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11 octobre 2019

Les Fleurs du Nord, Valérie Harvey

Les Fleurs du Nord, Valérie HarveyLes Fleurs du Nord est un roman young adult écrit par la québecoise Valérie Harvey et paru une première fois en octobre 2016 aux éditions Québec Amérique avant d'être réédité en 2019.

Sur une île qui ressemble fortement au Japon à l'époque médiévale, installée dans les monts  Sounkyô qu'elle gouverne de génération en génération, vit la famille Kagi, porteuse du pouvoir du feu. Le dernier héritier de ce pouvoir, Tatsuké, maintient la paix sur son territoire tout en protégeant la ville de Fuki. S'entraînant chaque jour dans son camp avec les hommes sous son commandement, le jeune homme n'use de son pouvoir que dans des cas extrêmes.     
Mais le jour où l'un de ses ennemis malmène une jeune femme, Tatsuké intervient et la protège, mettant à mal le fragile équilibre de paix que le royaume tente de préserver. Décidant de placer Midori, c'est son nom, sous sa protection le temps que la menace soit écartée, Tatsuké ne se doute pas qu'il va tomber amoureux de la jeune femme guérisseuse.

Quelle pépite ce roman ! C'est bien simple, je l'ai dévoré en une journée, incapable de le reposer, tant l'intrigue m'a envoûtée et les personnages, passionnée  
Scindé en trois chroniques, l'intrigue épouse la saga familiale des Kagi et entraîne le lecteur au coeur de son quotidien porté par des figures féminines fortes et déterminées et les hommes de leurs vies, le tout sous couvert des pouvoirs des quatre éléments.     
Avec
une plume poétique et précise et une écriture cinématographique, le roman alterne l'exploration du sentiment amoureux et l'art de la guerre, l'ensemble étant toujours très juste. Les descriptions sont soignées et permettent au lecteur de s'imaginer parfaitement les lieux tandis que la psychologie des personnages, très fine, évite les écueils habituels.    
Valérie Harvey imagine un Japon imaginaire où la magie règne et maîtrise son sujet à la perfection. Ayant elle-même vécu à Kyoto durant un an et demi, elle propose à son lecteur une réelle immersion dans ce pays cher à son coeur, glissant même des calligraphies au fil des pages.
Pour les néophytes sur le sujet, un lexique en début de livre permet de se familiariser avec certains termes japonais, tandis que l'auteure complète son récit par un avant-propos expliquant le contexte historique dont elle s'inspire, une carte et une liste des personnages. Et pour aller plus loin, Valérie Harvey a composé deux chansons en japonais disponibles en écoute sur son site.    
Bref, un petit coup de coeur par ici - qui n'a pas été sans me rappeler la saga Le Clan des Otori, lue il y a une éternité (avant la création de ce blog, ça vous donne une idée^^) - et que je ne saurais que conseiller. Ados passionnés par le Japon ou adultes curieux, foncez les yeux fermés, vous ne le regretterez pas !

Et voilà ma première participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

Challenge Halloween 2019, logo

Un grand merci aux éditions Québec Amérique pour la découverte de cette petite pépite !

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15 février 2015

Une adoration, Nancy Huston

Une adoration, Nancy HustonUne adoration est le dixième roman de la femme de lettres franco-canadienne Nancy Huston paru en 2003 chez Actes Sud.

Le comédien Cosmo est mort, un couteau planté dans le thorax. Pour comprendre ce qui s'est passé, son entourage vient témoigner. Elke, la maîtresse passionnée, Fiona, la fille de celle-ci et grande admiratrice du comédien, Frank, son frère, haineux et envieux, Josette, la mère éplorée, Jonas, l'amant de la dernière heure, le choeur de femmes qu'il a aimées mais aussi la passerelle qui l'a vu improviser ses premiers sketches, le couteau qui l'a tué, la baguette de pain ou encore le Cèdre du Liban qui interviennent à un moment de l'intrigue. Au tribunal où le lecteur est juge défile cette drôle de galerie, pour comprendre qui était Cosmo. Quelle était sa vie. Et ce, jusqu'à l'inévitable...

Je connaissais Nancy Huston de nom mais ne savais pratiquement rien de cette auteure. Après cette première lecture, je sais dorénavant deux choses : non seulement Nancy Huston est une femme de lettres talentueuse, mais aussi que je vais désormais tâcher de découvrir son oeuvre. 
Une adoration est un roman original dans son intrigue comme dans sa construction. De Cosmo, le personnage principal, nous ne saurons que ce que ses proches veulent en dire. Nous n'en aurons qu'une vue biaisée par leur prisme, par leurs regards. De l'amante éplorée à la mère vindicative en passant par les anciennes maîtresses éconduites ou l'ancien amant, chacun porte en lui sa vision du comédien, selon les rapports qu'il entretenait avec lui et ce qu'il a pu saisir de sa personne.  
Dans ce tribunal qu'est le roman, à la barre duquel chacun défile, la vie de Cosmo s'étire donc sous les yeux du lecteur ébahi, pris à parti par chacun sous le terme de "Votre Honneur". Les émotions se succèdent, selon les interventions de chacun, du rire aux larmes, de la colère à l'incompréhension. Et pas une seule fois le pauvre Cosmo ne pourra rétablir sa vérité.   C'est bien le comble : même les personnages décédés interviennent dans cette histoire. Tous, sauf lui...
L'humour est là, lorsque la baguette de pain ou la passerelle prennent la parole, lorsque les personnages, lassés d'attendre leur tour, veulent eux aussi être sous les feux des projecteurs et exigent la parole. 
De ce petit théâtre où chacun se bat pour exister et parler de son Cosmo, le lecteur est spectateur impuissant. Et si le postulat de départ est la mort du comédien, le lecteur peut néanmoins sentir l'émotion palpable, derrière les diverses interventions, et la réticence à avancer davantage dans le temps. Comme si évoquer à nouveau le décès de Cosmo était trop dur pour chacun des personnages. Mais la vérité doit éclater : qui a réellement tué Cosmo ? 
Je ressors absolument enchantée de ce roman polyphonique. Les voix des différents personnages résonnent encore une fois la dernière page tournée et c'est avec regret que j'ai refermé ce drôle de roman vibrant d'énergie et tourbillonnant.
Mais je ne quitte pas Nancy Huston pour autant et me replonge dans un autre de ses livres, un essai cette fois : Reflets dans un oeil d'homme. Merci Flo pour cette chouette continuité !

"On fait ce qu'on veut, ce qu'on peut, n'est-ce pas, avec les souvenirs qui nous constituent..." (p.49)

"Souvent, quand je flâne à Montparnasse, je vois tous ces gens en train de boire, de rire et de bavarder à la terrasse des cafés et je me dis que chacun d'eux, bricolant au petit bonheur la chance, construit dans sa tête le récit de sa vie, l'enchaînement particulier de choses, de jours, de lieux et d'êtres grâce auquel il se reconnaît en se réveillant le matin, oui, tous ces milliers de gens intégreront à l'histoire de leur vie cette soirée passée à la terrasse de tel ou tel café." (p.292)

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25 mars 2010

Le Monde de Barney, Mordecai Richler

9782253149958_GJe viens de terminer Le Monde de Barney, présenté par son éditeur comme "l'un des plus grands romans du Canada anglophone d'aujourd'hui".

Barney Panofsky, juif canadien, a eu une vie mouvementée : trois mariages, trois enfants, une jeunesse de bohème à Paris, puis une affaire d'importation de fromage dans son pays natal avant de terminer producteur de séries télévisées. Accusé du meurtre de l'un de ses amis, Barney voit sa vie s'effondrer : ses proches le délaissent et sa vie devient chaotique entre l'alcool et les pertes de mémoire qui commencent à l'envahir.

Difficile de catégoriser ce livre. Présenté comme un roman par l'éditeur, il s'agit en réalité d'un texte autobiographique (Barney Panofsky a réellement existé !), commenté par l'un de ses fils et mit en mot par Mordecai Richler... Bien confus tout ça !
Ce livre est néanmoins d'une drôlerie rare, d'une construction aussi anticonformiste que son narrateur. Le personnage de Barney, qui s'exprime à la première personne, égare le lecteur dans ses élucubrations et ses souvenirs. De ses trois femmes, il écrit trois chapitres successifs, chacun relatant, de façon désorganisée, les réminiscences de sa vie à cette époque mêlée à celle de son présent. Il entraîne le lecteur à sa suite, dans les méandres de sa mémoire défaillante.

Teinté d'humour noir et de cynisme, Barney est néanmoins attachant.  Sa vie est fantasque, à la limite de la vraisemblance. Il côtoie des personnalités aussi diverses qu'intéressantes.  J'ai vraiment apprécié les notes de bas de page de son fils, qui complètent ce récit,  qui  sont souvent très critiques, et par là même comiques...

J'ai passé un bon moment de lecture et je me suis souvent esclaffée, comme lorsque Barney cherche le nom de l'ustensile pour égoutter les pâtes... Une fois retrouvé, l'égouttoir ponctuera le texte régulièrement, tel un moyen mnémotechnique...

Je tiens à remercier 47286893 et logo pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. 

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