Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

20 avril 2017

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi, Rachel Joyce

La lettre qui allait changer le destin d'Harry Fry arriva un mardi, Rachel JoyceLa lettre qui allait changer le destin d'Harry Fry arriva le mardi... est le premier roman de la britannique Rachel Joyce paru en 2012 aux éditions XO. C'était à l'origine une pièce radiophonique pour la BBC que l'auteure avait écrite alors que son père était en phase terminale d'un cancer.

Harold Fry reçoit un jour une lettre d'une ancienne collègue. Queenie, c'est son nom, lui annonce qu'elle est en train de mourir d'un cancer. Ému, Harold rédige une réponse qu'il décide de poster sur le champ. Laissant sa femme Maureen affairée à faire du ménage, le sexagénaire sort pour rejoindre la prochaine boîte aux lettres. En chemin, il change d'avis : il ne va pas poster sa réponse mais il va aller rendre visite à Queenie dans son centre de soin palliatif. Du sud de l'Angleterre, il décide de rejoindre la frontière écossaise sans aucune préparation, sans sac à dos, avec ses chaussures bateau, lui qui n'a jamais fait réellement de sport dans sa vie. Harold promet à Queenie qu'il va arriver, mais qu'elle doit l'attendre. Il marche donc, pour qu'elle vive.

Ce roman a fait grand bruit lors de sa parution il y a quelques années mais jusque là, je n'avais pas eu la curiosité de comprendre pourquoi. Je n'avais pas été conquise par Deux secondes de trop, le second roman de Rachel Joyce mais comme j'ai eu l'occasion d'avoir celui-ci entre les mains, j'ai commencé à lire la première page... pour ne plus le lâcher !

Vous savez comme les histoires de marche méditative m'inspirent (à la même époque l'an dernier je dévorais Wild de Cheryl Strayed) et celle-ci n'a pas fait exception. Même si l'histoire d'Harold est fictive, elle a su me toucher dès les premières pages. J'ai été émue par cet homme à la retraite qui décide sur un coup de tête de tout plaquer et de marcher pour lutter contre la mort de son amie. Sa marche prend des allures de rédemption et d'introspection. Les kilomètres faisant, Harold se dépouille de ses certitudes pour mieux analyser son parcours de vie et comprendre pourquoi il en arrive là. C'est émouvant, jamais larmoyant malgré le sujet grave, et si l'ensemble est un tantinet improbable (parcourir 1000 km en 87 jours sans aucune préparation me semble compliqué), l'ensemble fonctionne bien. 

J'ai aimé accompagner Harold dans sa marche pour retrouver Queenie, réfléchir à ses côtés à sa vie, ses choix, ses erreurs comme ses bons moments. J'ai aimé moi aussi laisser de côté toute certitude sur ce chemin. Et je me dis de plus en plus que je vais entreprendre un tel périple moi aussi un de ces quatre !

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15 novembre 2016

Agatha Raisin enquête T.1 La quiche fatale, M.C. Beaton

Agatha Raisin TAgatha Raisin enquête : La quiche fatale est le premier tome de la série consacrée à l'enquêtrice Agatha Raisin imaginée par la romancière britannique M.C. Beaton, et qui compte aujourd'hui vingt-huit titres. Publié en Angleterre en 1992, ce premier tome vient d'être traduit en français et de paraître en juin chez Albin Michel.

Alors qu'elle est une brillante et efficace chargée de clientèle londonienne, Agatha Raisin décide du jour au lendemain de quitter l'atmosphère survoltée de la ville pour le calme des Costwolds, une chaîne de collines dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. La quinquagénaire célibataire y achète un cottage douillet et pense s'y reposer... Mais elle s'ennuie bien vite ! Pour y remédier, et malgré ses piètres talents de cuisinière, elle participe au concours de quiches organisé par la paroisse. Mais le juge du concours meurt empoisonné par sa quiche. Agatha, pour éviter d'être inculpée de meurtre, décide de mener l'enquête.

Cet été, alors que j'étais plongée dans mon mémoire, j'ai vu passer beaucoup de chroniques sur ce roman et j'ai eu moi aussi envie de succomber au charme d'Agatha Raisin. Et j'ai bien fait ! Que tremblent les dentelles, que frémissent les tasses de thé et les scones, voilà Agatha Raison, la quinquagénaire la plus dynamique de la littérature anglaise !

Amateur de cottage, de campagne anglaise, d'ambiance british et de pubs aux décors empesés, vous avez devant vous le roman parfait pour vous ! Cette Miss Marple contemporaine et non conventionnelle (elle fume et boit sans cesse !) saura vous ravir et vous entraîner dans ses aventures cocasses. La quiétude du petit village anglais au charme suranné impeccable est le théâtre d'une intrigue bien ficelée et sans temps mort. Sur fond de concours de quiches (ce qui en soi est déjà drôle) se déploient une galerie de personnages fantasques et une intrigue comique à souhait. Le genre policier est ici malmené par cette enquêtrice débutante à la logique parfois hésitante mais le tout fonctionne très bien, porté par un humour bien présent, et possède même un petit côté addictif. Avis aux amateurs : vous pourriez, vous aussi, tomber sous le charme d'Agatha Raisin...

D'autres avis sur ce roman : Alex-mot-à-motsAnneCryssilda, FondantoChocolat, Myrtille, Ollie, Sharon, etc.

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27 septembre 2016

La petite boulangerie du bout du monde, Jenny Colgan

La petite boulangerie du bout du mondeLa petite boulangerie du bout du monde est un roman de l'écossaise Jenny Colgan paru en 2015 aux éditions Prisma.

Suite à l'échec de son mariage et de l'entreprise qu'elle avait fondée avec son mari, Polly quitte Plymouth pour Mount Polbearne, un petit port de pêche de Cornouailles, accessible uniquement à marée basse. Sans le sou, elle emménage dans un sinistre appartement situé au-dessus d'une ancienne boulangerie. Loin de tout et de tous, coupée du monde par les marées, la jeune femme tente  de se reconstruire peu à peu et de faire le point sur sa vie. Entre la vie rythmée par la nature et le calme de l'île, Polly se retrouve. Et rapidement, la jeune femme recommence à faire ce qu'elle préfère : fabriquer du pain. D'abord pour se réconforter et s'occuper, la jeune femme est vite assaillie de commandes. Car à Mount Polbearne, il n'y a qu'un seul dépôt de pain industriel tenu par une vieille femme aigrie et les habitants sont très vite attirés par les doux effluves qui s'échappent du four de Polly. Elle qui pensait faire une pause à Mount Polbearne se retrouve rapidement à apprécier cet univers calme, loin de la foule et à se lier avec ses habitants.

Feel good book par excellence, ce roman m'a accompagnée cet été, lorsque je terminais d'écrire mon mémoire. Et je dois vous avouer que j'ai savouré ces pages comme des tartines de pain frais. Prenez une pincée de rupture, rajoutez une once de perte d'emploi sur fond de crise économique, mélangez le tout avec une héroïne déterminée et combative. Laissez reposer sur une petite île de Cornouailles en compagnie de drôles de marins et d'un macareux facétieux et attendez que le tout cuise doucement. A la sortie du four, vous obtenez un roman attachant, portée par des valeurs de solidarité et d'entraide, sur fond de troubles économiques, de romance et de quête identitaire. Si en plus je vous dis qu'il y a toujours une miche de pain qui dore au four et une douce et appétissante odeur qui se répand dans la cuisine, je sens que vous allez fondre...

L'intrigue, même si elle est classique de prime abord, regorge de positif et d'optimisme et renferme de belles surprises. L'entraide est au centre de cette quête identitaire et de cette vie qui s'effondre. Sans mièvrerie (et pourtant ça aurait pu !), avec finesse et parfois une once de mélancolie, Jenny Colgan aborde la question de la quête de soi à travers le personnage de Polly, trentenaire lambda, un peu bancale. Le lieu est cocon, malgré une nature violente, les descriptions de la Cornouailles soignées et il est facile et agréable de se glisser aux côtés de Polly pour l'accompagner dans cette période sombre de sa vie, qui se révèle bien plus lumineuse que prévue.

Pour ma part, vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman doudou et feel good et j'ai même eu l'impression de sentir l'odeur du pain chaud de la petite boulangerie clandestine de Polly lors de ma lecture... Certains pourraient y voir un ramassis de bons sentiments ou répliquer qu'il ne s'agit pas du roman du siècle, j'en concède. Pour ma part, il m'a accompagnée à un moment où j'avais besoin d'une détente facile et rapide et j'étais ravie de me plonger dans ces pages le soir venu. Résultat : j'ai très envie de dévorer la suite, Une saison à la petite boulangerie très vite et de retourner en Cornouailles.

Petit bonus final : les recettes de Polly qui permettent de réaliser les divers pains et viennoiseries indiqués au fil des pages... Un régal ! (je n'en ai encore testé aucune mais promis dès que je passe à l'action j'en rajoute une photo ici !)

D'autres avis sur ce roman : Faelys, FondantoChocolatGalleane, MamzellePotter, etc.

Encore une participation au Challenge Feel Good

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14 septembre 2016

Un jour, David Nicholls

Un jour, David NichollsUn jour est le troisième roman du britannique David Nicholls paru en 2008 mais le premier à être publié en France. Il est paru en 2011 chez Belfond et a été l'objet d'une adpatation cinématographique par Lone Scherfig en 2011.

Le 15 juillet 1988, lors de leur soirée de fin d'études, Emma et Dexter se rencontrent. Entre les deux étudiants que tout oppose, une alchimie voit le jour, symbolisée par une nuit sans lendemain. Alors que leurs chemins se séparent - Dexter, fortuné, part découvrir le monde en toute insouciance tandis qu'Emma enchaîne les petits boulots alimentaires - les deux amis ne cessent de correspondre. Durant vingt ans, ils s'échangent des lettres, se revoient à intervalles réguliers, et leur amitié ambiguë évolue au fil du temps. 

Cela faisait longtemps que je tournais autour de ce roman, que le résumé m'intriguait. Et cet été, j'ai décidé de le sortir de ma PAL et de me faire une idée. Et j'ai drôlement bien fait...

Si Un jour semble de prime abord une petite bluette , il n'en est rien. En réalité, le roman est une formidable étude de moeurs au travers du prisme de ces deux personnages que tout oppose. Dexter, l'intrépide et insouciant fils de bonne famille et Emma, la jeune femme responsable et rêveuse. Si l'un est dragueur, l'autre est sentimentale, et lorsque Emma envisage une carrière d'écrivain jeunesse, Dexter devient l'animateur d'une émission de télévision aussi creuse qu'inutile. Pour autant, ces deux-là sont aimantés l'un vers l'autre.

L'humour so british est bien présent dans cette comédie douce-amère, et le roman se présente comme une réelle peinture sociale de l'Angleterre sur vingt ans. Le lecteur suit avec plaisir l'histoire de ces deux personnages très vraisemblables, à raison d'un chapitre par an, à la date anniversaire de leur rencontre, le 15 juillet. Leur correspondance est un délice, tout comme leurs aventures.

Bref, vous l'aurez compris : j'ai adoré cette lecture, peinant à la lâcher. L'histoirekeep-calm-and-feel-good-246 d'une belle rencontre + une plume intéressante + l'Angleterre en toile de fond = un cocktail plus que réussi qui m'a complètement séduite et un coup de coeur de plus ! J'ai eu du mal à tourner la dernière page. Laissez-vous séduire vous aussi par le tandem Dex et Em... 

Voilà une nouvelle participation

au Challenge Feel Good que j'organise

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17 juin 2016

Le temps des métamorphoses, Poppy Adams

Le temps des métamorphoses, Poppy AdamsLe temps des métamorphoses est le premier roman de l'écrivain et documentariste britannique Poppy Adams paru en avril 2009 chez Belfond.

Après cinquante ans sans nouvelle, Vivien  rentre à la maison. Dans le manoir familial qui l'a vue grandir, Virginia, sa soeur aînée, vit recluse depuis le décès de leurs parents. Entre les murs épais de la silencieuse demeure familiale, Virginia ne comprend pas pourquoi Vivien revient, après tant d'années de silence, au crépuscule de sa vie. Les deux soeurs se tournent autour, tentent de s'apprivoiser en évoquant leur enfance, leurs souvenirs, leurs parents. Maud, leur mère, fantasque et volubile, malheureusement décédée en tombant dans un escalier, et Clive, leur père, entomologiste passionné par les papillons qui dédia sa vie et sa santé mentale à ces insectes.

Voilà un temps infini que ce roman attendait sagement sur les étagères de ma bibliothèque que je l'ouvre. Le Mois anglais était l'occasion toute trouvée ! Un premier roman britannique, qui évoque l'histoire de deux soeurs, j'étais à vrai dire assez enthousiaste en débutant ma lecture.

Mais attention aux apparences ! Le temps des métamorphoses est un roman bien plus sombre que ne le laisse imaginer son résumé. Virginia prend en charge la narration à la première personne et le lecteur est pris dans les filets de ce personnage, voguant au gré de ses souvenirs, entre passé et présent. Si Vivien apparaît dès la première page, elle restera, comme les autres personnages, une ombre fantomatique à laquelle le lecteur n'aura pas accès, prisonnier de cette focalisation interne au personnage de Virginia.

L'intrigue alterne passé et présent, enfance et vieillesse, et de lourds secrets ne tardent pas à être mis au jour. L'entomologie tient une grande place dans le roman, l'histoire familiale semblant être condamnée à être sous le joug des papillons et de leur emprise sur les membres de la famille. C'est pesant, angoissant même, menaçant sans aucun doute, mais je n'ai pas eu envie de reposer ces pages. Je m'attendais à un roman plus léger, mais je n'ai pas été déçue de la tournure que prenait l'intrigue. J'ai même aimé me plonger dans ce manoir silencieux, dépoussiérer les souvenirs de Virginia, soulever la poussière qui s'est déposée en voile sur les secrets de famille, pour mieux comprendre ce qui s'est joué entre ces murs. Un roman qui m'a mise mal à l'aise, mais dans le bon sens du terme (si tant est que cela soit possible !). Un roman que je vous recommande, c'est certain !

Voici ma deuxième participation au Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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11 mai 2016

Le début de la fin, Jasper Fforde

Le début de la fin, Jasper FfordeLe début de la fin est le cinquième tome de la série Thursday Next imaginée par le génial écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2008 en France chez Fleuve Noir.

Souvenez-vous... Thursday avait évité la fin du monde et réduit à néant le groupe Goliath. Quatorze ans plus tard, la pimpante détective littéraire est mère de Friday, devenu un adolescent léthargique, excellent représentant de sa tranche d'âge, et de Tuesday et Jenny.
Alors que les OpSpecs ont été dissouts, Thursday continue son travail dans le Monde des livres tandis que l'Angleterre ne sait plus comment réduire son Excédent de Bêtise et se noie dans des émissions de télé-réalité médiocres et lobotomisantes. Alors que Thursday tente de gérer la chute dramatique de la lecture et l'inquiétude croissante des personnages de fiction, la Jurifiction, dont elle est devenue un membre éminent, lui confie une stagiaire... qui n'est autre que son double de papier ! Car les aventures de Thursday ont rencontré un tel succès qu'elles ont été adaptées en livres. A Thursday de gérer son alter ego fictif qui est loin de lui ressembler. Et comme si ça ne suffisait pas, elle doit également faire attention à la menace qui rôde : on chuchote qu'un projet de livre interactif permettrait aux lecteurs d'éliminer les passages ennuyeux des livres...

Bon, je défie quiconque qui n'a pas lu les précédents tomes de comprendre un traître mot de ce que je viens d'écrire. D'ordinaire, je déteste faire ça, j'aime que mes articles soient accessibles même à ceux qui ne connaissent pas une série, mais il est vraiment difficile - voire véritablement impossible ! - de rester cohérent et compréhensible pour les non-initiés avec les romans de Jasper Fforde
Ce cinquième tome offre encore une fois une nouvelle perspective et donne du grain à moudre à notre détective littéraire préférée. Jasper Fforde ose une splendide mise en abîme en introduisant un double de papier à un personnage de papier. Voilà qui est fort ! Et Thursday de s'occuper de son double fictif, alors qu'elle est elle-même un personnage de fiction. Chez Jasper Fforde, les frontières entre le réel et la fiction sont toujours si floues... 
L
es références littéraires sont toujours nombreuses et fines, perpétuant l'hommage littéraire qui sert de fil conducteur à la série.

En très grande fan que je suis, je ne peux que vous encourager encore et toujours à découvrir cette série déjantée mais ô combien truculente. Jasper Fforde a su créer un monde complètement barré mais aux règles pourtant compréhensibles, dans lequel il fait bon vivre quand on aime lire. C'est simple : amoureux des livres, vous ne pouvez pas passer à côté de cette série ! C'est humainement impossible. Parce qu'ouvrir un tome de cette série c'est porter un autre regard sur le monde des livres et se prendre à rêver aux côtés de Thursday. Et si les frontières entre réel et fiction s'abolissaient ?

Pour lire mes billet sur les quatre premiers tomes,

c'est par ici !

   

Que ceux de mon entourage qui n'ont pas lu au moins le premier lèvent le doigt...

Parce que je vous préviens, vous n'allez pas y couper longtemps !

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26 novembre 2015

Deux secondes de trop, Rachel Joyce

Deux secondes de trop, Rachel JoyceDeux secondes de trop est le second roman de l'anglaise Rachel Joyce paru chez XO en 2014. Son premier roman, La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi reçut le prestigieux National Book Award en 2012.

Angleterre, 1972. Pour coïncider avec la rotation de la Terre, il a été décidé que deux secondes seraient rajoutées au temps. Deux minuscules secondes, qui auraient pu passer inaperçues mais qui troublent énormément le jeune Byron. Et lorsque le moment annoncé arrive, Byron et sa mère sont victimes d'un accident de voiture, Byron ayant déconcentré sa mère au volant. Les conséquences de cet accident vont être lourdes pour le jeune garçon et sa mère, et seule le temps parviendra à panser les blessures occasionnées.

J'ai beaucoup entendu parler de cette auteure et de son premier roman, et étant tombée sur celui-ci par hasard avant de partir en vacances cet été, je l'ai glissé sans hésiter dans mes valises, pensant passer un délicieux moment dans les 70's avec une intrigue tournée autour de la question du temps et de ses distorsions. J'adore les voyages dans le temps et toutes les thématiques qui tournent autour de cette question et je pensais les retrouver dans ce roman (j'ai d'ailleurs beaucoup réfléchi au pourquoi du comment de ces deux secondes moi aussi, en même temps que le petit Byron...).
Mais en réalité, Deux secondes de trop est un roman bien plus grave qu'il n'y paraît. L'intrigue tourne autour de cet accident de voiture et de ces conséquences dramatiques sur la famille, alternant passé et présent. Le ton est lourd, grave, et les personnages semblent engoncés dans des situations dramatiques dont le lecteur doute qu'ils puissent sortir. 
J'ai trouvé l'ensemble très pesant et j'ai éprouvé un certain malaise à cette lecture. Malgré un retournement de situation final intéressant (mais qui n'ôte rien au caractère morose de l'intrigue), j'ai eu beaucoup de mal à terminer ce roman, non parce que je m'y suis ennuyée ou que l'auteure écrit mal, mais parce que tout semblait si sombre pour les personnages que je n'avais pas envie de progresser dans ma lecture pour apprendre d'autres événements dramatiques pour eux. Une lecture de vacances qui m'avait tout sauf détendue, vous vous en doutez...

Les avis d'Anne, Alex-mot-à-mots, Keisha, Amartia, etc.

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07 novembre 2015

L'attente de l'aube, William Boyd

L'attente de l'aube, William BoydL'attente de l'aube est un roman de l'écrivain, scénariste et réalisateur britannique William Boyd paru en 2012 aux éditions du Seuil.

Vienne, 1913. Lysander Rief est un jeune acteur anglais de vingt-sept ans à la vie bien rangée. Fiancé à Blanche, une jeune comédienne, Lysander rencontre un pourtant problème sexuel qui l'amène à consulter un thérapeute viennois. Chez celui-ci, il croise le chemin de Hettie, une jeune femme fantasque dont il tombe éperdument amoureux. Mais Hettie entraîne bien vite Lysander sur une pente des plus dangereuses et le jeune acteur se voit rapidement entraîné dans la guerre qui débute en Europe et pour lequel il devient vite espion. Un traître se cache dans l'armée britannique. A charge de Lysander de découvrir son identité.

J'avais déjà eu ce problème avec L'ombre du vent de Zafon : avoir tellement entendu parler d'un roman que j'en attends beaucoup... Et que je suis déçue lors de ma lecture ! Tout est dit : j'ai entendu tant de bien sur ce roman, que j'étais très enthousiaste à l'idée de le découvrir. Mais la magie n'a pas opéré...
Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour que j'apprécie ce roman : une intrigue rudement bien ficelée, dans lequel le suspense va crescendo, une narration qui change de focalisation et tient le lecteur en haleine, de l'humour, un contexte historique recherché dans lequel la guerre et la naissance de la psychanalyse servent de toiles de fond, un triangle amoureux et une passion destructrice, une plume des plus maîtrisées qui laisse transparaître le talent de raconteur d'histoires de William Boyd.  En bref, un roman excellent dans lequel, d'autres, ont pu plonger à corps perdu et suivre la piste du traître aux côtés des Lysander. Pour ma part, je me suis ennuyée... Je sais que je vais loin en disant ça mais j'exprime un ressenti réel et je m'interroge aujourd'hui encore sur sa raison. Je pense réellement que trop attendre d'un livre biaise son jugement et ces deux expériences - celle de Zafon et celle-ci - me laissent de marbre face à deux romans qui, s'ils avaient été découverts dans d'autres circonstances, m'auraient séduite au plus au point. Morale de l'histoire ? Essayer de ne pas être trop perméable aux échos que l'on peut avoir sur certains livres. Est-ce réellement possible ou faisable ? Grande question...
En bref, un roman qui possède de grandes qualités, qui a séduit énormément de lecteurs, mais à côté duquel, malheureusement, je suis passée.

Allez jeter un oeil à d'autres chroniques pour ne pas rester sur mon impression toute personnelle et bien mitigée : Adalana, Clara, Jostein, Le Bouquineur, Sandy, etc.

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20 juin 2015

Les trois lumières, Claire Keegan

Les trois lumières, Claire KeeganLes trois lumières est un très court roman de la femme de lettres irlandaise Claire Keegan paru en 2011 aux éditions Sabine Wespieser.

Alors que sa mère est sur le point d'accoucher d'un énième enfant, la jeune narratrice est confiée à des parents éloignés, les Kinsella, un couple aimant et sans enfant.  
A leurs côtés, la jeune Pétale, comme l'homme la surnomme, va découvrir un monde bienveillant et chaleureux, où l'amour prend le pas sur les blessures anciennes.

En moins de 90 pages, Claire Keegan offre à son lecteur un roman court et dense à la fois, où chaque mot compte, où les émotions sont là, lisibles entre les lignes, perceptibles au milieu des silences.  
La vie s'étire calmement et paisiblement pour la jeune narratrice qui goûte à un quotidien aimant bien loin de la rudesse de sa vie de famille. Discrète et calme, l'enfant observe le couple qui l'accueille et démêle subtilement les écheveaux de leur douleur sous-jacente. Les deux époux sont taiseux mais hantent les pages de leur présence rassurante. Des forces tranquilles qui apaisent la fillette qui semble trouver sa place dans ce quotidien structuré qui est le leur.  
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Une belle plongée dans la campagne irlandaise au charme suranné. Un roman court, très court, trop peut-être. J'aurais aimé rester plus longtemps aux côtés de ces personnages et écouter leurs silences pour mieux les comprendre. Mais une belle immersion dans cette Irlande que j'aime tant, qui m'a fait repenser avec délice à ma découverte de l'île d'émeraude, il y a bientôt quatre ans.

D'autres avis : Alex, CanelChoco, Clara, Cynthia, Delphine, Kathel, Keisha, LeiloonaLiliba, Lili Galipette, Noukette,  PaulineSandrine, etc.

Un grand merci à celui qui a souhaité m'offrir ce livre, pour mon changement de décennie !

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14 mars 2015

Sauvez Hamlet ! Jasper Fforde

Sauvez Hamlet, Jasper Fforde Sauvez Hamlet ! est le quatrième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2007 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday a accouché et son fils, Friday, a désormais deux ans. Mais point de Landen à l'horizon ! Le mari de Thursday a toujours disparu, éradiqué par une multinationale du nom de Goliath qui a réécrit le passé    
De retour dans le vrai monde après deux ans passés dans le roman Les Hauts de Caversham, Thursday se bat sur plusieurs fronts : empêcher Yorrick Kaine, un personnage échappé d'un livre, de prendre le pouvoir et instaurer une dictature, éviter que la multinationale Goliath s'érige en religion, et garder un oeil sur Hamlet, puisque le prince de la célèbre pièce de Shakespeare a décidé de venir faire un tour dans le vrai monde pour voir comment les lecteurs le perçoivent... C'est beaucoup pour Thursday, qui essaie en parallèle d'offrir un cadre de vie équilibré à son fils.

Chaque roman de Jasper Fforde est un condensé de loufoquerie et d'imaginaire débridé. C'est un fait. Mais ce quatrième tome des aventures de Thursday atteint des sommets et l'auteur se surpasse littéralement.      
Les
intrigues toutes aussi déjantées les unes que les autres fourmillent et se mélangent, Thursday tente de garder un oeil sur l'ensemble mais se laisse parfois déborder par les menaces multiples - qu'elles concernent le vrai monde ou celui des livres- et le tout baigne dans un humour décapant à souhait.       
Il faut une sacrée dose d'imagination et d'humour pour écrire une série telle celle-ci, et Jasper Fforde réussit le pari fou de ne pas perdre d'intensité au fil des tomes. La tension va crescendo, et chaque nouvelle aventure de Thursday semble approcher d'un point de rupture.       
La lecture de ce quatrième tome est un réel plaisir pour qui aime voir une intrigue se disperser en branches toutes aussi drôles les unes que les autres et imaginer l'interpénétration entre le monde réel et celui des livres.     
Une série que je ne peux que vous conseiller pour sa fraîcheur et son originalité. Je vous promets que vous n'en ressortirez pas indemne et que vous garderez en tête bon nombre de scènes cultes.      

Si vous les aviez ratées, réparez vite cette erreur en allant jeter un oeil sur mes chroniques des trois premiers tomes !

   

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