Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

07 juin 2017

Aliénor Mandragore T.2 Trompe-la-Mort, Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor 2

Trompe-la-Mort est le second tome des aventures d'Aliénor Mandragore, la série imaginée par Séverine Gauthier et Thomas Labourot. Il est paru en juin 2016 aux éditions Rue de Sèvres.

Merlin est toujours mort, tué par le cri d'une mandragore déterrée par sa fille Aliénor dans le premier tome. Mais si son corps se décompose petit à petit dans la chaumière familiale, son fantôme erre dans les parages. Aliénor décide d'en finir avec cette situation et décide d'aller à la rencontre de l'Ankou, le collecteur d'âmes, et de faire revenir son père à la vie. Aidée de Lancelot, elle se lance à l'aventure !

J'avais adoré le premier tome des aventures d'Aliénor et je n'avais qu'une hâte : découvrir la suite. Ce deuxième album s'inscrit parfaitement dans la lignée du premier, drôle et bien construit. L'intrigue de Séverine Gauthier se complexifie habilement, portée par les dessins de Thomas Labourot. Le cycle arthurien est toujours la toile de fond de cette épopée rocambolesque dans laquelle les personnages principaux - Lancelot, la Dame du Lac, Merlin, etc. - gagnent en épaisseur psychologique. L'ensemble est toujours aussi drôle et les références nombreuses.Planche 1

Un régal que cette nouvelle aventure d'Aliénor. J'attends le tome 3 qui sort ce mois-ci avec impatience ! Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour cet album.

 

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31 mai 2017

Triangle rose, Michel Dufranne, Milorad Vicanovic-Maza

Triangle roseTriangle rose est un album écrit par Michel Dufranne et mis en dessins par Milorad Vicanovic-Maza paru en septembre 2011 dans la collection Quadrants chez Soleil.

Pour un devoir qu'il a à rendre, un lycéen rend visite à son grand-père, un homme taciturne et peu amène. Celui-ci lui révèle qu'il était allemand, et qu'il a été déporté à cause de son homosexualité. S'ensuit le récit de ces années de guerre et de souffrances.

Je lis à intervalles réguliers des textes sur cette période, et je n'en avais jusqu'alors jamais lu s'intéressant à la question de la déportation des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale. Cet album m'a permis de réparer cet impair.

Si le dessin est de facture classique, il n'en demeure pas moins efficace. Les couleurs sombres du passé - le présent est en couleurs - semblent faire écho aux heures noires de l'Histoire. Le texte est cru, les scènes parfois violentes, les insultes choquantes, mais l'ensemble permet de rendre compte de la cruauté et la violence qui sévissaient à l'encontre des homosexuels en Allemagne à cette époque, au nom du paragraphe 175 du Code Pénal (paragraphe aboli seulement en 1994 !).

J'ai découvert une partie de l'histoire que je ne connaissais pas (l'album se fondant sur des faits, sous un vernis de fiction) et certains détails me sont apparus avec horreur : les déportés n'avaient droit à aucune indemnisation après la guerre s'ils l'avaient été au nom du paragraphe 175 - ils étaient alors considérés comme des criminels de droit commun -, la difficile reconnaissance de ces déportations par les nations (la France ne le reconnaîtra qu'en 2005 avec un discours de Jacques Chirac), etc. Bref, une lecture qui fait froid dans le dos, une lecture qui remet les idées en place, une lecture nécessaire. Un devoir de mémoire, un droit à l'oubli, aussi, pour ceux qui ont vécu ces atrocités. Pour ne pas oublier. Pour que cela ne recommence pas. A lire, sans hésiter.

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24 mai 2017

La maison, Paco Roca

La maison, Paco RocaLa maison  est un album du dessinateur espagnol Paco Roca paru en mai 2016 chez Delcourt, dans la collection Mirages.

Un vieil homme meurt, seul. Ses trois enfants se réunissent pour vider la maison de famille dans laquelle Antonio, c'est son nom, a passé ses derniers jours. Une maison secondaire, qui a vu les années défiler. Une maison dans laquelle les objets se sont entassés au fil du temps. A l'occasion du rangement et du nettoyage de la maison et de son jardin, ses enfants se souviennent.

Joli album en format à l'italienne, La maison est une plongée dans l'histoire d'Antonio et de sa famille. Paco Roca aborde avec beaucoup de sensibilité et de pudeur un thème un peu lourd - celui de vider une maison de famille. Les couleurs dans les tons sepia et le découpage en petites vignettes donnent l'impression de naviguer dans un album photos, écumant les souvenirs d'une famille.

La portée du propos est universelle et permet de se glisser en silence entre ces frères et soeur, et d'y trouver une résonnance certaine. Un album poétique, fin et dont il émane une sorte de nostalgie. Une belle lecture.

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17 mai 2017

L'adoption T.1 Qinaya, Zidrou et Monin

L'adoption, Zidrou - MoninQinaya est le premier tome du diptyque L'adoption paru en mai 2016 chez Bamboo dans la collection Grand Angle. Zidrou en signe le scénario et Arno Monin les dessins.

Un tremblement de terre au Pérou. Qinaya, petite orpheline de quatre ans, est recueillie par Alain et Lynette, un couple français. Pour la famille de ceux-ci, l'arrivée de la petite fille est source de joie. Mais pas pour Gabriel, pour qui devenir grand-père ne coule pas de source, alors qu'il n'a jamais pris le temps d'être un père présent pour ses enfants.

Il y a eu tant d'éloges sur cet album, qu'il était difficile de passer à côté. Et effectivement, je n'ai pas fait confiance les yeux fermés à mes acolytes de la BD de la semaine pour rien...

Ce premier tome est un petit bijou visuel, tout en rondeur et en douceurs, qui  plonge son lecteur dans une histoire familiale touchante. Si le scénario semble simple de prime abord, l'histoire est traitée avec beaucoup de délicatesse et de justesse. De la difficulté d'être grand-père à celle d'être père, en passant par les affres de la soixantaine et les relations intergénérationnelles, Zidrou aborde tous ces thèmes au fil de ces pages qui se dévorent.

Le rythme est lent, à l'image du temps qu'il faut à Gabriel et Qinaya pour s'apprivoiser. Et si derrière ce retraité revêche se cache un homme empêtré dans un rôle qu'il ne connaît pas, derrière la petite bouille de Qinaya et ses grands yeux se cache une fillette rigolote et vive d'esprit.

Je n'aurais qu'un mot : succombez-vous aussi à ce premier tome et faites comme moi, attendez la suite qui sort à la fin du mois avec impatience ! Les avis de Jérôme, Noukette, Jacques, etc.

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03 mai 2017

Le Château des Etoiles T.3 Les Chevaliers de Mars, Alex Alice

Le Château des étoiles T3 Les Chevaliers de Mars

Les Chevaliers de Mars est le troisième tome de la série Le Château des étoiles d'Alex Alice. Il est paru fin avril chez Rue de Sèvres. J'avais adoré le premier et le deuxième tome, impossible de ne pas succomber à l'appel de cette suite.

1870. Séraphin et ses amis sont revenus sur Terre et ont trouvé refuge chez le grand-père de celui-ci, dans un manoir en Bretagne. Mais la guerre du ciel se poursuit et les grandes nations tentent d'accaparer les pouvoirs de l'éther pour faire la conquête de Mars. L'éthernef - l'engin construit selon les plans de la mère de Séraphin - est l'objet de toutes les convoitises et alors que le père de Séraphin est à Londres pour signer une convention réservant les recherches sur l'éther aux scientifiques, le général Bismark envahit le manoir. Séraphin et ses amis n'ont d'autre choix que de fuir...

Rouge à l'image de la planète Mars, ce troisième tome inaugure un nouveau cycle dans la série. Si les deux premiers tomes avaient permis aux héros de revenir sur Terre après un voyage sur la Lune, celui-ci les entraîne vers Mars.  Et autant vous dire que cet album a tout d'une grande aventure ! Rythmée comme un roman de Jules Verne, en proie à de nombreux rebondissements, cette nouvelle intrigue ne connaît aucun temps mort et se dévore d'une traite. Scindé en trois chapitres, comme les albums précédents (chaque chapitre faisant l'objet d'une parution en gazette), Les Chevaliers de Mars poursuit la mise en place d'un univers vaste et de personnages attachants. C'est tambour battant que Séraphin et ses amis mènent leur aventure et c'est un régal, teinté comme toujours, d'un humour ravageur. Les références sont nombreuses et l'ensemble oscille entre steam punk et SF, avec des allusions mythologiques très intéressantes.

Les dessins à l'aquarelle d'Alex Alice sont toujours aussi soignés, les couleurs douces tranchant avec les couleurs utilisées pour Mars, et chaque double page est un festival d'inventivité tant la mise en scène est réfléchie. Difficile d'être constant quand c'est très bon. Alex Alice réussit haut la main le pari. Vivement la suite ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

 

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26 avril 2017

Le Travailleur de la nuit, Matz et Chemineau

Le travailleur de la nuitLe travailleur de la nuit est un album signé Matz pour le scénario et Chemineau pour les dessins paru en avril chez Rue de Sèvres.

Amiens, 1905. Procès d'Alexandre Jacob, marin, cambrioleur professionnel, anarchiste. Cet homme au destin exemplaire a connu le bagne, le cachot, la violence, les insultes, les procès et les injustices pour défendre les valeurs qui sont les siennes. De son enfance à Marseille à son engagement dans la marine en passant par son détour dans la piraterie puis son accomplissement dans son engagement politique et ses célèbres cambriolages avec son gang surnommé "Les Travailleurs de la nuit", retour sur cette vie hors du commun et cet homme au courage indéniable.

Magnifique biographie d'un homme engagé, luttant contre l'injustice et l'inégalité, Le travailleur de la nuit est un vibrant hommage à celui qui, dit-on, inspira Arsène Lupin à Maurice Leblanc. Alexandre Jacob était un homme comme on en fait peu, mal-né, sans éducation, mais aux idées, au charisme et à l'ingéniosité hors pair.  Ces pages le remettent en lumière, esquissent sa vie tumultueuse et ses nombreux cahots. En cette fin du 19e et ce début du 20e siècle, les conditions sociales n'étaient pas les mêmes, les injustices criantes, et des voix comme la sienne s'élevaient pour les dénoncer.

Ce one-shot se lit d'une traite, pour parcourir sans répit la vie tumultueuse de cet enragé, ce Robin des bois moderne qui cambriolait les riches pour redonner aux pauvres. Les dessins de Chemineau, aux couleurs tendres, font voyager le lecteur entre la France et la Guyanne, sur terre, en mer, de la naissance à la mort de ce révolté fidèle à ses idées qui s'est battu pour un monde meilleur. Une lecture excellente ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cette découverte.

"J'ai vu le monde et il n'était pas beau."

                                                                  Alexandre Jacob

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12 avril 2017

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle

Chroniques de Jerusalem, Guy DelisleChroniques de Jérusalem est un album autobiographique du québécois Guy Delisle paru en 2011 chez Delcourt et qui a reçu le Fauve d'Or d'Angoulême en 2012. 

En 2008, Guy Delisle et sa famille s'installent pour un an à Jérusalem, dans les locaux de Médecins sans Frontières, organisation pour laquelle sa femme travaille. Durant cette année en Israël, l'auteur de BD va mener de front ses projets professionnels tout en s'occupant de ses deux enfants. 

J'avais découvert le travail de Guy Delisle avec ses Chroniques Birmanes il y a quelques temps, et ayant adoré ce premier titre, je me suis mise en quête de ses autres albums pour prolonger le plaisir.

Inutile de présenter cet auteur de roman graphique et son travail autour de ses tranches de vie à travers le monde. Chroniques de Jérusalem est encore une fois un album d'une richesse incroyable, un album qui se savoure autant qu'il interpelle. Guy Delisle y relate son expérience d'un an à Jérusalem et son quotidien, sans fioriture ni mise en scène. Il raconte en toute humilité ses déboires parfois risibles, parfois non, ses chocs culturels, ses lacunes sur le pays dans lequel il est, ses rencontres aussi. Il se fait porteur d'histoire, de son histoire, à Jérusalem en 2008. Témoin de l'intérieur de la guerre de Gaza, il rend compte de ce qu'il voit, de ce qu'on lui relate, de ce qu'il constate. 

Comme dans ses Chroniques Birmanes, Guy Delisle livre ici un journal de l'intime, une sorte de carnet de bord de cette année en Israël, entre belles découvertes et dure réalité. Le trait est incisif, minimaliste, les tons sépia assez contrastés. On sourit, on réfléchit, on comprend. Bref, encore un album à ne pas manquer.

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05 avril 2017

La loterie, Miles Hyman

La Loterie Miles HymanLa Loterie est un album de Miles Hyman d'après une nouvelle originale de sa grand-mère, la romancière américaine Shirley Jackson, paru en septembre 2016 chez Casterman.

Dans un village agricole de Nouvelle-Angleterre a lieu chaque année le 27 juin la loterie annuelle. Une loterie singulière à laquelle chaque famille doit participer.

Quel album ! Et quelle chute, surtout ! Je n'en dirais pas plus pour garder le mystère entier mais je m'atterderais plutôt sur les dessins de Miles Hyman qui provoquent un choc esthétique dès la première page.

Les planches aux découpages cinématographiques ne sont pas sans rappeler les peintures d'Edward Hooper et donnent le ton d'un réalisme saisissant. Les jeux d'ombre et de lumière sont fascinants, tout comme les découpages dynamiques de cases et l'utilisation de couleurs franches. Chaque double page semble être constituée de mini tableaux interdépendants les uns des autres qui forment un tout mais qui pourraient tout aussi bien être exposés individuellement dans un musée, tant chaque détail est soigné et rappelle les techniques picturales de certains artistes peintres.

Le rythme de l'intrigue est porté par  ces cases irrégulières qui alternent segmentation horizontale et verticale et que peu de dialogues accompagnent - la narration étant souvent prise en charge dans les cartouches par un narrateur omniscient. Le lecteur progresse rapidement dans sa lecture, porté par le peu d'informations dont il dispose, sans se douter de ce qui l'attend.

Un très bel album, une intrigue fascinante - difficile d'y apposer un adjectif sans rien en dévoiler - une postface éclairante de Miles Hyman sur la vie de sa grand-mère et sur cette nouvelle, La Loterie, qui a fait grand bruit lors de sa parution en 1948 dans le New Yorker Magazine et qui continue d'être au programme scolaire aux Etats-Unis, près de soixante-dix ans plus tard. Une très belle découverte esthétique et narrative qui amène à s'interroger. 

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29 mars 2017

Un zoo en hiver, Jirô Taniguchi

Un zoo en hiver, Taniguchi Un zoo en hiver est un album signé Jirô Taniguchi paru en 2008 au Japon et en 2009 en France chez Casterman, dans la collection Ecritures. 

Kyoto, 1966. Hamaguchi, seize ans, s'ennuie à travailler dans une entreprise de textiles. Le jeune homme passe son temps libre à dessiner les animaux du zoo voisin. Un de ses amis l'encourage un jour à venir travailler à Tokyo pour Kondô, un mangaka renommé. Hamaguchi devient alors l'un de ses assistants. Dans cet espace créatif, entouré de dessinateurs travaillant dans la pression des délais, Hamaguchi laisse parler son art et découvre le monde.

Affectée par le décès en février dernier de Taniguchi, j'ai décidé de lire tous les albums que je possède dans mon fonds avant de quitter la région parisienne en juillet prochain. Et Un zoo en hiver m'attendait patiemment depuis six ans...

Très largement autobiographique, l'album aborde avec toute la poésie propre à ce grand nom de la BD japonaise l'éveil amoureux et la naissance de la passion professionnelle pour le dessin de mangas.  Sans sentimentalisme, avec beaucoup de pudeur, Taniguchi revient sur ses débuts en qualité d'assistant de mangaka et son entrée dans la vie d'adulte, à Tokyo, au milieu des années 60. La tradition est bien présente et le jeune Hamaguchi est assujetti à un cadre de travail rigoureux et difficile, mais il s'y plie de bonne grâce.

Refusant de rester assistant toute sa vie, le jeune homme peine malheureusement à écrire son propre manga. Mais la rencontre avec une jeune femme sensible et bienveillante va permettre à l'adolescent de dépasser ses peurs et trouver l'inspiration qui lui faisait défaut. 

Très poétique, lent - comme toujours avec Taniguchi - l'album déroule sa temporalité en regard des mois que Hamaguchi passe dans l'atelier de Kondô. Porté par des traits hautement reconnaissables et un découpage des planches qui alterne plans larges et rapprochés, l'histoire suit tranquillement son cours. Je referme ces pages avec le même sentiment qui m'anime quand je lis un album de Taniguchi, un mélange de mélancolie et d'émerveillement. Et j'en redemande.

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Mes autres billets sur les albums de Taniguchi :

  

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08 mars 2017

Verte, Marie Desplechin et Magali Le Huche

Verte, Marie Desplechin et Magali Le HucheVerte est un album illustré par Magali Le Huche qui paraîtra le 22 mars aux Editions Rue de Sèvres. Il est l'adapation du roman éponyme de Marie Desplechin paru à L'Ecole des Loisirs en 1996, premier tome d'une trilogie.

Verte a onze ans. Et dans sa famille, on est sorcières de mère en fille. Mais Verte aimerait être normale, pas comme sa mère, Ursule, excentrique mère célibataire. Quand Ursule s'inquiète que Verte ne développe pas ses pouvoirs, elle fait appel à sa mère, Anastabotte, afin que celle-ci lui apprenne les rudiments de sorcellerie. Entre la grand-mère et la petite-fille, une complicité naît immédiatement.

J'avais adoré le roman de Marie Desplechin, découvert il y a presque dix ans, et j'étais très enthousiaste à l'idée de découvrir son adaptation en album. Et je n'ai pas été déçue.

Magali Le Huche s'empare de l'univers imaginé par Marie Desplechin et se le réapproprie pour donner vie à des personnages haut en couleurs. Les trois personnages féminins principaux - Verte, Ursule et Anastabotte - possèdent chacune une identité graphique intéressante, excellent prolongement au roman. Les planches se succèdent, entre décors soignés et cases minimalistes, dans un tourbillon aussi vif et dynamique que le roman. L'intrigue est préservée grâce aux dialogues fins qui conservent sa profondeur.

Le trait rond et les couleurs douces offrent à l'ensemble un caractère un brin suranné, réconfortant et apaisant, comme pour représenter le foyer heureux que forme ces trois générations de femmes aux pouvoirs singuliers.

Une belle lecture, très agréable. Un excellent prolongement au roman qui permet une mise en images réussie. Bref, un album qui plaira aux petits comme aux grands ! Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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