Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

07 septembre 2011

Ring Circus T.1 Les Pantres, David Chauvel et Cyril Pedrosa

Ring circusRing Circus est une série de BD en 4 tomes, parue dès 1998. Le premier tome, signé David Chauvel et Cyril Pedrosa, a attisé ma curiosité.

Jerold et Anthonin sont amis. Le jour où Jerold rattrape un chameau échappé d'un cirque et gagne des places pour aller voir le spectacle du soir, leur vie bascule. Attiré par la vie de bohème des artistes du cirque et la somptueuse écuyère, Jerold convint son ami de partir sur les routes avec la troupe en route pour la Ruskhovie.

Cette semaine pour ce rendez-vous BD, je serai assez brève. Si j'ai été ringcircus_t1_1863charmée par la couverture de cet album et curieuse de le découvrir, j'ai été assez déçue de sa lecture. Non seulement l'intrigue ne m'a pas transportée, mais les dessins de Cyril Pedrosa ne m'ont pas séduite non plus.
D'un style assez classique dans sa composition comme dans ses illustrations, ce premier tome de Ring Circus est une lecture facile, qui fait passer un bon moment mais qui n'est pas pour autant mémorable.
Petit hic, entièrement de ma faute : j'ai cru (à tord), avoir à faire à un one-shout et non un énième premier tome d'une série. Pour ma défense, cette indication n'est pas clairement visible quand on commence la lecture : aucune indication sur la tranche, ni à la fin, d'une série. Bref, une lecture agréable, sans plus, mais une série que je ne poursuivrais pas.

 Et voici ma 21e participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma  12e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 12/20) !
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31 août 2011

Je mourrai pas gibier, Alfred

gibierJe mourrai pas gibier est à l'origine un roman de Guillaume Guéraud paru aux éditions du Rouergue, dans la collection "DoAdo noir", en janvier 2006. Parce que sa lecture a été un choc pour lui, Alfred a décidé de l'adapter en BD.

Le personnage principal est un jeune de Mortagne, une ville de mille habitants et des poussières dont les seuls sources d'emploi sont la scierie et les vignes. Une rivalité oppose les travailleurs des deux entreprises.
Pour échapper à tout ça, le narrateur est parti étudier en CAP mécanique et ne revient que le weekend chez ses parents, où il aime partager des moments avec Terence, l'idiot du village, dont les autres se moquent. Jusqu'à ce jour terrible...

Je mourrai pas gibier est un roman qui avait fait couler beaucoup d'encre lors de sa sortie dans une collection pour adolescents aux éditions du Rouergue. La fameuse dialectique de dire l'indicible en jeunesse. Et je comprends bien pourquoi. Cette BD s'ouvre sur un bain de sang au milieu duquel trône le narrateur qui se présente dès lors comme le meurtrier. Huit victimes, dont un enfant, tuées à la pelle, au marteau et au fusil. Devant une folie meurtrière comme celle-ci, une seule question : pourquoi ?JE_MOURRAI_PAS_GIBIER_1a6-2

L'intrigue en elle-même est violente - la folie meurtrière qui s'empare d'un adolescent - mais est amenée d'une manière telle que le lecteur est happé par ces vies brisées et cette fatalité intrinsèque à ce village. Comme si rien n'existait autour de Mortagne, microcosme étouffant et malsain, que cette querelle ancestrale et les bagarres qui en découlent. Comme si aucune échappatoire ne s'offrait au personnage, sinon celle de s'orienter vers une autre branche professionnelle. Comme si la vie se jouait de ces personnages minuscules aux destins dérisoires.

Même l'univers graphique d'Alfred épouse la violence du texte. Il ne s'agit pas ici de litres d'hémoglobine, non, mais d'un trait et de couleurs qui semblent porter en eux la tragédie. Alfred a pris le parti, lors de scènes de violence, de les dénuer de couleurs. Comme si le temps s'arrêtait. Comme si la violence était comme la colère, blanche. Comme si la haine n'avait pas besoin de couleurs pour s'exprimer. Ce choix graphique offre un choc visuel lors de la lecture qui semble faire écho au poids des mots choisis par Guéraud pour décrire la scène.

Bref, vous l'aurez compris : Je mourrai pas gibier est une BD dont on ne ressort pas indemne, violente, mais d'une intelligence telle que je ne peux que vous la conseiller. Lecture mémorable en perspective. 

"Je suis né chasseur ! Je mourrai pas gibier !" (p.12)

"A Mortagne, on n'a pas vraiment les moyens de réfléchir, en fait. On a bien un cerveau,
mais rien d'autre à mettre dedans que du raisin, des planches, de la sueur et du plomb.
C'est comme ça.
Pour le reste, on n'a pas les armes qu'il faut pour changer les choses." (p.55)

 

L'avis de Noukette, Val, Canel, Mo', Yaneck et l'Ogresse sur cet album.

Alfred, le scénariste et dessinateur de cette adaptation en BD, se livre dans ce billet à une  interview passionnante sur son travail d'adaptation.

Et, petit plus, vous pouvez feuilleter la BD  sur le site de Delcourt.

 

Et voici ma vingtième participation
à la BD du mercredi de
Mango.

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Et ma onzième participation
au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 18/20)

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Et l'heure du bilan BD du mois d'août, qui découle du Top BD, a sonné.

En voici les 10 premiers.

Pour la suite, rendez-vous chez Yaneck.

 

1- (=) Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association                 19.29

2- (N) Gaza 1956, Joe Sacco, Futuropolis                               19.17

3- (=) Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d'Ouest          18.83

4- (+) Maus, Art Spiegelmann, Flammarion                               18.79

5- (- ) Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman   18.75

6- (=) Elmer, Gerry Alanguilan, Ca et là       18.68

7- (=) Garance, Gauthier, Labourot, Lerolle, Delcourt    18.67

8- (=) Universal War One, Denis Bajram, Soleil                      18.59

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6.

9- (=) Le Grand pouvoir du Chninkel, J. Van Hamme, G. Rosinski, Casterman    18.5

10- (=) V pour Vendetta, Alan Moore, David Lloyd, Delcourt 18.44

 ... (pour lire la suite)

 

 

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24 août 2011

Le journal de mon père, Jiro Taniguchi

_photoChaque rencontre avec un album de Taniguchi est un moment rare. Si j'ai dénoncé récemment un complot visant à faire succomber les blogueurs aux albums de Chabouté (dans ce billet), je pense que certains vont soupçonner la même manoeuvre à l'encontre de Taniguchi !

Le journal de mon père est un album inspiré de la vie de Taniguchi lui-même qui, par paresse et manque de temps d'après lui, n'est pas revenu dans sa ville natale durant une quinzaine d'années. Dans ce laps de temps, beaucoup de choses ont changé. C'est ce que remarque le narrateur de cette histoire. De retour à Tottori, son village natal, pour les obsèques de son père, il évoque avec les membres de sa famille, lors de la veillée funéraire, son enfance et son départ pour Tokyo. Les ressentiments enfantins à l'égard de son père sont toujours présents, mais la mort l'empêche désormais de résoudre ces incompréhensions et ces silences. Le narrateur se perd dans ses souvenirs et pleure ce père incompris disparu trop tôt.taniguchi-le-journal-de-mon-pere

Jiro Taniguchi, pour ceux qui le connaissent et l'apprécient, ne déroge pas à la règle avec cet album vibrant d'émotion. Il nous livre à nouveau une intrigue simple, fondée sur les relations familiales, qui tend à une certaine forme d'universalité. Regrets, rancoeurs et pardon sont au coeur de cet album très riche. Avec une esthétique bichromique toujours très étudiée, Taniguchi nous donne à voir des personnages à la psychologie fine, permettant ainsi une vraisemblance troublante.
Chaque planche semble découpée et organisée de manière à mettre en valeur la poésie du texte et de cette tranche de vie narrée. Les silences sont toujours aussi présents, et offrent à cette lecture une lenteur savoureuse.
Je milite encore une fois, et je rabâche : Taniguchi est un auteur à découvrir. Même si on a peur des mangas (si si, ça existe), même si on ne lit pas beaucoup de BD, même si le Japon ne nous nous attire pas. Essayez, une fois, et venez m'en parler. Je suis quasiment sûre du résultat...

Les avis de Delphine, Mathilde et L'Emile sur cet album.

Et ce titre signe mon retour à la BD du mercredi de Mango,
après une longue pause estivale,
en tant que dix-neuvième participation !

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Et mon retour au Top BD des blogueurs de Yaneck
en tant que onzième participation (note : 17/20) !
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06 juillet 2011

L'affaire du Trompinoptère, Eddie Campbell

9782916207476FSL'affaire du Trompinoptère est le quatrième tome de la série autobiographique d'Eddie Campbell et est considéré comme une référence du roman graphique anglo-saxon. Alors que dans les précédents tomes, Eddie Campbell se cachait derrière le personnage d'Alec MacGarry, c'est sous sa véritable identité qu'il écrit ici.

C'est à travers une série d'histoires courtes - parfois une seule planche - qu'Eddie Campbell aborde dans cet album les problèmes qu'il rencontre à l'approche de la cinquantaine : ses doutes existentiels, son métier de père/mari, son travail de dessinateur. Très intimes, ces histoires mettent en scène l'auteur et son quotidien, et donnent à voir sa vision de la vie, ses excentricités artistiques comme ses réflexions métaphysiques.

Certains savent que je suis passée complètement à côté de From Hell il y a peu, et s'étonneront que je réitère mon expérience avec Eddie Campbell qui n'a pas su me charmer par le passé. En fait, j'ai eu l'occasion de recevoir cette BD grâce à l'opération Masse Critique de Babelio, et je n'avais pas retenu, lorsque j'ai coché les titres qui m'intéressaient, qu'Eddie Campbell était l'auteur de From Hell...extrait_l-affaire-du-trompinoptere
Bref, vous l'aurez compris, ce titre confirme mon manque d'attrait pour l'oeuvre de cet auteur. Est-ce parce que je n'accroche absolument pas avec son style ? Est-ce parce que ce dernier est difficile d'accès et que je ne suis pas encore assez spécialiste de la BD pour l'appréhender dans sa complexité ? Est-ce parce que j'avais quelques appréhensions quant à ce titre et son lien avec From Hell ? Quelles qu'en soient les raisons, L'affaire du Trompinoptère n'a pas su me charmer. J'ai peiné dans ma lecture de ces tranches de vie un peu barrées, un peu trop personnelles pour qu'elles me séduisent. Encore une fois, je n'ai pas du tout été conquise par l'univers graphique de l'auteur (et pourtant, je ne suis pas réfractaire au travail en noir et blanc, en témoigne mon attrait pour Chabouté !).Une lecture à côté de laquelle je suis de nouveau passée. C'est bien dommage...     

Je tiens néanmoins à remercier à   logo2 et les Éditions  Ca et làpour ce livre reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

L\'Affaire du Trompinoptère par Eddie Campbell

   Et voici ma dix-huitième participation
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma dixième au Top BD des blogueurs de Yaneck !
(note : 8/20)

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29 juin 2011

La boîte noire, Jacques Ferrandez et Tonino Benacquista

9782070788040La boîte noire est une nouvelle de Tonino Benacquista publiée en 2001 dans un recueil intitulé Tout à l'ego. Elle a été adaptée en BD la même année et portée à l'écran en 2005 par Richard Berry avec José Garcia dans le rôle titre. Ayant passé un excellent moment avec L'Outremangeur, de Benacquista et Ferrandez, j'ai eu envie de découvrir une autre BD de ce tandem.

Arthur Seligman est victime d'un grave accident de voiture qui lui provoque une amnésie partielle. Janine, une des infirmières qui s'occupent de lui, lui confie à sa sortie d'hôpital un carnet dans lequel elle a noté les paroles qu'il a proférées lors de son coma. Un accès à sa boîte noire, en somme, dans laquelle se trouvent consignés ses désirs, ses peurs et ses fantasmes...planche_boinoire_1106975097_dd557

Avec cette nouvelle, Benacquista donne à voir à son lecteur une partie fascinante du cerveau humain : celle du subconscient, celle à laquelle nous n'aurons pas accès, et qui contient nos désirs les plus profonds. Qui n'a jamais eu envie de percer à jour son propre cerveau ?
Bien entendu, le risque de confondre fantasme et réalité est grand, et Benacquista n'en fait pas l'impasse. Son personnage tente coûte que coûte de comprendre les méandres de sa mémoire, entre vrais souvenirs et réminiscences tronquées ou faussées, au risque de se perdre...
Le trait de Ferrandez accompagne ces flous dans la mémoire du personnage. Les plongées dans la boîte noire d'Arthur, en particulier, frôlent l'abstrait, et les couleurs vives utilisées illustrent à merveille sa confusion mentale.
J'avais lu cette nouvelle plus jeune, mais je n'en ai aucun souvenir. Cette lecture était donc comme une découverte, plutôt agréable, même si j'ai été moins charmée par le travail de Ferrandez que dans L'Outremangeur, première collaboration de ces deux auteurs en BD.

  Et voici ma dix-septième  participation 
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma neuvième au Top BD des blogueurs de Yaneck!
(note : 14/20)
qui présente le Top BD du moi de juin aujourd'hui !
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22 juin 2011

Kaamelott tome 2 Les sièges de Transport, Alexandre Astier, Steven Dupré

Kaamelott_tome_2J'ai beaucoup ri avec la série TV et le premier tome de la BD Kaamelott. J'ai donc poursuivi ma lecture de cette série qui compte à ce jour cinq tomes (le dernier étant paru en novembre 2010), avec Les Sièges de Transport, le deuxième opus.

Perceval et Karadoc sont chargés par Arthur de chercher dans la forêt un tabouret magique qui permet de se téléporter sur un autre tabouret. Mais ils ne sont pas les seuls à la recherche de cet objet : Haki, le chef viking, veut lui aussi s'en emparer et envahir l'île de Bretagne.20080629231256_t2

Quel plaisir de retrouver l'ambiance de Kaamelott avec cette BD ! Si certains la trouvent éloignée de la série ou encore pas assez fidèle à celle-ci, je ne peux qu'affirmer le contraire.
Je trouve justement que l'intérêt de cette BD réside dans la réussite de sa transposition dans ce genre à partir de la série TV, sans toutefois utiliser les mêmes intrigues. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre... Il n'est pas facile de changer de média, et cette fois, passer de l'écran au livre s'est fait avec brio !
Je me suis esclaffée avec cette lecture (particulièrement avec le gag de la chambre/bureau du roi Arthur) comme je ris devant la série. Le trait de Steven Dupré, tout en rondeur et en détails, offre un rendu visuel assez proche de l'atmosphère de la série, tandis que l'humour d'Alexandre Astier suinte à chaque réplique. Truculent, je vous le dis ! 
Pour être brève : Kaamelott en BD, c'est un condensé d'humour à ne pas négliger, surtout en ces temps moroses !
L'avis de Yaneck sur ce tome.

 Et voici ma seizième participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma huitième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 15/20) !
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15 juin 2011

L'Outremangeur, Jacques Ferrandez et Tonino Benacquista

9782203365063FSTonino Benacquista, auteur de romans et scénariste pour le cinéma et la BD, s'est associé à Jacques Ferrandez, connu pour sa série Les Carnets d'Orient, pour réaliser à quatre mains L'Outremangeur, une intrigue policière ayant pour thème les troubles alimentaires.

Séléna est inspecteur de police. Séléna est obèse et souffre de compulsion alimentaire : à la moindre contrariété, il se rue sur la nourriture pour apaiser ses angoisses. Son poids le fait souffrir, autant physiquement que moralement, et son cardiologue ne lui prédit que deux années à vivre. Engoncé dans ses problèmes, Séléna se débat avec son passé, à l'origine de ses troubles. Mais lorsqu'il est chargé d'une enquête pour meurtre et qu'une jeune fille entre dans sa vie, celle-ci prend un tout autre tournant.

Benacquista et Ferrandez nous offrent ici une BD très riche. Non seulement elle possède une intrigue policière bien ficelée, mais elle traite avec finesse la question du poids et des troubles alimentaires dans notre société. L'intrigue est contemporaine et se déroule à Paris, ce qui permet une certaine vraisemblance.G_1093_3
Le choix d'un personnage masculin confronté à ces pulsions alimentaires est à la fois osé et intelligent car il casse l'image ô combien misogyne mais pourtant reflet de notre société, des femmes uniques objets des troubles alimentaires. Statistiquement, elles sont plus concernées que les hommes, mais le mal-être de ces derniers est trop souvent passé sous silence. Parce que les hommes n'ont pas le droit d'être en surpoids. Parce que c'est peut-être moins communément admis. Parce qu'il y a beaucoup de non-dits. Pourtant, la souffrance est réelle.
Les deux auteurs de cette BD abordent donc ce délicat problème de société avec intelligence, sans pour autant mâcher leurs mots. L'inspecteur Séléna est victime de bien des moqueries qui semblent dures, mais qui ne sont, à mon sens, que le miroir de ce qui se dit en aparté sur les gens en surpoids. Le sujet est difficile à traiter sans tomber dans le pathos, sans être consensuel ni moraliste. Benacquista et Ferrandez franchissent certaines limites en nous montrant des scènes de compulsion alimentaire - Séléna assis devant la porte de son frigo - rarement représentées de BD.
L'intrigue policière sert ce sujet et lui donne une dimension toute particulière. Elle apporte une justification aux troubles alimentaires de Séléna tout en insufflant une atmosphère de franche virilité qui détonne avec la prétendue superficialité toute féminine des problèmes de poids.
Une BD forte, qui m'a furieusement séduite. C'est osé, c'est grand ! Bravo ! Violette aussi avait été conquise par cette BD.

Une adaptation ciné de cette BD, saluée par les deux auteurs,
a été réalisée en 2003 par Thierry Binisti,
avec Cantonna dans le rôle-titre. 

 Et voici ma quinzième participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma septième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 18/20) !
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08 juin 2011

Le club du suicide, Clément Baloup et Eddie Vaccaro

9782302016033_cgJ'avais aimé le roman de Stevenson. J'ai été curieuse de découvrir son adaptation en BD...

Le prince Florizel s'ennuie. En compagnie du colonel Géraldine, son écuyer, il rencontre un soir un jeune homme ruiné et suicidaire. Celui-ci les convie à une assemblée étrange : le Club du suicide, un lieu où chaque soir, les cartes désignent, parmi l'assemblée réunie, qui sera la victime et qui sera le bourreau. Le prince et son ami décident de faire cesser au plus vite cette entreprise lucrative et de sauver les membres désespérés de ce club.

9782302016033_pgSéduite dès la couverture, je n'ai pas été déçue par cette BD que j'ai dévorée d'une traite ! Clément Baloup et Eddie Vaccaro se sont approprié brillamment ce roman de Stevenson et lui offrent ici une adaptation en BD très réussie. Je suis d'ordinaire assez méfiante quant aux adaptations de romans en BD, mais avec ce titre, j'ai baissé ma garde... Et j'ai eu raison !
Le travail à l'aquarelle d'Eddie Vaccaro offre un rendu désuet très doux, aux ambiances chamarrées, qui colle parfaitement à l'intrigue et au contexte historique, et n'est pas sans me rappeler le travail de Posy Simmonds. Chaque scène semble fonctionner en autonomie grâce à ces univers graphiques proches et pourtant si singuliers.
L'intrigue est très fidèle à celle de Stevenson, et Clément Baloup s'en est emparé en l'enrichissant de certains passages inédits éludés par le roman. Une petite pépite !

Un grand merci aux Éditions Soleil pour ce très bel album. A découvrir également, l'interview des deux auteurs, qui nous permet d'appréhender davantage leur travaille collaboratif sur ce classique. 

Et voici ma quatorzième participation 01-ClubSuicide
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma sixième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 17/20) !
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01 juin 2011

From Hell, Alan Moore et Eddie Campbell

59873039Les meurtres qui ensanglantèrent le quartier londonien de Whitechapel en 1888 sont un terreau sans fin d'inspiration littéraire et artistique. La preuve avec cet album, s'inspirant de la vie de celui que l'on surnommait Jack l'Eventreur.

L'histoire est bien connue mais débute dans cet album par des faits bien antérieurs. Un petit-fils de la famille royale s'étant acoquiné avec une prostituée, un enfant illégitime gêne la Reine Victoria. Celle-ci envoie son médecin personnel, William Gull, pour régler le problème. Mais très vite, celui-ci se laisse emporter par sa mission et dérape.

576 pages. Autant dire un album imposant. Et cet adjectif s'applique tout autant à cette couverture tout en contrastes : ce titre rouge évocateur contraste à merveille avec l'ambiance sombre du décor.
Malheureusement, cette lecture a été un rendez-vous complètement manqué. Je ne suis même pas allée au bout de ces 576 pages. Il est vrai que le trait d'Eddie Campbell ne m'attirait pas de prime abord, mais lancée dans ma découverte d'album en bichromie, je suis passéefromhell outre. Mais l'intrigue ne m'a pas du tout convaincue non plus.
Alan Moore amorce comme postulat de départ une des nombreuses théories sur l'identité du célèbre tueur en série, celle du médecin de la Reine. Soit. Mais son projet de revenir sur l'enfance de celui-ci puis sur son parcours scolaire et universitaire m'a lassée. Comme si je n'avais pas envie d'une énième justification sur la monstruosité de la nature humaine.
De plus, les phylactères sont très nombreux et trop longs et prennent le pas sur les illustrations, noyant celles-ci et les reléguant au rang d'élement secondaire. C'est donc une lecture longue que cet album, et que j'ai trouvée particulièrement pesante.

Quelqu'un a-t-il lu cette BD et apprécié ? Histoire d'en parler, de voir peut-être pourquoi je n'ai pas été séduite, ou peut-être tout simplement que je comprenne la visée globale de l'auteur, à côté de laquelle je suis passée, c'est évident.

Et voici ma treizième participation 
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma cinquième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 8/20) qui présente le Top BD du moi de mai aujourd'hui !
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25 mai 2011

Zoé, Chabouté

ZoeIl y a quelques temps sur la blogosphère, une sorte de complot a vu le jour, visant à nous inciter, nous, pauvres lecteurs, à succomber au charme des albums de Chabouté. Je suis faible, avouons le, et je n'ai pas résisté bien longtemps (surtout que j'avais ce titre sous la main au lycée...)

Zoé sort de prison. Sa grand-mère, Mathilde, vient de mourir au petit village de la Goule. Désireuse de rompre avec son passé, la jeune fille voit dans la maison dont elle hérite un havre de paix parfait.
Elle s'installe donc dans le petit village. Mais l'ambiance est lourde et elle n'est pas accueillie à bras ouverts, hormis par Hugo, le fils du maire, déficient intellectuel. La méfiance règne, surtout lorsque les villageois apprennent que la jolie Zoé ne veut pas vendre la maison de sa grand-mère et souhaite s'installer là. Quel mystère se cache derrière ses façades et ces moues aux abords si peu aimables ?

Quel choc ! Je n'avais pourtant pas été charmée du tout par leschabout__pg planches présentées ça et là sur les blogs vantant le talent de Chabouté, mais force est de constater que ce dernier maîtrise plutôt bien son art !
La force de ses dessins réside dans cette utilisation de la bichromie absolument stupéfiante ! Il alterne le blanc et le noir avec brio, déstabilisant parfois son lecteur avec des inversions d'une vignette à l'autre. Pour ma part, j'ai été complètement bluffée !
L'intrigue, quant à elle, est intéressante mais doit surtout sa qualité aux dessins qui l'accompagnent. Les personnages sortis de l'imagination de Chabouté sont troublants de réalisme et provoquent une foule de sensations à la lecture, tout en offrant à l'intrigue une dimension toute particulière. Ces visages froids aux regards inquisiteurs peignent à merveille l'ambiance des petits villages dans lesquels l'autre en général et l'étranger en particulier effraye.
Enfin, point appréciable à mes yeux également, cette BD est un one-shout (= en un seul volume) et permet de s'immerger complètement dans un univers en une centaine de pages sans être obligé de lire une suite pour en l'appréhender dans sa totalité.

Une excellente rencontre avec Chabouté donc, prélude à celles qui vont suivre, obligatoirement... Un grand merci aux conspirateurs/trices qui nous ont abreuvés de planches durant des semaines et m'ont permis de découvrir cet auteur !
L'avis de Noukette, qui a été sous le charme elle aussi ! (et qui a fait partie de la conspiration évoquée plus haut...)

Et voici ma douzième participation 
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma quatrième au Top BD des blogueurs de Yaneck!
(note : 18.5/20)
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Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [23] - Lien permanent vers ce billet [#]
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