Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

23 septembre 2015

Elle s'appelait Tomoji, Taniguchi

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Elle s'appelait Tomoji est le dernier album de Jiro Taniguchi paru en janvier cette année chez Rue de Sèvres.  

Tomoji Uchida grandit dans le Japon rural des années 1920 avant de devenir, des années après, la créatrice du temple bouddhidste Shôjushin. Taniguchi, aidé d'une scénariste, retrace le parcours de cette femme lumineuse et charismatique, de son enfance à son entrée dans l'âge adulte. 

Pour la deuxième mise en scène d'un personnage féminin dans un de ses albums, Taniguchi a choisi de raconter l'histoire de Tomoji Uchida, en se centrant plus particulièrement sur sa construction identitaire. Tout en délicatesse et en poésie, comme à son ordinaire, Taniguchi dépeint le quotidien de la jeune fille dans le Japon rural des années 20. Un soin tout particulier est apporté aux paysages et aux scènes de la vie quotidienne, faisant de certaines planches de véritables tableaux à contempler.

Malgré la beauté et la poésie qui se dégagent de cette tranche de vie, de ces petits riens qui font le quotidien et qui marquent le temps qui passe, c'est la première fois qu'un album de Taniguchi ne me transporte pas complètement. Je suis restée relativement de marbre face au récit de la vie Tomoji et ce dernier a suscité peu d'émotions de ma part. J'ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi car tout est fait pour me plaire, mais la magie n'a pas opéré. Moi qui avais adoré Quartier lointain, L'homme qui marche, Le journal de mon père, Le Gourmet solitaireLes Gardiens du Louvre, j'ai refermé cet album déçue de cette rencontre en demi-teinte.

D'autres lecteurs de cet album : Noukette, Mo', JacquesMarion, etc.

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C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Jacques

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Et zou ! Une nouvelle participation au Reading Challenge 2015 ! 

40. Une BD / un roman graphique

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16 septembre 2015

Eloge de la névrose en 10 syndromes, Leslie Plée

Eloge de la névroseEloge de la névrose en 10 syndromes est le dernier album de l'illustratrice parisienne Leslie Plée paru en août dans la collection Tapas chez Delcourt.

Du syndrome de l'adultisme à celui de l'imposteur procrastinateur en passant par celui du fardeau, Leslie Plée croque avec humour les petites névroses du quotidien.

J'ai découvert Leslie Plée il y a cinq ans à l'occasion de la lecture de Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses, le petit album dans lequel elle racontait avec un humour féroce son expérience de "libraire" dans une grande surface de produits culturels. A cette occasion, même, je lui avais posé quelques questions pour en savoir un peu plus sur elle et son métier d'illustratice (mon interview ici). Je n'avais jusque là pas eu l'occasion de rouvrir un de ses albums. J'étais donc enthousiaste à l'idée de découvrir cet éloge de la névrose. 

Leslie Plée nous offre encore une fois une analyse des plus fines de notre société et de ses petits travers psychologiques, le tout dans un condensé d'humour qui laisse difficilement indifférent. La jeune illustratrice n'hésite pas à se mettre une nouvelle fois en scène pour illustrer ses propos sur les névroses diverses et variées qui hantent nos quotidiens, inventées par ses soins ou bien réelles. De l'auto-dérision, donc, et pas qu'un peu, de la psychologie, aussi, Michel, son chat obèse et mascotte de ses albums, et un dessin minimaliste pour illustrer le tout. J'ai été conquise !

L'humour est toujours aussi décapant, parfois engagé (notamment pour la condition féminine avec le syndrome des règles bleues), jamais méchant. Leslie Plée est avant tout la cible de son humour et c'est très agréable de retrouver son personnage un peu gauche et complexée mais qui assume désormais ses névroses. L'ensemble est un peu fantasque, entre syndromes réels, syndromes réels mais adaptés par Leslie Plée et pure imagination de cette dernière. Une petite bouffée d'air frais que cet album sans langue de bois dont la lecture va sûrement occasionner chez vous une identification. Alors, êtes-vous atteint par le syndrome du nicodépendant anxieux ou par le syndrome de l'adultisme ? Ouvrez cet album pour le savoir !

Merci beaucoup à Mélanie et aux éditions Delcourt pour cet album.

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Le blog de Leslie Plée

Leslie Plée

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 C'est ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Noukette.

 

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09 septembre 2015

Le jardin de Minuit, Edith

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Le Jardin de Minuit est un album signé Edith et paru fin mai dans la collection Noctambule de chez Soleil. Il s'inspire librement du roman de la britannique Philippa Pearce Tom et le Jardin de Minuit paru en 1958 et qui reçut la Médaille Carnegie cette même année.

Angleterre, XXe siècle. Tom est envoyé en vacances chez son oncle et sa tante. L'été s'annonce des plus ennuyeux pour le jeune garçon, seul enfant dans cette maison. Mais une nuit, Tom entend la pendule sonner treize coup et, piqué de curiosité, décide d'aller voir l'heure qu'elle affiche. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre derrière la porte du fond, un jardin immense et merveilleux. Intrigué, le jeune garçon le visite et y rencontre d'autres enfants, qui ne peuvent malheureusement pas le voir. Mais une fois le matin arrivé, le jardin a disparu et laisse place à une cours triste et sans végétation. Heureusement pour Tom, chaque nuit lui offre la possibilité de s'évader dans ce jardin merveilleux...

Classique de la littérature de jeunesse anglaise, Tom et le Jardin de Minuit fait partie de ces oeuvres oniriques et envoûtantes pour son lecteur. Décider de s'y frotter et de l'adapter en album est un pari audacieux dans lequel Edith s'est lancée. Beaucoup a été dit de cette adaptation en album, et si certains ont été déçus, bercés durant leur enfance par le roman originel, pour ma part il n'en est rien, pour la simple et bonne raison que je ne connaissais que de nom le roman de Philippa Paerce et ai donc découvert avec cet album cette intrigue merveilleuse. Je ne parlerai donc pas de l'intrigue - dans la mesure où je n'ai pas le recul nécessaire pour évaluer l'adaptation d'Edith par rapport à l'oeuvre dont elle s'inspire - mais me centrerai davantage sur les dessins et l'ambiance.

Edith - dont je découvre le travail avec cet album - offre à l'intrigue un rendu visuel un brin suranné qui colle parfaitement l'époque de l'intrigue. Les couleurs sont douces, tirant vers le jaune et le vert, et rendent hommage au jardin merveilleux que Tom visite chaque nuit. Les univers sont clairement identifiables par les tonalités utilisées, claires et chatoyantes la nuit, lorsque le garçonnet découvre le jardin et foncées et sombres la journée, lorsqu'il est en compagnie de son oncle et sa tante et que sa journée est rythmée par l'ennui. L'ensemble est particulièrement agréable à l'oeil et répond à l'intrigue en lui offrant une dimension des plus intéressantes.

Les personnages possèdent un petit quelque chose d'enfantin dans leur faciès, peut-être à cause de leurs nez un peu rougis et leurs visages ronds et semblent faire rappeler que l'enfance et ses rêves sont au centre de cette intrigue.

Pour ma part, Le Jardin de Minuit fut une très belle lecture. J'ai adoré me faufiler aux côtés de Tom et découvrir chaque nuit avec lui un jardin enchanteur. Et, cela n'a rien d'étonnant, j'ai très envie de découvrir le texte de Philippa Pearce maintenant !

Je tiens à remercier Mélanie et les éditions Soleil pour cette découverte.

D'autres avis sur cet album : Mo', JérômeNouketteHervéJacquesLivresse, Sandrine, Yaneck et  Faelys.

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C'est ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Stephie.

 

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27 août 2015

Le château des étoiles T.2 1869 : La conquête de l'espace, Alex Alice

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Le château des étoiles est une série imaginée par le dessinateur et scénariste français Alex Alice parue dans un premier temps sous forme de gazettes avant d'être publiée en albums. Le premier tome était paru en septembre l'année dernière (et avait été l'un de mes coups de coeur de l'année) et le second sort le 16 septembre cette année.

A la fin du premier tome, nos héros parvenaient à s'échapper in extremis des griffes de Bismarck grâce à l'éthernef, et s'envolaient dans le ciel. L'album s'ouvre sur cette évasion réussie et ses conséquences. Alors que le projet de franchir le mur de l'éther grâce à l'éthernef et découvrir l'espace se concrétise pour la petite équipée, celle-ci va peu à peu se diviser. Car si le père de Séraphin pense avant tout à la science et à ses avancées, le roi semble s'engager dans une autre voie plus solitaire, tandis que Séraphin, obnubilé par la disparition de sa mère dans l'espace, semble vouloir la retrouver à tout prix.

J'avais adoré en tous points le premier tome de ce feuilleton scientifique, découvert il y a presque un an, et j'ai éprouvé le même plaisir à la lecture de ce nouvel épisode des aventures de Séraphin et ses acolytes.

Si le premier tome avait posé les bases du contexte historique et scientifique, ce second volet permet de reprendre l'intrigue là où elle s'était arrêtée, alors que la petite équipée vogue en plein ciel, à bord de l'éthernef, synonyme de bien des possibles.

L'intrigue s'enrichit grâce aux divergences d'opinion des personnages et l'album - composé de trois chapitres - ne connaît pas de temps mort. L'ensemble relève à la fois du roman d'apprentissage - avec le personnage de Séraphin - mais aussi du roman scientifique - dans la droite lignée de Jules Verne, bien entendu - et du récit d'aventure.  La question des découvertes scientifiques et de leurs retombées sur le monde se pose et n'est pas sans rappeler certaines inventions accidentelles comme la dynamite, dont Alfred Nobel n'avait pas mesuré la portée. C'est fin, intéressant, et Alex Alice offre une dimension réflexive des plus intéressantes en abordant ce point.

Pour ce qui est des dessins, Alex Alice nous offre encore une fois un festival de couleurs et d'ambiances absolument majestueux. L'aquarelle utilisée ici permet de beaux délavés et une palette riche en nuances. La science est là, bien entendu, par son sujet et ses machines, mais la poésie point, c'est certain, dans ces dégradés de bleus et cette explosion de couleurs à chaque double page. Miyazaki avait été évoqué, déjà, à la sortie du premier tome (par moi et beaucoup d'autres), et cet album confirme cette évocation. Un bijou visuel ! En clair, une série qui poursuit sur sa lancée en terme de qualité, un second album aussi réussi que le précédent et qui me donne largement envie de connaître la suite des aventures de nos héros.

Je tiens à remercier grandement Coline et les éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

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03 juin 2015

Belle-île en père, Patrick Weber et Nicoby

Belle-île en père

Belle-île en père est un album écrit par Patrick Weber et dessiné par Nicoby paru chez Vents d'Ouest en mars cette année.

Vanessa Blue, actrice principale d'une série télévisée sentimentale, décide de s'écarter du tourbillon médiatique qu'est sa vie. Elle part se ressourcer loin des paillettes à Belle-île, en Bretagne, comme Sarah Bernhardt, un siècle avant elle. C'est dans ce lieu sauvage et à la nature violente que la jeune femme se lance sur les traces de son passé pour tenter de découvrir pourquoi son père a disparu, des années aupravant. 

En ce moment j'ai une obsession, c'est la Bretagne. Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas mais cette région m'attire irrésistiblement et je n'ai pas su résister à l'appel de cet album.   
Mais voilà une BD bien singulière, hybride, entre fiction, échappées biographiques vers Sarah Bernardt et hommage au lieu. Un mélange assez singulier qui peine malheureusement à fonctionner car les trois visées semblent se télescoper et aucune n'aboutit réellement.       

Planche 1Les dessins de Nicoby laissent la part belle aux couleurs vives et aux contours bien définis. Les personnages ont des traits esquissés rapidement, tout comme les paysages, ce qui laisse au lecteur une belle part d'imagination. Mais de mon côté, la magie visuelle n'a pas opérée, pas même sur les paysages sauvages de Bretagne.    
Un album qui se termine par des photos de Belle-île, ce qui participe encore davantage à la confusion liée au genre. Une lecture qui m'a plu pour son cadre mais dont je n'ai pas réellement saisi la portée.  

C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck !

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08 avril 2015

Chroniques Birmanes, Guy Delisle

Chroniques Birmanes, Guy Delisle

Chroniques Birmanes est un album documentaire de Guy Delisle paru en 2007 chez Delcourt, dans la collection Shampooing.

Guy Delisle suit sa femme, médecin à MSF, en mission au Myanmar durant un an. Une année entière dans ce pays sous dictature, une année de découvertes, de rencontres, d'un quotidien censuré, une année aussi dans l'éducation de leur fils, Louis. Une année particulière pour le dessinateur dont cet album est le récit. 

Impossible d'ignorer Guy Delisle et ses albums autobiographiques. Cela faisait bien longtemps qu'ils me faisaient de l'oeil, mais le déclic s'est produit quand un de mes élèves m'a prêté celui-ci.
Ouvrir Chroniques Birmanes c'est plonger dans le quotidien de Guy Delisle durant un an et découvrir à ses côtés un pays refermé sur lui, victime de son régime.
Guy Delisle se présente sans fard, sans artifice, en conjoint un peu désoeuvré qui découvre seul ce pays tandis que sa femme va de dispensaires en dispensaires pour aider les malades du pays. Il aborde avec humour cette année un peu particulière, sans volonté de parler de ce pays autrement que par son prisme, sa subjectivité, ses expériences. 
C'est donc une expérience de l'intime qui vous attend quand vous ouvrez ces pages, servie par un dessin en noir et blanc aux traits anguleux. Et une fois la dernière page tournée, non seulement vous aurez l'impression de connaître Guy Delisle, mais vous aurez également certainement envie d'en savoir un peu plus sur ce que l'occident appelle la Birmanie. 
Je retiendrai de cet album une foule d'anecdotes drôles - on ne reconnaît jamais l'auteur  s'il n'est pas avec son fils, Louis, mascotte du quartier où ils habitent à Rangoon - ou moins drôles - certains des amis de l'auteur ont eu peur des représailles en étant assimilés à lui et son projet -. Ce qui est sûr, c'est que je ressors transformée par cette lecture qui ne fait que confirmer ce que j'éprouve : rien de tel que de vivre dans un pays pour le découvrir de l'intérieur. Et mon projet de cet été n'est qu'une petite goutte d'eau mais elle s'en rapproche un tantinet... 

D'autres lecteurs de cet album : Canel, EnnaEstellecalim, Mo’ Noukette, Saxaoul, Théoma, Yaneck, Yvan, etc.  

C'était ma BD de la semaine chez Stephie aujourd'hui et ma 65e participation auTop BD de Yaneck (16/20)

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25 mars 2015

Petites éclipses, Fane et Jim

Petites éclipses, Fane et JimPetites éclipses est un album à quatre mains (deux mains en réalité, comme le précise en entretien liminaire Jim !) réalisé par Fane et Jim- de leurs vrais noms Stéphane Deteindre et Thierry Terrasson - paru en 2007 chez Casterman dans la collection Écritures.

Six amis. Quatre jours dans une vieille maison dans le Sud. Réunis pour se retrouver, passer du temps ensemble. Et assister à une éclipse. Six amis dans une maison isolée. L'occasion que les langues se délient et les esprits s'échauffent.

Véritable projet en tandem, Petites éclipses est un album intéressant dans sa création. Les deux auteurs ont imaginé chacun trois personnages et écrit les planches à deux, en huit mois, lors de soirées dédiées à ce projet. Autour d'une bouteille de vin. L'art comme exutoire. A l'image un peu de leurs personnages désabusés et un brin torturés.
L'intrigue est intéressante et n'est pas sans rappeler celle des Petits Mouchoirs de Guillaume Canet. Une bande de potes entre trente et quarante ans, des histoires d'amour qui s'entrecroisent, des vieilles rancunes, des regrets, parfois. Et dans ce huis-clos
pourtant paradisiaque, les mots sortent, les douleurs se font jour.
C'est un album rempli de spleen et un peu amer, que Petites éclipses, teinté de la nostalgie et des regrets de ses personnages. Comme si la vie qui s'étirait n'était qu'une succession de frustrations et d'insatisfactions teintées d'erreurs. Comme si le couple n'était rien. Comme si seul l'individu comptait. C'est dur et un peu blasant, il faut l'avouer. Comme si l'espoir était mort, dans ces personnages brisés. Comme si tout était à jeter quand on regarde en arrière.
Le
dessin tout en rondeurs contraste avec cette gravité et leurre un temps le lecteur quant à la tonalité de l'album. On pense à du comique, du léger. Il n'en est rien... Un bon conseil, si vous êtes sujet à la nostalgie et à la confusion, passez peut-être votre chemin. Cet album risque bien de vous égarer encore davantage. Si celui qui me l'a offert passe par là - et malgré cet article en demi-teinte - alors merci pour ce cadeau imprévu !

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C'était ma BD de la semaine chez Jacques aujourd'hui et ma 64e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (14/20)

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18 mars 2015

En silence, Audrey Spiry

En silence, Audrey Spiry

En silence est le premier album de la jeune dessinatrice Audrey Spiry paru en juin 2012 chez Casterman.

Ils sont six à partir pour une journée d'initiation au canyoning dans un paysage superbe et isolé. Un jeune couple et une famille avec deux enfants. De plongeons en glissades, ils descendent la gorge, accompagnés de leur moniteur.      
Au détour d'un embranchement, Juliette, la jeune femme du couple, perd le groupe. Et alors qu'elle part à leur recherche, elle s'égare un peu. Et de questionnements en tâtonnements, Juliette en vient à partir à la recherche d'elle-même.

En silence est un album haut en couleurs dans lequel il est très agréable de s'immerger.      
Le scénario assez classique de récit d'une journée bascule très rapidement lorsque le personnage de Juliette s'égare, et prend une tournure intime. Dans les m
éandres de la gorge, la jeune femme s'interroge sur qui elle est vraiment et où la mène sa relation de couple. D'errance physique lors d'une journée ensoleillée de vacances, l'intrigue bascule dans une errance personnelle et introspective. Juliette part littéralement à la recherche d'elle-même, portée par l'élément aquatique.      
L'eau, personnage à part entière de cet album, bénéficie d'un traitement à part. Elle est vivante, vibrante, pleine de vie. Parfois accueillante, d'autre fois dangereuse, elle n'est pas sans rappeler le liquide amniotique.      
De cette recherche au plus profond d'elle-même à travers les courbes de cette eau vive, Juliette en ressors grandie, lavée. Transformée à jamais. On peut penser au Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, c'est sûr, mais les dessins d'Audrey Spiry sont là pour magnifier un texte rare.        
Bref, un album poétique et introspectif à découvrir. Laissez-vous tenter. Plongez vous aussi dans le silence de cet album et laissez-vous porter par cette eau tumultueuse. Peut-être en ressortirez-vous différent, qui sait ?

C'était ma BD de la semaine chez Noukette aujourd'hui et ma 63e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (15/20)

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11 mars 2015

Ekhö Monde Miroir T.3 Hollywood Boulevard, Arleston et Barbucci

Paris Empire est le deuxième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Ekhö THollywood Boulevard est le troisième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Barbucci, paru en novembre 2014 chez Soleil.

De passage à Hollywood pour faire signer un contrat à la belle Norma Jean, Fourmille et Yuri découvrent qu'il est possible de faire du cinéma sans électricité !    
Mais leur venue à Los Angeles prend une toute autre tournure lorsque Norma Jean est retrouvée morte dans sa piscine. Et lorsque Fourmille est possédée par l'esprit de la belle actrice, les deux compères n'ont d'autre choix que de découvrir ce qui s'est passé. Meurtre ou suicide, réussiront-ils à élucider la mort de Norma Jean ?

Qu'on se le dise : j'aime beaucoup cette série loufoque ! Ouvrir un nouveau tome est à chaque fois une promesse de détente et d'évasion dans un univers barré et onirique à souhait.     
Ce troisième tome ne déroge pas à la règle et entraîne son lecteur dans les grandes heures du cinéma hollywoodien en lui rendant hommage. Harry Potter côtoie E.T., il est possible de croiser Dark Vador dans un couloir ou encore King Kong et si vous ne craignez pas de louer dans un motel, celui de Bates semble être tout à fait approprié...     
Dans ce monde parallèle de bric et de broc où un film peut être tourné même sans électricité, les créatures fantastiques pullulent et il est bien difficile de faire se côtoyer les tournages. Elizabeth Taylor et Marilyn se crêpent le chignon pour des questions de cachets tandis que les T-Rex de Spielberg s'échappent entre deux prises. Difficile pour nos deux héros de mener l'enquête !     
Un excellent moment de détente et une foultitude d'hommages divers aux grands noms du cinéma à chaque page. Bref, un très bon troisième album qui possède son intrigue propre mais qui stagne légèrement sur l'intrigue générale de la série. On aurait pu le reprocher à Arleston et Barbucci, mais ce tome est tellement loufoque et drôle qu'on leur pardonne allègrement de geler leur série pour pondre un tel titre.     
Un grand merci à Claire et aux éditions pour cet album.

C'était ma BD de la semaine chez Stephie aujourd'hui et ma 62e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (15/20)

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Une lecture que j'inscris dans le cadre du Challenge Marilyn de George.

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04 mars 2015

Les Gardiens du Louvre, Jiro Taniguchi

Les gardiens du Louvre, TaniguchiLes Gardiens du Louvre est le dernier album de Jiro Taniguchi paru chez Futuropolis, en partenariat avec les éditions du Louvre, en novembre 2014.

Après un séjour en Europe pour un salon de la bande dessinée, un illustrateur japonais décide de faire escale à Paris afin de visiter ses musées.  
Fiévreux et délirant, il débute son séjour parisien avec un sentiment de solitude exacerbé par la maladie. Alors que celle-ci lui laisse quelque répit, il décide de se perdre dans les dédales du Louvre. Mais là encore, il est pris de vertiges et d'hallucinations et c'est la Victoire de Samothrace qui vient à sa rencontre pour le guider dans ce musée tentaculaire. 
Errant seul dans les couloirs du Louvre, il va se perdre à travers les époques et les genres picturaux. Croiser Camille Corot, Antonio Fontanesi, Asai Chu, ou encore Saint Exupéry, peu avant l'évacuation des oeuvres du musée en 1939. Et lors d'une escapade à Auvers-sur-Oise, c'est bien Van Gogh qui l'entraînera dans son atelier pour lui montrer sa dernière esquisse : Les Jardins de Daubigny. Un séjour parisien des plus mystérieux pour ce dessinateur japonais...

Ouvrir un album de Taniguchi, c'est à coup sûr s'immerger totalement dans un univers contemplatif des plus fascinants. De cet auteur, j'ai adoré Quartier Lointain (qui reste mon préféré), mais aussi Le gourmet solitaire, Le journal de mon père et L'homme qui marche. Et Les Gardiens du Louvre s'inscrit dans cette droite lignée d'albums tout en poésie et en contemplation, signature de l'auteur.   
Et cette fois, ce n'est pas le Japon qui est à l'honneur mais Paris et ses musées. A travers l'oeil de Taniguchi, les traits de la capitale française prennent forme et s'animent, à l'image des mystérieux gardiens
du Louvre que rencontre le héros.   
Véritable hommage à Paris
et à son histoire artistique, cet album trace des parallèles entre le Japon et la France, grâce aux artistes que Taniguchi fait revivre sous son crayon et les inspirations réciproques de leurs travaux.    
L
e trait de Taniguchi est fidèle à ses précédents albums, avec une différence notable : celui-ci est en couleurs. Difficile, peut-être, de rendre hommage au Louvre et à ses oeuvres en noir et blanc. 
J'ai adoré suivre les errements du narrateur dans les dédales du Louvre. Me perdre à ses côtés dans ce musée et m'interroger moi aussi sur la création artistique, sur la question de l'art à travers l'Histoire. Une très belle lecture. Mais ça, ce n'est pas une surprise avec Taniguchi...

C'était ma BD de la semaine et ma 61e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

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