuil en 2002.


La mémoire du corps
de Shauna Singh Baldwin relate l'histoire de la création du Pakistan en 1947 à travers le parcours d'une famille, et plus particulièrement de deux femmes, que tout oppose : Satya, la première femme de Sardarji, riche propriétaire sikh, à la fois fougueuse et dominatrice et Roop,  la seconde épouse, une très belle jeune fille de dix-sept ans, hésitante et peu téméraire.
Les deux femmes s'affrontent silencieusement sous le même toit tandis que leur mari les ignore et s'investit dans  les relations indo-britanniques.
Mais l'avenir de l'Inde est incertain, et les communautés s'affrontent, sur le même tempo que les deux femmes qui se déchirent. L'Indépendance est proche, les armées britanniques sur le point de partir et les musulmans  voient leur rêve d'un état musulman sur le point de se réaliser.


Un beau roman, mêlant à la fois fiction et réalité historique. La narration à la troisième personne m'a cependant gênée tout au long de la lecture, donnant l'impression d'une intrigue plate et qui reste en surface par cette impossibilité d'avoir accès à l'intériorité des personnages. Pas de ressenti donc, ni de dialogue intérieur qui viennent entrecouper la narration.
Malgré ce désagrément, j'ai apprécié ce roman et plus particulièrement l'aspect historique. Il permet de mieux comprendre les tensions qui ont précédé
en Inde  la création du Pakistan. Les croyances différentes, les traditions et les nombreuses religions représentées dans ce pays sont décrites et participent à la compréhension de l'Histoire.
La condition de la femme sikhe en Inde à cette époque est abondamment abordée grâce aux deux héroïnes. On les suit à travers leur quotidien, les grandes cérémonies tels le mariage ou encore les naissances des enfants, les traditions qui régissent leurs attitudes, etc.
Petit bémol cependant, l'absence d'un glossaire à la fin du roman pour expliciter les nombreux termes hindi utilisés. On comprend la plupart avec le contexte, mais c'est un peu dommage...
L'intrigue est parfois longue, l'aspect fictionnel souvent compliqué (un entrelacs de personnages gênent fréquemment la compréhension) mais la réussite de ce roman réside dans le fait d'aborder ce point de l'histoire indienne par le biais de ce genre littéraire et sans démagogie.

En clair, à lire si on s'intéresse à l'Inde et à l'histoire du Pakistan, ou encore pour en savoir plus sur les traditions et religions de ce pays.

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25 novembre 2009

La reine des rêves, Chitra Banerjee Divakaruni

revesJe viens de terminer ce matin La reine des rêves de Chitra Banerjee Divakaruni, l'auteur de la Maîtresse des épices que je vous ai présenté dernièrement et qui s'inscrit dans la même veine.
Encore une fois j'ai été agréablement surprise par ce roman et transportée dans son univers...

Rakhi est une jeune mère célibataire d'origine indienne qui vit à Berkeley, en Californie. Avec sa meilleure amie Belle, elle a ouvert un salon de thé, la Chaï House.
Mais depuis qu'elle est petite, elle est fascinée par sa mère, cette étrangère si lointaine et intrigante. Car cette mère si spéciale est reine des rêves : depuis qu'elle est jeune, elle a le don de pouvoir analyser les rêves des autres, mais aussi d'avoir des visions lorsqu'elle dort. Ce don si spécial lui confère une vie de frustrations et de secrets, dans laquelle ni son mari ni sa fille n'ont une place à part entière. Pour Rakhi, cette mise à distance est éprouvante.
Le jour où elle tombe par hasard sur le journal que sa mère a tenu depuis sa jeunesse et qui relate en hindi sa formation avec les Anciennes pour appréhender son don, c'est l'occasion pour elle de se rapprocher de son père, figure absente et ectoplasmique de sa vie...


Encore une fois,
Chitra Banerjee Divakaruni nous entraîne dans cette intrigue familiale simple et bien menée. L'ailleurs est là, représenté par cette Inde mystérieuse que l'héroïne ne connait que par les livres et les rares anecdotes de sa mère.
Beaucoup de poésie dans ce roman aux saveurs de l'Inde. Les phrases coulent, les sens sont en éveil, la lecture est un réel plaisir.
Mais ce roman aborde également une réflexion sur l'intégration délicate des Indo-Pakistanais au lendemain du 11 septembre aux États-Unis, la douleur d'être montrés du doigt, stigmatisés voire accusés.

Une nouvelle fois une parenthèse magique aux saveurs d'épices et de cha à lire avec plaisir...


"Mais la frange dentelée de ce silence s'est effilochée et le tissu de notre couple s'est défait un peu plus." p.123

"Pourtant, je pense qu'avant de mourir j'aimerais aller en Inde - ne serait-ce que pour que les fantômes  qui dansent dans ma tête comme des feux follets sur l'eau puissent s'apaiser." p.127-128

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10 novembre 2009

La maîtresse des épices, Chitra Banerjee Divakaruni

_picesPour continuer mon tour du monde des livres qui m'ont plus cette année, je tenais à vous parler d'un de mes derniers coups de coeur :  La maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni, paru aux éditions Philippe Picquier en 2002.

Laissez-vous emporter par Tilo, expatriée en Californie où elle tient une petite échoppe d'épices.
Possédant l'art d'apaiser l'âme et le corps grâce aux celles-ci, elle soigne avec douceur ceux qui poussent la porte de sa boutique, clairvoyante sur leurs malaises et leurs émotions...
A chaque épice ses caractéristiques et ses propriétés et Tilo sait manier cet art avec habileté.
Jusqu'au jour où un bel inconnu passe le pas de sa porte et fait chavirer son cœur. La maîtresse des épices remet alors en cause son savoir et son don au risque de se perdre dans cet amour impossible.


Ce livre m'a beaucoup émue.
La réflexion sur les conditions difficiles des expatriés indiens aux États-Unis, leur déception face au rêve américain et les réactions parfois violentes à l'encontre de leur origine est bouleversante.
La syntaxe est précise, le rythme des phrases semble s'adapter aux épices et à leur symbolique. La traduction est légère et permet d'appréhender le texte sans lourdeur.
A sa lecture, ce livre semble diffuser les épices qu'il évoque autour de nous et nous apprend à les regarder d'un autre œil.

Bref, à lire absolument !

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