Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

07 juin 2018

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles, Olivier BourdeautEn attendant Bojangles est le premier roman de l'écrivain français Olivier Bourdeaut paru en janvier 2016 aux éditions Finitude. Plusieurs fois primé, il a remporté un grand succès dès sa sortie.

Ils s'aiment d'un amour fou. Lui, George, ancien homme de loi reconverti en ouvreur de garages, elle, au prénom inconnu puisque son mari la nomme chaque jour différemment, amoureuse de la vie fantasque qu'elle s'invente. Tous les deux dansent, chaque jour, sur Mr Bojangles chanté par Nina Simone, devant les yeux ébahis de leur fils. La vie du trio n'est qu'un tourbillon de fantaisie et de drôlerie : les invités se succèdent, l'alcool coule à flot, les disques tournent en boucle tandis que Mme Superfétatoire, la grue domestiquée par la famille, amuse la galerie. Tout n'est qu'amusement et loufoquerie. Mais  l'équilibre de cette douce folie se rompt le jour où un percepteur d'impôt vient sonner à la porte. 

Deuxième roman que je découvre en livre audio, En attendant Bojangles m'a complètement charmée. Je l'avais dans ma PAL depuis longtemps en version papier (depuis sa sortie !) mais je n'avais pas pris le temps de le découvrir. Un trajet ce week-end m'a permis de me plonger dans la version audio empruntée à la médiathèque.  
La voix de Louis Arène, de la Comédie-Française, donne vie à ces personnages fantasques et corps à cette intrigue ubuesque, tandis que les intermèdes musicaux de Nina Simone scandent l'intrigue. La narration alterne entre les souvenirs du narrateur enfant devenu adulte et le journal de son père. Les réminiscences divergent de l'un à l'autre, l'enfant et son oeil naïf ne voyant dans la fantaisie de sa mère qu'une fraîcheur innocente, quand son père, dès le début, sait que la folie se tapit dans un recoin, et qu'elle peut à tout instant faire voler en éclat l'équilibre mental de sa chère et tendre. 
La plume d'Olivier Bourdeaut est d'une musicalité sans borne (et en livre audio le résultat est d'autant plus fort !), l'auteur jouant sur les mots, leurs sonorités et les figures de style pour créer un non-sense absolument délicieux. 
C'est bien simple : je n'ai pas vu passer les 3h d'écoute, moi qui avais eu beaucoup de mal avec mon premier livre audio. Je me suis immergée dans cette intrigue drôle et émouvante, ode à un amour fou si romanesque. Je ne vous en dirai pas plus... Un coup de coeur indéniable à côté duquel je vous déconseille de passer ! 
Les avis de BlandineEnnaFolavril, Helene, ItzamnaJerome, LeiloonaMadameNatiora, Noukette, etc. 

  En bonus un entretien d'Olivier Bourdeaut

 

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11 mai 2018

La disparition de Stéphanie Mailer, Joël Dicker

joel dicker disparition de stephanie mailer

La disparition de Stéphanie Mailer est le dernier roman de Joël Dicker paru en mars aux éditions de Fallois.

Orphea, petite ville des Hamptons, 30 juillet 1994. Alors que la ville entière s'apprête à assister à l'inaguration de la première édition de son festival de théâtre, le maire et sa famille son sauvagement assassinés dans leur maison, toute comme une joggueuse qui se trouvait dans les environs. La ville est en émoi. La police trouve rapidement le coupable et la tension s'apaise. Mais lorsque vingt ans plus tard une jeune journaliste du nom de Stéphanie Mailer décide de remettre son nez dans le dossier, elle se rend rapidement compte que quelque chose cloche. Elle décide d'en parler à Jesse Rosenberg, chargé de l'enquête à l'époque, mais celui-ci n'a pas le temps de la rencontrer que Stéphanie disparaît. 

J'avais passé trois jours à dévorer La vérité sur l'affaire Harry Québert, il y a quelques temps, puis j'avais enchaîné avec la découverte du Livre des Baltimore, qui m'avait conquise aussi. J'attendais ce quatrième roman de Joël Dicker avec un mélange d'impatience et de curiosité. Merci Hélène de m'avoir permis de le découvrir si rapidement ! 

Encore une fois, la magie a opéré : j'ai dévoré ce livre en quelques jours, incapable de le lâcher, échafaudant dans ma tête mille théories pour comprendre où Joël Dicker voulait emmener son lecteur. Et je n'y suis bien entendu pas parvenue... Joël Dicker excelle dans la construction d'intrigues alambiquées alternant plusieurs époques et mêlant de nombreux personnages. Pour autant, l'ensemble s'apparente presque à un huis-clos, l'enquête ayant cette fois encore comme toile de fond Orphea, petite ville américaine en apparence tranquille. Un passé dérangeant ressurgit, cette fois soulevé par la jeune journaliste Stéphanie Mailer. Personne n'est lisse, rien n'est parfait, à Orphea, et Joël Dicker joue avec les apparences pour mieux les faire voler en éclat une à une. Un excellent page-turner, un policier contemporain qui évite l'écueil de la violence et du gore. Un excellent moment de lecture, une nouvelle fois. Merci Hélène de me connaître si bien ! 

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20 avril 2018

Milarepa, Eric-Emmanuel Schmitt

Milarepa eric emmanuel schmittMilarepa est un des romans qui compose Le Cycle de l'invisible, cycle consacré à la spiritualité et écrit par le romancier et dramaturge franco-blege Eric-Emmanuel Schmitt. Il est paru en 1997 aux éditions Albin Michel. 

Paris. Simon fait toutes les nuits un rêve étrange. Un jour, dans un café, il rencontre une femme qui lui susurre à l'oreille qu'il est la réincarnation de Svastika, l'oncle de Milarepa qui vécut au Tibet au XIe siècle et qui détestait ce dernier. Pour échapper au samsaraSimon doit raconter cent mille fois cette histoire, celle du yogi et poète Milarepa devenu maître de renom du bouddhisme tibétain.

Eric-Emmanuel Schmitt excelle encore une fois avec ce roman sous forme de monologue philosophique et spirituel. Simon relate ainsi la légende de Milarepa, la haine de son oncle Svatiska à son encontre et les conséquences sur le caractère du jeune Milarepa, qui d'esprit vengeur, grâce à l'étude et la méditation avec son maître, le Lama Marpa, atteint l'Eveil et enseigne la sagesse à ses disciples. La narration alterne le Paris d'aujourd'hui, avec Simon, et le Tibet du XIe siècle, sur les traces de Milarepa. 

Un texte très poétique, très bref, suivi d'une postface, "Ce que le bouddhisme nous apporte..." signée par l'auteur. Un merveilleux cadeau et une très belle lecture. Merci Marine !

"Désirer trop trouble l'âme." (p.47) 

"Rien n'est permanent, rien n'est réel." (p.48)

"Rien ne pèse plus lourd lorsqu'on sait que tout est illusion." (p.59)

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02 avril 2018

Minute, papillon ! Aurélie Valognes

Minute, papillon Aurélie ValognesMinute, papillon ! est le troisième roman de la française Aurélie Valognes paru en avril 2017 aux éditions Fayard Mazarine.

Rose, mère célibataire de trente-six ans, entretient des relations compliquées avec Baptiste, son fils de dix-huit ans. Lorsque celui-ci lui annonce qu'il quitte la maison, la jeune femme voit une occasion de rebondir et reprendre sa vie en main. Elle accepte un nouvel emploi un peu louche dans un luxueux appartement parisien : celui de dame de compagnie... d'un chien ! Pépette, le chien de Véronique, riche femme d'affaire égocentrique et despotique. Acculée, Rose accepte cet emploi grassement rémunéré et découvre que Véronique vit avec Colette, sa mère. La septuagénaire un peu lunaire, atteinte d'un toc de propreté, ne sort plus de chez elle. Entre elle et Rose, une drôle de relation va se nouer.

J'avais passé un agréable moment entre les pages de Nos adorables belles-filles, second roman d'Aurélie Valognes. Quel plaisir quand une amie m'a envoyé un paquet contenant celui-ci ! 
Une nouvelle fois, Aurélie Valognes tresse une intrigue efficace et drôle, résolument contemporaine. Le personnage de Rose, mère célibataire dépassée par le départ précoce de son fils, est attachant, tout comme celui de Colette, retraitée un peu déboussolée par ses relations tendues avec sa fille. L'amitié entre les deux femmes n'est pas une surprise mais donne le sourire aux lèvres. L'intrigue est ponctuée d'humour - notamment la découverte du couchsurfing par Colette ou encore de l'essai de végétalisme par la soeur de Rose - et avance à bon rythme. Un roman que j'ai dévoré en quelques heures, qui m'a donné le sourire aux lèvres et empli le coeur de positif et de bonne humeur. Un excellent feel good comme cela faisait longtemps que je n'en avais pas découvert, parfait pour ce printemps un peu gris. Merci encore Lydie pour ton joli cadeau !

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17 février 2018

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage est un ensemble de deux carnets qu'Albert Camus a rédigés en 1946 et 1949, à l'occasion de deux voyages en Amérique du Nord et du Sud. 

Au printemps 1946, Albert Camus est convié aux Etats-Unis pour une série de conférences littéraires, notamment à Harvard. Celui qui écrira La Peste l'année suivante n'est encore qu'un journaliste et écrivain à la réputation qui monte, mais dont les idées politiques inquiètent grandement les services secrets américains. Le gigantisme des villes américaines couplée à l'éloignement de ses proches rendent ce voyage douloureux pour l'écrivain. 
Trois ans plus tard, durant l'été  1949, c'est en Amérique du Sud qu'il est invité, en vedette, cette fois. Malade durant une partie de son voyage, il découvre la pauvreté et la misère, mais aussi les traditions et coutumes des pays qu'il traverse. Etouffé par les mondanités de ce voyage, il le survole à distance, échappant dès qu'il peut à ses obligations officielles pour grignoter une once de solitude. 

Revenir aux écrivains vingtiémistes des belles heures de la littérature française, telle était une de mes envies de 2018. Après bien des années à les fuir, après mon cursus de Lettres Modernes, j'ai plaisir à me replonger dans ces pages et les lire d'un oeil neuf. 
Journaux de voyage traînait dans ma PAL depuis peu et m'intéressait par sa forme. Camus en écrivain voyageur qui prend des notes et les retransmet, tel quel. De fait, sa plume est brute, sèche et parfois plate et relate les faits tels qu'il les a vécus. 
Les deux voyages sont émaillés de rares réflexions et s'apparentent davantage à des comptes-rendus de faits sans analyse derrière. Le lecteur ne saura rien desdites conférences que l'auteur donne mais aura en revanche accès à ses états d'âme. Camus relate sa souffrance, ses envies de suicide, son ennui profond des mondanités.  
Texte brut, Journaux de voyage est avant tout une prise de notes personnelle qui servira à l'auteur par la suite pour ses oeuvres - notamment La Pierre qui pousse et La Mer au plus près, nous apprend la préface. J'ai pris plaisir à le découvrir et m'immerger dans le style quasi télégraphique de l'auteur grognon et incommodé par les mondanités mais je conserve un petit goût de frustration de n'en avoir pas su davantage sur ces mois de voyage.

"Fatigué. Ma grippe revient. Et c'est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu'on change d'avis." (p.25)

"Oui, il y a un tragique américain. C'est celui qui m'oppresse depuis que je suis ici mais je ne sais pas encore de quoi il est fait." (p.28)

"J'ai toujours tout apaisé sur la mer et cette solitude infinie me fait du bien pour un moment, bien que j'aie l'impression que cette mer roule aujourd'hui toutes les larmes du monde. (p.50)


READING CLASSICS CHALLENGE 2018

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26 janvier 2018

Les heures silencieuses, Gaëlle Josse

les heures silencieuses, Gaëlle JosseLes heures silencieuses est le premier roman de Gaëlle Josse. Il est paru en 2011 aux éditions Autrement.

Delft, novembre 1667. Magdalena Van Beyeren, mariée à l'administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, a dû renoncer très jeune à ses rêves d'aventures pour devenir une épouse modèle. Mais ses souvenirs d'enfance la hantent, notamment lorsqu'elle accompagnait son père vérifier les bateaux et l'aidait dans sa charge d'administrateur. A son journal, elle se confie et livre ses secrets comme ses désirs inassouvis.

J'avais découvert Gaëlle Josse avec Nos vies désaccordées que j'avais adoré et j'étais curieuse de découvrir, à rebours, son premier roman. Ce dernier s'inspire du tableau Intérieur avec femme à l'épinette d'Emmanuel de Witte. Gaëlle Josse a en effet pris le parti de donner la parole au personnage féminin de ce tableau, donnant corps à sa vie comme au contexte de création de l'oeuvre.
J'ai encore une fois été charmée par la plume poétique et imagée de l'auteure qui transporte le lecteur, en quelques phrases, dans le Delft du 17e siècle.
Le caractère intime de la narration à la première personne offre une dimension particulière à la confession de cette héroïne, victime d'une époque où les femmes n'avaient que peu d'espace pour s'exprimer.  Delft est esquissée au travers de descriptions du changement de saison, et le lecteur de baigner dans la Hollande de Vermeer et ses contemporains. La musique tient encore une fois une place de choix dans l'intrigue, tout comme dans Nos vies désaccordées.
En 90 pages, Gaëlle Josse nous offre un roman lumineux et sensible, portrait d'une femme forte et déterminée. Une très belle découverte et une auteure dont je vais suivre le travail de près.

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22 janvier 2018

La libraire de la place aux Herbes, Eric de Kermel

la libraire de la place aux herbesLa libraire de la place aux Herbes est un roman du journaliste et éditeur Eric de Kermel paru en février 2017 aux éditions Eyrolles.

Lorsque Nathalie, enseignante de littérature parisienne, apprend que la librairie d'Uzès est à vendre, elle n'hésite pas une seconde à changer de vie et à réaliser son rêve. Alors qu'elle étouffait à Paris, elle redécouvre le temps de vivre dans la petite ville ensoleillée du Gard et débute une nouvelle activité professionnelle ô combien enrichissante. Les lecteurs se succèdent et ne se ressemblent pas, dans la petite librairie de la place aux Herbes.

Eric de Kermel nous offre ici un joli roman positif et gorgé de chaleur dans lequel le lecteur part à la rencontre de dix personnages. Dix lecteurs, dix amoureux des mots qui vont se retrouver autour de ce lieu accueillant et chaleureux qu'est la librairie. A chacun, Nathalie va trouver le livre adéquat, celui qui permet d'avancer, se dépasser, grandir. Un dialogue grâce aux livres s'instaure et la libraire de jouer naturellement son rôle de passeur. Les histoires se déroulent avec langueur, à l'image de la chaleur de la garrigue et de la torpeur de ces après-midi et les personnages se succèdent, chacun porteur de son histoire et de son rapport aux livres. Giono dialogue avec Ruffin, Barrico, Le Clézio ou encore Lévi-Strauss. Les livres sont partout et Nathalie se glisse merveilleusement bien dans son nouveau métier.

La libraire de la place aux Herbes est un roman doux et lumineux, à l'image des relations que tisse Nathalie avec ses lecteurs. Eric de Kermel emmène son lecteur dans cette petite ville du Gard où il semble faire si bon vivre et dans cette librairie si chaleureuse. Les illustrations de Camille Penchinat qui ponctuent les chapitres participent de ce sentiment de beauté et de paisibilité du lieu. Une belle lecture, reçue en cadeau de départ de la région parisienne en juin et que j'ai adoré découvrir.

"Les enfants devenus grands, plus le temps passait, plus j'avais le sentiment de vivre en apnée, obligée de me protéger sous une armure chaque jour plus lourde pour ne pas entendre les bruits, sentir les odeurs, recevoir l'agressivité des regards, des bousculades du métro, de la saleté des rues." (p.3)

"Mettre dans sa tête les mots d'un autre c'est, le temps d'un livre, avoir la possibilité de les faire siens." (p.100)

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14 janvier 2018

Neverland, Timothée de Fombelle

Neverland Timothée de FombelleNeverland est le premier livre pour adultes de l'écrivain pour la jeunesse Timothée de Fombelle, notamment connu pour ses diptyques Tobie Lolness et Vango. Il est paru en septembre 2017 aux éditions l'Iconoclaste.

L'enfance, ce territoire perdu. Cette terre que chacun quitte un jour, en douceur ou non, et qui demeure en chacun. Le narrateur décide un matin de partir à sa recherche. Dénicher l'enfance, la regarder, la savourer, en saisir chaque pépite. Retourner dans ce territoire perdu, ce Nerveland où le monde adulte n'a pas droit de citer.

Je ne connaissais Timothée de Fombelle que par Le livre de Perle, qui m'avait immensément conquise il y a quelques années. J'étais donc curieuse de découvrir ce livre destiné à un public adulte... et consacré à l'enfance ! Avec un indéniable talent de conteur, il nous plonge au pays de ces rêves oubliés, entre jeux et imagination, entre nostalgie et souvenirs. La poésie est à chaque page, la plume de l'auteur, légère, virevoltant d'une évocation à une autre. Le narrateur entreprend un réel voyage à la recherche de l'enfance perdue et se promène, au gré de ses souvenirs.

Ode à l'enfance, Neverland est un texte lumineux, poétique et onirique à souhait. Un petit délice à dévorer sans tarder ! 

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20 décembre 2017

Pas si simple, Lucie Castel

Pas si simple Lucie CastelPas si simple est le premier roman de l''enseignante en droit Lucie Castel. Il est paru en mars cette année chez Harlequin.

Lorsqu'une tempête de neige s'abat sur Londres, Scarlett et sa soeur Mélie se retrouvent coincées à l'aéroport d'Heathrow le 23 décembre. Les deux soeurs s'inquiètent de ne pas être avec leur mère pour ce premier Noël depuis le décès de leur père. Mais leur inquiétude laisse vite place à une situation cocasse lorsque William, un charmant londonien que rencontre Scarlett dans les toilettes de l'aéroport, les invite à passer les fêtes chez lui. Les deux jeunes femmes vont rapidement se retrouver au coeur d'un dîner de famille des plus animés.

Vous connaissez mon goût pour les romances de Noël ? Vous savez comme, à ce moment de l'année, j'aime lire quelques romans à l'eau de rose, parfois faciles, souvent prévisibles, un tantinet caricaturaux. Et si j'ai passé un très bon moment à Snow Crystal avec La danse hésitante des flocons de neige, autant vous le dire tout de suite : je n'ai pas été conquise par ce roman.

L'intrigue est trop rapidement esquissée pour être un tant soit peu vraisemblable, la psychologie des personnages est quasi inexistante, malgré un effort porté au duo des soeurs (l'une est architecte, l'autre sexologue), la romance trop évidente pour être plaisante et l'ensemble tourne rapidement au vaudeville grossier. Lucie Castel ne prend pas le temps d'installer son intrigue pour lui donner la consistance attendue et s'embourbe dans une galerie de personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres. Je pensais lire une romance un brin cucul sur fond de Noël et finalement j'ai plus eu l'impression de découvrir une farce. C'est dommage ! Un rendez-vous raté de mon côté, mais qui fait l'objet d'une lecture commune dans le cadre du Challenge Il était cinq fois Noël de Chicky Poo et Samarian. Je vais aller voir ce qu'en ont pensé mes acolytes de lecture !

 

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30 novembre 2017

Le sel de la vie, Françoise Héritier

Le sel de la vieLe sel de la vie est un ouvrage de l'anthropologue et ethnologue française Françoise Héritier, disparue en début de mois à l'âge de 84 ans. Il est paru en 2012 aux Editions Odile Jacob et récompensé cette même année par le Prix Simone-Veil. 

Suite à une correspondance avec le professeur de médecine et grand clinicien Jean-Charles Piette, Françoise Héritier décide de dresser une liste des petites choses qui offrent à la vie une saveur particulière.

Ode à la vie, inventaire à la Prévert, florilège de moments choisis, Le sel de la vie fait partie de ces petits bijoux dont il est bon de lire quelques passages pour illuminer une journée. Françoise Héritier y déroule sans prétention tout ce qui fait sens pour elle, entre souvenirs personnels et anecdotes à portée universelle. Manger à la file des pistaches, avoir aimé quatre chats, éviter sportivement des ornières trop profondes pour les pneus, imaginer les gens à partir de leur voix, boire du cidre, les images et les émotions se déroulent au fil des pages. Un petit plaisir qui n'est pas sans rappeler La première gorgée de bière de Delerm et que j'ai découvert avec grand plaisir. 

"Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d'exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements politiques et de tous ordres, et c'est uniquement de cela que j'ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie." (p.11)

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