Bienvenue à Bouquinbourg

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26 novembre 2010

L'abîme, Charles Dickens et Wilkie Collins

labimeDécouvert par hasard dans une petite librairie, L'abîme (paru aussi sous le titre Voie sans issue), est un roman écrit à quatre mains, celles de deux amis anglais : Charles Dickens et Wilkie Collins.

Walter Wilding, est un marchand de vin prospère. A la mort de sa mère, il apprend que sa mère n'est pas sa mère biologique et qu'il a vit sous l'identité d'un autre. Très confus, il décide de léguer sa fortune au véritable Walter Wilding. Mais les événements s'enchaînent avant qu'il n'ait le temps de rencontrer celui dont il a pris l'identité...

Difficile de ne pas en dire trop de ce roman très court... L'intrigue de départ est originale et promet un roman intéressant, mais malheureusement, la brièveté du texte ne permet pas de s'immerger complètement dans l'intrigue.
Le roman suit successivement le parcours de deux personnages principaux. Si leur histoire personnelle est digne d'intérêt, le roman ne leur accorde malheureusement pas assez de temps pour l'appréhender véritablement.
Le rythme est rapide et passe d'un lieu à l'autre sans transition, faisant fi d'une quelconque harmonie temporelle. Qu'il est frustrant de passer beaucoup de temps sur des situations parfois anodines et de ne pas s'attarder sur d'autres qui promettaient d'être intéressantes !
Un bon roman néanmoins, qui aurait pu être vraiment une très belle découverte, mais qui me laisse cruelle
44667022_pment sur ma faim et frustrée de tourner la dernière page et quitter des personnages que j'aurais aimé mieux connaître...
Et voilà ma participation annuelle pour le Wilkie Collins Addicts The Challenge  de Cryssilda (ouf ! C'était limite !)

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12 novembre 2010

Le livre des choses perdues, John Connolly

livre_le_livre_des_choses_perduesUne quatrième qui évoque des similitudes avec Tolkien et Lewis Carroll et une couverture avec ce graphisme, le tout pour un roman de l'écrivain irlandais John Connolly... Il n'en fallait pas plus pour m'allécher !

Londres, au soir de la Seconde Guerre mondiale. Alors que sa mère, à l'agonie depuis quelques temps, décède, le jeune David se retrouve seul avec son père. Lorsque celui-ci se remarie quelques mois plus tard avec Rose, une jeune infirmière qui avait soigné sa mère, le jeune garçon se mure dans une colère et une tristesse indicibles. La naissance de Georgie, fruit de cette union, entérine le mal-être du garçonnet.
Celui-ci se réfugie alors peu à peu dans la lecture, et ne tarde pas à pénétrer dans un univers parallèle inquiétant, né de ses nombreuses lectures, et dans lequel sa mère l'appelle sans cesse...

Je viens de lire d'une traite ce roman, afin de pénétrer dans l'univers onirique et inquiétant à souhait de John Connoly. Et je n'ai pas été déçue !
Mêlant roman d'apprentissage et récit merveilleux, Le livre des choses perdues est un roman enivrant dans lequel on plonge pour n'en ressortir qu'à la dernière page. Empruntant aux contes sa structure et ses personnages - chevaliers, loups, monstres hybrides, chasseresse... - ce roman aborde la question du deuil et de la négation de la mort à travers un univers souvent noir et sanglant. Le jeune héros, David, murit au fil de ses rencontres dans ce monde étrange et progresse dans son acceptation de la mort de sa mère. Il se débarrasse au fil des pages des tocs qui l'enfermaient au quotidien dans une culpabilité croissante.
Une lecture onirique à souhait qui cache une réflexion bien plus profonde sur le sens de la vie. Oui, on aperçoit l'empreinte de Tolkien à travers la cartographie de ce monde parallèle, et celle de Lewis Carroll, plus prégnante, par le glissement (encore une fois) d'un héros enfant dans un univers onirique grâce à un tunnel, mais surtout par le but ultime de l'intrigue : la rencontre avec le monarque de ce royaume étrange. Mais le roman de John Connolly ne souffre pas de ces ressemblances et permet, grâce à une intrigue originale et une réflexion bien menée, de passer un très bon moment de lecture.

Un grand merci àlivraddict et à jailu pour ce roman découvert dans le cadre d'un  partenariat.

Et voici ma septième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

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29 septembre 2010

Rentrée littéraire #2 Quand blanchit le monde, Kamila Shamsie

9782283024454FSDeuxième roman reçu cet été dans le cadre de la sélection adhérents Fnac, Quand blanchit le monde est le cinquième roman de l'écrivaine Kamila Shamsie, et a été finaliste du prix Orange en 2009 en Grande-Bretagne.
Exceptionnellement, je cède la place aux éditions Buchet Chastel pour le résumé de ce roman :

"Quand le 9 août 1945 au matin, Hiroko Tanaka sort sur sa terrasse en kimono aux motifs d'oiseaux, elle est enivrée par le bleu du ciel de Nagasaki, son coeur bat à tout rompre. Sur ses lèvres, elle a encore l'empreinte de celles de Konrad Weiss, son amant allemand, et à ses oreilles résonne toujours sa demande en mariage. Mais, à peine née, leur histoire s'achève déjà.
Car, d'un coup, le monde blanchit... Contrairement à Konrad, Hiroko survit à la bombe atomique, et les graves brûlures sur son dos prennent alors la forme de grands oiseaux noirs qui lui rappelleront toute sa vie ce qu'elle a perdu..."

Roman fleuve s'il en est, Quand blanchit le monde est un livre dont on ne sort pas indemne. Je l'avais sélectionné pour qu'il fasse partie de la sélection des adhérents de la Fnac, mais d'autres ont eu ce privilège à sa place. C'est bien dommage...
D'une écriture poignante, Kamila Shamsie nous entraîne dans le sillage de ses personnages, au gré des pays et des époques, chacune apportant son lot de tragédies intimes et de joies partagées.
Très dense, ce roman est absolument bouleversant tant dans son intrigue que dans la façon dont l'auteure la relate. On tourne les pages en retenant se respiration, en priant à chaque instant que les personnages soient épargnés et leurs souffrances amoindries.
Je ne vous le cacherai pas, c'est un roman qui peut parfois être dur car les sujets abordés sont à la fois actuels et universels car historiques et nous atteignent de plein fouet sans prévenir. Mais quel plaisir ! Quelle force ! Quelle poésie au détour de chacune de ces pages !
Du Japon à l'Inde en passant par les États-Unis et l'Afghanistan, de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, l'intrigue se déroule avec fougue sous nos yeux, riche en détails sur chacun de ces pays et leurs traditions.
Que dire de plus si ce n'est que ce roman est une excellente découverte à laquelle je ne me serais peut-être pas intéressée au détour d'un rayon ?

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18 septembre 2010

Wilt 1, Tom Sharpe

9782264042439FS51641037Reçu de la part d'Héloïze dans le cadre de son Swap En avant l'été, Wilt 1 est le premier roman que je lisais de Tom Sharpe.

Henri Wilt est prof de culture générale dans un lycée technique londonien. Sans ambition, il poursuit sa vie sans passion, entre des élèves très peu intéressés par sa matière et une épouse castratrice qui le rabaisse constamment. Lorsque celle-ci décide de se libérer sexuellement et de partir avec un couple d'américains, Wilt prend la décision d'assassiner celle qui a fait de sa vie un enfer. Mais devenir un meurtrier n'est pas si simple...

Wilt 1
fait partie de ces livres qu'on dévore sans s'arrêter. On se délecte des malheurs de ce pauvre personnage dont la vie pathétique et sans aspérité est triste.
L'intrigue est rapide, bourrée de rebondissements aussi nombreux qu'imprévisibles, ce qui rend le rythme très dynamique.
Même si finalement les événements en eux-mêmes sont très peu crédibles ni vraisemblables, il est bon de se plonger dans ce roman rocambolesque s'il en est.
Quand on sait que le sous-titre choisi par l'éditeur français est : "Comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore", on peut se douter que le bon goût ne sera pas à toutes les pages, mais on rit quand même grâce au talent de Tom Sharpe.
Un grand merci Héloïze pour cette lecture qui m'a détendue cet été !

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03 juillet 2010

La séance, John Harwood

ouiPour une fois, et c'est rare, c'est la première de couverture de ce roman qui m'a attiré l'œil... Et vu que le résumé était alléchant, j'ai été très enthousiaste à l'idée de le découvrir !

Angleterre, fin XIXe. A la mort de sa jeune sœur, Constance Langton s'adonne à des séances de spiritisme pour communiquer avec elle et redonner de la joie de vivre à sa mère, effondrée de chagrin.
A la mort de ses parents, quelques année plus tard, la jeune femme hérite d'un manoir magnifique autant qu'effrayant : Wraxford Hall. Le notaire qui lui annonce cet héritage la met en garde contre cette demeure de mauvaise réputation : les précédents propriétaires sont morts dans d'étranges circonstances, tandis que planent au dessus de Wraxford Hall des rumeurs de recherches spiritistes...

En débutant ma lecture, j'ai craint d'avoir entre les mains un roman qui fasse l'éloge des séances de spiritisme et de communication avec les morts. En tant que rationnelle convaincue et militante, mon enthousiasme a été tout de suite freiné... J'aurais dû accorder plus de poids à la citation liminaire qui explique un trucage pour une séance de spiritisme... Bref, une fois cette appréhension passée, je me suis plongée avec plaisir dans ce roman.
L'intrigue est intéressante et très bien menée et fait appel à de nombreuses références littéraires anglo-saxonnes. On repère facilement l'influence de la gothic novel avec cette demeure magistrale et effrayante et des morts mystérieuses, notamment Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe et Le Château d'Otrante d'Horace Walpole. L'ambiance générale du roman est inquiétante, et John Harwood réussit brillamment à mêler surnaturel et réel, pour le plus grand plaisir de son lecteur, qui ne sait plus où se situe ce roman.
L'alternance des époques et des personnages dans chaque chapitre permet de reconstituer à rebours les événements inquiétants qui se sont déroulés à
Wraxford Hall. Les différentes époques se nouent entre elles par des détails et des personnages liens et permettent d'avoir une vue d'ensemble de l'intrigue générale. Ce procédé narratif dynamise  l'intrigue et évite à ce roman de ressembler à tant d'autres à la construction plus classique.
Enfin, le style de l'auteur est  imagé et permet une plongée déroutante dans cet univers inquiétant. Les dialogues n'occupent pas une place prépondérantes et s'organisent harmonieusement avec les descriptions de la nature et des personnages. 
Un roman vraiment appréciable, entre tradition littéraire anglaise et  modernité.  Une excellente lecture !

Je remercie bob et les Éditions Le Cherche Midi pour ce roman reçu dans le cadre d'un  partenariat.
 

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02 juin 2010

La flèche du temps, Martin Amis

9782070399147FSAttirée par la quatrième de ce roman et désireuse de lire un roman de Martin Amis, j'ai été très enthousiaste à l'idée de le découvrir...

Tod, le héros de ce roman, regarde sa vie se dérouler à l'envers et son corps rajeunir. Chaque geste du quotidien est pour lui un étrange bal où les actions s'enchaînent sans relation logique. Médecin, il reçoit dans son cabinet des patients en bonne santé qui ressortent de chez lui malades, ses relations avec les femmes commencent par une incompréhension et se terminent par une rencontre, tandis qu'au tennis, les balles viennent du filet pour finir arbitrairement dans la poche d'un des joueurs...

Lecture intrigante s'il en est, Martin Amis pousse dans La flèche du temps le nonsense jusqu'à écrire un roman où les conséquences deviennent les causes. Le personnage et le lecteur sont entraînés dans des situations qui alternent grotesque et tragique.
Pour autant, ce dispositif n'est pas
à première vue innovant (je pense en particulier à L'étrange histoire de Benjamin Button) mais Martin Amis manie d'une main de maître la narration d'une vie racontée à l'envers et non à rebours. En effet, il imagine que c'est le cours du temps qui est inversé et non simplement l'existence de son personnage. Alors que Tod retrouve sa jeunesse au fil des pages, le lecteur découvre petit à petit le passé / futur de ce curieux personnage.
Une lecture étonnante, tant dans sa tonalité que dans ses rouages, La flèche du temps est une interrogation sur l'être et l'Histoire. Expérience  à la fois déroutante et parfois même troublante,  ce roman s'avère vertigineux telle une machine à remonter le temps.
Martin Amis signe ici une œuvre de qualité dont je ne saurais que conseiller la lecture. L'avis de Cynthia sur ce roman.
Je tiens à remercier 47286893 et folio pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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16 mai 2010

La reine des lectrices, Alan Bennett

9782070419609FSAyant vu il y a quelques mois une adaptation théâtrale de Talking Heads, une série de monologues truculents écrits par Alan Bennett, j'ai eu envie de  connaître davantage ce romancier et dramaturge anglais. Au détour de certains blogs, j'avais repéré ce court roman il y a quelques temps et, en tombant sur sa version poche hier dans une librairie, j'ai succombé !

La reine d'Angleterre découvre un matin, lors d'une promenade avec ses chiens, le bibliobus de Westminster. Intriguée, elle pénètre dans ce lieu dédié à la lecture et fait la connaissance  de Norman Seakins, un commis de cuisine passionné par la lecture et autodidacte. A ses côtés, la reine se lance dans la lecture, commençant par des choix assez aléatoires, puis affirmant ces derniers, au fil de ses lectures.  
Mais à Windsor, tout le monde ne voit pas d'un très bon œil la soudaine lubie de la reine. Les conséquences de sa nouvelle activité ne tardent pas à se faire sentir : retards, désintérêt pour sa fonction, mais aussi une culture grandissante qui effraie ceux qui l'entourent...


Voici une courte farce vraiment très drôle ! Alan Bennett donne à voir à son lecteur une reine d'Angleterre humaine, enfermée dans la solitude de son protocole. Au fil de ses lectures et de ses découvertes, elle s'ouvre peu à peu au monde des sentiments et des émotions, regardant ses contemporains d'un autre œil. Mais qu'une reine se rapproche du commun des mortels, ce n'est pas pensable pour ses ministres...
Bennett joue ici avec la figure emblématique de la reine d'Angleterre et s'offre le luxe d'imaginer ce que sa vie serait si elle avait le temps d'être une lectrice boulimique. Le ton est à la fois drôle et décalé et les personnages, bien que vite décrits, permettent de se divertir grandement avec cette farce.
Ode à la lecture et à ses grandes figures - Proust, Brontë, Genet, Shakespeare... - ce court roman est une petite merveille  d'humour ! A la fois léger et subversif, il fait passer un bon moment de lecture à quiconque se plonge dans ses pages.

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19 février 2010

Une vie gaspillée, Rudyard Kipling

9782070349531FSJe viens de terminer ce recueil de nouvelles de Kipling, fortement inspirées de sa vie en Inde. Cinq nouvelles le composent, extraites du recueil Simples contes des montagnes, paru en 1887.

Ces nouvelles ont pour cadre la petite ville de Simla, au pied de l'Himalaya, dans laquelle les Anglais, civils et miliaires, sont établis. Loin de leur pays natal, ils patientent dans la chaleur et la moiteur de l'été indien. Des intrigues amoureuses se nouent, des amitiés voient le jour, teintés parfois de drames...

D'une lecture très rapide (moins de 80 pages), ce recueil de nouvelles plonge le lecteur dans l'Inde victorienne. Peu de détails sur l'époque néanmoins, ni sur le pays lui-même, mais plutôt des petites anecdotes nées du déracinement des soldats et de leur rencontre avec ce pays.

Une lecture agréable donc, telle une chronique de cette époque coloniale. Chaque court récit est édifiant, mettant en évidence des histoires personnelles somme toute assez banales. Les personnages sont esquissés, les intrigues rapidement tissées. 

Déconseillée donc à ceux qui aiment les histoires fouillées et qui ne restent pas en surface !! Mais cette lecture m'a donné envie de découvrir davantage Kipling et peut-être lire son recueil Simples contes des montagnes dans son intégralité !

LogoCette lecture était ma première dans le cadre du Challenge Bienvenue en Inde, organisé par Hilde et moi !

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Et il s'inscrit encore et toujours dans le cadre du Challenge 2euros de Cynthia !!

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06 décembre 2009

Le club du suicide, Robert Louis Stevenson

clubdusuicide1Je viens de terminer Le Club du suicide, nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson et publiée aux éditions Gallimard en 2001.
Cette nouvelle, composée de trois textes (Histoire du jeune homme aux tartelettes à la crème, Histoire du docteur et de la malle de Saratoga et Aventure du fiacre), est issue du recueil Nouvelles Mille et Une Nuits, publié dans la Pléiade.

Pour tromper son ennui, le prince Florizel et son grand écuyer, le colonel Géraldine, s'adonnent aux pires extravagances.
Lors d'une de leurs soirées, ils font la connaissance d'un jeune homme ruiné, qui a décidé d'en finir avec la vie.
Après avoir délié sa langue par un bon repas, celui-ci les convie à une
assemblée étrange : le Club du suicide. Chaque soir, les membres de ce club se réunissent et jouent aux cartes : le malheureux qui tire l'as de pique est condamné, tandis que celui qui tire l'as de trèfle, sera son bourreau. Ainsi, ceux qui veulent en finir avec la vie mais n'en ont pas le courage sont aidés dans leur funeste entreprise.
Le prince et son ami décident de faire cesser au plus vite cette entreprise lucrative et de sauver les membres désespérés de ce club.

Composé de trois nouvelles distinctes, liées par leur sujet, Le Club du suicide est une lecture intrigante. De prime abord, elle m'a fait penser [au] Magasin des suicides de Jean Teulé, que j'ai lu récemment.

La société secrète qui se réunit tous les soirs semble dédramatiser de prime abord la mort en général et le suicide en particulier. En réalité se cache derrière ces tristes réunions un commerce glauque. Les membres désespérés, ruinés par le jeu ou malheureux en amour, veulent en finir avec leur vie, mais pas sérieusement. Et lorsqu'ils tirent une des cartes fatidiques, il est trop tard : ils deviennent soit victime soit bourreau.

Stevenson propose ici une histoire originale, surtout pour l'époque, tout en conservant un manichéisme bien présent. Le prince s'ennuie et se rend dans cette société par hasard, mais une fois l'horreur vue, il met tout en œuvre pour faire cesser ce sombre commerce et condamner le président de club, sorte de Méphistophélès revisité. Chaque chapitre est ponctué par une conclusion, à la manière des Mille et une Nuits, qui informe le lecteur de l'avenir sans entrave des personnages.

Le rythme de l'intrigue est très rapide, en raison du genre littéraire, et ne s'encombre pas de descriptions ou de dialogues inutiles. Les scènes sont souvent très théâtrales et font souvent penser à une farce, malgré le thème de la nouvelle.

Enfin, la traduction de l'anglais, faite par Charles Ballarin, est très réussie, et permet de se plonger avec délice dans le Londres de cette époque.

"En outre, nous savons que la vie n'est qu'un théâtre où nous faisons les bouffons aussi longtemps que ce rôle nous amuse." p.25

2_euros
Cette lecture se rattache bien entendu au challenge Folio 2 euros, initié par Cynthia


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29 novembre 2009

Jonathan Strange & Mr Norrell, Susanna Clarke

Je viens de terminer Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke, roman paru en France en 2007 aux Editions Robert Laffont, qui a reçu le  prix Hugo et a été élu meilleur livre de l'année par le Time Magazine.

Angleterre, début 19ème. Mr Norrell est un magicien à l'ancienne mode, perdu dans ses livres. Sur les recommandations de ses conseillers, il s'installe à Londres pour se fairejonathan_strange_and_mr_norrell_cover mieux connaitre du grand public, et aide le gouvernement anglais dans sa guerre contre les français.
Mais lorsqu'il décide de former un jeune magicien débutant, Jonathan Strange, et que celui-ci part aider l'armée sur le front en usant de magie noire, les deux hommes se brouillent. Leurs conceptions de la magie anglaise diamétralement opposées les séparent, et les deux magiciens  se déclarent une guerre ouverte pour l'avenir de la magie.

Je n'ai pas du tout accroché avec ce roman. J'en attendais peut-être trop. La quatrième de couverture (je sais pourtant qu'il ne faut pas s'y fier puisqu'elle est faite par l'éditeur) était  très élogieuse : "En mélangeant avec témérité la mythologie de la littérature fantastique et la comédie de moeurs à la Jane Austen, Clarke a crée une oeuvre magistrale qui rivalise  avec celle de Tolkien."
Personnellement je n'ai trouvé ce roman ni magistral ni comparable à Jane Austen ou encore empreint de la mythologie de la littérature fantastique. L'auteur n'a pas construit un univers comparable à Tolkien ou alors c'est nier la majeure partie de l'oeuvre de celui-ci, non traduite en français.
Son univers est assez confus et sa description ne permet pas de se le représenter. La partie fantastique n'a rien d'innovant ni d'incroyable tandis que le Londres du début du 19e est passé sous silence ou peu s'en faut. La psychologie des personnages est très rapidement esquissée.
Des longueurs, beaucoup de longueurs (1100 pages pour une histoire assez banale !) et une dispersion de l'intrigue avec une kyrielle de personnages secondaires ont fait que j'ai eu du mal à terminer ce roman... Je ne le conseillerai pas à mes proches.
Des rumeurs parlent d'une adaptation cinématographique de ce roman. Peut-être que pour une fois je préfèrerais le film au livre...

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