Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

05 octobre 2011

Shutter Island, Christian De Metter et Dennis Lehane

shutter-island-bd-732x1024Shutter Island est un thriller psychologique de Dennis Lehane, publié en 2003. Une adaptation cinématographique signée Martin Scorsese est sortie en 2010, avec DiCaprio dans le rôle titre, alors qu'en 2008, Christian De Metter avait fait une adaptation en BD de ce roman, adaptation sortie chez Casterman.

Boston, années 50. Teddy Daniels et Chuck Aule, deux Marshalls fédéraux, sont dépêchés sur Shutter Island pour enquêter sur une disparition. L'ile abrite en effet un hôpital psychiatrique où sont enfermés des criminels très dangereux. Mais dès leur arrivée, les deux hommes sont confrontés à une ambiance pesante. Ni le personnel de l'hôpital ni le personnel de direction ne les aident dans leur enquête. Le doute s'installe dans leur esprit alors qu'une tempête approche. Et s'ils étaient bloqués sur l'île ? Et si les apparences étaient trompeuses et le personnel de l'île pas tout à fait honnête ? 

J'avais adoré le film de Scorsese : son ambiance, son suspense, ses non-dits et sa lumière. J'ai aimé me replonger dans cette intrigue qui, si elle perd un peu de sa saveur une fois le dénouement connu, n'en demeure pas moins passionnante. preview_page
Christian De Metter nous plonge dès la première page dans l'ambiance du roman. Avec des couleurs sépia, il nous entraîne dans les années 50, sur cette île si étrange.
Si les vignettes m'ont fait vraiment penser aux plans de Scorsese (j'ai revu le film récemment) et aux techniques cinématographiques du réalisateur, elles m'ont néanmoins permis de m'immerger complètement dans ce suffocant huis-clos. N'ayant pas encore lu le roman de Lehanne, et comme cette BD en est une adaptation, j'en déduis que le film de Scorsese lui est très fidèle.

J'ai donc passé un bon moment. Certes. Mais en réalité sans plus. Pourquoi ? Parce que j'ai eu l'impression de lire une novélisation du film ou son story-board. Christian De Metter n'a pas su donner à cette BD une singularité qui aurait pu me séduire. Oui, les couleurs créent une ambiance. Oui, son trait est flou, parfois indistinct, et participe de l'ambiance.
Mais la magie n'a pas opéré. J'ai refermé cet album en me disant que je n'avais pas eu une expérience de lecture particulière. Aucune émotion si ce n'est celle de me plonger à nouveau dans une intrigue que j'aime beaucoup. Un rendez-vous raté pour moi. J'attendais autre chose, c'est certain. Et pourtant, ce ne sont pas les éloges qui manquent sur cette BD !

   Et voici ma 25e participation
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma 16e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 13/20)

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28 septembre 2011

Rural ! Etienne Davodeau

RuralRural ! est une BD parue en 2001 chez Delcourt et récompensée en 2002 au Festival d'Angoulême par le Prix Tournesol - prix en marge du festival, créé à l'initiative des Verts pour récompenser un album sensible aux problématiques écologiques ou porteur de valeurs comme la justice sociale, la défense des minorités et la citoyenneté.

L'album débute en février 2000. Etienne Davodeau a côtoyé pendant un an des agriculteurs pour comprendre leur quotidien dans leur exploitation biologique, le Kozon, à 25km au sud d'Angers. S'occuper des vaches au quotidien, mais aussi des champs, semer, récolter, faire sécher, stocker... Tout ce qu'implique une labellisation agriculture biologique. Et en parallèle, la construction de l'A87 entre Angers et Cholet. Le tracé de cette autoroute qui va défigurer à jamais le paysage et va séparer en deux leur exploitation. Quant à leurs voisins, l'autoroute passe sur leur maison...9782840555834_5

Rural ! est la première BD documentaire que je lis. Et quelle lecture ! Etienne Davodeau nous entraîne dans son projet dès la première page et nous fait vivre à ses côtés le quotidien des personnes qu'il rencontre. On se prend de sympathie pour eux, on suit leur quotidien, leurs avancées comme les embûches qu'ils rencontrent.
On en apprend sur l'agriculture biologique, certes, mais aussi sur la construction d'une autoroute, sur les petits riens, parfois moches, qui déterminent le tracé (le copinage, la corruption, entre autres) et sur l'entraide qui naît lors de situations comme celle-ci.
Pour ma part, j'ai été charmée par cette plongée ultra-réaliste dans l'univers de l'exploitation agricole (ah ! les scènes de vêlage !) . Etienne Davodeau a su donner à voir ces vies disséquées par son coup de crayon. Ses dessins en noir et blanc rendent hommage à son projet de BD documentaire et lui offre une bichromie intéressante. A découvrir, c'est certain !

 

   Et voici ma 24e participation
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma 15e au Top BD des blogueurs de Yaneck!
(note : 16/20)

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21 septembre 2011

Joséphine l'intégrale, Pénélope Bagieu

9782350132389_1_75Cela faisait quelques temps que je n'avais pas lu de BD de blogueuse-dessinatrice, comme Margaux Motin ou encore Diglee. J'ai donc succombé à l'appel de l'intégrale de Joséphine, regroupant les 3 tomes des aventures du personnage éponyme imaginé par Pénélope Bagieu.

Joséphine a la trentaine. Joséphine est célibataire. Joséphine se pose un milliard de questions quant à sa vie, son avenir, son chat, etc. Entre un collègue lourdingue et des copines toujours prêtes à la sortir de son célibat, Joséphine cherche l'homme de sa vie...

Dit comme ça, Joséphine semble être une BD destinée à un public féminin, à la limite de la chick-lit... Mais en réalité, et parce que je ne supporte par l'idée d'un public visé selon son sexe, malgré un personnage féminin égocentré et des préoccupations somme toutes assez superficielles, cet album aborde des thématiques plus larges que celles du célibat des femmes de trente ans et des poussières. L'humour y est omniprésent et si toutes les planches ne se valent pas, elles ont au moins le mérite de m'avoir fait sourire à plus d'un titre. josephine (1)
Le trait de Pénélope Bagieu est assez minimaliste, comme toujours, mais l'utilisation des couleurs prend tout son sens ici, créant des univers particuliers à chaque planche. Pénélope Bagieu soigne les ambiances de ses vignettes, offrant à celles-ci une atmosphère à chaque fois singulière.
Joséphine est un personnage attachant dans ses failles et ses doutes et évolue au fil de ces trois tomes (clairement distingués au sein de cet album intégral).
Si le troisième tome m'a un peu déçue - sans vous en révéler la teneur, j'évoquerais seulement le conformisme dans lequel tombe le personnage, conformisme qui ne colle pas à la psychologie développée dans les deux précédents tomes - j'ai néanmoins passé un bon moment de lecture. Rien de mémorable, certes, mais une détente appréciable parfois.

Elles ont lu aussi Joséphine : C.l!neKikine, Yoshi73, Stemilou.   

   Et voici ma 23e participation
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma 14e au Top BD des blogueurs de Yaneck!
(note : 14/20)

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14 septembre 2011

Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur, Gwangjo et Corbeyran

4183_cLéa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur est un album paru chez Dargaud en 2010. Le titre, bien évidemment, m'a intriguée...

Louis Levasseur est un écrivain en mal d'inspiration. Le jour où il trouve dans la poubelle de son immeuble le journal intime d'une des résidentes, sa curiosité l'emporte sur la bienséance. Il dévore les pages et pénètre l'intimité du quotidien de Léa, une jeune femme frappée d'amnésie ménagère. Impossible en effet pour elle de faire fonctionner le moindre appareil électro-ménager. Comme si son cerveau était victime d'un blocage.
Inspiré par cette tranche de vie, Louis Levasseur en fait le sujet de son nouveau roman. Beau succès en librairie, très vite adapté au cinéma. Mais Louis, malgré ces bonnes nouvelles, se languit de rencontrer celle qui est à l'origine de tout.

En ouvrant cet album, je pressentais une claque. Et j'avais raison ! Le sujet en lui-même promet une lecture poignante...
Corbeyran, avec un scénario original et imprévisible, aborde, sous couvert d'amnésie, un thème délicat - que je me garderais bien de vous dévoiler ici - avec justesse et délicatesse.
La jeune Léa, frappée d'amnésie ménagère, est un personnage d'une fragilité déconcertante, d'une vraisemblance rare. La narration alterne passages de son journal intime et réactions de Louis, le romancier qui vole cette vie branlante, ce qui permet de pénétrer l'intériorité de ces deux personnages et d'apercevoir leurs failles.coup de coeur 2011
D'une beauté et d'une précision à couper le souffle, les dessins en noir et blanc de Gwangjo accompagnent ce scénario de l'errance, de la perte de repères, d'un côté, et de la solitude de l'autre.
Une lecture vibrante, à lire d'un souffle. Un dénouement imprévisible qui offre à cet album une profondeur autre. Une lecture comme je les aime, qui entraîne son lecteur sans lui laisser le choix. Un coup de coeur, c'est certain !

 

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 Et voici ma 22e participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma  13e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 18/20) !


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07 septembre 2011

Ring Circus T.1 Les Pantres, David Chauvel et Cyril Pedrosa

Ring circusRing Circus est une série de BD en 4 tomes, parue dès 1998. Le premier tome, signé David Chauvel et Cyril Pedrosa, a attisé ma curiosité.

Jerold et Anthonin sont amis. Le jour où Jerold rattrape un chameau échappé d'un cirque et gagne des places pour aller voir le spectacle du soir, leur vie bascule. Attiré par la vie de bohème des artistes du cirque et la somptueuse écuyère, Jerold convint son ami de partir sur les routes avec la troupe en route pour la Ruskhovie.

Cette semaine pour ce rendez-vous BD, je serai assez brève. Si j'ai été ringcircus_t1_1863charmée par la couverture de cet album et curieuse de le découvrir, j'ai été assez déçue de sa lecture. Non seulement l'intrigue ne m'a pas transportée, mais les dessins de Cyril Pedrosa ne m'ont pas séduite non plus.
D'un style assez classique dans sa composition comme dans ses illustrations, ce premier tome de Ring Circus est une lecture facile, qui fait passer un bon moment mais qui n'est pas pour autant mémorable.
Petit hic, entièrement de ma faute : j'ai cru (à tord), avoir à faire à un one-shout et non un énième premier tome d'une série. Pour ma défense, cette indication n'est pas clairement visible quand on commence la lecture : aucune indication sur la tranche, ni à la fin, d'une série. Bref, une lecture agréable, sans plus, mais une série que je ne poursuivrais pas.

 Et voici ma 21e participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma  12e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 12/20) !
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31 août 2011

Je mourrai pas gibier, Alfred

gibierJe mourrai pas gibier est à l'origine un roman de Guillaume Guéraud paru aux éditions du Rouergue, dans la collection "DoAdo noir", en janvier 2006. Parce que sa lecture a été un choc pour lui, Alfred a décidé de l'adapter en BD.

Le personnage principal est un jeune de Mortagne, une ville de mille habitants et des poussières dont les seuls sources d'emploi sont la scierie et les vignes. Une rivalité oppose les travailleurs des deux entreprises.
Pour échapper à tout ça, le narrateur est parti étudier en CAP mécanique et ne revient que le weekend chez ses parents, où il aime partager des moments avec Terence, l'idiot du village, dont les autres se moquent. Jusqu'à ce jour terrible...

Je mourrai pas gibier est un roman qui avait fait couler beaucoup d'encre lors de sa sortie dans une collection pour adolescents aux éditions du Rouergue. La fameuse dialectique de dire l'indicible en jeunesse. Et je comprends bien pourquoi. Cette BD s'ouvre sur un bain de sang au milieu duquel trône le narrateur qui se présente dès lors comme le meurtrier. Huit victimes, dont un enfant, tuées à la pelle, au marteau et au fusil. Devant une folie meurtrière comme celle-ci, une seule question : pourquoi ?JE_MOURRAI_PAS_GIBIER_1a6-2

L'intrigue en elle-même est violente - la folie meurtrière qui s'empare d'un adolescent - mais est amenée d'une manière telle que le lecteur est happé par ces vies brisées et cette fatalité intrinsèque à ce village. Comme si rien n'existait autour de Mortagne, microcosme étouffant et malsain, que cette querelle ancestrale et les bagarres qui en découlent. Comme si aucune échappatoire ne s'offrait au personnage, sinon celle de s'orienter vers une autre branche professionnelle. Comme si la vie se jouait de ces personnages minuscules aux destins dérisoires.

Même l'univers graphique d'Alfred épouse la violence du texte. Il ne s'agit pas ici de litres d'hémoglobine, non, mais d'un trait et de couleurs qui semblent porter en eux la tragédie. Alfred a pris le parti, lors de scènes de violence, de les dénuer de couleurs. Comme si le temps s'arrêtait. Comme si la violence était comme la colère, blanche. Comme si la haine n'avait pas besoin de couleurs pour s'exprimer. Ce choix graphique offre un choc visuel lors de la lecture qui semble faire écho au poids des mots choisis par Guéraud pour décrire la scène.

Bref, vous l'aurez compris : Je mourrai pas gibier est une BD dont on ne ressort pas indemne, violente, mais d'une intelligence telle que je ne peux que vous la conseiller. Lecture mémorable en perspective. 

"Je suis né chasseur ! Je mourrai pas gibier !" (p.12)

"A Mortagne, on n'a pas vraiment les moyens de réfléchir, en fait. On a bien un cerveau,
mais rien d'autre à mettre dedans que du raisin, des planches, de la sueur et du plomb.
C'est comme ça.
Pour le reste, on n'a pas les armes qu'il faut pour changer les choses." (p.55)

 

L'avis de Noukette, Val, Canel, Mo', Yaneck et l'Ogresse sur cet album.

Alfred, le scénariste et dessinateur de cette adaptation en BD, se livre dans ce billet à une  interview passionnante sur son travail d'adaptation.

Et, petit plus, vous pouvez feuilleter la BD  sur le site de Delcourt.

 

Et voici ma vingtième participation
à la BD du mercredi de
Mango.

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Et ma onzième participation
au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 18/20)

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Et l'heure du bilan BD du mois d'août, qui découle du Top BD, a sonné.

En voici les 10 premiers.

Pour la suite, rendez-vous chez Yaneck.

 

1- (=) Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association                 19.29

2- (N) Gaza 1956, Joe Sacco, Futuropolis                               19.17

3- (=) Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d'Ouest          18.83

4- (+) Maus, Art Spiegelmann, Flammarion                               18.79

5- (- ) Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman   18.75

6- (=) Elmer, Gerry Alanguilan, Ca et là       18.68

7- (=) Garance, Gauthier, Labourot, Lerolle, Delcourt    18.67

8- (=) Universal War One, Denis Bajram, Soleil                      18.59

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6.

9- (=) Le Grand pouvoir du Chninkel, J. Van Hamme, G. Rosinski, Casterman    18.5

10- (=) V pour Vendetta, Alan Moore, David Lloyd, Delcourt 18.44

 ... (pour lire la suite)

 

 

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24 août 2011

Le journal de mon père, Jiro Taniguchi

_photoChaque rencontre avec un album de Taniguchi est un moment rare. Si j'ai dénoncé récemment un complot visant à faire succomber les blogueurs aux albums de Chabouté (dans ce billet), je pense que certains vont soupçonner la même manoeuvre à l'encontre de Taniguchi !

Le journal de mon père est un album inspiré de la vie de Taniguchi lui-même qui, par paresse et manque de temps d'après lui, n'est pas revenu dans sa ville natale durant une quinzaine d'années. Dans ce laps de temps, beaucoup de choses ont changé. C'est ce que remarque le narrateur de cette histoire. De retour à Tottori, son village natal, pour les obsèques de son père, il évoque avec les membres de sa famille, lors de la veillée funéraire, son enfance et son départ pour Tokyo. Les ressentiments enfantins à l'égard de son père sont toujours présents, mais la mort l'empêche désormais de résoudre ces incompréhensions et ces silences. Le narrateur se perd dans ses souvenirs et pleure ce père incompris disparu trop tôt.taniguchi-le-journal-de-mon-pere

Jiro Taniguchi, pour ceux qui le connaissent et l'apprécient, ne déroge pas à la règle avec cet album vibrant d'émotion. Il nous livre à nouveau une intrigue simple, fondée sur les relations familiales, qui tend à une certaine forme d'universalité. Regrets, rancoeurs et pardon sont au coeur de cet album très riche. Avec une esthétique bichromique toujours très étudiée, Taniguchi nous donne à voir des personnages à la psychologie fine, permettant ainsi une vraisemblance troublante.
Chaque planche semble découpée et organisée de manière à mettre en valeur la poésie du texte et de cette tranche de vie narrée. Les silences sont toujours aussi présents, et offrent à cette lecture une lenteur savoureuse.
Je milite encore une fois, et je rabâche : Taniguchi est un auteur à découvrir. Même si on a peur des mangas (si si, ça existe), même si on ne lit pas beaucoup de BD, même si le Japon ne nous nous attire pas. Essayez, une fois, et venez m'en parler. Je suis quasiment sûre du résultat...

Les avis de Delphine, Mathilde et L'Emile sur cet album.

Et ce titre signe mon retour à la BD du mercredi de Mango,
après une longue pause estivale,
en tant que dix-neuvième participation !

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Et mon retour au Top BD des blogueurs de Yaneck
en tant que onzième participation (note : 17/20) !
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06 juillet 2011

L'affaire du Trompinoptère, Eddie Campbell

9782916207476FSL'affaire du Trompinoptère est le quatrième tome de la série autobiographique d'Eddie Campbell et est considéré comme une référence du roman graphique anglo-saxon. Alors que dans les précédents tomes, Eddie Campbell se cachait derrière le personnage d'Alec MacGarry, c'est sous sa véritable identité qu'il écrit ici.

C'est à travers une série d'histoires courtes - parfois une seule planche - qu'Eddie Campbell aborde dans cet album les problèmes qu'il rencontre à l'approche de la cinquantaine : ses doutes existentiels, son métier de père/mari, son travail de dessinateur. Très intimes, ces histoires mettent en scène l'auteur et son quotidien, et donnent à voir sa vision de la vie, ses excentricités artistiques comme ses réflexions métaphysiques.

Certains savent que je suis passée complètement à côté de From Hell il y a peu, et s'étonneront que je réitère mon expérience avec Eddie Campbell qui n'a pas su me charmer par le passé. En fait, j'ai eu l'occasion de recevoir cette BD grâce à l'opération Masse Critique de Babelio, et je n'avais pas retenu, lorsque j'ai coché les titres qui m'intéressaient, qu'Eddie Campbell était l'auteur de From Hell...extrait_l-affaire-du-trompinoptere
Bref, vous l'aurez compris, ce titre confirme mon manque d'attrait pour l'oeuvre de cet auteur. Est-ce parce que je n'accroche absolument pas avec son style ? Est-ce parce que ce dernier est difficile d'accès et que je ne suis pas encore assez spécialiste de la BD pour l'appréhender dans sa complexité ? Est-ce parce que j'avais quelques appréhensions quant à ce titre et son lien avec From Hell ? Quelles qu'en soient les raisons, L'affaire du Trompinoptère n'a pas su me charmer. J'ai peiné dans ma lecture de ces tranches de vie un peu barrées, un peu trop personnelles pour qu'elles me séduisent. Encore une fois, je n'ai pas du tout été conquise par l'univers graphique de l'auteur (et pourtant, je ne suis pas réfractaire au travail en noir et blanc, en témoigne mon attrait pour Chabouté !).Une lecture à côté de laquelle je suis de nouveau passée. C'est bien dommage...     

Je tiens néanmoins à remercier à   logo2 et les Éditions  Ca et làpour ce livre reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

L\'Affaire du Trompinoptère par Eddie Campbell

   Et voici ma dix-huitième participation
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma dixième au Top BD des blogueurs de Yaneck !
(note : 8/20)

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29 juin 2011

La boîte noire, Jacques Ferrandez et Tonino Benacquista

9782070788040La boîte noire est une nouvelle de Tonino Benacquista publiée en 2001 dans un recueil intitulé Tout à l'ego. Elle a été adaptée en BD la même année et portée à l'écran en 2005 par Richard Berry avec José Garcia dans le rôle titre. Ayant passé un excellent moment avec L'Outremangeur, de Benacquista et Ferrandez, j'ai eu envie de découvrir une autre BD de ce tandem.

Arthur Seligman est victime d'un grave accident de voiture qui lui provoque une amnésie partielle. Janine, une des infirmières qui s'occupent de lui, lui confie à sa sortie d'hôpital un carnet dans lequel elle a noté les paroles qu'il a proférées lors de son coma. Un accès à sa boîte noire, en somme, dans laquelle se trouvent consignés ses désirs, ses peurs et ses fantasmes...planche_boinoire_1106975097_dd557

Avec cette nouvelle, Benacquista donne à voir à son lecteur une partie fascinante du cerveau humain : celle du subconscient, celle à laquelle nous n'aurons pas accès, et qui contient nos désirs les plus profonds. Qui n'a jamais eu envie de percer à jour son propre cerveau ?
Bien entendu, le risque de confondre fantasme et réalité est grand, et Benacquista n'en fait pas l'impasse. Son personnage tente coûte que coûte de comprendre les méandres de sa mémoire, entre vrais souvenirs et réminiscences tronquées ou faussées, au risque de se perdre...
Le trait de Ferrandez accompagne ces flous dans la mémoire du personnage. Les plongées dans la boîte noire d'Arthur, en particulier, frôlent l'abstrait, et les couleurs vives utilisées illustrent à merveille sa confusion mentale.
J'avais lu cette nouvelle plus jeune, mais je n'en ai aucun souvenir. Cette lecture était donc comme une découverte, plutôt agréable, même si j'ai été moins charmée par le travail de Ferrandez que dans L'Outremangeur, première collaboration de ces deux auteurs en BD.

  Et voici ma dix-septième  participation 
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma neuvième au Top BD des blogueurs de Yaneck!
(note : 14/20)
qui présente le Top BD du moi de juin aujourd'hui !
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22 juin 2011

Kaamelott tome 2 Les sièges de Transport, Alexandre Astier, Steven Dupré

Kaamelott_tome_2J'ai beaucoup ri avec la série TV et le premier tome de la BD Kaamelott. J'ai donc poursuivi ma lecture de cette série qui compte à ce jour cinq tomes (le dernier étant paru en novembre 2010), avec Les Sièges de Transport, le deuxième opus.

Perceval et Karadoc sont chargés par Arthur de chercher dans la forêt un tabouret magique qui permet de se téléporter sur un autre tabouret. Mais ils ne sont pas les seuls à la recherche de cet objet : Haki, le chef viking, veut lui aussi s'en emparer et envahir l'île de Bretagne.20080629231256_t2

Quel plaisir de retrouver l'ambiance de Kaamelott avec cette BD ! Si certains la trouvent éloignée de la série ou encore pas assez fidèle à celle-ci, je ne peux qu'affirmer le contraire.
Je trouve justement que l'intérêt de cette BD réside dans la réussite de sa transposition dans ce genre à partir de la série TV, sans toutefois utiliser les mêmes intrigues. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre... Il n'est pas facile de changer de média, et cette fois, passer de l'écran au livre s'est fait avec brio !
Je me suis esclaffée avec cette lecture (particulièrement avec le gag de la chambre/bureau du roi Arthur) comme je ris devant la série. Le trait de Steven Dupré, tout en rondeur et en détails, offre un rendu visuel assez proche de l'atmosphère de la série, tandis que l'humour d'Alexandre Astier suinte à chaque réplique. Truculent, je vous le dis ! 
Pour être brève : Kaamelott en BD, c'est un condensé d'humour à ne pas négliger, surtout en ces temps moroses !
L'avis de Yaneck sur ce tome.

 Et voici ma seizième participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma huitième au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 15/20) !
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