Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

25 février 2017

Outlander T.2 Le Talisman, Diana Gabaldon

Outlander TLe Talisman est le deuxième tome de la série Outlander (ou encore Le Chardon et le Tartan ou Le Cercle de pierre) imaginée par Diana Gabldon dans les années 1990 et remis dernièrement sur le devant de la scène par son adaptation en série télé.

1968. Frank, le mari de Claire, vient de mourir. Cette dernière retourne en Écosse avec leur fille, Brianna, afin de chercher des traces de son passé. Celle qui a voyagé dans le temps grâce à un cromlech se souvient de son incursion dans le 18ème siècle écossais aux côtés de Jamie, un Highlander dont elle est tombée follement amoureuse et avec qui elle a fuit à Paris, à l'époque de Louis XV. Déterminés à empêcher la rébellion jacobite et l'accession au trône de Charles-Edouard Stuart , Jamie et Claire infiltrent la société mondaine parisienne pour éviter une répression sanglante dans les Highlands.

Souvenez-vous, j'avez adoré le premier tome des aventures de Claire et Jamie le mois dernier. Et j'ai naturellement continué sur ma lancée dans cette saga, avide de découvrir la suite des aventures de ce duo britannique dans l'Écosse de 1745.  Mais je dois avouer que le début de ce second tome a eu raison de mon enthousiasme, Diana Gabaldon décidant de planter son intrigue en 1968 et de délaisser le voyage dans le temps cher à mon coeur. Passé le premier moment de déception (j'adore la lande écossaise rabattue par les vents et les Highlanders et leur finesse légendaire, c'est vrai !), j'ai poursuivi ma lecture avec curiosité. Et force est de constater que l'auteure maîtrise son sujet à la perfection. En construisant son intrigue de la sorte, elle parvient à distiller un suspense dès les premiers chapitres et d'enferrer son lecteur dans les méandres de l'histoire. Les lieux se mélangent, les époques aussi, et le voyage dans le temps, au coeur de l'intrigue, prend toute sa dimension. Pourquoi Claire est-elle revenue dans le présent ? Et qui est donc Brianna ? Voilà des questions que le lecteur se pose très rapidement...

Les personnages gagnent en épaisseur psychologique, la romance en intensité, la trame historique est toujours aussi riche et bien traitée et l'ensemble fonctionne très bien. Je ressors de ces 950 pages enchantée, bercée par le vent écossais, sentant dans mon nez les effluves de whisky qui hantent ces pages et je n'ai qu'une envie : y retourner ! Je vais certainement intercaler quelques lectures entre la fin de ce tome et le suivant, mais je ne vais pas trop tarder : Claire et son bel écossais commencent déjà à me manquer !

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12 janvier 2017

Outlander T.1 Le chardon et le tartan, Diana Gabaldon

Outlander T

Le Chardon et le tartan est une série imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon débutée en 1991. Popularisée par sa récente adaptation en série télévisée, la saga - appelée aussi Outlander ou Le Cercle de pierre - mêle à la fois le roman historique, le fantastique et la romance. 

Inverness, Ecosse, 1945. Claire, vingt-sept ans, revient du front où elle a servi en tant qu'infirmière et profite de quelques jours de retrouvailles avec son mari, Frank. Mais alors qu'elle découvre les environs, Claire est aspirée par un étrange mégalithe et se retrouve catapultée en 1743, alors que la guerre fait rage entre les anglais et les écossais. Déboussolée par ce voyage dans le temps, la jeune femme est sauvée par des Highlanders des griffes de Jonathan Randall, illustre et violent aïeul anglais de son mari. Claire impressionne rapidement les écossais par ses connaissances médicales, utiles sur le champ de bataille et fait la connaissance de Jamie, un Highlander un peu bourru et têtu. 

Complètement sous le charme de l'Ecosse depuis mon voyage en 2014, je ne pouvais que succomber à cette série, découverte par hasard en naviguant sur Netflix. J'ai hésité à la regarder mais j'ai décidé de commencer par le roman. Et j'ai rudement bien fait ! J'ai dévoré les 850 pages de ce premier tome durant les vacances de Noël, ayant moi aussi l'impression de voyager dans le temps, comme Claire, et d'être à ses côtés dans les Highlands en 1743. Diana Gabaldon esquisse dans ce premier tome les contours d'une intrigue des plus riches et documentées. L'histoire est abordée à travers le personnage de Frank, le mari de Claire, mais aussi par les événements que l'héroïne est amenée à vivre. L'Ecosse est un personnage à part entière, faisant l'objet de belles descriptions de sa nature, ses saisons ou encore ses moeurs. 

C'est bien simple : j'ai été complètement happée par cette histoire de voyage dans le temps, secouée comme Claire par la violence du 18ème siècle et ses problématiques, sous le charme moi aussi des écossais qu'elle rencontre, partagée qu'elle est entre la volonté de rentrer à son époque et de changer le cours du temps par sa connaissance des événements futurs. 

Difficile de ne pas trop en dire sur cette intrigue dense et riche. Je n'aurais qu'un conseil : venez nous rejoindre sous la bruine écossaise, au milieu des rébellions jacobites de la première moitié du 18ème. Vous ne serez pas déçus de ce voyage dans le temps... En attendant, moi je suis d'ores et déjà plongée dans le deuxième volet des aventures de Claire ! 

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14 décembre 2016

Un goût de cannelle et d'espoir, Sarah McCoy

Un goût de cannelle et d'espoirUn goût de cannelle et d'espoir est le deuxième roman de l'américaine Sarah McCoy paru en 2014 aux éditions Les Escales.

Pour les besoins d'un article qu'elle doit rédiger sur les traditions de Noël, Reba, une jeune journaliste installée à El Paso au Texas, contacte Elsie Meriwether, la propriétaire d'une boulangerie allemande de la ville. Cette dernière, loin de lui raconter le folklore des Noëls traditionnels, lui dévoile plutôt son enfance à Garmisch, en Allemagne, dans les années 1940. Comment sa famille a vécu la Seconde Guerre mondiale dans cette ville reculée à la frontière autrichienne, tentant de faire vivre sa boulangerie malgré les restrictions. Comment Elsie s'est construit une adolescence, entre une soeur partie dans un Lebensborn pour servir sa patrie en enfantant des nouveaux-nés répondant aux critères de la race aryenne, des parents contraints de collaborer avec la Gestapo pour être approvisionnés en matières premières, un prétendant officier SS qui l'emmène dans une soirée nazie et Tobias, un enfant juif qu'Elsie découvre le soir de Noël à sa porte et décide de cacher dans sa chambre.

Débuté durant mon Read-a-thon de Noël il y a dix jours, j'ai dévoré ce roman et me suis plongée avec un plaisir immense dans ses pages. La narration alterne entre le Texas, en 2008, avec Reba qui fait ses recherches pour son article, et l'Allemagne dans les années 1940 avec Elsie et sa famille. Les chapitres courts créent une réelle dynamique qui m'a rappelé Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg, un autre très beau roman à la construction similaire.

Sarah McCoy a pris le parti de raconter ce pan de l'histoire à travers les yeux d'une adolescente allemande. Et c'est justement ce qui en fait son intérêt. Bon nombre de romans traitent cette sombre période du point de vue des Alliés, tandis qu'Un goût de cannelle et d'espoir met l'accent sur le quotidien des Allemands à cette époque. Pas forcément nazis, ni même au fait de ce qui se passait, ils subissaient une guerre qui les dépassait et luttaient pour survivre, dans la peur de la délation. La déportation est brièvement évoquée, tout comme les camps, mais par le prisme d'Elsie et de sa famille, de condition modeste et qui n'avaient que peu de façons de s'informer de ce qui se passait. La peur est présente, à chaque page, et la famille vit au jour le jour dans un climat de suspicion et d'angoisse. Très documentée, l'intrigue intègre bon nombre de faits historiques qui offrent au roman une densité particulière. Petit bonus de fin : le carnet de recettes d'Elsie, boulangère émérite. A vous les Kreppel, Sonnenblumenkernbrot, Schwarzwälder Kirschtorte, Brötchen et autres Lebkuchen !

Un roman intense, difficile à lâcher, lumineux malgré le sujet, porté par des personnages féminins forts et charismatiques. Bref, une très belle lecture que j'ai partagée avec Nath. Deuxième participation au Challenge il était quatre fois Noël chez Chicky Poo et Samarian.

Il était quatre fois Noël

 

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26 novembre 2016

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides

Le roman du mariage, Jeffrey EugenidesLe roman du mariage est le troisième roman de l'américain Jeffrey Eugenides paru aux éditions de L'Olivier en 2013. Son nom ne vous dit peut-être rien mais Jeffrey Eugenides, lauréat du Pulitzer catégorie fiction en 2003, est également l'auteur de Virgin Suicides, adapté à l'écran par Sofia Coppola en 1999.

Madeleine, Mitchell et Leonard. Trois étudiants américains qui se rencontrent à l'Université de Brown et explorent la sensation grisante de la liberté estudiantine. Entre soirées arrosées et cours de sémiologie, ils découvrent Barthes, et son Fragment d'un discours amoureux. A partir de ce moment-là, leurs vies dérapent. Mitchell tombe fou amoureux de Madeleine, qui n'a d'yeux que pour Leonard. Ce dernier, ténébreux et mystérieux, l'entraîne bien vite dans sa tourmente. Diagnostiqué maniaco-dépressif quelques années plus tôt, Leonard souffre d'instabilité chronique. Madeleine, éperdue d'amour pour lui, tente coûte que coûte de le sauver de ses démons. Mitchell, de son côté, part faire un voyage au long cours afin d'oublier Madeleine.

Jeffrey Eugenie signe ici un roman magistral, et je pèse mes mots. Difficile d'en parler, tant cette lecture est poignante et puissante... Portée par une construction narrative bluffante, l'intrigue suit un cours singulier où passé et présent s'entremêlent pour mieux raconter ces trois personnages. De ce triangle amoureux, personne ne sort indemne. Ni Leonard, brisé par une enfance désastreuse et une maladie qui le ronge ; ni Madeleine, soumise à ses sentiments pour Leonard et qui l'amènent à s'oublier ; ni Mitchell, qui reste dans l'ombre de Madeleine, attendant d'elle un regard, un sourire. 

Jeffrey Eugenides y décortique le sentiment amoureux pour mieux l'analyser et le donner à voir. C'est cru, parfois dérangeant, si souvent vraisemblable, malheureusement. Portrait d'une génération un rien brisée, cette comédie dramatique entraîne son lecteur dans l'intériorité de ses personnages, donnant à voir un spectre d'émotions finement dépeintes. Et le lecteur de s'interroger lui-même, à l'aune des réflexions des personnages, qu'elles soient sentimentales, professionnelles ou encore théologiques.

Bref, Le roman du mariage est une petite pépite dont vous auriez tort de vous priver. C'est grand, c'est addictif, c'est un indéniable coup de coeur ! Merci mon cher Alain pour ce conseil avisé qui n'a pas fini de me surprendre. Je sens que Madeleine, Mitchelle et Leonard n'ont pas fini de me hanter...

"Elle avait le sentiment que la plupart des sémiologues avaient dû être impopulaires dans leur enfance, tyrannisés, mis à l'écart, et qu'ils reportaient sur la littérature leur colère rentrée. Ils voulaient destituer l'auteur. Du livre, cet objet transcendantal, fruit de tant d'efforts, ils voulaient faire un texte, libre de toute attache, indeterminé, ouvert aux interprétations. Ils voulaient donner la vedette au lecteur. Parce qu'eux-mêmes étaient des lecteurs." (p.67)

"Après ton départ ce jour-là, je me suis allongé sur mon lit et je ne me suis plus levé de la semaine. Je suis resté là à ressasser comment j'avais foutu en l'air la meilleure occasion que j'aie jamais eue d'être heureux dans la vie. La meilleure occasion que j'aie jamais eue d'être avec une fille intelligente, belle et équilibrée. Une fille avec qui j'aurais pu former une équipe." (p.180)

"Il y avait des livres qui traversaient le tumulte de la vie pour vous prendre par le col et vous dire des choses essentielles." (p.285)

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31 octobre 2016

Le protectorat de l'ombrelle T.1 Sans âme, Gail Carriger

Sans âme TSans âme est le premier tome de la série Le protectorat de l'ombrelle imaginée par l'archéologue et romancière américaine Tofa Borregaard - qui écrit sous le nom d'emprunt de Gail Carriger - paru en 2011 aux éditions Orbit. La série compte à ce jour cinq tomes.

Londres, époque victorienne. Miss Alexia Tarabotti est un cas désespérée pour sa famille : vieille fille de vingt-cinq ans sans perspective d'union à l'horizon, elle joue au chaperon pour ses demi-soeurs cadettes au potentiel plus élevé. Mais ce que ses proches ne savent pas c'est qu'Alexia n'est pas tout à fait ordinaire : la jeune femme n'a en effet pas d'âme, elle fait partie des paranaturels et possède le don d'annuler ceux des autres. A son contact, vampires, loup-garous et consorts perdent leurs attributs et redeviennent humains. Ainsi, lorsqu'elle est attaquée à un bal privé par un vampire qui semble ignorer ses capacités et qu'elle tue celui-ci accidentellement, les choses se compliquent. La Reine Victoria dépêche sur place Lord Maccon, un loup-garou écossais au tempérament ardent. Alors que les relations entre eux sont incendiaires, des disparitions inquiétantes sont signalées. Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon vont devoir collaborer pour démêler l'affaire.

Voilà un roman vers lequel je ne me serais jamais tournée il y a peu. La bit-lit et moi, on est loin d'être copines... Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy, j'ouvre mes horizons littéraires et sors de ma zone de confort pour partir à la découverte d'autres genres. Et autant dire que la période d'Halloween est parfaite pour ce type de lecture aux relents de vampires et de loups-garous...

Dès la couverture, le ton est donné : l'époque victorienne - rendue furieusement glamour par l'allure du personnage et le rose Barbie du titre - sera le théâtre de ces jeux de pouvoir dont Miss Alexia Tarabotti sera l'héroïne à l'ombrelle ravageuse. L'intrigue possède un fonctionnement assez classique mais avance à bon pas, portée par des premiers chapitres assez déroutants et rythmés offrant un avant-goût de l'ensemble. L'écriture est cinématographique et très visuelle et le décor assez soigné pour permettre au lecteur de s'imaginer le contexte de l'intrigue. Ce premier tome augure un univers riche dont l'auteure semble posséder toutes les ficelles. Il n'y a rien de tel qu'un univers bien construit dans lequel le lecteur a envie de se glisser. J'espère que le contexte historique sera mieux exploité par la suite, car l'époque victorienne et ses codes sont une toile de fond qui possède de beaux avantages pour une intrigue telle celle-ci.

Petit bémol en revanche pour la galerie de personnages éclipsée par le duo formé par Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon. L'auteure a soigné leur psychologie au détriment des personnages secondaires qui peuplent l'univers de façon quasi fantomatique. Difficile d'exister à côté de ces deux personnages charismatiques au tempérament fort  ! Mais j'espère que la suite permettra de rééquilibrer l'ensemble.

Enfin, et encore je ne suis pas spécialiste du genre, mais le style de l'auteur est soigné et confère à l'ensemble une qualité loin des clichés du genre. Si l'intrigue amoureuse est assez cousue de fil blanc, il n'en demeure pas moins qu'elle est bien amenée et assez addictive (c'est rare que je sois tenue en haleine par une histoire d'amour et que je veuille à tout prix retrouver le couple naissant au fil des chapitres mais c'est exactement ce que j'ai ressenti avec ces pages). Elle se fond avec l'intrigue principale avec finesse et les deux coexistent en bonne intelligence.

Entre steampunk et romance aux faux-airs de pastiche d'Orgueil et Préjugés, entre bit-lit qui échappe aux clichés du genre et roman fantastique,  Le Protectorat de l'ombrelle est un pur divertissement bourré de charme auquel je n'ai pas résisté bien longtemps. Deux jours de lecture et c'était bouclé ! Heureusement que la suite m'attend au chaud dans mon Kindle... Et même si c'est la troisième fois en peu de temps que je le dis (avec Miss Peregrine et les enfants particuliers et La Prophétie de Glendower), c'est rare que les séries me donnent envie de poursuivre. Ces trois-là sont donc de belles découvertes !

D'autres avis de lecteurs : Dup, Galleane, Karine:), Lou, Patacaisse, Plume de Cajou, Radicale, Syl., Vilvirt, etc.

Voilà ma quatrième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou.

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03 octobre 2016

La petite couturière du Titanic, Kate Alcott

La petite couturière du Titanic Kate AlcottLa petite couturière du Titanic est un roman de la journaliste américaine Patricia O’Brien, qui écrit sous le pseudonyme de Kate Alcott, paru en 2012 aux États-Unis avant d'être traduit en français et de paraître aux Éditions de l'Archipel en avril 2016.

10 avril 1912, le Titanic quitte le port de Southampton en direction de New York. A son bord, Tess Collins, une jeune gouvernante qui rêve de vivre de ses talents de couturière. La jeune fille vient d'être miraculeusement embauchée par Lucy Duff Gordon, la célèbre et non moins impressionnante créatrice de mode. Durant la traversée, Tess fait la connaissance de deux hommes - un marin et un riche homme d'affaires - avant que le naufrage ne les sépare. Sauvée de justesse, la jeune femme survit à la tragédie sans connaître le sort de ceux qui avaient fait chavirer son coeur. A New York, entre l'enquête sur le naufrage et ses débuts dans la mode, la jeune anglaise découvre une nouvelle vie.

Publié sous le titre The Dressmaker, La petite couturière du Titanic est une jolie romance qui mêle Histoire et fiction. Si le titre français peut faire penser que l'intrigue va se dérouler durant la traversée du Titanic, il n'en est rien car celle-ci, ainsi que le naufrage, sont évacués en début de roman et l'intrigue se concentre davantage sur la nouvelle vie de Tess à New York et les suites juridiques du drame du Titanic que sur la vie à bord. J'ai donc été quelque peu déçue de ce titre alléchant et en ouvrant ces pages, je m'attendais davantage à trouver des détails sur la vie sur le paquebot que sur l'enquête qui a suivi son naufrage.

Néanmoins, ma déception a rapidement été balayée par l'intérêt que j'ai porté aux détails historiques de l'intrigue. Non seulement les suites du naufrage sont historiquement fondées et bien documentées, mais certains personnages ont réellement existé, comme Lucy Duff Gordon. La créatrice de mode, dont la carrière était alors à son apogée, a ainsi créé la polémique quant aux conditions de sa survie au naufrage et sa carrière, entachée de ce scandale, ne s'en est jamais remise.

Le milieu dans lequel évolue Tess m'a également conquise - celui de la mode et de la création - et j'ai aimé suivre les pas de cette jeune anglaise dans le gigantisme de la grosse pomme du début du 20ème siècle. Si la romance est conventionnelle et sans surprise, j'avoue que je n'y ai pas prêté réellement attention. J'ai aimé ce que j'étais venue chercher dans ce roman : un contexte historique documenté et précis, sur fond de création et de mode.

En bref, une romance historique bien ficelée, bien documentée, qui ravira les amateurs d'histoire et de beaux sentiments. Merci à LP Langage&Projets et aux éditions de L'Archipel pour la découverte de ce roman.

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03 avril 2016

Café givré, Suzanne Selfors

Café givréCafé Givré est un roman de l’américaine Suzanne Selfors paru chez Flammarion en 2012.

A l’aube du solstice d’hiver, dans la petite ville de Norvège où elle habite, Katrina, seize ans, aide sa grand-mère dans le café traditionnel familial. Orpheline, Katrina partage son quotidien entre le lycée – avec ses deux seuls amis, Vincent et Elizabeth – et le café de sa grand-mère. Mais depuis qu’un café moderne a ouvert juste à côté, les fins de mois sont difficiles pour Katrina et sa grand-mère. Un matin, dans l’arrière-cour du café, Katrina découvre un jeune homme endormi. Emue de son sort, elle lui dépose du café et des biscuits. Touché par cette attention, celui-ci n’a alors plus qu’un objectif en tête : remercier Katrina. Mais il veut la remercie d’une façon particulière : en exauçant un de ses voeux. Mais qui est-il ? Et finalement, que veut vraiment Katrina ?

Si vous voulez une lecture de saison réconfortante au possible, poussez la porte du café Chez Anna et venez vous réchauffer auprès du percolateur en dégustant un café traditionnel norvégien à l’œuf (enfin, si ça vous tente !). Café givré est un court roman feel good, c’est sûr, mais qui aborde des questions intéressantes et convient tout à fait à un lectorat adolescent. Katrina est une jeune fille peu sûre d’elle, à l’estime d’elle en miettes et aux doutes immenses et sa rencontre avec Malcolm –le jeune homme étrange– va lui permettre de réfléchir à ce qu’elle souhaite réeellement faire de sa vie, à l’heure où les questions d’orientation et d’avenir émergent.

En lisant ce roman, je me suis clairement dit que j’aurais aimé le lire à l’âge de l’héroïne. Par identification, c’est certain, parce que les choix d’orientation sont tellements grands, à cet âge-là, qu’ils peuvent devenir paralysants pour quiconque n’a aucune idée de ce qu’il sait faire de bien. Le personnage de Katrina est une anti-héroïne par excellence, moyenne dans tout, banale et effacée, qui n’a aucun talent particulier et s’enfonce progressivement dans l’immobilisme à défaut de faire des choix et s’emparer de sa vie. L’auteure traite très bien cette délicate question adolescente et offre à ce roman un aspect des plus intéressants.

Outre ces questions adolescentes, Café givré est une belle plongée en Norvège, au moment d’un rendez-vous fort de l’année – la fête du solstice – et nous permet de partager cette tradition aux côtés des personnages. Entraide communautaire et célébration traditionnelle sont au cœur du roman et teintent l’ensemble d’un sentiment fort de lien social.

Je pensais découvrir un roman feel good léger, en ouvrant Café givré (romans vers lesquels je vais beaucoup ces derniers temps et qui me font beaucoup de bien). Alors certes, c’est clairement de feel good dont il s’agit – et l’ambiance hivernale et le café d’Anna n’y sont pas pour rien - mais pas que. Et j’ai été fort agréablement surprise par la psychologie des personnages et les problématiques adolescentes abordées. Un roman tout doux dans lequel il est bon de se plonger.

Voilà une nouvelle participation au Challenge Feel Good que j'organise

 

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29 mars 2016

La nuit de l'oracle, Paul Auster

La nuit de l'oracle, Paul AusterLa nuit de l’oracle est un roman de l’écrivain américain Paul Auster paru en 2004 chez Actes Sud.

Sidney Orr est écrivain, et après une longue maladie, il se remet peu à peu à l’écriture. Il trouve l’inspiration grâce à un étrange petit carnet bleu acheté dans une papeterie minuscule. Mais peu à peu, alors qu’il est pris par la frénésie de l’écriture, Sidney voit peu à peu son univers se détériorer et les frontières entre fiction et réalité s’estomper.

Premier Paul Auster que je lis (il faut bien un début à tout !), La nuit de l’oracle est un roman gigogne des plus fascinants où plusieurs histoires s’emboîtent. Il y a celle, principale et évidente, de Sidney Orr qui raconte sa vie et abonde en notes de bas de page, afin de donner le maximum de précisions à son lecteur, mais celle aussi qu’il écrit dans son carnet bleu et enfin La nuit de l’oracle, le roman que trouve le personnage de son livre. Trois histoires emboîtées, trois frontières de plus en plus poreuses, et un personnage qui ne sait plus si ce qu’il écrit est vrai ou si sa vie est une fiction.

Brillamment orchestré, La nuit de l’oracle est un texte à la narration alambiquée qui plonge dans les méandres de l’imagination d’Auster et dont le lecteur sort à bout de souffle, chamboulé et un peu secoué par ce labyrinthe étourdissant.

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25 mars 2016

Le coeur entre les pages, Shelly King

Le coeur entre les pagesLe coeur entre les pages est un roman de l'américaine Shelly King paru aux éditions Préludes en mai 2015.

Depuis son licenciement, Maggie est complètement désoeuvrée. Pour la jeune femme habituée à travailler dans des start-up branchées de la Silicon Valley, la lecture est la seule échappatoire. Maggie passe ainsi tout son temps libre au Dragonfly, une petite librairie de livres d'occasion où elle a ses habitudes. Lorsqu'elle découvre par hasard, dans une ancienne édition de L'amant de Lady Chatterley, une correspondance amoureuse, Maggie se prend à rêver. Mais qui sont donc ces deux amoureux qui s'écrivent et se répondent dans les marges de ce roman ?

Promesse d'un moment un peu doudou, caricature du roman feel good par excellence, Le coeur entre les pages s'annonçait une lecture parfaite pour terminer l'hiver en douceur en accompagnant Maggie au milieu des livres, dans cette petite librairie étriquée au nom enchanteur.

Mais la magie n'a pas opéré pour moi. Je me suis clairement ennuyée au milieu de ces personnages caricaturaux, dans cette intrigue ô combien éculée et qui peine à avancer. L'auteure s'égare entre les allusions au monde de la Silicon Valley qui est le sien et l'ambiance un brin surannée qu'elle tente d'instaurer autour de sa librairie. Tout semble avoir déjà été dit ailleurs, écrit ailleurs, et Le coeur entre les pages ressemble à un vague melting-pot d'intrigues déjà vues à la saveur un peu rance. Du meilleur ami homosexuel à l'excentrique libraire loufoque, en passant par l'héroïne trentenaire paumée à la vie sentimentale en dents de scie, tout a un goût de déjà vu. Ce n'est ni le style plat de l'auteure ni le petit retournement de situation final qui m'ont convaincue. Une rencontre complètement ratée, qui en a séduit d'autres. Et je vous avoue que la déception est d'autant plus grande que j'attendais certainement autre chose en ouvrant ces pages.  Je crois que ce que j'ai préféré dans ce livre c'est le chat sur la couverture. C'est dire...

D'autres lecteurs de ce roman : HildeLouMyrtille, Shopgirl, etc.

Voilà une nouvelle participation au Challenge Feel Good que j'organise

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04 janvier 2016

Mange, prie, aime d'Elizabeth Gilbert

Mange prie aimeMange, prie, aime est l'histoire vraie de l'américaine Elizabeth Gilbert parue en 2006 aux Etats-Unis et traduite en 2008 chez Calmann-Lévy.

Elizabeth a tout pour être heureuse : un mari aimant, une belle maison, un travail passionnant. Mais elle ne l'est pas. Un sentiment de vide l'habite, des doutes l'envahissent, une angoisse sourd au plus profond d'elle. Pour s'en débarasser, Elizabeth décide de tout quitter. Mari, travail, famille, pays. Elle part un an en voyage, à la rencontre des autres, à la recherche d'elle-même. En Italie, tout d'abord, pour se délecter de la dolce vita et reprendre goût à la vie ; en Inde, ensuite, pour se nourrir spirituellement et goûter aux bienfaits de la méditation ; à Bali, enfin, pour trouver la sérénité et la paix intérieures. C'est cette année de solitude et de recherche qu'elle raconte dans ce livre.

J'avais vu il y a quelques années l'adaptation ciné de ce livre avec Julia Roberts dans le rôle-titre. Et si j'avais été divertie par l'ensemble, il ne m'avait laissé qu'un vague souvenir de beaux paysages (l'Inde et l'Indonésie étant deux endroits que je rêve de visiter...) Et parce que je l'ai conseillé à une collègue et qu'elle a été bouleversée par cette lecture, j'ai eu moi aussi envie de découvrir ce livre.

Je ne regrette absolument pas ce choix. Parce que je me retrouve beaucoup dans Elizabeth, ses doutes, ses questionnements, ses errances. Parce que, comme elle, je suis dans une quête introspective qui m'interroge beaucoup. Je me suis retrouvée de nombreuses fois dans ses réflexions et j'ai adoré vivre par procuration son changement de vie. J'adore les voyages, l'Asie m'attire irrésistiblement depuis toujours, et j'ai eu l'impression de voyager avec Elizabeth et de participer à son cheminement intérieur.

Je conviens qu'un tel livre puisse dérouter. Par sa forme, tout d'abord, proche du journal de bord (le livre est scindé en trois parties, chacune étant consacrée à un pays), mais aussi par son contenu. Disons que ses 500 pages peuvent rebuter qui n'est pas un tant soit peu intéressé par la quête de soi. Personnellement, je les ai dévorées avec plaisir, prenant le temps de méditer, parfois, entre deux chapitres, de boire un thé, de regarder par la fenêtre. J'ai pleinement accompagné Elizabeth Gilbert dans son voyage intérieur et j'ai médité à ses côtés. Et j'ai refermé le livre le sourire aux lèvres, des envies plein la tête. Une lecture marquante et inspirante à plusieurs niveaux, c'est indéniable.

La bande-annonce de l'adaptation ciné avec Julia Roberts

(j'ai largement préféré le livre, je le dis tout de suite !)



Et voici ma troisième participation au Challenge Feel Good que j'organise !

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