Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

11 mars 2015

Ekhö Monde Miroir T.3 Hollywood Boulevard, Arleston et Barbucci

Paris Empire est le deuxième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Ekhö THollywood Boulevard est le troisième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Barbucci, paru en novembre 2014 chez Soleil.

De passage à Hollywood pour faire signer un contrat à la belle Norma Jean, Fourmille et Yuri découvrent qu'il est possible de faire du cinéma sans électricité !    
Mais leur venue à Los Angeles prend une toute autre tournure lorsque Norma Jean est retrouvée morte dans sa piscine. Et lorsque Fourmille est possédée par l'esprit de la belle actrice, les deux compères n'ont d'autre choix que de découvrir ce qui s'est passé. Meurtre ou suicide, réussiront-ils à élucider la mort de Norma Jean ?

Qu'on se le dise : j'aime beaucoup cette série loufoque ! Ouvrir un nouveau tome est à chaque fois une promesse de détente et d'évasion dans un univers barré et onirique à souhait.     
Ce troisième tome ne déroge pas à la règle et entraîne son lecteur dans les grandes heures du cinéma hollywoodien en lui rendant hommage. Harry Potter côtoie E.T., il est possible de croiser Dark Vador dans un couloir ou encore King Kong et si vous ne craignez pas de louer dans un motel, celui de Bates semble être tout à fait approprié...     
Dans ce monde parallèle de bric et de broc où un film peut être tourné même sans électricité, les créatures fantastiques pullulent et il est bien difficile de faire se côtoyer les tournages. Elizabeth Taylor et Marilyn se crêpent le chignon pour des questions de cachets tandis que les T-Rex de Spielberg s'échappent entre deux prises. Difficile pour nos deux héros de mener l'enquête !     
Un excellent moment de détente et une foultitude d'hommages divers aux grands noms du cinéma à chaque page. Bref, un très bon troisième album qui possède son intrigue propre mais qui stagne légèrement sur l'intrigue générale de la série. On aurait pu le reprocher à Arleston et Barbucci, mais ce tome est tellement loufoque et drôle qu'on leur pardonne allègrement de geler leur série pour pondre un tel titre.     
Un grand merci à Claire et aux éditions pour cet album.

C'était ma BD de la semaine chez Stephie aujourd'hui et ma 62e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (15/20)

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Planche 1 Ekhö 3  Planche 2 Ekhö 3

Planche 3 Ekhö 3

Une lecture que j'inscris dans le cadre du Challenge Marilyn de George.

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04 mars 2015

Les Gardiens du Louvre, Jiro Taniguchi

Les gardiens du Louvre, TaniguchiLes Gardiens du Louvre est le dernier album de Jiro Taniguchi paru chez Futuropolis, en partenariat avec les éditions du Louvre, en novembre 2014.

Après un séjour en Europe pour un salon de la bande dessinée, un illustrateur japonais décide de faire escale à Paris afin de visiter ses musées.  
Fiévreux et délirant, il débute son séjour parisien avec un sentiment de solitude exacerbé par la maladie. Alors que celle-ci lui laisse quelque répit, il décide de se perdre dans les dédales du Louvre. Mais là encore, il est pris de vertiges et d'hallucinations et c'est la Victoire de Samothrace qui vient à sa rencontre pour le guider dans ce musée tentaculaire. 
Errant seul dans les couloirs du Louvre, il va se perdre à travers les époques et les genres picturaux. Croiser Camille Corot, Antonio Fontanesi, Asai Chu, ou encore Saint Exupéry, peu avant l'évacuation des oeuvres du musée en 1939. Et lors d'une escapade à Auvers-sur-Oise, c'est bien Van Gogh qui l'entraînera dans son atelier pour lui montrer sa dernière esquisse : Les Jardins de Daubigny. Un séjour parisien des plus mystérieux pour ce dessinateur japonais...

Ouvrir un album de Taniguchi, c'est à coup sûr s'immerger totalement dans un univers contemplatif des plus fascinants. De cet auteur, j'ai adoré Quartier Lointain (qui reste mon préféré), mais aussi Le gourmet solitaire, Le journal de mon père et L'homme qui marche. Et Les Gardiens du Louvre s'inscrit dans cette droite lignée d'albums tout en poésie et en contemplation, signature de l'auteur.   
Et cette fois, ce n'est pas le Japon qui est à l'honneur mais Paris et ses musées. A travers l'oeil de Taniguchi, les traits de la capitale française prennent forme et s'animent, à l'image des mystérieux gardiens
du Louvre que rencontre le héros.   
Véritable hommage à Paris
et à son histoire artistique, cet album trace des parallèles entre le Japon et la France, grâce aux artistes que Taniguchi fait revivre sous son crayon et les inspirations réciproques de leurs travaux.    
L
e trait de Taniguchi est fidèle à ses précédents albums, avec une différence notable : celui-ci est en couleurs. Difficile, peut-être, de rendre hommage au Louvre et à ses oeuvres en noir et blanc. 
J'ai adoré suivre les errements du narrateur dans les dédales du Louvre. Me perdre à ses côtés dans ce musée et m'interroger moi aussi sur la création artistique, sur la question de l'art à travers l'Histoire. Une très belle lecture. Mais ça, ce n'est pas une surprise avec Taniguchi...

C'était ma BD de la semaine et ma 61e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

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18 février 2015

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel LepageUn printemps à Tchernobyl est une BD documentaire d'Emmanuel Lepage parue chez Futuropolis en octobre 2012.

26 avril 1986, le coeur du réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl se met à fondre, provoquant un nuage radioactif d'une envergure sans précédent. L'affaire est étouffée, les risques minimisés. Aujourd'hui encore, il est difficile d'obtenir des informations précises sur les dégâts de cette catastrophe nucléaire. 
Vingt-deux ans plus tard, le dessinateur et scénariste Emmanuel Lepage décide de se rendre sur les lieux du drame, dans une résidence d'artistes. Pour rendre compte, par des mots, par des dessins. Pour se rendre compte. Pour rencontrer ceux qui vivent toujours près de la zone interdite. Pour défier la mort, qui rôde toujours.

Ouvrir Un printemps à Tchernobyl, c'est se garantir une claque. Une vraie claque. De celles qui vous clouent un moment au sol et vous amènent à réfléchir. Par son sujet éminemment tragique et complexe, cet album entraîne son lecteur dès les premières planches dans cette page mouvementée de l'Histoire.  
Le silence se fait dès l'ouverture de l'album, l'angoisse monte et le lecteur de s'identifier à l'auteur et à son projet un peu fou. Partir aujourd'hui à Tchernobyl ? Avec tous les risques que cela comporte ? Avec les non-dits et les flous qui persistent ? Impossible de ne pas en avoir le souffle coupé.
..
Et puis les dessins de Lepage. L'ambivalence de ses planches si sombres, si torturées, au début de l'album, qui se teintent de couleurs, dès le 1er mai, et qui fleurissent au diapason de la nature qui a repris le dessus dans la zone. Emmanuel Lepage lui-même est surpris de voir cette luxuriance, cette verdoyance, cette beauté même, dans cette zone au passé si sinistre.  Si au début ses dessins ressemblent aux représentations que l'on a de Tchernobyl et de la zone - sombres, au trait acéré et menaçantes, comme si l'image de la centrale portait en elle la menace de son nuage radioactif - au fil des pages les couleurs et la vie reprennent le dessus, à l'image de ces habitants si accueillants et joyeux, malgré tout, de ces enfants qui courent et jouent dans l'herbe, en bordure de la zone interdite, de ces rires, de ces musiques, de cette générosité.
L'auteur en est lui-même dérouté et doute de la légitimité de ses dessins colorés alors qu'il pensait venir pour dénoncer les risques du nucléaire. Comme si le passé était recouvert par la nature et enterré sous des couches de non-dits. Comme si ce 26 avril 1986 n'existait que par ses stigmates : cette ville de Pripiat abandonnée, cette centrale désaffectée et cette zone interdite qui s'ouvre désormais au tourisme. Mais les conséquences sont là, même si peu en parlent et que tous préfèrent célébrer la vie plutôt que s'apitoyer.

Il y aurait tant à dire encore, mais je préfère m'arrêter là car il m'est difficile d'organiser ma pensée. Un conseil : ouvrez-le, laissez-vous emporter par cet album documentaire, par la force du trait de Lepage, par ses mots, ses interrogations, ses doutes parfois. Laissez-vous vous immerger par son expérience et envahir par cette page de notre histoire et ses conséquences. 
Les nombreux lecteurs de cet album : Aifelle, Antigone, JérômeKikine, MangoMiss Alfie, Mo’Noukette, OliV, Sandrine, Sandrine, Syl., Yaneck, Yuko, Yvan, etc.

C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Stephie et ma 60e participation Top BDau Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

 

 

 

Un grand merci à Sébastien pour cette découverte !  
 

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04 février 2015

Le château des étoiles T.1 1869 : La conquête de l'espace, Alex Alice

Le château des étoiles TLe château des étoiles est la dernière série du dessinateur et scénariste français Alex Alice dont le premier tome, 1869 : La conquête de l'espace, est paru tout d'abord en feuilleton sous la forme de journaux grand format, avant de sortir en album en septembre 2014 aux éditions Rue de Sèvres.

1869. La mère de Séraphin, scientifique passionnée, a disparu un an plus tôt en ballon, alors qu'elle faisait des recherches autour de l'éther et de ses possibilités de conquête de l'espace. 
Un jour, un étrange courrier destiné à Archibald, le père de Séraphin, le somme de se rendre en Bavière. Attaqués sur le trajet par des Prussiens, Séraphin et son père répondent présents à l'appel du roi Ludwig, souverain de Bavière et expéditeur du mystérieux courrier, et se replongent dans le projet de l'éther.

Le château des étoiles était mon unique achat à Montreuil cette année (quel sérieux, vous remarquerez...) Et si j'avais opté pour cet album, c'est que les nombreuses chroniques paraissant sur la blogosphère m'avaient largement convaincue que je tomberai sous son charme. Et l'hypothèse s'est vérifiée ! J'ai adoré ce premier tome, me plongeant avec un plaisir immense dans ce 19e siècle un tantinet différent du nôtre, onirique et merveilleux, aux allures de steampunk.
L'idée de conquête de l'espace grâce aux possibilités de l'éther est intéressante et Alex Alice prend le temps de l'expliquer, de la décortiquer pour la rendre accessible. On pense à Jules Verne, bien entendu, pour ces références aux questionnements scientifiques d'une époque, et c'est fort agréable.
Les dessins à l'aquarelle directement sur le crayonné, grande nouveauté pour Alex Alice, offrent à l'ensemble un rendu très intéressant. Les dessins des différents éthernefs rendent hommage à l'imagination d'Alex Alice et les recherches effectuées sur son sujet et offrent une sorte de légitimité à ce projet scientifique fou.
On pense à Miyazaki, pour le titre et les tonalités de couleurs, bien entendu. On rêve, aux côtés de Séraphin et ses amis. Et on a qu'une hâte : découvrir la suite de leurs aventures !
Coup de coeurMalgré des références scientifiques, l'ensemble demeure grand public et s'adresse à tous. Les différents lectorats y trouveront chacun ce qu'ils souhaitent. Les enfants, un album d'aventure drôle et porté par un personnage enfant ; les adultes une interrogation plus vaste. De mon côté, c'est un appel à découvrir Siegfried d'ici peu, série chaudement recommandée par mon ami Antoine.

En tout cas, voilà un nouveau coup de coeur pour moi. Et oui, quand je vous dis que mon année 2015 de lecture commence bien... C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck

D'autres lecteurs de cet album ou du feuilleton grand format : Stephie, Mo, JViel, George et Yaneck.

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Voici ma 59e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20)

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28 janvier 2015

Moby Dick, Jouvray et Alary

Moby Dick, Jouvray et AlaryOlivier Jouvray et Pierre Alary se sont intéressés au monument de la littérature qu'est le roman de l'américain Herman Melville Moby Dick, publié en 1851. Leur adaptation en BD est parue en avril 2014 chez Soleil, dans la collection Noctambule.

Le capitaine Achab a juré la perte de la baleine blanche qui lui a volé sa jambe. Moby Dick, c'est son nom, hante les océans et sème le chaos chez les baleiniers qui l'approchent de trop près.  
Ishmaël, jeune marin de la marine marchande, embarque sur le Pequod, le navire d'Achab, en compagnie de Queequeg, un harponneur rencontré dans une taverne. 
L'équipage s'engage dès lors dans un combat à mort au nom de la folie d'Achab.

Abreuvée comme tout le monde par ce monument littéraire et ses réécritures, j'étais assez curieuse d'en découvrir une adaptation BD
Si j'ai aimé l'intrigue librement adaptée de l'oeuvre de Melville par Jouvray, je dois avouer que j'ai été assez mal à l'aise face à cet album. La violence est là, qui suinte à chaque page, à l'image de la folie d'Achab et les dessins de Pierre Alary en rendent parfaitement compte.
Les couleurs utilisées - dans les tons ocres et verts - se transforment progressivement en teintes orangées sanguinolentes à mesure que le combat contre la fameuse baleine blanche gagne en intensité. Au fil des pages, le dessin se transforme pour embrasser la folie d'Achab et le lecteur d'assister impuissant à cette mécanique mortelle que rien n'arrêtera. 
L'adaptation de Jouvray et Alary est très réussie mais j'ai eu beaucoup de mal à l'apprécier tant j'ai été angoissée par l'intrigue et sa représentation picturale. Le signe que l'album est réussi, en somme. C'etait ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Jacques (qui avait chroniqué cet album dans ce billet).

Je tiens à remercier Bénédicte et les éditions pour cet album.

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Voici ma 58e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (16/20)

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21 janvier 2015

Les vieux fourneaux T.1 et 2, Lupano et Cauuet

Les vieux fourneaux est une série de BD dont les deux premiers tomes sont parus respectivement en avril et en octobre 2014 chez Dargaud. Wilfrid Lupano en signe le scénario et Paul Cauuet les dessins.

Les vieux fourneaux T Les vieux fourneaux T

Tome 1 Ceux qui restent

Pierrot, Mimile et Antoine. Trois amis d'enfance, septuagénaires, anars, unis par les mêmes idées et un passé commun. Mais aujourd'hui, on enterre Lucette, l'épouse d'Antoine. Alors malgré leur verve et leur humour, les trois amis n'ont pas le coeur à la fête.
Mais avec une lettre posthume dans laquelle elle avoue un adultère commis quelques décennies plus tôt, Lucette jette un pavé dans la mare. Sus à ses soixante-dix printemps ! Antoine part en trombe, armé d'un fusil, direction la Toscane, où coule des jours paisibles l'objet de cet adultère, son ancien patron. Pierrot et Mimile n'ont d'autre choix que de suivre leur ami pour éviter le pire. C'est parti pour un road-movie haut en couleurs !

Tome 2 Bonny and Pierrot

Revoilà nos trois amis, toujours unis par leur envie de ne pas laisser le monde actuel tourner aussi mal et enrayer le système à coup d'attentats gériatriques au nom des générations futures. Mais lorsqu'un étrange paquet arrive par la poste pour Pierrot signé Bonny, sa comparse d'avant, son amour de jeunesse, celui-ci s'effondre. Il la pensait morte depuis quarante ans. Il ne faut pas longtemps au fringant septuagénaire pour se lancer sur les traces de sa belle !

***

Coup de coeurAttention, coup de coeur... (oui je sais, deux en quelques jours, mais que voulez-vous, 2015 commence bien en terme de lecture, alors j'en profite et n'hésite pas à apposer mon logo aux livres qui le méritent !)
Ouvrir Les vieux fourneaux, c'est se garantir une parenthèse de rire assuré, un bon moment de franche rigolade et ce, grâce à des dialogues truculents, intelligents et des personnages savoureux à la répartie brillante, tout en réflechissant en parallèle au monde d'aujourd'hui. C'est bien simple : cette série devrait être remboursée par la Sécu ! Voilà, c'est dit. Et je pense que je ne suis pas loin de la vérité tant ces deux albums sont bourrés d'humour et portés par une intrigue émouvante et des personnages attachants qui offrent un regard critique sur notre société qui va mal.

C'est hilarant, caustique, jamais méchant. Certaines références sur le côté soixante-huitard doivent me manquer, c'est certain, mais cela ne m'a pas empêchée de me régaler avec ces deux albums et de rire à gorge déployée aux dialogues des ces trois loustics si attachants.
Chaque album, s'il suit un fil rouge pour la série, possède néanmoins une intrigue qui lui est propre, qui se termine à la fin du tome. Le premier tome se centre sur la vengeance d'Antoine en Toscane, tandis que le deuxième opère un focus sur Pierrot et sa jeunesse avec Bonny. Un troisième tome consacré à Mimile, peut-être ?

Les dessins de Cauuet s'attachent à rendre compte de l'âge des personnages et de toutes ces petites choses qui apparaissent en même temps que le temps passe : rides, tremblements, hésitations, mémoire qui flanche et incontinence. Mais ce sans aucun pathos ni méchanceté mais avec humour et tendresse. Comme un hommage à cette génération qui semble déconnectée de ce vingt-et-unième siècle ultra-connecté qui va trop vite et sur lequel elle porte un regard critique qui fait du bien, sans nier pour autant sa responsabilité dans le monde d'aujourd'hui.
Les vieux fourneaux est une parenthèse, une lecture à part, une bulle de réflexion sur les maux de notre époque - crise, solitude, vieillesse, lutte des classes et choc des générations -, un concentré d'humour, à coup de répliques jubilatoires, de jeux de mots et d'expressions. Bref un vrai régal à mettre entre toutes les mains ou à laisser traîner pour tenter les autres... La preuve ? Ma grand-mère de 89 ans, en voyant ces albums sur la table à Noël, en a ouvert un et s'est plongée dedans, tournant les pages sans rien dire à personne. Pour quelqu'un qui n'aime pas trop les BD...
Pour ma part, je ris encore toute seule en pensant au concept d'attentat gériatrique et à la mamie hackeuse qui pirate le site de Nadine Morano...

Voici ma 57e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20 et 18/20)

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Ils sont nombreux à avoir parlé du tome 1 Aifelle, Canel, JacquesMoka, Noukette, JéromeSandrine, StephieViolette, Yaneck et Yvan et du tome 2 : Canel, JacquesJérome, Mo', Noukette, etc.

 

L'interview des deux auteurs à propos de leur projet par Jacques

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03 décembre 2014

Les Carnets de Cerise T.3 Le dernier des cinq trésors, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les Carnets de Cerise T

Le dernier des cinq trésors est le titre du troisième tome de la série Les Carnets de Cerise, imaginée par Joris Chamblain et mise en images par Aurélie Neyret. Il est paru en novembre 2014 dans la Collection Métamorphose de chez Soleil.

A dix ans et demi, Cerise n'est plus une enfant et rêve toujours de devenir romancière. En cette période de Noël, elle aimerait plus que tout arrêter le temps pour continuer à profiter de l'insouciance de son enfance. Mais pas sûr que sa lettre au Père Noël exauce ce voeu...
A l'occasion d'un atelier créatif à la bibliothèque, Cerise se lie d'amitié avec Sandra, relieuse de livres, et découvre peu à peu son métier et son univers. Lorsqu'elle déniche une partition ancienne dans l'atelier de Sandra et un mystérieux petit mot, Cerise n'y tient plus et décide de mener l'enquête. Tout porte à croire qu'un jeu de piste a été laissé à Sandra par son père. Ce dernier semble vouloir faire retrouver la mémoire à sa fille...

C'est bien simple, j'ai tout aimé dans cet album. Tout. Des couleurs pastels des dessins tout en rondeurs d'Aurélie Neyret à l'histoire en elle-même en passant par l'alternance des genres et des visuels.
Les doubles pages se suivent et ne se ressemblent pas, tour à tour journal intime de Cerise, à l'écriture tremblotante et aux dessins enfantins, planches de BD plus classiques qui relatent les aventures de la jeune fille, collages de documents dans le journal de Cerise (de partitions, de recettes de cuisine, etc.) Chaque page est un plaisir visuel et poétique qui entraîne le lecteur dans une histoire au charme suranné, tout en lenteur et en douceur.
La nouvelle aventure de Cerise (après le zoo oublié dans le premier tome et le mystère de la bibliothèque dans le deuxième) est encore une fois très bien menée et laisse la part belle à l'amitié et aux relations humaines. La jeune Cerise, si elle est entrée au collège, n'a pour autant pas perdu son empathie et sa générosité. Aider les autres semble être toujours sa priorité. Comment ne pas s'attacher à cette ado très humaine, à la psychologie bien travaillée ?   
Voilà un troisième tome tout aussi bon que les deux premiers. Je ne veux pas en dire plus, sous peine de gâcher le plaisir de la découverte. En tout cas, Les Carnets de Cerise est une série que je ne peux que vous conseiller tant elle entraîne son lecteur dans un univers singulier et apaisant.
J'ai hâte de découvrir la suite...  
Les avis enthousiastes de Yaneck et Faelys.
Et voici ma participation du jour au Challenge Il était deux fois Noël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et  Samarian. Aujourd'hui, c'était le jour des enfants, avec des albums sur le thème de Noël et/ou de l'hiver.
Vous trouverez d'autres idées chez les participants du jour : Syl, Nathchoco, Marie&Anne, Natiora, Glorifine LoquaceDawn, Elie, D. Séverine, Lauraline...

Voici ma 68e participation  à la  de Mango 
et ma 56e au Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

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Un grand merci à Bénédicte et aux éditions   pour cet album.

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17 septembre 2014

Sin City T.2 J'ai tué pour elle, Frank Miller

Sin City 2

Sin City est une série en noir et blanc de sept comics écrite et dessinée par Frank Miller et publiée de 1991 à 2000 chez Dark Horse. Elle est publiée en France d'abord aux éditions Vertige Graphic puis chez Rackham. Le deuxième tome de la série, J'ai tué pour elle, est paru en 1994 aux États-Unis et en 2002 en France. 

Sin City, la ville du pêché. Dwight McCarthy est spécialisé dans la prise de photos compromettantes pour alimenter les procédures de divorce. Solitaire et marginal, il exècre ce métier et espère le quitter sous peu. 
Un soir, la femme qu'il a tant aimée et qui l'a quitté pour un autre, le rappelle. Ava, c'est son nom, lui demande de l'aide. Mariée à un homme qu'elle décrit comme violent, elle se sent menacée et demande à son ancien amant de l'aider. Dwight refuse, dans un premier temps, puis retombe dans les filets d'Ava...

J'avais lu le premier tome il y a quelques années, après être tombée sous le charme de l'adptation ciné de Robert Rodriguez et Frank Miller. Et puis, comme pour beaucoup de séries, n'ayant pas le deuxième tome sous la main, j'ai laissé passer du temps avant de poursuivre ma lecture. 
Impossible de passer à côté de l'adaptation ciné de ce deuxième volet de la série, qui sort aujourd'hui... Et le hasard a fait qu'en allant faire une virée dans ma nouvelle médiathèque, je suis tombée sur cet album. Je l'ai donc dévoré, avant de succomber pour le film cette fin de semaine. Bon ça, c'était pour contextualiser ma rencontre avec cette lecture. Maintenant amorçons ma critique à proprement parler. 
Difficile de ne pas débuter celle-ci par le magistral travail graphique réalisé ici par Frank Miller. Le noir et blanc est travaillé ici à l'extrême et offre une atmosphère sombre absolument envoûtante qui hape le lecteur dès les premières planches. Les détails sont soignés, le travail sur la lumière fabuleux, le jeu des contrastes des plus intéressants. On en vient à s'interroger sur ce qu'il faut regarder à chaque vignette : le noir est-il le dessin ou est-ce le blanc ?  
Les personnages se découpent, entre ombres et lumière. Leurs traits sont anguleux, acérés. Même les corps féminins, pourtant pulpeux, semblent affûtés, comme s'ils étaient prêts au combat qui sourd au fil des pages.   
Ville tentaculaire et protéiforme, Sin City palpite au fil des pages, non sans rappeler l'ambiance des grands polars américains. Elle semble rongée par le mal. Truands et corrompus l'habitent, et rares sont ceux qui en sortent indemnes. Le lecteur suit avec avidité le parcours de Dwight, mais aussi de Marv, héros du premier tome, ou encore de Nancy, l'inoubliable strip-teaseuse.    
Je ne vous apprendrai rien en vous disant que c'est à la fois violent, sombre, trash et sexe. Si vous connaissez la série, vous ne serez pas surpris. Pour ceux qui n'ont vu que le premier film, l'album en est l'origine. Entre érotisation de la ville et violence. On s'immerge dans cette ingtrigue tortureuse, aux côtés de personnages torturés, pour n'en sortir qu'une fois la dernière page tournée (ce qui n'est pas sans me rappeler ma rencontre avec Walking Dead)Sublime, c'est le mot. 

D'autres avis sur ce tome : Mo' (intégrale de la série), YaneckYvan, etc. 

Voici ma 67e participation  à la  de Mango
et ma 55e au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20)

 Top BD-

Planches Sin City 2

 

 Si vous êtes passés à côté de la bande-annonce de l'adaptation ciné qui sort aujourd'hui, la voilà.

  

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10 septembre 2014

Rosalie Blum T.1-2-3, Camille Jourdy

Rosalie Blum est une série de BD composée de trois albums écrits et dessinés par Camille Jourdy, parus entre 2007 et 2009 chez Actes Sud.
Il est rare que je chronique plusieurs tomes dans un même billet, mais ayant lu cette série d'une traite, j'ai décidé de la présenter dans son intégralité pour vous permettre de mieux l'appréhender.
Petit conseil : si vous décidez d'ouvrir le premier tome, assurez-vous d'avoir la suite sous la main... Vous risquerez de le regretter dans le cas contraire !

Rosalie Blum

T.1 Une impression de déjà-vu

Vincent a trente ans, et une vie un brin triste. Coiffeur dans une petite ville de province, il habite au-dessus de chez sa mère et voit sa vie défiler devant ses yeux sans en profiter. Engoncé dans une relation castratrice avec sa mère, le jeune homme subit l'intrusivité de cette dernière dans sa vie personnelle et un chantage affectif insidieux.  Un jour, tenu d'aller faire une course pour elle, il sort de son quartier et découvre une petite épicerie. Le visage de l'épicière ne lui est pas inconnu et l'intrigue. Un peu par hasard, mais par curiosité surtout, Vincent se met à la suivre pour découvrir sa vie et tromper sa solitude. Mais un jour, au salon de coiffure, un coup de fil retentit. C'est Rosalie, l'épicière, qui veut prendre rendez-vous !

T.2 Haut les mains, peau de lapin !

S'étant rendu compte du manège de Vincent, Rosalie l'a fait suivre à son tour par sa nièce, Aude. Cette dernière, un peu désoeuvrée, se prête au jeu, accompagnée de Cécile et Bernadette, ses deux meilleures amies. Les trois femmes découvrent peu à peu le quotidien de Vincent et sont intriguées par son manège avec Rosalie. Et s'il était un dangereux pervers ? Rosalie, confiante, décide, contre l'avis de ses trois espionnes, de bouleverser ses habitudes et d'aller au devant de ce jeune homme intriguant. Un rendez-vous dans son salon de coiffure s'impose. De quoi chambouler les habitudes de Vincent !

T.3 Au hasard Balthazar !

Vincent et Rosalie se rencontrent enfin, officiellement, dans le salon de coiffure ! Lors de cette rencontre, aucune parole ne sera échangée. Mais Vincent est troublé, car il ne cesse de rencontrer l'épicière sur son passage. Cette dernière, intriguée par le jeune homme, a en effet décidé de se trouver sur son chemin aussi souvent que possible. Pour le confronter, enfin, et discuter autour d'une table de ce manège intriguant. 

***      

Quelle lecture ! J'ai été littéralement happée par cette série, transportée par les dessins ronds de Camille Jourdy et son trait parfois minimal, subjugée par cette histoire qui paraît simple, si simple. Et pourtant...
Les personnages imaginés par la jeune auteure sont empreints d'un réalisme rare et portent en eux un spleen très contemporain, une nonchalance teintée d'ennui. Chacun solitaire à sa façon, enfermé dans des doutes et des peurs qui le paralysent, se cherche au détour des pages, confronté à des face-à-face intimes douloureux et constructeurs. 
L'ennui et la curiosité, à l'origine de ce drôle de manège d'espionnage, amèneront les personnages à sortir de leur quotidien pour partir à la rencontre de l'autre, dans une sorte de ballet lent et introspectif.
Le triptyque s'articule de façon tout à fait originale puisque les deux premiers tomes racontent le même moment de l'intrigue mais en adoptant deux points de vue différents : celui de Vincent, dans le premier tome, puis d'Aude et Rosalie dans le second. Et si on regarde bien le premier tome, on voit Aude hanter les pages et épier Vincent, fière de relever cette mission pour sa tante. Le troisième et dernier tome fait converger les deux premiers et se rencontrer les personnages. Quelle belle idée !
Rosalie Blum est une chronique sociale des plus émouvantes où le quotidien et la lenteur ont la part belle. Chacun des personnages rôde à la recherche de lui-même, en se confrontant aux autres. 

D'autres avis sur cette série :

T.1 : Canel, CelsmoonEsmeraldaeKikineL'OgresseMango, Manu, Mo'...
T.2 : Canel, EnnaMango, Manu, Mo'...
T.3 : CanelEnnaMango, Manu, Mo'...
Trilogie : NouketteSofynet, Stephie...

  Voici ma 66e participation  à la  de Mango
et ma 54e au Top BD des blogueurs de Yaneck (16/20)

 Top BD-

 

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19 juin 2014

Je suis une vraie fille, Marion Malabre et Lulu Inthesky

Je suis une vraie filleJe suis une vraie fille est une BD adaptée du tumblr de Marion Malabre, illustrée par Lulu Inthesky et parue en mai 2014 aux Éditions Jungle. 

Trentenaire looseuse cherche l'amour désespérément à coup de situations cocasses et de galères amoureuses. Copines appelées en renfort, bien entendu ! 

Surfant sur la vague de Margaux Motin et Pénélope Bagieu, Marion Malabre signe ici une BD qui, si elle ne révolutionne pas le genre, est à la fois drôle et pétillante.
Auteur uniquement des textes, Marion Malabre collabore avec Lulu Inthesky pour les dessins. L'alliance de leurs deux univers offre à l'album une dynamique intéressante. Le style résolument contemporain de Lulu Inthesky illustre à merveille les textes de Marion Malabre et les deux se fondent pour mieux faire émerger l'humour.
Le principe d'un gag par planche est un exercice périlleux mais il est totalement maîtrisé ici (il suffit de jeter un oeil aux planches que je vous ai mises ci-dessous).
J'ai ri avec cet album, forcément un brin caricatural et qui a une légère odeur de déjà vu. On pense à Bridget Jones, évidement, et on se dit que la généralisation met un peu à mal la singularité de la gent féminine... Mais on se retrouve au détour d'une planche, et on éclate de rire. Alors qu'importe ?
Rien de révolutionnaire donc, dans cette BD, mais un bon moment de lecture, un album que l'on peut ouvrir à n'importe quelle page pour le plaisir d'une situation cocasse ou d'un gag rapide et efficace. Et personnellement, je ne crache jamais sur ces petits plaisirs. 

Merci aux Éditions Jungle et à Babelio pour cet album reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

 

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