Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

21 février 2013

Agatha Christie, la romance du crime, François Rivière

Agatha Christie, la romance du crimeAgatha Christie la romance du crime est un livre paru en octobre 2012 chez la Martinière. Son auteur, François Rivière, a écrit plusieurs biographies - Enid Blyton, J.M. Barrie, etc.- avant de s'attaquer à cette grande dame qu'est Agatha Christie.

Tout le monde connaît, à travers ses oeuvres, celle que l'on surnommait la Reine du crime. Mais connaissez-vous réellement celle qui préférait qu'on l'appelle la Duchesse de la Mort ? Cette petit fille seule, qui grandit dans le Devon et souffre du décès de son père alors qu'elle n'a que onze ans ; qui passa une partie de sa jeunesse à Paris, espérant devenir chanteuse, avant de revenir en Angleterre, supporter l'effort de guerre en étant infirmière et en maniant des poisons à longueur de journée ? Cette jeune épouse, tout juste mariée à Archibald Christie, qui voit son mariage voler en éclat à cause d'un adultère, qui divorce et se plonge dans l'écriture avant de rencontrer l'archéologue Max Mallowan, qui deviendra son second mari ? Enfin, cette romancière talentueuse, qui sut s'imposer face aux critiques et devint mondialement célèbre avec Hercule Poirot ?

Ce très beau livre, trouvé miraculeusement sous le sapin de Noël, est une petite merveille, tant sur le fond que pour la forme. C'est avant tout un très bel objet : un grand livre imprimé sur un épais papier mat qui permet un beau rendu des photos et illustrations qui s'égrènent au fil des pages. Un beau livre à manipuler avec attention et qui réserve bien des surprises à son lecteur : photos inédites de la romancière, couvertures originelles de ses romans, photos de ses maisons, de l'île qui lui inspira l'île des Dix petits Nègres... et même des cartes postales, à la fin !
Mais c'est également une biographie très complète de la célèbre romancière, qui présente non seulement son statut de romancière mais également les aléas de sa vie privée. Le décès de son père, qui a marqué son enfance, mais aussi ses mariages malheureux, son manque d'affection pour sa fille ainsi que sa passion pour l'écriture qui, petit à petit, a grignoté sur sa vie privée. On suit la vie de cette femme d'exception, capable d'écrire un roman en trois jours et de suivre son époux sur des chantiers de fouilles archéologiques et de servir d'assistante. François Rivière maîtrise son sujet (il n'en est pas à sa première biographie sur la grande dame) et nous brosse ici le portrait de cette femme incroyable que tout le monde connaît... sans vraiment la connaître !

Dévoré en trois jours, ce livre fait partie de ces lectures qui vous hantent une fois terminé. Comme si le fantôme d'Agatha Christie se tenait à côté de moi, pendant que je tape sur mon clavier...

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25 octobre 2012

Soupes et veloutés, Mélanie Martin

Soupes et veloutés fait maisonSoupes et veloutés est un ouvrage de cuisine paru en octobre 2012 chez Hachette.

Je vous avais dit que l'automne était arrivé à Bouquinbourg ! Et qui dit automne dit, chez moi, soupes ! C'est le moment de rigoler si vous en avez envie... Après mon aveu sur Vogue, après être passée pour une fille superficielle pour certains, maintenant je joue la carte de la jeune-mais-un-peu-vieille-quand-même. Bref...

Mais que voulez-vous, je mange beaucoup de légumes, quasi pas de viande, et les soupes ont l'avantage d'être préparées rapidement et de se congeler facilement. Donc si en été, les salades priment, en hiver, ce sont les soupes !

Ce livre était donc fait pour moi ! 190 pages de recettes de soupes, que demander de mieux ? De la soupe de petits pois à la mozzarella au velouté d'asperges avec une chantilly au parmesan en passant par le phô vietnamien et la soupe de fruits rouges, les recettes proposées dans ce livre sont tout aussi étonnantes qu'appétissantes !
Classées  selon leur ingrédient principal (légumes, fromages, légumes secs, poisson, etc.), ces recettes sont complétées par des techniques (comment faire différents types de bouillon, conserver ses soupes, etc.), une table d'équivalences ainsi qu'une liste d'ingrédients élémentaires à toujours avoir chez soi. Bref, un incontournable qui a très vite trouvé sa place dans ma bibliothèque dédiée aux livres de cuisine.

Et parce que je ne pouvais pas faire un billet sans expérimenter une recette, voici une photo de la soupe butternut et confit de canard que j'ai faite la semaine dernière (on n'efface pas comme ça ses racines !) Un délice...

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Je tiens à remercier   logo2   et les éditions Capturepour ce livre reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 

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04 décembre 2011

L'Inde en Fêtes #5 Konark Dance Festival et Elles changent l'Inde

Konark Festival

logo Inde petit

Dernier rendez-vous du Challenge L'Inde en fêtes,
organisé par Hilde et moi,
le Konark Dance Festival
qui a lieu du 1er au 5 décembre 2011 au Temple du Soleil
de la petite ville de Konark, dans l'Etat d'Orissa.
Durant cette période, le temple devient le théâtre d'un des festivals de danse le plus célèbre du pays où amateurs et professionnels se produisent en plein air.


Le 3 décembre 2007, les musiciens accompagnent la troupe de danseuses ODISSI de Bhubaneswar.
(source :
Dailymotion)

 

Elles changent l'IndeA cette occasion, j'ai eu envie de vous présenter Elles changent l'Inde, le catalogue de l'exposition du même nom qui se tient en ce moment au Petit Palais, à Paris.
Publié par Reporters sans frontière, cet album met l'accent sur les défis de l'Inde actuels, et tout particulièrement les initiatives des femmes.

Six photographes de l'agence Magnum Photos ont ainsi passé des semaines en Inde pour mettre en lumière le rôle des femmes dans l'évolution du pays. Des femmes chauffeurs de taxi à celle qui poursuivent leurs études dans le supérieur, en passant aux femmes qui s'investissent en politique ou dans l'industrie cinématographique, les projets sont nombreux et les espoirs naissants.

L'album reprend les photos de l'exposition. En l'achetant (9,90€), on fait un petit geste en faveur de la liberté de la presse. Un hymne à ce pays et à ses bouleversements sociaux et économiques. Un élan d'optimisme éclôt à chaque page et une envie de combattre aux côtés de ces femmes engagées pour leur pays surgit au fil de la lecture et de l'observation de ces photos magnifiques. A lire, sans aucun doute.
Et pour les parisiennes, filez au Petit Palais : cette exposition, qui se tient du 21 octobre au 8 janvier, est gratuite pour tous ! Aucune raison de s'en priver ! Pour en savoir plus sur les horaires et les infos
sur cette page.

 

Pour terminer de vous convaincre,
un avant-goût du travail de chacun des photographes.


 

Photographe : Alessandra Sanguinetti

 

 

Photographe : Patrick Zachmann

 

Photographe : Olivia Arthur

 

Photographe : Raghu Rai

 


 Photographe : Alex Webb

 


 Photographe : Martine Franck

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02 novembre 2011

Marilyn Monroe, les archives personnelles, Cindy de la Hoz

9782700030099Marilyn Monroe, les archives personnelles  est un ouvrage paru en septembre 2011 aux éditions Gründ.

Ce grand format se présente comme une biographie de Marilyn Monroe, augmentée de 170 photos d'elle et d'une vingtaine de fac-similés.

Si je n'ai pas pu résister à ce grand format lorsque mes yeux se sont posés sur lui en librairie, il ne me laissera pas pour autant un souvenir impérissable.
Oui, les photos sont belles (certaines sont d'André de Dienes et de George Barris), mais cet aspect mis à part, le livre n'offre que peu d'intérêt. La biographie de Marilyn est assez légère et ne semble s'appesantir que sur les aspects les plus médiatiques de son existence. J'ai bien conscience que ce n'est pas peut-être pas la visée de l'auteure de proposer une biographie détaillée de l'actrice mythique, mais en tant qu'historienne du cinéma, Cindy de la Hoz aurait pu s'attarder sur des points plus singuliers de la vie de Marilyn.
Enfin, les fac-similés ne présentent que très peu d'intérêt, à moins d'être un fan inconditionnel de la belle. Personnellement, un chèque pour son psy ou une facture de pressing m'émeuvent autant qu'une cuillère à café.
Bref, un livre intéressant pour ses photos, au texte assez incertain (j'ai relevé un nombre important de coquilles et de traductions hasardeuses). A réserver aux amateurs ! 


Une nouvelle lecture pour le Challenge Marilyn de George.

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10 juin 2011

J'adore cette petite robe noire, Robyn Johnson

couv-9-278x370Je vous ai parlé il y a peu du coffret J'adore ce chapeau, que j'avais adoré découvrir. Voici un autre coffret cartonné en velours très réussi : J'adore cette petite robe noire.

Les plus grands noms de la mode vous le diront : la petite robe noire est LE vêtement indémodable que chaque femme doit avoir dans sa penderie pour être élégante en toutes circonstances. (Je vous dis ça alors que je me suis rendu compte que je n'avais pas de petite robe noire et que ma penderie criait famine !)

Depuis 1926 et le modèle dessiné par Coco Chanel pour flatter toutes les silhouettes féminines, la petite robe noire est considéré comme une des pièces à avoir obligatoirement dans son dressing. Qu'elle soit en dentelle ou en coton, décolletée ou à sequins, la robe sera noire ou ne sera pas.
Magnifique ode à ce vêtement élégant s'il en est, ce coffret est encore une fois une petite merveille que l'on dévore des yeux ! Les photos présentées mettent à l'honneur les différentes époques qui ont marqué son évolution  et permettent de découvrir des modèles audacieux et innovants. Bref, un régal que les cartes offertes accompagnent grandement !

dbl"L'élégance ne serait-elle pas l'oubli total de ce que l'on porte ?" (Yves Saint Laurent)

"Aucune femme n'est jamais trop - ou pas assez - habillée avec une petite robe noire." (Karl Lagarfeld)

"Vous devez porter des robes assez serrées pour montrer que vous êtes une femme et assez amples pour montrer que vous êtes une dame." (Edith Head)

"La robe idéale doit être comme une clôture en fil de fer barbelé : interdire sans bloquer la vue."  (Sophia Loren)

Je tiens de nouveau à remercier Inès Adam et Tornade pour la découverte de ce très beau coffret.

fashionUne nouvelle lecture à inscrire dans le Challenge Read me, I'm fashion de l'Irrégulière, et à la demande de qui (entre autres) je vous présente mon "Arbre des Merveilles", ou mon présentoir home made à boucles d'oreilles !

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                                      Oui, j'ai beaucoup de boucles d'oreilles,
                                       et oui, elles sont, pour la plupart, volumineuses !

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28 mai 2011

J'adore ce chapeau, Robyn Johnson

couv_5_300x294Je ne suis pas une dingue de mode (même si je prends plaisir à chercher des pièces originales pour mes tenues), en revanche, j'aime beaucoup les lectures autour de la beauté et de la mode, et notamment l'histoire de femmes qui ont révolutionné un de ces domaines. J'avais adoré la biographie d'Helena Rubinstein par Michèle Fitoussi, et avais pris beaucoup de plaisir à lire le parcours de Madeleine Vionnet.
Découvrir un coffret sur les chapeaux ? Bien entendu, ma curiosité a été titillée...

Dans ce coffret tout rond comme une boîte à chapeaux et tout doux grâce aux impressions en velours, se cache un petit livre de 48 pages accompagné de 10 cartes avec leur enveloppe.

Très bel objet, J'adore ce chapeau est une sorte d'ode à cet accessoire de mode. Illustré par des très nombreuses photographies fournies par des stylistes de maisons de coutures réputées et de collages s'inspirant de grands couturiers, ce petit livre se dévore d'une traite !
Il parcourt l'histoire des chapeaux en s'attardant sur les pièces qui ont fait date, les couturiers qui l'ont révolutionné, voire les personnalités qui en sont adeptes, tout en expliquant les codes à travers l'Histoire et en citant des grands noms de la mode (mon côté féministe s'est tout de même hérissé pour les contraintes imposées aux femmes...)
Une petite mine d'informations sur les chapeaux, qui donne furieusement envie d'en porter davantage (mais c'est un effet normal, précisé dès le préambule...)

"Si une femme refuse de porter des talons hauts, il lui faut alors porter un très joli chapeau." (George Bernard Shaw)

"Une femme doit avoir deux qualités : être chic et fabuleuse." (Coco Chanel)

"L'élégance, c'est le bon goût avec une pointe d'audace". (Carmel Snow)

"Mieux vaut l'exubérance que le goût." (Gustave Flaubert)

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Je tiens à remercier à nouveau Inès Adam et Tornade pour cette très belle découverte !

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Une lecture que j'inscris dans le Challenge de l'Irrégulière !

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08 mai 2011

Alfred Hitchcock, architecte de l'angoisse 1899-1980, Paul Duncan

9783822816721FSPour les amateurs du genre (dont je fais partie), les éditions Taschen ont réalisé un beau livre sur le maître du suspense.

Sa vie, sa filmographie, son travail de cinéaste sont présentés ici, accompagnés de nombreuses et très belles photos de tournage et d'une foule de citations du maître.
Des photogrammes de films complètent le tout, ainsi que des anecdotes de tournage. On apprend énormément au fil des pages, tant sur le personnage public d'Hitchcock que sur sa façon d'appréhender le cinéma. Un magnifique objet et un livre de qualité disponible à un petit prix.

Des analyses succinctes des films permettent en outre d'apporter un éclairage parfois différent à ces derniers. Paul Duncan analyse ainsi les rapports entre les personnages masculins et féminins des films pour en dégager des similitudes et des rapprochements entre les différentes époques et phases de l'oeuvre du maître du suspense. C'est effrayant de comprendre pourquoi ces films exercent une telle fascination sur les spectateurs...

En grande fan de ce cinéaste, je n'ai pu qu'être absolument séduite par ce magnifique ouvrage. C'est le premier documentaire que je lis sur ce réalisateur et son oeuvre...mais peut-être pas le dernier ! 

« Nous sommes tous des criminels, nous qui regardons. Nous sommes tous des voyeurs. Et nous respectons le onzième commandement : " Tu ne te feras pas prendre"».  Alfred Hitchcock (p.16)


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02 avril 2011

Doubles-jeux # 2 Le rituel d'anniversaire (Livre II), Sophie Calle

419BPTJZVPLDeuxième rendez-vous du samedi de mon cycle consacré à Sophie Calle et son projet Doubles-jeux, voici le deuxième livre du coffret (coffret que je vous avais présenté dans ce billet), Le rituel d'anniversaire.

Petit rappel du projet artistique :

Paul Auster, dans Leviathan, s'est inspiré de la vie de Sophie Calle pour créer le personnage de Maria. Sophie Calle, séduite, a décidé de transformer cette inspiration en jeu artistique et de mêler, à son tour, réalité et fiction en jouant avec le roman de Paul Auster en déclinant son projet artistique en 7 livres (accompagnant à l'époque une exposition au Centre National de la Photographie).

Alors que dans le premier livre Sophie Calle avait épousé les manies du personnage de Maria (un régime chromatique et des journées placées sous le signe de certaines lettres de l'alphabet), dans ce deuxième livre (et jusqu'au livre VI), elle nous présente les moments de sa vie qui ont influencé Paul Auster dans la création de Maria.
sophie_calle_rituelAinsi, Le rituel d'anniversaire
donne à voir la façon dont Sophie Calle a abordé ses anniversaires de 1980 à 1993. Soucieuse que ses proches ne l'oublient pas ce jour-là, elle avait institué, dès 1980, un rituel, une sorte de règle du jeu : inviter autant de convives que son âge, (avec un convive inconnu choisi par un de ses invités) et ne jamais utiliser les cadeaux reçus à ces occasions. Malgré quelques entorses (avouées comme il se doit), Sophie Calle se tient à ce projet étrange et nous présente ici en photo les cadeaux reçus de vingt-sept à quarante ans, disposés dans une armoire.

Lecture drôle s'il en est, ce deuxième livre est vraiment un régal non seulement par ses photos, mais aussi par ses textes. Les mises en scènes des objets et les explicatifs les accompagnant permettent de pénétrer cette intimité propre aux fêtes d'anniversaire.
D'une lecture très rapide, Le rituel d'anniversaire est une illustration du fait que Sophie Calle transforme sa vie et son quotidien en projet artistique, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

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  Coffret doubles-jeux, composé de 7 livres,
publié chez Actes Sud.

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26 mars 2011

Doubles-jeux # 1 De l'obéissance (Livre I), Sophie Calle

calleVous savez sans doute à quel point j'aime le travail de Sophie Calle et j'admire cette femme. Je vous avais déjà présenté Prenez soin de vous, ou comment elle avait transformé une odieuse rupture  par mail en projet artistique, accompagnée par 107 femmes.

Aujourd'hui, j'ouvre un cycle de billets dédié à son projet intitulé Doubles-jeux.
Le principe ? Paul Auster, dans Leviathan, s'est inspiré de la vie de Sophie Calle pour créer le personnage de Maria. Sophie Calle, séduite, a décidé de transformer cette inspiration en jeu artistique et de mêler, à son tour, réalité et fiction en jouant avec le roman de Paul Auster. Elle s'inspire ainsi de ce double littéraire et fictif imaginé par Paul Auster et décline ce jeu en sept livres, réunis dans un joli coffret carton, accompagnant une exposition au Centre National de la Photographie (en 1998, lors de la parution du coffret).

Aujourd'hui, je vous présente le premier livre, De l'obéissance, ou comment Sophie Calle a décidé de se prêter au jeu des manies du personnage de Maria. Paul Auster lui za imaginé deux rituels : des semaines où elle suit un régime chromatique, et des journées entières basées sur certaines lettres de l'alphabet.
Le résultat ? Le menu chromatique de Sophie Calle, et des textes qui commencent par la lettre B, C ou W.

J'ai dévoré ce premier livre comme il se doit hier soir, charmée par l'imagination incroyable de cette artiste étonnante. Perfectionniste dans ce projet, elle avait même proposé à Paul Auster de diriger sa vie pendant une année entière, obéissant à ce qu'il décidait pour elle. Ce dernier a refusé, ne souhaitant pas assumer la responsabilité des conséquences de cette année entre réalité et fiction.
coup_de_coeur_2011Pour moi, ce projet dans son entièreté m'a séduite de bout en bout. J'aime être surprise par des idées aussi loufoques que géniales. Bien entendu, c'est un gros coup de coeur pour moi, le troisième en 2011. Je ne peux que vous encourager très vivement à découvrir ce coffret et ces sept livres. Et je remercie comme il se doit celui qui m'a offert cette perle à l'occasion du premier anniversaire de mon blog...

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Coffret doubles-jeux, composé de 7 livres,
publié chez Actes Sud.

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05 mars 2011

Le sexe à Rome, John R. Clarke

9782732431185FSQuels étaient les mœurs sexuelles des Romains à l'Antiquité ? Pourquoi affichaient-ils tant de représentations artistiques de rapports sexuels dans leurs demeures et quelles en étaient les significations ?
John R. Clarke, professeur d'histoire de l'art à l'université d'Austin, au Texas, s'est penché sur la question à travers les vestiges de cette époque. Si le sujet peut sembler déroutant, voire prêter à sourire, le documentaire qui en résulte est tout à fait passionnant.

Il nous propose, à partir de peintures (notamment de la Maison des Mystères à Pompéi), de sculptures, d'amulettes ou encore de poteries diverses, de tenter de comprendre la représentation de la sexualité des romains (de 100 av. J.C. à 250 apr. J.C.), et de nous affranchir de la vision judéo-chrétienne que nous en avons pour mieux en percevoir les codes, qui sont parfois surprenants.
Nous apprenons ainsi qu'une sexualité épanouie était une bénédiction divine, et que les romains ne s'attachaient pas aux différences entres hommes et femmes en matière de plaisir (les termes "homosexualité" ou "hétérosexualité" n'existaient pas). Chacun faisait comme bon il lui semblait, du moment qu'il s'agissait d'un individu de situation sociale inférieure. Car finalement, aucune égalité ne régnait dans ce domaine : les Romains bien-nés faisaient ce qu'ils voulaient avec leurs esclaves hommes ou femmes (considérés comme du mobilier de leur demeure) ou des individus plus jeunes, mais il était mal-vu d'avoir ce type de rapport entre citoyens d'une même classe sociale.

Plus étonnant encore, les représentations picturales sexuelles avaient des fonctions qu'on peine à imaginer aujourd'hui : prouver sa catégorie sociale (il était bien vu d'avoir des tableaux représentant des scènes sexuelles socialement acceptées dans sa domus), éloigner le mauvais oeil (notamment dans les thermes, lors du déshabillage, il fallait rire pour éloigner le mauvais oeil dû aux convoitises) ou encore faire rêver ceux qui fréquentaient les lupanars. Car, et c'est encore une chose qui peut étonner, les lupanars n'étaient absolument pas les maisons closes propres et luxueuses qu'on peut imaginer et qui sont souvent représentées dans les films. Les Romains riches avaient leurs propres esclaves pour accomplir leurs désirs, donc seuls les classes inférieures fréquentaient ces établissements, de fait peu onéreux pour les attirer. Lorsqu'un coït coûte le prix d'une coupe de vin, le lecteur d'aujourd'hui comprend mieux que les luxueux lupanars étaient en réalité d'obscurs bouges sans lit ni coussin...

Je m'arrêteLogo_1 là, car je pourrais vous en faire un exposé beaucoup plus long si je m'écoutais. En résumé : un livre étonnant, très documenté et qui nous pousse à mettre de côté notre façon de penser la sexualité aujourd'hui pour comprendre les moeurs de cette époque.
J'inscris c
ette lecture comme huitième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

 

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Villa des Mystères, Pompéi

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