Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




30 janvier 2019

Hypersensibles : mieux se comprendre pour s'accepter, Elaine N. Aron

Hypersensibles mieux se comprendre pour s'accepter

Hypersensibles : mieux se comprendre pour s'accepter est un essai de la psychothérapeute et chercheuse en psychologie américaine Elaine N. Aron. Il est paru initialement en 2013 aux éditions de l'Homme sous le titre Ces gens qui ont peur d'avoir peur puis en poche chez Marabout en 2017.sous son nouveau titre.

Longtemps, la psychologie a bégayé face à ces patients dotés d'une grande sensibilité, d'une compréhension accrue des autres êtres sensibles, d'une grande empathie, souvent d'une forte intuition, et d'une importante capacité à discerner les subtilités de leur environnement. Taxés de trop sensibles, ils n'ont pas eu de terme pour désigner leur façon d'être, jusqu'à ce que Elaine N. Aron, avec cet essai paru en 1996 aux États-Unis, utilise le terme d'hypersensibles. Une grande avancée dans le domaine de la recherche en psychologie, puisque ce terme et ses caractéristiques concernent 20% de la population.

J'ai découvert il y a peu que j'étais hypersensible. Sensible, je le savais depuis l'enfance, mes larmes face à la cruauté, la mort, la douleur, la violence. Hypersensible, je l'ignorais. Jusqu'à ce que je lise la quatrième de ce livre et fasse le test à l'intérieur. Aucun doute possible : je suis une grande hypersensible ! Si vous êtes dans mon cas, ou que quelqu'un de votre entourage l'est (et il y a de grandes chances vues les statistiques !), ce livre est fait pour vous. C'est LA référence en la matière. 

Scindé en dix chapitres, il vous permettra de réaliser une démarche en 4 étapes pour mieux vous comprendre et accepter votre condition d'hypersensible (si c'est votre cas) :

1/Connaissance de soi : dans le début de cet essai, l'auteure propose un test d'hypersensibilité, puis décortique le cerveau d'un hypersensible, ses réactions, ses ressentis, ses incompréhensions par rapport au monde, aux autres, parfois, mais aussi sa sensibilité physique. Les réactions physiques d'un hypersensible sont souvent extrêmes : le corps, souvent peu écouté, se fait comprendre de façon plus ou moins brutale. Apprendre à l'écouter et respecter ses attentes est la première des choses à mettre en place.

2/Recadrage : une fois que vous aurez compris comment vous fonctionnez, Elaine N. Aron vous propose de faire un retour arrière sur votre enfance et votre adolescence. Parce que l'hypersensibilité a forcément influé sur celles-ci. Encore une fois, bienveillance et indulgence envers soi-même sont de rigueur. A l'aide d'exercices de visualisation, il s'agit ici de faire la paix avec son passé et de réaffirmer une estime de soi souvent déficiente. 

3/ Guérison : après cette prise de conscience, il est l'heure de guérir de ses blessures ! L'hypersensibilité a fait de vous un être sensible à son environnement, ses proches, sa famille tout en étant souvent différent des autres enfants, et les moindres difficultés de votre passé vous ont beaucoup plus touché que vos pairs. Il est l'heure de vous retourner, de regarder l'enfant que vous avez été et de guérir ces blessures par un travail introspectif.

4/ Place dans le monde extérieur : souvent trop stimulé par le monde extérieur (bruit, foule, lumières, etc.), vous peinez à trouver votre place dans le monde. Il est temps de la trouver et de vous imposer car les qualités des hypersensibles sont très nombreuses. Votre contribution pour un monde meilleur est importante, et il ne faut pas la négliger. 

***

Voilà ce que vous trouverez dans ce livre, véritable mine d'informations et de conseils. Le sujet est bien traité, les chapitres sont clairs et fragmentés et les exercices simples à réaliser. J'ai fait des pas de géant avec cette lecture ! 
Petite mise en garde personnelle : ne vous attardez pas sur la première partie trop longtemps et poursuivez votre lecture. J'ai fait l'erreur de mettre beaucoup de temps à la lire, chamboulée par ce que j'y découvrais, et j'ai eu pendant tout ce temps l'impression de porter un fardeau, une sorte de  malédiction avec mon hypersensibilité. Mais c'est une grande méprise ! Une fois l'état des lieux passé, vous allez vous rendre compte de la chance d'être né ainsi. Vous allez prendre conscience que si 20% de la population l'est encore aujourd'hui, c'est que dans l'évolution nous avons eu notre rôle à jouer et que notre subtilité, notre intuition et notre finesse d'analyse sont de très grands atouts. Il suffit d'apprivoiser notre façon d'être au monde pour vivre sa vie pleinement et sereinement. 

 

Bref, depuis que j'ai lu ce livre, je l'ai conseillé à tour de bras autour de moi, à des amis, de la famille, pour des enfants parfois, car c'est facile de repérer les autres hypersensibles autour de soi une fois cette lecture faite ! Je n'ai qu'un regret : ne pas l'avoir lu plus tôt pour mieux me comprendre et traverser notamment mon adolescence plus sereinement. A mettre dans toutes les mains, hypersensibles ou pas (vous en avez forcément autour de vous !).

  

Jour 30 du Challenge Feel Good 

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27 janvier 2019

Yogi Food, Clémentine Erpicum

Yogi Food, Clémentine ErpicumYogi Food est un livre de cuisine écrit par l'apprentie yogi et prof de yoga Clémentine Erpicum, connue aussi pour son blog 3heures48minutes. Il est paru en octobre 2017 aux éditions La plage sur un papier recyclé.

Voilà un livre qui était fait pour moi ! Et ça tombe bien, je l'avais reçu en cadeau de Noël à sa sortie. A l'occasion du Challenge Feel Good, je l'ai ressorti et relu pour m'imprégner des conseils de Clémentine, que j'aime beaucoup.   
Divisé en quatre parties, Yogi Food aborde à la fois des aspects théoriques que pratiques de l'alimentation yogique.

1/ Se nourrir selon la philosophie du yoga : Clémentine revient notamment sur les trois gunas - les qualités d'aliments -, les principes de l'ayurveda et de doshas, l'alimentation macrobiotique et l'alimentation végétalienne. Celle-ci, en effet, est correlée en effet au concept d'ahimsa, la non-violence, qui régit le yoga.    

2/ Cuisiner comme un yogi : l'état d'esprit du cuisinier, la méditation en cuisine, le bol du Bouddha et l'utilisation d'un bol pour manger, dans cette partie, l'auteure nous enseigne les bases de l'une des soixante-quatre sciences yogiques indiennes traditionnelles, la cuisine. 

3/ Bien digérer avec le yoga : dans cette partie plus conséquente que les deux précédentes, sont abordées des bases d'ayurvéda pour reconnaître les qualités d'un ingrédient, nourrir agni, son feu digestif, mais aussi la posture du diamant pour faciliter la digestion ou encore les mudras à réaliser durant le repas. L'auteure termine cette partie en conseillant quand manger et que manger avant et après une séance de yoga.

4/Les recettes : une soixantaine de pages de recettes pour découvrir les aliments de base de la cuisine yogique, préparer des petits déjeuners, déjeuners et dîners sains et équilibrés, des en-cas de qualité et sept recettes pour stimuler chacun de ses chakras. Le lait d'or, le tofu brouillé, le kitchari,  le surya namaskar, le bol du Bouddha, le potage muladhara, le chaï, les boules ojas, le bol massala ou le dhal n'auront bientôt plus aucun secret pour vous ! Du Guatemala à la Thaïlande en passant par l'Inde, Clémentine nous livre ses recettes yogiques favorites. 

Vous l'aurez compris, ce livre de cuisine fait partie de mes chouchous depuis que je l'ai. Son papier recyclé et ses jolies photos agrémentent le texte toujours très juste de Clémentine Erpicum. J'ai adoré les trois premières parties, brèves mais qui permettent une bonne introduction à qui ne connaît pas les concepts yogiques, et je me suis régalée des recettes que j'ai déjà testées. Prochain objectif : les essayer toutes ! 

"Ahimsa pour les animaux, ahimsa pour la planète, ahimsa pour les êtres humains et le partage des ressources ; quelle qu'en soit la raison, pour beaucoup de yogis, le végétalisme c'est ahimsa mis en pratique." (p.31)

 

Planche 1

 

Planche 2

Planche 3

Jour 27 du Challenge Feel Good 

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22 janvier 2019

Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués, Béatrice Millêtre

Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués

Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués est un ouvrage écrit par la docteure en psychologie et psychothérapeute Béatrice Millêtre paru en juin 2018 chez Payot. Une fois n'est pas coutume, en voici la quatrième de couverture, très représentative du contenu :

"Vous avez le vague sentiment que quelque chose ne va pas, mais vous ne savez pas ce qui vous gêne. Parfois vous pensez que vous pouvez tout faire, mais vous ne faites rien. Souvent, vous n'avez pas d'avis sur les choses. Vous avez besoin des autres, mais vous aimez être seul. Vous avez l'impression de vous disperser sans arrêt dans votre travail. Bref, quand vous vous regardez dans la glace, vous ne vous trouvez pas très doué. Et vous avez tort. Car, en réalité, vous êtes créatif, vous avez beaucoup d'intuition, vous êtes capable de faire plusieurs choses à la fois, vous raisonnez plus vite et souvent mieux que les autres, vous êtes efficace. Il vous suffit d'être motivé sur un sujet donné et vous déplacez des montagnes. Oui, vous avez un gros potentiel ! Ce livre va vous le montrer, vous expliquer ce qui ne va pas chez vous, comment vous fonctionnez, et, surtout, ce qu'il faut faire pour libérer ce potentiel."

Difficile de passer à côté de ce titre sans que sa curiosité soit attisée. Ça été mon cas, en novembre dernier, et en lisant la quatrième de couverture, je me suis tant reconnue dans la description, que j'en ai été troublée.   
L'auteure aborde en trois parties - Qui suis-je ?, Deux planètes cohabitent et Je libère mon potentiel - la question du raisonnement global et intuitif, qui concerne une minorité de la population. Elle en décrit les effets - les évidences, le sentiment diffus de gêne, la solitude au milieu des autres - et leurs conséquences - l'intuition fine, le besoin d'avoir beaucoup de projets, la créativité, la curiosité, le sentiment d'être incompris, le goût pour la complexité, les idées qui tournent en boucle dans la tête, etc. Enfin, à travers des exemples précis et des exercices rapides et concrets, elle amène son lecteur à libérer son potentiel et vivre harmonieusement sa différence : organiser ses idées, faire plusieurs choses en même temps pour être stimulé, trouver sa voix au milieu de sa multitude de projets, s'épanouira au travail, se motiver et se faire confiance.   
Une lecture rapide (un peu moins de 200 pages), bien structurée et agencée et pourvue d'exercices simples mais non moins efficaces et d'une bibliographie intéressante, qui m'a permis de davantage comprendre ma façon de fonctionner. Une lecture qui fait avancer et se sentir moins seul, et ça fait beaucoup de bien.

Un grand merci à ceux qui m'ont offert ce livre et se reconnaîtront. Il m'a aidée durant ces derniers mois mouvementés. 

 

Jour 22 du Challenge Feel Good 

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04 janvier 2019

Sagesse et pouvoirs du cycle féminin, Marie-Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc

Sagesse et pouvoir du féminin sacréSagesse et pouvoirs du cycle féminin est un ouvrage coécrit par Marie-Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc paru la première fois en juin 2014 aux éditions Le Souffle d'Or. Une seconde édition, revue et corrigée, est parue en juin 2017.

Des premières règles à la ménopause, ce livre accompagne chaque femme durant son cycle féminin. Sans tabou, avec bienveillance, les deux auteures délivrent des conseils pour mieux appréhender sa féminité grâce à l'usage de plantes ou des postures, mais aussi pour mieux se connaître et se comprendre. Largement illustré, ce guide permet aux lectrices de comprendre les mécanismes à l'oeuvre durant leur cycle, en reconnaître les phases, s'approprier leur corps et renouer le dialogue avec lui. Qu'il s'agisse de connaître ses périodes de fertilité, de comprendre le fonctionnement de son cycle, d'opter pour une méthode de contraception ou de protection plus naturelle, la lectrice est guidée pas à pas tout au long de ce guide.

Cela faisait quelques temps que je m'intéressais à cette question de cycle féminin, subissant le mien plus que je ne le comprenais. J'avais amorcé une réflexion sur le sujet il y a quelques années, quand j'ai cessé définitivement les protections jetables pour l'usage d'une coupe menstruelle, mais cela s'était arrêté là. Quand j'ai découvert ce guide sur le blog de Natasha Echos Verts, j'ai su que j'avais trouvé la perle rare !      
Sagesse et pouvoirs du cycle féminin aborde sans tabou
un sujet dont on parle si peu et qui concerne pourtant toutes les femmes : le cycle féminin.      
Encore une fois bien documenté et proposant une bibliographie conséquente en annexe, ce guide à la fois théorique et pratique est découpé en trois parties :      
1/Etre une femme : découverte du corps, les règles, les hormones, les peurs ancestrales liées aux règles, les bonnes habitudes pour la santé féminine, les aliments qui nourrissent le cycle féminin, les plantes alliées de la santé des femmes   
2/
Bien vivre ma fertilité : observation de son corps, les périodes de fertilité et d'infertilité, tenir un calendrier pour son cycle, les plantes amies de la fécondité, retrouver les vrais cycles après l'arrêt de la pilule ou le retrait d'un stérilet, les contraceptions non agressives et naturelles, l'avortement     
3/
Vivre en harmonie avec mon cycle ; la renaissance après les règles, le rayonnement lors de l'ovulation, l'intuition avant ses règles, le calme des règles, créer un mandala de son cycle, la mémoire des femmes.      

Une très belle découverte, un guide précieux, dans lequel j'ai pu piocher beaucoup de conseils et d'idées, et que j'aurais aimé découvrir plus tôt, pour avoir moins cette impression de subir mon cycle et mes règles et me battre avec mon corps pendant les périodes de douleurs et de fatigue. Un incontournable à avoir chez soi, un ouvrage à offrir aux femmes de son entourage, pour parler et échanger sur le sujet.

Jour 4 du Challenge Feel Good 

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21 novembre 2016

Famille zéro déchet ze guide, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret

Famille presque zéro déchet ze guideFamille zéro déchet ze guide, écrit par Jérémie Pichon et mis en images par Bénédicte Moret, est paru en mars 2016 chez Thierry Souccar.

Préfacé par Nicolas Hulot et Béa Johnson, ce livre reprend ce qui a été à l'origine des billets de blog et raconte le quotidien d'une famille de quatre personnes engagée dans la lutte contre les déchets. A coup de chiffres clés, de comparatifs, d'expériences et de conseils, Jérémie, Bénédicte et leurs deux enfants nous expliquent pourquoi et comment ils en sont venus à réduire leurs déchets et nous aident dans cette démarche.

Jérémie, Bénédicte et leurs deux enfants

Loin des stéréotypes qui dépeignaient les écolos comme des marginaux un peu barrés en train d'élever des chèvres dans le Larzac en grignotant trois graines, être concerné par l'environnement aujourd'hui est presque devenu une obligation tant les enjeux sont importants. Ceux qui me suivent sur Instagram voient bien toutes mes réflexions et mes essais dans ce domaine et loin de moi l'idée de vous faire du bourrage de crâne ici (libre à vous d'arrêter de lire ce billet aussi...), mais j'avais très envie de vous parler de ce guide reçu en cadeau lors de mon dernier anniversaire, et qui est tout bonnement devenu un incontournable chez moi. Après sa lecture très instructive et agréable grâce aux nombreuses illustrations (oui, je sais, je suis en train de dire que j'ai aimé parce qu'il y avait des dessins...on dirait une élève !), j'ai adopté la recette de lessive home made verte, j'ai cousu des sacs à vrac et acheté des filets à provision pour éviter de prendre des sachets transparents au rayon fruits et légumes, j'ai remplacé beaucoup de cosmétiques par des versions bonnes pour la planète et pour mon corps, etc.  Bref, il y a un avant et un après cette lecture pour moi, survenue après celle de No Impact man et Zéro déchet et je n'ai eu de cesse d'en parler autour de moi.

Jamais moralisateur, ni culpabilisant, mais tout en couleurs, classé de façon thématique et sur le ton de l'humour, Famille zéro déchet ze guide nous fait entrer dans le quotidien de cette famille et son combat de tous les instants. Avec ce guide, vous comprendrez enfin tous les effets de notre consommation sur l'environnement, vous serez capables de répondre aux zérosceptiques (ceux qui vont essayer de démonter vos beaux efforts à coup d'excuses et de phrases plombantes), de fabriquer vous-même (entre autres) votre déodorant ou votre produit vaisselle, de faire moins mais mieux au moment des fêtes, de penser durable pour le jardin comme pour la maison, etc. Les chiffres sont glaçants, les effets de nos déchets monstrueux sur la faune et la flore, mais le côté bohème et décalé de cette famille permet de faire passer la pilule et de donner envie d'agir. Le couple à l'origine du projet est tout simplement complémentaire. Jérémie signe des textes bourrés d'humour que sa compagne, Bénédicte, complète par des illustrations tout aussi drôles. Un guide à découvrir sans tarder !

A noter : Les Zenfants Zéro Déchet ze mission vient tout juste de sortir début novembre.

Planche 1

Planche 3

 

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26 avril 2016

No impact man, Colin Beavan

No impact man, Colin BeavanNo impact man est un témoignage tiré de l'expérience écologique un peu folle que le New Yorkais Colin Beavan a racontée durant un an sur son blog. Il est paru en France en 2010 chez Fleuve Noir en grand format et en 2011 chez 10/18.

2006. Le réchauffement climatique flotte comme une menace fantasmée par les scientifiques et l'opinion publique et les politiques font la sourde oreille. Mais Colin Beavan, qui vit en plein coeur de Manhattan, sent bien que quelque chose ne tourne pas rond lorsqu'il observe des étudiants en tee-shirt en décembre, avec 20° au thermomètre. Alors qu'il réfléchit à son comportement de consommateur et à ses incidences sur l'environnement, il décide d'agir. Et pas de n'importe quelle manière : durant un an, avec Michelle, sa femme et Isabella, leur fille d'un an et demi, Colin va essayer de vivre le plus écologiquement possible en essayant d'atteindre le zéro impact environnemental. Donc zéro empreinte carbone, zéro déchet, zéro pollution dans l'air, zéro toxine dans l'eau, zéro ressource pompée à la planète. En gros, réduire son empreinte écologique à zéro. Ce qui implique un plan annuel progressif qui débute par la question des déchets, puis celle des transports, des produits ménagers et cosmétiques, de la nourriture et enfin de l'électricité. Plus de plats préparés, de légumes sous vide, de bouteilles plastiques, de couches jetables, d'ascenseur, de métro, de réfrigérateur, jusqu'à l'électricité en général, Michelle, Isabelle et Colin vont progressivement abandonner tout ce qui semble aujourd'hui être synonyme de progrès, pour mieux s'interroger. Et force est de constater que les résultats sont diablement intéressants et inspirants. 

J'en vois déjà qui murmurent dans leur barbe que mon blog se transforme en mix entre romans feel good et documentaires écolo... Je vous avoue que ce n'est pas l'idée mais si les premiers me permettent en ce moment de me détendre et de m'évader, les seconds nourrissent une réflexion débutée depuis plusieurs années. Après Zéro déchet, ma super copine Hélène, engagée dans une démarche similaire à la mienne, m'a prêté ce livre et je dois dire que sa lecture a été des plus édifiante.

Jamais moralisateur, avec une humilité des plus déconcertantes, Colin Beavan se présente en citoyen lambda, conscient des enjeux planétaires et qui décide d'agir, ou tout du moins d'essayer. Sa réflexion permet d'aborder la dichotomie entre action collective et action individuelle et de se faire sa propre opinion. Récit de cette année de réflexion et de tâtonnements, ce livre suit les recherches de l'auteur, ses hésitations, ses doutes, les difficultés qu'il rencontre à mettre en oeuvre son projet (notamment familiales). Mais sans jamais baisser les bras, en contactant divers spécialistes, associations, politiques, Colin poursuit son projet de No Impact et l'adapte à son quotidien. Car se priver d'ascenseur quand on habite au neuvième étage d'un immeuble est déjà un énorme pas, comme celui d'aller au marché quand les repas sont habituellement achetés sous vides ou livrés par des traiteurs, ou encore décider d'être locavore quand on vit à Greenwich Village, en bas de la 5e Avenue. Colin et sa famille expérimentent beaucoup de choses, discutent, s'engueulent, parlementent, se réjouissent de certaines trouvailles, moins d'autres. Mais surtout ils se rendent compte à quel point une vie moins sédentaire leur convient mieux, que des plats frais préparés avec des aliments simples et sains leur donnent beaucoup plus d'énergie, qu'abandonner la télé leur permet de davantage profiter des liens sociaux, etc. Tous les trois semblent avoir trouvé une façon de vivre certes extrême durant un an, mais beaucoup plus saine, détendue, économique et bonne pour leur santé et Colin conclut son ouvrage en listant les habitudes qu'il a conservées après cette année expérimentale (la tasse réutilisable, le vélo, etc.), celles qu'il a adaptées et celles qu'il a abandonnées.

Colin Beavan, une sorte de héros sauveur de la planète, un surhomme en collant vert qui porte sa fille sur ses épaules pour descendre les neuf étages de leur immeuble, qui roule en tricycle en plein coeur de Manhattan, qui va au marché trois fois par semaine pour acheter des produits qui viennent d'un rayon de 400km maximum et cuisiner des repas sains et végétariens pour sa petite famille, qui s'occupe des couches lavables de sa fille (sa femme ayant décrété que comme c'était son projet, il en assumait les conséquences !), de la lessive à la main, monte à pied les douze étages de l'immeuble où il travaille, fait pousser de la menthe sur son balcon pour préparer des infusions qui remplacent le café, se trimballe avec un vieux pot de cornichons en guise de verre pour l'eau ou le thé, bref, Colin, une voix qui s'est élevée dès 2007 sur des problématiques qui nous concernent tous et qui a fait une drôle d'expérience que l'on devrait tous lire.

Pour ma part, vous vous en doutez si vous me connaissez un peu (et vue la longueur de cet article - du reste je vous félicite si vous l'avez lu en entier, le cas échéant je vous lance virtuellement des petits bouts d'épluchures de légumes, zéro déchet oblige !), ce livre m'a bien entendu ravie et donné envie de continuer ma réflexion sur le sujet. Depuis ma chronique sur Zéro Déchet et la liste des choses que j'avais entreprises pour la planète, j'ai continué à avancer : j'ai repris les serviettes en tissu plutôt que l'essuie-tout à la maison comme au boulot, j'ai acheté une gourde réutilisable (mon super Gobi que je vous présentais fièrement hier sur Instagram et que j'aime déjà d'amour !), j'ai vidé presque totalement mes boîtes mails boulot et perso et je recycle systématiquement tout carton et papier (chose que je ne faisais que partiellement jusqu'alors, alors que le verre cela fait bien longtemps). Il y a encore des choses à faire mais en trois mois, je me rends compte que j'ai quand même avancé. Prochaine étape : les cosmétiques ! Mes copines m'ont acheté le livre Slow Cosmétique le guide visuel pour mon anniversaire et je crois que je vais avoir peur de voir tout ce que je mets sur ma peau et mon corps... et que je rejette ensuite dans les eaux et qui pollue ! Et pour ceux qui en ont marre, je vous annonce qu'il y aura sous peu une autre chronique verte avec le livre super rigolo mais très intructif Famille (presque) zéro déchet que mes copines m'ont aussi offert pour mon anniversaire. J'en suis complètement fan et je sens que je vais encore vous en faire des tartines... 

 A la fin de son expérience, Colin Beavan a lancé un projet mondial No Impact au printemps 2009, conjointement à la sortie de son livre et qui permet de mutualiser des réflexions sur le sujet. N'hésitez pas à aller faire un saut sur le site (en anglais par contre !)

 

 Et parce qu'il a lancé un blog dès le début de son projet, Colin a bénéficié d'une large visibilité dans les médias pour relater son expérience et a été suivi par une équipe de cinéastes indépendants qui ont réalisé un film sur cette année hors du commun. Alors si vous voulez savoir comment Colin, Michelle et Isabella ont vécu cette année No impact, jetez un oeil à cette bande-annonce !

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28 janvier 2016

Zéro Déchet, Béa Johnson

Zéro déchet, Béa JohnsonZéro Déchet est un livre de la française émigrée au Etats-Unis Béa Johnson paru en 2013 aux éditions Les Arènes.

A l'origine, un blog - Zero Waste Home - et le projet un peu fou de faire disparaître tous les déchets de sa maison, avec comme crédo 5 verbes :  Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Composter. Voilà comment tout a commencé pour Béa Jonhson. Quand elle se lance dans cette aventure un peu folle en 2008, son entourage s'étonne et n'y voit que lubie éphémère. Cinq ans plus tard, et avec moins d'un litre de déchets annuels pour sa famille de quatre personnes, celle qui est devenue le porte-parole du zéro déchet publie un livre dans lequel elle nous fait part du fruit de ses réflexions et nous délivre de précieux conseils.

J'avais entendu parler de Béa Johnson à la sortie de son livre, mais il faut croire qu'à l'époque j'étais trop centrée sur ma petite personne pour lever le nez et me soucier de l'environnement et de l'avenir de l'Humanité... Aujourd'hui, et après avoir vu le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, cette idée a pris tout son sens et ce livre a trouvé une résonance en moi. En bref, j'ai eu un déclic.

J'ai toujours été très concernée par l'environnement et j'ai essayé pas mal de choses dans le passé (quand j'étais une toute jeune étudiante toulousaine, je n'avais pas de voiture mais un vélo, utilisais des noix de lavage pour ma lessive et achetais déjà mes livres d'occasion chez des bouquinistes !) mais j'ai eu envie d'aller plus loin. De réfléchir davantage à la question. Et cette lecture m'en a donné l'occasion. 

Sans aller jusqu'à utiliser de la mousse en guise de papier toilette (l'auteure s'est elle-même égarée un temps dans cette voie !), il y a dans ce livre une foule d'idées à piocher selon son quotidien, son mode de vie, ses priorités. Sans être moralisatrice ou culpabilisante, Béa Johnson nous donne une sacrée dose d'énergie positive pour changer les choses. Je ne vous parle pas du budget, car comme l'annonce la couverture, réduire ses déchets permet de faire de sacrées économies ! Pourquoi donc s'en priver ? Pour ceux qui pensent encore que la préoccupation environnementale est le fait de bobos désoeuvrés qui s'entichent de causes tendances avant de les délaisser, allez jeter un oeil au film de Cyril Dion et Mélanie Laurent et rendez vous compte à quel point c'est le fait de tous et que notre humanité dépend de ce que nous sommes en train de faire. Non, réduire ses déchets ce n'est pas juste une lubie d'une mère au foyer qui a tout son temps (Béa Johnson a dû affronter des détraqueurs qui l'ont attaquée sur ce terrain-là), ni la préoccupation des végétariens amis des animaux. C'est une question de société. Elles sont nombreuses les voix qui le disent depuis longtemps. Maintenant, il est temps d'agir. Si chacun changeait ne serait-ce qu'une habitude, notre avenir et celui de notre planète seraient différents...

Pour ma part, après avoir dévoré ce livre en trois jours, j'ai réfléchi à ce que je faisais déjà et à ce que je voulais mettre en place de plus. Et parce que je me dis que ça peut être inspirant ou faire naître une énergie et une volonté nouvelles chez certains, voici le fruit de mes réflexions :

Voici ce que j'avais déjà mis en place

Refuser

  • tout sac plastique: je me balade toujours avec un mini-sac pliable de Mark&Spencer que j'aime d'amour sur moi.
  • toute publicité : j'ai un Stop Pub sur ma boîte aux lettres depuis plus de dix ans. Je n'éprouve aucun manque à feuilleter les publicités : c'est un gain de temps et d'argent (je ne suis pas tentée d'aller acheter des objets ou de la nourriture en promotion, dont je n'avais pas besoin à l'origine).
  • les fruits et légumes qui ne sont pas originaires de France pour amoindrir leur empreinte carbone (sauf pour les agrumes et les rares fruits exotiques que j'achète, comme les bananes).

Réduire

  • les objets qui rentrent chez moi : je réfléchis à l'utilité et l'usage futur de chaque objet avant de l'acquérir
  • ma consommation de viande (bon c'est facile parce que je n'étais pas amateur mais l'impact est réel sur l'environnement)
  • mes trajets en voiture : l'essentiel de mes trajets se fait en transports en commun et à pied, j'ai même abandonné mon diesel au profit d'une petite voiture essence plus adaptée à mes rares déplacements
  • les compositions à rallonge dans ce que je mange et ce que j'utilise pour ma salle de bain et mon ménage. J'utilise ainsi l'huile de coco ou d'olive pour faire des masques pour les cheveux, un pain de savon pour me laver au lieu de gels douches, du savon noir pour faire mon ménage, du bicarbonate de soude pour blanchir mon linge et mes dents, du vinaigre blanc pour nettoyer mes vitres et détartrer mes appareils électroménagers (bouilloire, lave-linge, etc.).
  • ma consommation d'électricité en remplaçant toutes mes ampoules par des LED et en ayant opté pour une électricité 100% verte.
  • ma consommation d'eau en coupant l'eau quand je me douche et en utilisant un pommeau qui insuffle de l'air et fait économiser 30% d'eau.
  • les médicaments pour éviter qu'ils soient rejetés dans les toilettes par les urines et polluent : je me soigne au maximum par homéopathie et remèdes naturels (décoction de gingembre, lavage de nez à l'eau de mer, tisane de thym et de miel, etc.)
  • mes déchets de protections périodiques : j'utilise une cup depuis un an.
  • mes déchets numériques : j'ai une barre de favoris assez développée pour éviter de systématiser l'usage d'un moteur de recherche pour aller sur un site que je connais déjà (une recherche Google utilise autant d'énergie que pour chauffer une tasse de café) et j'utilise Ecosia, un moteur de recherche engagé dans une démarche de développement durable en luttant contre la déforestation grâce aux revenus engendrés par la publicité.
  • les emballages : je fais mes yaourts depuis dix ans (j'ai une yaourtière du tonnerre !) et j'adore l'idée de prendre 5mn pour faire une douzaine de yaourts maison (même si ces derniers temps, à cause de mes problèmes articulaires, j'ai réduit les produits laitiers et n'en mange quasi plus).

Réutiliser

  • acheter d'occasion : cela fait longtemps que j'achète sur divers sites ou en brocante (livres, jeux vidéos, console, même ma cuisinière trouvée 40€ sur Leboncoin !)

Recycler 

  • le verre
  • le papier écrit d'un côté devient un brouillon pour faire mes courses. 

Composter

  • jamais eu de jardin, mais je n'ai jamais sauté le pas d'avoir un compost intérieur !

 

  Et voilà ce que je vais faire pour aller plus loin

Refuser

  • ce qui est gratuit si je n'en ai pas l'utilité ou que ça fait doublon chez moi (stylos, échantillons de parfums, etc.)

Réduire

  •  les mails dans ma boîte mail pour éviter de stocker inutilement des données numériques et faire tourner des serveurs en plus
  • les emballages en privilégiant le vrac et en faisant mes courses avec des bocaux pour prendre la quantité dont j'ai besoin. Je vais aussi me coudre des sacs légers en soie pour peser mes fruits et légumes au supermarché.
  • mes produits ménagers en utilisant davantage les propriétés du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude. 

Réutiliser

  • les objets de mon quotidien en les détournant au lieu de systématiquement les jeter (dernier exemple en date : deux bougies en verre terminées que j'ai nettoyées et qui trônent désormais fièrement dans ma salle de bain : une remplie de cotons, l'autre de cotons-tiges), acheter des vêtements d'occasion dans des fripes vintage (je sens que soeurette sera mon alliée imparable pour ce type de shopping !)

Recycler

  • tout carton et papier pour qu'ils soient recyclés.

Composter

  • bon, ce n'est toujours pas prévu !

"Ne doutez jamais qu'un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis puisse changer le monde. D'ailleurs, rien d'autre n'y est jamais parvenu." Margaret Mead, anthropologue américaine (p.369)

Et vous, quels sont vos gestes pour la planète, pour vos enfants, pour notre avenir ?

Ce billet vous donne-t-il envie de changer quelque chose ?

 

Une vidéo pour découvrir Béa Johnson et son mode de vie minimaliste

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09 décembre 2012

Le Guide du monde de Bilbo, Stefan Servos

Le Guide du Monde de BilboLe Guide du Monde de Bilbo : dans les coulisses du film de Peter Jackson est un ouvrage de Stefan Servos paru aux éditions de L'Archipel le 5 décembre 2012.

Le néo-zélandais Peter Jackson, après la trilogie Le Seigneur des Anneaux, porte à l'écran une nouvelle oeuvre de J.R.R. Tolkien : Bilbo le Hobbit. Malgré la brièveté du roman destiné à la jeunesse, une trilogie cinématographique est d'ores et déjà prévue.
Alors que la sortie mondiale du premier volet, Le Hobbit : un voyage inattendu, est prévue entre le 12 et le 14 décembre selon les pays, Stefan Servos nous propose, dans cet ouvrage, de nous pencher sur la genèse de ce projet cinématographique. En quatorze chapitres, l'auteur se penche sur la question des droits cinématographiques, sur la bataille quant au lieu de tournage, sur le choix des comédiens, etc. Une mine d'informations pour les fans !

J'ai adoré la trilogie du Seigneur des Anneaux et j'attendais avec impatience cette nouvelle adaptation cinématographique, même si la lecture de Bilbo ne m'a pas particulièrement marquée il y a quelques années.
J'ai donc découvert avec beaucoup de plaisir ce beau livre à couverture souple aux nombreuses photos. Le chapitrage permet de scinder le propos de Stefan Servos et de s'attarder sur différents détails des films à venir. On apprend ainsi que Peter Jackson a bien failli ne pas être le réalisateur de ce projet et avait été remplacé par Guillermo del Toro, que le tournage a failli ne pas se faire en Nouvelle-Zélande à cause d'une grève d'un syndicat, que les droits de ce roman sont passés d'un studio à un autre, que Peter Jackson a été inspiré par une adaptation en dessin animé du Seigneur des Anneaux à l'âge de dix-sept ans, etc. Les détails sont nombreux et ce documentaire se lit très rapidement en offrant des précisions intéressantes.
Un bémol néanmoins : cet ouvrage s'attarde lourdement sur la production du film et peut lasser ceux qui ne sont pas adeptes de Tolkien. D'un autre côté, si vous n'êtes pas fan du grand homme, aucune raison que vous n'ouvriez ce livre consacré à l'adaptation d'un de ses romans !

Je tiens à remercier Julie de Langage et Projets et les éditions L'Archipel pour la découverte de ce livre.

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19 juin 2012

Ce jour-là, Willy Ronis

Ce jour-làCe jour-là est un livre du photographe français Willy Ronis publié en 2006 au Mercure de France dans la collection Traits et Portraits et disponible en poche chez Folio depuis 2008.

Autoportrait, 1947

Willy Ronis présente, dans ce livre, 52 photos qu'il a prises au cours de sa carrière. Qu'elles soient personnelles ou non (son épouse est souvent le sujet de sa photo), prises sur le vif ou posées, chacune est présentée dans ce livre, accompagné d'un texte de Willy Ronis. Chaque photo commence par : "Ce jour-là"...

J'ai commencé à lire ce court livre un peu par hasard, entre deux romans, et bien m'en a pris ! J'ai été complètement happée par ce que Willy Ronis relate. Ce dernier a la capacité, en quelques phrases, d'embarquer son lecteur dans son sillage et de lui donner à voir un aperçu de son regard singulier sur le monde. Chaque nouvelle photo est l'occasion d'apprendre à regarder différemment, de réfléchir, de penser au talent de l'auteur, aussi.
Je ne vous mentirai pas : j'ai très souvent été bluffée par le résultat de chaque photo, sans apprécier pourtant le potentiel du plan de prime abord.
Si Willy Ronis ne possède pas une plume mémorable, il parvient néanmoins à transmettre sa passion dans chacun des textes qui accompagne ses photos. Et, pour ma part, j'ai été conquise... Merci Tosty pour ce conseil de lecture !

Laissez-vous conter la photographie par Willy Ronis !

"Le moment où je choisis de prendre une photo est très difficile à définir. C'est très complexe. Parfois, les choses me sont offertes, avec grâce. C'est ce que j'appelle le moment juste." (p.10)

"Juste avant, il n'y avait rien, et juste après, il n'y a plus rien. Alors, il faut toujours être prêt." (p.98)

"J'ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et parfois, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets." (p.149)

Willy Ronis  willy-ronis-1-2,M26963

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03 juin 2012

Les disparus de Shangri-La, Mitchell Zuckoff [Concours inside]

Les disparus de Shangri-LaLes disparus de Shangri-La est un livre de l'écrivain et professeur de journalisme américain Mitchell Zuckoff paru en avril chez Flammarion.

L'auteur nous livre ici une histoire vraie. Celle de militaires survivants d'un avion américain qui s'est écrasé, en mai 1945, en plein milieu de la Nouvelle-Guinée. Le terrain est escarpé, entouré de montagnes, la végétation luxuriante, et les peuplades qui y vivent, réputées cannibales. Sur les vingt-quatre passagers, trois survivent au crash. Commence pour eux un combat contre la mort.

Les disparus de Shangri-La est un livre passionnant, et ce à plusieurs niveaux. Passionnant, tout d'abord, par l'histoire racontée. Celle véridique, d'hommes et de femmes partis voir une partie inexplorée de la Nouvelle-Guinée en avion, et pour qui ce moment de détente se transforme en horreur. Brûlés, blessés et sans ravitaillement, les survivants vont aller au-delà de leur souffrance et de leur faiblesse pour tenter de survivre. Mus par l'énergie du désespoir et un instinct de survie sans borne, ils vont combattre la faim, la soif et la maladie qui les ronge pour tenter d'être secoururs. Acculés, ils vont aller au devant des indigènes tant redoutés. Et seront bien étonnés de leur découverte... 
Passionnant, ensuite, par la finesse des recherches de l'auteur. Mitchell Zuckoff nous livre ici un récit très documenté, étayé de nombreuses archives. Photos, extraits de journal de bord et citations complètent ainsi le récit. Une bibliographie et des notes conséquentes permettent, en fin d'ouvrage, de prolonger cette lecture. Ces recherches minutieuses permettent à l'auteur de dresser un portrait précis des acteurs de ces événements et d'en offrir une dimension singulière. 
Passionnant, enfin, par son aspect anthropologique. Mitchell Zuckoff n'hésite pas, en effet, à retranscrire les préjugés de ceux dont il raconte l'histoire. Sans jugement, sans rectification politiquement correcte, il met en lumière ce qu'ils pensaient, en cette fin de Seconde Guerre mondiale, sur les peuplades qui vivaient en autarcie. Et là où cela devient extrêmement intéressant, c'est que son étude anthropologique ne s'attarde pas uniquement sur le point de vue des américains sur eux, mais permet également de savoir ce que les indigènes ont pensé au moment de leur rencontre avec ces hommes blancs. Et la dimension qui nous est offerte grâce à ces divergences culturelles et sociétales est absolument fascinant. La question de la pudeur, de l'art, de l'ornement ou encore de la symbolique est ainsi évoquée et les points de vue confrontés.Coup de coeur 2012 
C'est bien simple : j'ai dévoré ce livre dans la journée. J'ai tremblé avec les passagers, été horrifiée par le crash de l'avion et les conditions sanitaires des rescapés, j'ai souri des rencontres entre indigènes et militaires, ri parfois. J'ai réfléchi en même temps que les occidentaux à notre système de valeurs et à ses failles. Bref, en un mot, j'ai adoré. Vous ne sortirez pas indemne de ce récit véridique poignant, je vous le garantis ! Voici, sans aucun conteste, mon cinquième coup de coeur  de l'année 2012.

"Ils songèrent à Horizons perdus, le film de Frank Capra inspiré du roman de James Hilton. Il y est question d'un pays utopique, mystérieux et pacifique, isolé d'un monde déchiré par la guerre : un pays dénommé Shangri-La." (p.36)

L'avis de Jérôme sur ce livre.

Les disparus de Shangri-La CONCOURS Les disparus de Shangri-La

En partenariat avec les Éditions Flammarion,
je vous propose de gagner un exemplaire de ce livre, par tirage au sort.

Comment participer ? En postant un commentaire sur ce billet m'indiquant précisant que vous souhaitez participer.

Règlement :

  • Ce concours est ouvert du 3 au 10 juin minuit, à toute personne résidant en France métropolitaine et en Europe ayant posté au moins un commentaire sur ce blog.
  • Le gagnant sera tiré au sort.
  • L'annonce des résultats se fera le 11 juin après-midi sur mon blog.

Edit du 4 juin : Devant le très grand nombre de participants que je ne connais pas et qui semblent venir sur mon blog appâtés par la perspective d'un livre gratuit, je prends la décision de ne pas publier ces commentaires.

Je le dis donc et je le répète : ce concours est réservé aux personnes que je connais ou qui ont déjà laissé un commentaire ici. 

Bonne chance à tous !

 

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