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08 juin 2019

Les gratitudes, Delphine de Vigan

Les gratitudes, de ViganLes gratitudes est le dernier roman de la romancière et scénariste Delphine de Vigan. Dexuième tome d'une trilogie qui peut se lire de façon indépendante et entamée avec Les loyautés, il est paru en mars dernier aux éditions JC Lattès. 

"On croit toujours qu'on a le temps de dire les choses, et puis soudain c'est trop tard." Pour Marie, il est trop tard. Elle n'a pas réussi à dire merci, à exprimer toute sa gratitude à Michka, la voisine qui s'est occupée d'elle quand elle était petite, quand sa mère, dépassée par sa maternité, la négligeait. A cette voisine tant aimée qui était là, telle une grand-mère bienveillante, pour s'occuper d'elle, la veiller, la consoler, la nourrir, la rassurer. Michka est partie avant que Marie ait pu lui dire tout ça. Alors Marie se souvient des derniers mois de Michka, après son installation dans une EHPAD. Jérôme aussi, se souvient, lui qui a accompagné la vieille dame dans ses derniers mois, lui faisant travailler les mots qu'elle oubliait. 

C'est la première fois que j'ouvre un roman de Delphine de Vigan et autant vous dire que j'ai pris une grosse claque.
La romancière dépeint tout en pudeur le délicat sujet de la vieillesse et de la perte d'autonomie et de capacités. Michka plonge souffre progressivement d'aphasie et les mots lui échappent, au fil des jours, malgré le travail qu'elle mène avec Jérôme, son orthophoniste. La vieille dame s'enferme progressivement dans ses pensées, incapable d'exprimer ce qu'elle souhaite.
La jeune Marie, regrettant de ne pas avoir pu exprimer sa gratitude à Michka, se remémore ces derniers mois avec la vieille dame, et la narration alterne entre son point de vue et celui de Jérôme, tandis que des cauchemars de Michka émaillent l'ensemble.
La plume de Delphine de Vigan est à la fois poétique et subtile et embrasse ces deux sujets - la vieillesse et les regrets- avec une pudeur et une finesse rares. L'aphasie dont souffre Michka est abordée parfois avec humour, parfois avec amertume, quand la vieille dame confond les mots et les mélange. La romancière parvient à offrir une visée universelle à son propos. J
'ai plus d'une fois eu les larmes aux yeux durant ma lecture, l'auteure réussissant à toucher du doigt cet intime qui nous concerne tous. Ces regrets, parfois, de n'avoir pas pu, pas su, tout dire avant qu'il ne soit trop tard. Un roman aussi court que bouleversant. Une très belle lecture. 

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06 juin 2019

La boîte de Pandore, Bernard Werber

La boîte de Pandore Bernard WerberLa boîte de Pandore est le dernier roman du toulousain Bernard Werber. Il paru en septembre dernier chez Albin Michel.

Imaginez un spectacle d'hypnose. Imaginez que vous êtes le plus sceptique dans la salle mais que c'est sur vous que tombe l'expérience d'aller sur scène. Imaginez que l'hypnotiseuse vous propose une expérience d'hypnose régressive et vous permet de franchir la porte de l'inconscient pour aller visiter une de vos vies antérieures. C'est ce qui arrive à René, professeur d'histoire en lycée. Et lorsqu'il découvre qu'il a été un soldat durant la Grande Guerre, René prend peur et s'enfuit du spectacle. Mais si pouvoir revenir dans ses vies antérieures était finalement une chance ? Et si sa mission de vie l'attendait derrière l'une de ses portes ? René décide de se pencher sur la question.

Quand j'étais lycéenne, j'aimais beaucoup Werber, mais cela faisait au moins quinze ans que je n'y étais pas revenue. L'intrigue de son dernier roman, et surtout son sujet - l'hypnose - a aiguisé ma curiosité et j'ai eu envie d'en savoir plus. Mais force est de constater que la magie n'a pas opéré. 
Si l'idée de départ est intéressante - questionner l'hypnose par le truchement d'un personnage rationnel qui envisage cette dernière uniquement comme un divertissement - mais se perd rapidement dans les méandres d'un ésotérisme qui m'a laissée de marbre. Werber plonge dans la question de l'hypnose régressive et fait visiter à son personnage toutes ses vies antérieures. Et les lieux communs pleuvent. René est prof d'histoire et parcourt les âges  à travers ses diverses vies - soldat durant la Grande Guerre, riche aristocrate du début du XXe, princesse indienne, etc.- jusqu'à sa première vie, en tant qu'atlante. Parce que oui, Werber revisite ici le mythe de l'Atlantide, que René peut parcourir tel un fantasme grâce à l'hypnose régressive. Le propos s'embrouille, la science s'éloigne, le mythe et le religieux apparaissent. Il n'est plus question de plasticité cérébrale ou vraiment d'hypnose mais d'un état hypnotique qui permet de se balader au gré de ses envies le long de son couloir de l'inconscient et de choisir une porte pour converser avec l'un de ses moi antérieurs.
L'intrigue se perd rapidement dans une quête quasi mystique dans laquelle René rameute des disciples, et les personnages - souvent caricaturaux, il faut l'avouer - de le suivre aveuglément dans son délire. 
J'ai peiné pour aller au bout de ma lecture, allant d'invraisemblances en invraisemblances. Le dénouement est à l'image de l'intrigue en elle-même, aussi abracadabrantesque que grotesque. C'est dommage. Je garde en tête le romancier qui m'a fait découvrir la vie des fourmis ou a interrogé les mystères du cerveau et préfère oublier celui qui se perd dans un ésotérisme qui m'a laissée froide. 

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09 février 2019

Sa majesté des fèves, Eve Borelli

Sa majesté des fèvesSa majesté des fèves est le dernier roman de la professeure de lettres Eve Borelli. Il est paru en janvier cette année aux éditions Mazarine. 

Lucien est le dernier fabricant de fèves en France. Lucien adore son métier : imaginer, sculpter, peindre ces petits personnages glissés dans les galettes des rois le rend heureux. Mais sa profession est en péril. La grande distribution a pris le dessus sur la vente de galettes et propose désormais des fèves bas de gamme et peu chères. Désespéré, Lucien doit en sus faire face à une rupture amoureuse. Heureusement, Cristalline, sa soeur championne de disque, arrive à sa rescousse. En parfaite grande soeur, elle vient sortir Lucien de sa torpeur et lui propose un projet insensé : aller implorer la grâce de la Reine d'Angleterre, grande amatrice de galette des rois, et lui demander de devenir le févier officiel de la Couronne. Lucien ne croit pas une seconde à la réussite de ce projet mais s'embarque avec Cristalline, Roméo, son fils de sept ans un peu déprimé, Micheline Ostermeyer, leur caniche un brin agressif. Et au hasard du covoiturage, ils rencontrent Maguelone, fraîchement séparée elle aussi, et Twix, un géant roux à qui il manque deux doigts. C'est parti pour une folle aventure ! 

J'avais envie de légèreté, pour commencer cette année, et ce roman a parfaitement rempli son office. L'intrigue se met en place avec fluidité. L'humour est omniprésent et les dialogues s'enchaînent avec une certaine répartie et beaucoup d'oralité. C'est vivant, dynamique et assez vraisemblable.     
La seconde partie du roman, qui se déroule à Londres, m'a davantage plu que la première, qui se centre sur le trajet en covoiturage et souffre parfois de longueurs, notamment dans les dialogues. Dès que le convoi a posé le pied à Londres, l'intrigue prend une autre tournure, un peu plus grave, et gagne en densité psychologique.      
La galerie de personnages est intéressante, chacun souffrant de ses blessures psychologiques et de son histoire, et nourrit l'intrigue. Un brin de suspense vient couronner le tout, Lucien et Cristalline se demandant ce que vient faire un géant roux un peu nerveux à Londres. Les suppositions vont bon train mais ils sont loin d'imaginer le dénouement !      
Bref, si vous avez envie d'un road-trip drôle et divertissant, léger et très rapide à lire, bercé par des personnages attachants et un brin fantasque, embarquez aux côtés de cette bande de joyeux drilles pour sauver le dernier févier français ! Un roman que je verrais bien adapté en pièce de théâtre, tant son texte se prête à la mise en scène. 

Un grand merci aux éditions Mazarine pour la découverte de ce roman qui m'a fait passer un agréable moment.

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24 janvier 2019

Je te promets la liberté, Laurent Gounelle

Je te promets la liberté Laurent GounelleJe te promets la liberté est le dernier roman de Laurent Gounelle. Il est paru en octobre 2018 aux éditions Calmann-Lévy.

Lorsque le journaliste Sam Brennan vient interviewer Sybille Shirdoon, il est loin d'imaginer ce que l'ancienne star d'Hollywood va lui livrer. La vieille dame revient sur son parcours hors du commun qui a débuté à Lyon. En 1964, Sybille est nommée directrice d'un bateau-restaurant sur la Saône mais les recettes de celui-ci sont si catastrophiques que le propriétaire du bateau lui donne dix jours pour sauver son poste. En parallèle, son couple bat de l'aile et son conjoint s'éloigne progressivement. Sybille est sur le point de perdre pied. Mais le jour où elle croise un ancien camarade de fac qui lui parle d'un homme capable de modifier sa personnalité, Sybille n'hésite pas : percluse de peurs et introvertie, la jeune femme souhaite se libérer de ses défauts. Elle sonne donc chez Oscar Firmin, hypnotiseur membre d'une étrange confrérie. 

De Laurent Gounelle, j'ai lu il y a quelques années L'homme qui voulait être heureux. Et j'avais beaucoup aimé me plonger dans cette histoire se déroulant à Bali (et que je pense relire cet été !). J'avais donc hâte de découvrir le nouveau roman de cet auteur.

Mais je dois vous avouer que j'ai été grandement déçue. Le rythme du roman est répétitif et un peu lassant - Sybille essayant de nouvelles personnalités chaque jour - et l'ensemble perd en lisibilité. A la moitié du roman, je me suis même demandé où l'auteur allait nous emmener, certaine de trouver quelque chose derrière ces questions de personnalités. Mais la fin du roman est arrivée et avec elle la déception. Laurent Gounelle en profite pour présenter les différents types de personnalité et leurs blessures respectives. Si cette partie est intéressante, elle arrive finalement trop tard pour offrir au roman le petit quelque chose qui lui manque.
Un avis en demi-teinte, donc. Des clés sur l'épanouissement personnel que j'aurais finalement préféré découvrir en documentaire qu'en fiction, cette dernière noyant de façon répétitive le propos. 

Jour 24 du Challenge Feel Good 

  Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

       

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14 janvier 2019

Au petit bonheur la chance ! Aurélie Valognes

Au petit bonheur la chance Aurélie ValognesAu petit bonheur la chance ! est le quatrième roman d'Aurélie Valognes, auteure française qui s'est fait connaître du grand public avec son premier roman Mémé dans les orties.

Eté 1968. Alors que Jean n'a que six ans Marie, sa mère, quitte son père en pleine nuit et le dépose chez sa grand-mère, Lucette. La jeune femme n'arrive plus à gérer sa vie et décide de laisser son fils à Granville et tenter sa chance à Paris. Le petit garçon ne se doute pas que ce qui devait être une situation temporaire va s'étirer en longueur. Lucette et Jean vont donc devoir s'apprivoiser !

J'avais passé un bon moment entre les pages des précédents romans d'Aurélie Valognes, Nos adorables belles-filles et Minute papillonJ'attendais donc de cette nouvelle lecture de la détente, du feel good et un brin de vintage. 
Mais la magie n'a pas opéré. Aurélie Valognes signe ici un roman plus grave qu'il n'y paraît et ce qui aurait pu être une belle histoire de relation inter-générationnelle entre Jean et Lucette se transforme en enfance malheureuse pour le petit garçon qui souffre du manque de sa mère, malgré l'amour de sa grand-mère. Tout au long du roman, je me suis demandée où l'auteure comptait nous emmener. Pas de feel good ici, les rires de l'enfance et les joies des étés entre cousins sont effacés par la lourdeur des perspectives du jeune héros. 
Ce n'est qu'une fois le roman terminé qu'Aurélie Valognes explique celui-ci : il est inspiré de l'enfance de son père, abandonné par sa mère et élevé par sa grand-mère. La postface explique cette lourdeur et cette enfance malmenée mais n'a pas réussi à me faire changer d'avis sur ce roman.  
Un bon conseil : ne vous fiez pas à la couverture fleurie comme une robe d'intérieure de nos grands-mères, vous ne trouverez pas dans ces pages une enfance heureuse et une mamie gâteau mais un petit garçon abandonné et une grand-mère qui peine à l'élever avec ses maigres moyens et se cache derrière ses sentiments. Bref, un avis en demi-teinte et un roman pas si feel good que ça.

Jour 14 du Challenge Feel Good 

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13 décembre 2018

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-AllardÇa raconte Sarah est le premier roman de la documentaliste et blogueuse Pauline Delabroy-Allard. Il est paru en septembre aux éditions de Minuit.  

La narratrice mène une vie tranquille. Mère célibataire, enseignante, elle traverse la vie sans folie, entretenant une tiède relation avec un homme. Un jour, lors d'un repas, elle rencontre une violoniste, Sarah. Sarah et sa fougue, son exubérance, sa soif de vivre, sa vulgarité et son intensité aussi. Les deux femmes entament une relation amoureuse qui se transforme en passion dévorante. Mais si les débuts sont gorgés de légèreté, le tableau s'assombrit rapidement, le caractère tempétueux et imprévisible de Sarah épuisant la patience de son amante. 

On m'a offert ce roman (et je remercie grandement celle qui l'a fait, si elle passe par là), parce que les similitudes avec l'auteure étaient trop grandes pour que je passe à côté. Je l'ai ouvert et lu d'une traite, happée par ce texte, son intrigue, ses héroïnes et sa plume poétique.

Pour un premier roman, Pauline Delabroy-Allard signe une petite pépite, tant dans la forme que dans le fond. L'intrigue est en apparence simple - une passion entre deux femmes - mais entraîne le lecteur au sein de cette idylle dévorante et destructrice, ne lui laissant aucune chance de s'en sortir. Le roman s'ouvre sur une scène de mort - l'auteure se cachant bien de dévoiler laquelle des deux femmes a succombé - pour mieux revenir en arrière et donner à voir la naissance de cet amour fou. L'économie est faite sur les personnages dont on n'apprend que le strict minimum, l'accent étant mis sur le ressenti de la narratrice et l'évolution du sentiment amoureux. La plume est précise, imagée, poétique aussi, et s'emporte au rythme des fluctuations de cette histoire, offrant au texte une dimension particulière. 

Roman de l'amour et de ses douleurs, de la passion et des extrêmes, Ça raconte Sarah décortique l'âme humaine, donne à voir une tranche de vie, dans sa beauté comme dans sa laideur, dans la vie comme dans la mort. Magistral. 

"Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S." 

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21 novembre 2018

La tresse, Laetitia Colombani

La tresse, Laetitia ColombaniLa tresse est le premier roman de l'écrivaine et scénariste française Laetitia Colombani. Il est paru chez Grasset en mai 2017 et a connu, dès sa sortie, un succès fulgurant en France et à l'international.

Trois femmes, trois destins. Smita, qui fait partie de la caste des Intouchables, vit à Badlapur, en Inde et subit une vie de labeur ingrat qu'elle souhaite éviter à sa fille. Giulia, de son côté, vit à Palerme, en Sicile, et travaille avec son père dans l'usine familiale. Sarah, enfin, occupe une place importante dans un cabinet d'avocats à Montréal et a placé sa carrière au centre de ses préoccupations. Trois destins qui vont basculer, sur trois continents différents, pour une vie meilleure.

Un premier roman encensé de toutes parts, et j'ai compris pourquoi dès les premières pages.       
Laetitia Colombani emporte son lecteur dans ces trois histoires brèves et intenses à la fois, interrogeant la place de la femme dans la société et la notion de liberté. Ces trois destins, en apparence si différents, se rejoignent et se confondent, offrant au texte un aspect universel.       
Le texte est bref, très fragmenté - les chapitres concernant les trois personnages se succèdent - et très fluide. L'auteure ne s'encombre pas de personnages secondaires inutiles, de dialogues ou de descriptions secondaires, et va à l'essentiel, sans se départir de cette émotion qui empreint ces trois histoires dès les premières lignes.  
Un court roman aussi bref que bouleversant. A lire sans hésiter !

 

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29 septembre 2018

On regrettera plus tard, Agnès Ledig

On regrettera plus tard, Agnès LedigOn regrettera plus tard est un roman d'Agnès Ledig - révélée par Juste avant le bonheur - paru chez Albin Michel en 2016. 

Eric vit dans sa roulotte avec sa fille, Anna-Nina, parcourant les routes de France. Un soir de violent orage, dans les Vosges, il s'arrête chez Valentine, professeure des écoles. Valentine vit seule, mais sa maison est accueillante et chaleureuse. Les blessures du passé sont là, entre eux, et séparent ces deux âmes solitaires mais le temps qu'Eric répare la roulotte, ils font connaissance.

Si j'ai évidemment entendu parler de Juste avant le bonheur, je n'avais jusqu'alors pas encore découvert la plume d'Agnès Ledig. Le résumé de celui-ci et sa disponibilité en livre audio, m'ont permis de me plonger dedans pendant que je déballais mes cartons.   
L'intrigue fonctionne bien, l'écriture est fluide et la plume légère. Les personnages sont rapidement attachants et possèdent une psychologie bien ficelée, évitant toute caricature. Le duo Eric et Anna-Nina revisite la thématique père-fille et Agnès Ledig y ajoute ce qu'il faut d'émotion et d'intensité pour le rendre vraisemblable. Les amours blessées, la mort, la solitude mais aussi l'amitié, l'amour et l'adultère sont évoqués dans ces pages et c'est avec un élan d'optimisme qu'on en ressort. Un bon feel good que j'ai eu plaisir à découvrir. Et qu'on se le dise : je prends de plus en plus plaisir aux livres audio... 

Challenge Feel good

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27 septembre 2018

La poupée sanglante, Gaston Leroux

La poupée sanglante, Gaston LerouxLa poupée sanglante est un roman de Gaston Leroux publié originellement en 1923 sous forme de feuilletons quotidiens. 

Sur l'Île Saint-Louis, le relieur d'art et poète Benedict Masson se languit d'amour pour la douce Christine, fille d'un talentueux horloger. Celle-ci, bien que fiancée à Jacques Contentin, prosecteur à l'école de médecine, se meurt d'amour pour Gabriel, un étrange et beau jeune homme que la famille cache jalousement dans son atelier. Benedict enrage, car il est lui-même doté d'un physique très ingrat qui repousse les femmes.  
Le jour où Christine lui demande de venir travailler avec lui dans la demeure du marquis de Coulteray, Benedict accepte avec empressement. Mais il règne une étrange atmosphère dans ce manoir. La marquise se meurt, atteinte de folie dit-on. Entre deux crises, elle met en garde Christine et Benedict : son mari la mord et la vide de son sang. 
Benedict ne sait pas encore qu'il vient de sombrer dans une implacable machination. 

Découvrir une des dernières oeuvre du père de Rouletabille s'annonçait savoureux, même si ce livre traînait dans ma PAL depuis des lustres. Mais je ne m'attendais pas à un tel bijou !   
Gaston Leroux, célèbre pour ses romans policiers teintés de fantastique, ne déroge pas à la règle avec sa Poupée sanglante. La narration, qui alterne les extraits de journaux, oscille, tremblote, le fantastique est là, se dressant fièrement contre la science et la raison. Benedict Masson, personnage ambivalent s'il en est, est-il le poète transi qui se meurt d'amour pour la belle Christine ou le sauvage tueur de femmes de chambre, comme le récit nous l'apprend par la suite ? Le mystère reste entier... Gaston Leroux s'amuse à jouer avec les codes du genre, empruntant à Mary Shelley mais aussi aux romans gothiques. Le mystère est là, au milieu de tous, en plein Paris. La mort rôde, la vie après la mort aussi, aidée de la science. Bref, un roman à la construction savoureuse, rempli de retournements de situation, sombre et glaçant comme à souhait.  Un roman parfait pour cette période de l'année, porté par un grand nom du roman populaire du 20e siècle. A découvrir sans tarder !

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20 septembre 2018

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puertolas

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IkeaL'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea est le premier roman publié par Romain Puertolas. Il est paru en 2013 aux éditions Le Dilettante. 

Ajatashatru Lavash Patel est un escroc fakir venu chercher en France un nouveau lit à clous chez le géant du meuble suédois. Malheureusement pour lui, il se retrouve rapidement coincé dans une armoire et baladé de pays en pays, au gré de la marchandise. Clandestin involontaire, il rencontrera de vrais clandestins soudanais qui fuient leur pays, une belle parisienne qui fera chavirer son coeur, un chauffeur de taxi furieux d'avoir été arnaqué, et du Royaume-Uni à l'Espagne en passant par la Lybie, Ajatashatru Lavash Patel vivra de rocambolesques aventures. 

J'ai tourné autour de ce roman un moment avant de décider d'en écouter sa version audio, lue par Dominique Pinon. Rocambolesque est bien le terme qui définit cette épopée drôle et loufoque. L'intrigue à tiroirs fait penser aux aventures de Jules Verne, le personnage d'Ajatashatru Lavash Patel étant empreint d'un humour féroce et d'une candeur très fraîche. C'est léger et drôle, avec une réflexion sur la condition de clandestin (l'auteur faisant lui-même partie de la police aux frontières) mais je n'ai pas pris un plaisir immense à écouter les tribulations de cet indien malchanceux. A tel point que je passe sans problème à côté de son adaptation ciné, sortie en mai cette année. 

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