Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

02 avril 2017

Frida, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez

Frida, Benjamin Lacombe

Frida est un album signé Benjamin Lacombe pour les dessins et Sébastien Pérez pour le texte, paru en novembre 2016 chez Albin Michel.

Frida Khalo. Ce nom évoque tout un univers de couleurs et une vie teintée de tragédies et d'amours complexes. A travers neuf thèmes  - l'accident, la médecine, la terre, la faune, l'amour, la mort, la maternité, la colonne brisée et la postérité - les deux auteurs ont choisi de rendre hommage à la femme peintre la plus célèbre de l'histoire.

Ouvrir Frida, c'est comme se glisser dans une toile de l'artiste mexicaine, c'est s'immerger dans son univers haut en couleurs magnifiquement rendu par les dessins de Benjamin Lacombe, c'est découvrir un bel hommage à une vie tant de fois racontée. Ouvrir Frida, c'est s'assurer une claque esthétique et visuelle.

L'objet en lui-même est un véritable bijou. La couverture en tissu rend à la perfection le flamboyant des tableaux de Frida, tandis que les découpes intérieures font naviguer le lecteur à l'intérieur de son oeuvre. Mise en abyme et plongée dans l'intériorité de l'artiste, le travail de découpage des doubles pages permet de s'approcher de la complexité de l'oeuvre de Frida.

Les textes de Sébastien Pérez portent en eux toute la poésie des propres textes de Frida et c'est un réel bonheur de les découvrir à chaque page en même temps que le travail esthétique de Benjamin Lacombe. Ce dernier soigne ses planches avec minutie, récupérant les éléments de certaines tableaux de l'artiste mexicaine pour mieux lui rendre hommage et la raconter, et joue avec la profondeur de plans que lui permet le travail de découpage des pages.

Un album lu sitôt acheté, savouré à chaque page. Un album lu mais que je relirai avec grand plaisir, que je feuilletterai souvent. Un album hommage à une femme que j'admire et dont la subtilité de l'art me fascine. Une grande découverte, c'est certain.

"L'écorce se fend et la sève ruisselle jusqu'à la terre. La vie n'est qu'un recommencement."

"J'ai suivi les mouvements de tes mains. J'ai voulu peindre mon image. Je me suis perdue."

"Dans un cri triomphant, les formes et les aplats que je peins me libèrent. Sincères, sans mensonge. Le voile se lève."

Plutôt que des images des planches, je vous laisse avec la bande-annonce officielle de l'album, réalisée par Albin Michel.

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22 décembre 2016

Le chat à l'orchidée, Kwong Kuen-Shan

Le chat à l'orchidéeLe chat à l'orchidée est un album de l'illustratrice chinoise Kwong Kuen Shan paru en octobre 2015 aux éditions de l'Archipel.

C'est un véritable voyage dans la culture chinoise, au côté de chats que propose ce petit album. A chaque double page, une aquarelle très poétique et épurée et une citation issue de la culture chinoise. Calme et sérénité enveloppent ces pages où le chat règne, en maître silencieux et inspirant, accompagné de fleurs.

J'ai beaucoup aimé cette promenade méditative et poétique en compagnie d'un animal cher à mon coeur et dans un pays que j'ai aimé découvrir. Ce qui me rappelle que j'ai Le chat zen de cette même auteure à découvrir, offert par quelqu'un qui a compris très vite mon amour des chats, il y a de cela deux ans...

Un grand merci à Ines de Langage&Projets et aux Editions de l'Archipel pour cet album.

Le chat à l'orchidée 1

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12 novembre 2016

Juliette, Camille Jourdy

Juliette, Camille JourdyJuliette est le nouvel album de Camille Jourdy - mise en lumière récemment grâce à l'adpatation ciné de sa géniale trilogie Rosalie Blum - paru en février chez Actes Sud.

Juliette revient chez son père. On ne sait pas trop pourquoi, ni pour combien de temps. La jeune femme est un peu perdue dans sa vie, dans ses pensées. Entre sa soeur adultère, son père qui oublie tout et sa mère fantasque, Juliette navigue dans ses sombres pensées, sans but aucun. Jusqu'au jour où son chemin croise celui de Georges, un peu paumé aussi...

J'avais adoré la poésie de Rosalie Blum, ses personnages attachants et ce petit rien qui donne le sourire, une fois la dernière page tournée. J'avais donc hâte de découvrir ce nouvel album, de découvrir la plume et le dessin de Camille Jourdy dans une autre intrigue. Et si cette rencontre fut belle, elle n'en demeure pas moins teintée d'une grosse mélancolie.

Difficile de ne pas comparer ces deux albums. Car tous deux portent le nom d'un personnage féminin et mettent en scène le quotidiens de personnages banals. Des personnages lambda, insignifiants mais justement exceptionnels par leur banalité. La force de Camille Jourdy c'est justement cette vraisemblance qui offre à ces comédies humaines leur touche singulière. Mais si Rosalie Blum donnait le sourire, Juliette ne peut se targuer d'avoir le même effet sur son lecteur. L'intrigue met en scène le même type de personnages un peu dépressifs, un peu paumés, qui semblent impuissants voire démissionnaires face à leur vie - à l'encontre même de l'idéal prôné par les valeurs de notre société. Juliette porte en elle des secrets que le lecteur ne découvre pas au fil des pages, et l'ensemble offre un sentiment de mélancolie sans réelle raison. J'ai refermé l'album avec un goût d'inachevé, avec l'envie d'en savoir plus sur ces personnages auxquels je me suis attachée au fil des pages. Une belle lecture sensible et réaliste, sans aucun doute, mais qui me laisse sur ma faim. Merci Sébastien pour cet album.

Planche 1 Planche 2

Planche 3

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22 mai 2016

Sorcière Josepha de la Luna : Je veux être une pirate ! Estelle Billon-Spagnol

Sorcière Josepha de la LuneSorcière Josepha de la Luna : Je veux être une pirate ! est un album écrit et illustré par Estelle Billon-Spagnol paru en avril chez Belin et accessible aux petits lecteurs dès 6 ans.

La petite sorcière Josepha veut devenir pirate et répond à une petite annonce postée par un pirate. Barbe-Douce, son auteur, cherche un moussaillon-stagiaire pour l'aider dans une mission de haute importance destinée à impressionner Hildung-La-Magnifique, l'élue de son coeur. Joespha, est embauchée sur le champ ! Accompagnée de Frouk, son hibou, et Markus, son ami vampire, elle part à l'aventure ! Mais elle va très vite déchanter : Barbe-douce est un pirate au coeur tendre qui n'a vraiment rien d'un sanguinaire et les folles aventures que Josepha s'imaginait vivre sont loin d'être la réalité.

Voici un petit album des plus sympathiques ! L'intrigue délivre un joli message sans mièvrerie, les personnages sont attachants -je craque littéralement pour le petit hibou ! - et l'humour est présent à chaque page. Josepha mène à tambours battants cette aventure rigolote qui emmène les petits lecteurs à bord d'une belle aventure humaine.

Les dessins tout en douceur d'Estelle Billon-Spagnol complètent à merveille son texte et lui offrent un univers coloré fourmillant de détails. L'humour est présent dans chaque illustration et c'est un réel plaisir d'observer avec attention chaque page pour en déceler les petits trésors. Une belle lecture, un album qui fait un pont entre deux univers appréciés des enfants : celui de la piraterie et de la sorcellerie. Encore un album que j'aurais adoré découvrir plus jeune ! (le plaisir de lecture était là mais mon regard est, disons, un tantinet différent !)

Un grand merci à France et aux éditions Belin pour cette jolie découverte !

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03 janvier 2016

Marie-Antoinette : Carnet secret d'une reine, Benjamin Lacombe

Marie_Antoinette_LacombeMarie-Antoinette : Carnet secret d'une reine est un album de Benjamin Lacombe paru dans la collection Métamorphose chez Soleil en décembre 2014.

Aidé de l'historienne et spécialiste de la belle autrichienne Cécile Berly, Benjamin Lacombe nous propose dans cet album de découvrir le journal intime de Marie-Antoinette. Mêlant lettres authentiques et fictives, l'album met en scène les pensées et la correspondance de cette reine mythique. Le résultat est un objet majestueux qui rend grâce à la grandeur de cette femme adulée et haïe dans le même temps.

Après Léonard de Vinci, Benjamin Lacombre s'empare encore une fois d'un mythe pour en donner sa propre vision. La dernière reine de France se pare sous son coup de crayon d'une grâce infinie et d'une préciosité qui lui sied parfaitement. Marie-Antoinette prend littéralement vie au fil des pages et apparaît tour à tour fragile et belle, dans des univers ronds et sombres, entourée d'animaux extravagants comme elle. S'animalisant au fil des pages, la frêle jeune fille,  rendue coupable de tous les maux de la France, n'échappe bien entendu pas à son destin tragique sous le crayon de Lacombe, mais gagne en majestuosité et en présence. Le rendu est magnifique, l'esthétique de l'ensemble est à couper le souffle et offre une nouvelle vision de ce personnage mythique.

Vous me connaissez maintenant. Vous savez à quel point j'aime le trait de Benjamin Lacombe. Chaque découverte de ses albums m'émerveille et m'interroge dans le même temps. Car si Lacombe a su trouver sa patte, son style reconnaissable entre tous (des yeux immenses et intenses, notamment), il réussit l'exploit de se renouveler à chaque album et d'offrir une réelle identité graphique indépendante à chacun de ses albums. Celui-ci ne déroge pas à la règle et réussit la gageure de s'emparer d'un personnage historique maintes fois interprété et représenté tout en lui offrant une esthétique singulière et innovante. Il y a fort à parier que cette vision de Marie-Antoinette fera parler d'elle. Un grand merci aux Éditions Soleil pour cet album.          

 

 

La bande-annonce de l'album, très alléchante


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11 octobre 2015

Susine et le Dorméveil T.2 Dans le monde d'après, Enna et Lefevre

Susine et le Dorméveil TSusine et le Dorméveil est une série d'albums publiés dans la collection Métamorphoses de Soleil. Après un premier tome qui m'avait enchantée, Bruno Enna et Clément Lefèvre reviennent avec un deuxième volet, Dans le Monde d'Après, paru en mai 2014.

La petite Susine habite avec ses parents au 12 rue des cauchemars. Le quotidien de la petite fille n'est pas des plus roses depuis que ses parents ne se parlent plus et la négligent et que sa grand-mère a disparu. Susine décide alors de repartir dans le Dorméveil, ce monde merveilleux qui lui permet d'échapper à son quotidien, pour retrouver les oreilles de ses parents. Car si ses parents ne se parlent plus, c'est bien connu, c'est parce qu'ils ont perdu leurs oreilles et ne peuvent plus s'entendre ! Mais cette fois, la petite fille décide de partir en pleine nuit et la liaison se fait mal : au lieu d'atterrir dans le monde d'avant, plein de joies et de douceurs, c'est dans le monde d'après que la petite fille se retrouve. Un monde sombre où la tristesse et le silence ont remplacé la joie et les rires et où une prophétie la concernant plane.

Fantasque, poétique, onirique, un peu inquiétant parfois, ce second tome est en tout point aussi agréable à lire que le premier. Le lecteur accompagne encore une fois la petite Susine dans son périple imaginaire peuplé de créatures monstrueuses.
Le dessin de Clément Lefèvre est toujours aussi enchanteur et transporte le lecteur dans cet univers merveilleux lumineux et sombre à la fois. Les doubles pages se suivent et ne se ressemblent pas, alternant différentes mises en page pour que le texte et les dessins se répondent en un écho bien poétique. 

Susine - qui ressemble en bien des points à la Alice de Carroll - explore cet univers inquiétant où ses questions restent sans réponse et où l'incompréhension règne, jusqu'au dénouement ! La fantaisie est de mise, au fil des pages, et flirte avec un surréalisme certain. C'est beau, poétique, très agréable à regarder comme à lire. Bref, un album magnifique qui emmène son lecteur bien loin...

Un grand merci aux Éditions  pour la découverte de cet album.

Planche 1 Planche 2

Planche 3

 

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06 octobre 2015

Les Contes Macabres, Edgar Allan Poe et Benjamin Lacombe

Les contes macabresLes contes Macabres est un album de Benjamin Lacombe paru en 2009 dans la collection Métamorphoses des Éditions Soleil.

Piochant sept nouvelles dans les recueils Histoires extraordinaires et Nouvelles histoires extraordinaires publiés en 1839 par l'auteur américain Edgar Allan Poe, Benjamin Lacombe les met en scène et les illustre avec le talent qu'on lui connaît. Ainsi, c'est Bérénice, Le Chat noir, L'Ile de la fée, Le Coeur révélateur, La Chute de la maison Usher, Le portrait ovale et Morella qui prennent vie sous le crayon du jeune et talentueux illustrateur français.

L'album en lui-même est un petit bijou, comme chaque album de Benjamin Lacombe, et chaque détail est particulièrement soigné, permettant au lecteur de s'immerger dans l'imaginaire sombre et torturé de Poe. Dès la couverture, le ton est donné, et celui-ci se poursuit au fil des pages, mêlant habilement le talent de Poe et celui de Lacombe. Ce dernier joue avec les couleurs de pages, se réapproprie tout, y compris les typographies, pour mieux rendre hommage au maître du romantisme américain. La traduction de Baudelaire accompagne ce duo et parfait le tout.

A la fin de l'album, une courte biographie des trois auteurs de cet album - respectivement Poe, Baudelaire et Lacombe - mêle les genres et les époques pour un rendu savoureux.

Je ne suis pas objective en ce qui concerne Benjamin Lacombe car j'apprécie tout particulièrement son trait et même si l'on peut lui reprocher de toujours offrir la106229515 même esthétique à ses albums - ce qui par ailleurs pourrait être une grande qualité aussi - j'avoue avoir éprouvé beaucoup de plaisir à la découverte de cet album longtemps remisé dans ma PAL. Après La Petite Sorcière, Grimoire de Sorcières, Notre Dame de Paris et Léonard et Salaï, Benjamin Lacombe m'enchante toujours autant...Et voici ma deuxième participation au Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde. (si on considère mon Read-a-Thon d'Halloween de dimanche comme la première !)

Poe par LacombeAutoportrait de Lacombe

Planche 3

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05 novembre 2014

Lecture-croisée avec Malo, petit lecteur-test de 2 ans et Alice, sa maman

Je l'avais déjà fait il y a quelques temps avec Eva, petite lectrice-test de 3 ans - et je vais sous peu le refaire avec ma presque-nièce - mais voici l'heure de vous parler de ma lecture-croisée de trois albums avec Malo, 2 ans et sa maman, Alice.
Ledit petit lecteur adorant les animaux et les transports, le choix s'est tout naturellement porté vers trois titres du catalogue de Tourbillon pour mener ma petite expérience : La petite caravane d'Edouard Manceau, Oseras-tu chatouiller le loup ? et De quelle couleur est le cochon ? d'Emiri Hayashi. Ces trois titre sont parus en février 2014.

La petite caravaneLa petite caravane est un album cartonné sans texte, dans lequel un ourson sur un scooter trimballe un poisson rouge dans un bocal. De pages en pages, les amis de l'ourson rejoignent l'aventure, chacun avec un engin différent. Mais où vont-ils ? Là est la question...

Comment Malo a réagi

Premier des trois albums à être choisi par Malo, La petite caravane a su séduire cet apprenti lecteur qui a aimé chercher le poisson dans chaque double page et nommer les moyens de transport représentés. Il s'est beaucoup amusé tout au long de sa lecture et a appréhendé l'album comme un jeu de recherche du fameux poisson dans son bocal.

L'avis d'Alice, sa maman

Alice a trouvé cet album à la fois poétique et sombre, car l'intrigue se déroule de nuit. Les couleurs utilisées, assez foncées, offrent un contraste visuellement intéressant et adapté aux tout-petits. L'absence de texte, si elle laisse libre cours à l'imagination, ôte une certaine linéarité à l'ensemble et Alice a eu l'impression que Malo appréhendait chaque double page davantage de façon indépendante des autres que dans la continuité. Mais finalement, qu'importe ?

Mon avis

Cet album aux épaisses pages cartonnées est tout à fait adapté aux enfants dès deux ans en terme de forme, mais l'expérience de lecture de Malo semble montrer que l'enfant ne perçoit pas nécessairement la linéarité de l'intrigue. Mais cela ne nuit pas à la lecture et confère à l'album un aspect évolutif. Un petit lecteur pourra s'amuser à chercher le poisson, nommer les engins de transports ou reconnaître les animaux représentés, tandis qu'un lecteur un petit peu plus âgé sera peut-être plus à même de s'inventer une histoire et de palier l'absence de texte grâce à son imagination. 

Planche 1 La petite caravane 

 

Oseras-tu chatouiller le loupOseras-tu chatouiller le loup ? et De quelle couleur est le cochon ? sont deux albums premier âge (dès 12 mois) de la collection Coucou caché de Tourbillon, qui fonctionnent sur un principe de volets à soulever.

Dans le premier, il s'agit aussi bien d'une plante à arroser que d'une plume sur laquelle souffler, une lettre à glisser dans une boîte aux lettres ou encore un chaton mouillé à sécher.

Comment Malo a réagi

Malo a eu beaucoup de mal avec cet album, pourtant destiné aux enfants dès 1 an. Il a éprouvé des difficultés à saisir le rapport entre la relation de cause à effet, l'action à réaliser et le résultat représenté en images. Il est souvent resté devant une page sans comprendre que faire.

 

L'avis d'Alice, sa maman

 Alice n'a pas trouvé cet album adapté à son fils, pourtant gros lecteur car celui-ci n'a pas réussi à saisir ce qu'il devait faire en tant que lecteur.
De plus, certaines actions à faire par l'enfant ne sont pas concrètes (comme glisser l'enveloppe dans la boîte aux lettres par exemple, alors qu'il n'y a pas de fente ni de lettre à proprement parler).

 

Mon avis

Malgré des dessins tout en rondeurs et des couleurs douces, cet album me semble d'un abord assez compliqué pour le lectorat visé.
Pourtant friand des albums à volets et des personnages à retrouver dans des dessins (cf. le petit poisson rouge dans l'album précédent), Malo n'a pas du tout été sensible à cet album et a été dérouté par sa lecture. De là à en conclure qu'aucun enfant n'en percevra le sens, non, mais l'expérience n'a pas été concluante pour mon petit lecteur-test !

Planche 1 Oseras-tu chatouiller le loup 

 

De quelle couleur est le cochon De quelle couleur est le cochon ?, enfin, est un album qui propose à l'enfant d'identifier les couleurs à travers des exemples animaliers.

Comment Malo a réagi

Si Malo sait, à deux ans, nommer les couleurs, il ne sait pas encore les reconnaître. Ce qui a posé d'évidentes difficultés lors de la lecture et l'a dérouté...

L'avis d'Alice, sa maman

Cet album n'a pas séduit Alice car, comme avec le précédent, Malo n'en a pas saisi le sens. Alors que le principe même de l'album repose sur un système de contradictions, notre petit lecteur ne l'a pas compris. Quand sa maman lui a demandé la couleur du crocodile, Malo, qui l'a vu rose sur la première planche, a répondu rose...
A première vue, l'album qui semblait être le plus facile d'accès pour Alice, s'est avéré compliqué à expliquer à son fils.

Mon avis

Là encore, malgré un abord qui semble évident aux adultes - et m'a largement induite en erreur -cet album recèle des subtilités imperceptibles de prime abord.
La découverte de cet album avec Malo a fait émerger des problématiques que nous n'avions pas perçues, Alice et moi. Préconisés pour les petits dès 12 mois, il nous est clairement apparu que ces deux albums, malgré leurs fonctionnements pourtant simples, étaient adaptés à un public plus grand, à même de saisir les relations de cause à effet et le décalage texte-image.
Si ces deux rencontres sont davantages en demi-teinte que la lecture de La petite caravane, elles n'en demeurent pas moins intéressantes. Et Alice, si elle a laissé ces livres à disposition de Malo dans sa petite bibliothèque personnelle, y reviendra un peu plus tard avec lui.

 

Voilà donc ma deuxième expérience de lecture-croisée avec un mini-lecteur. La prochaine sera avec Loulou, dix mois, à Noël ! Bon, je me fonderai sur les sourires et les gestes de cette toute-mini lectrice et j'essaierai de vous traduire ce langage non verbal en chronique des plus littéraires... Oui, je sais, un beau défi en perspective !

Un grand merci à Julie et aux éditions   pour ces trois albums.
Et bien entendu, merci à Alice de s'être prêtée au jeu de cette lecture-croisée avec Malo !

 

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13 octobre 2014

Carmilla, Sheridan le Fanu et Isabella Mazzanti

CarmillaCarmilla est une des oeuvres les plus connues de l'écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, auteur majeur du récit fantastique.
Publiée en 1872 et à l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'écrivain, elle paraît aujourd'hui en album illustré par l'italienne Isabella Mazzanti, dans la collection Métamorphose chez Soleil.

Laura vit seule avec son père, dans un château en Styrie. L'adolescente souffre de solitude et c'est avec un plaisir immense qu'elle voit sa vie bouleversée par l'arrivée au château de Carmilla, une jeune fille de son âge. Les deux adolescentes se lient rapidement d'amitié.
Mais les jours passants, des décès étranges se produisent dans les alentours. Et Laura fait des rêves étranges, remarquant au réveil de drôles de traces sur son corps. Une langueur peu à peu l'envahit...

Publié vingt-cinq ans avant le Dracula de Stoker, Carmilla est une nouvelle fondatrice dans le mythe du vampire à laquelle Bram Stoker rendra hommage et dont il reconnaîtra l'influence sur son oeuvre. Demeurée dans l'ombre de Dracula - à laquelle tout semble se référer, à tort - elle fait pourtant partie des textes qui participent de l'image du vampire telle que nous la connaissons et mérite une visibilité plus grande. Son adaptation en album en est l'occasion.
En grand maître du récit fantastique, Le Fanu offre ici à son lecteur une petite merveille très bien orchestrée. La gradation du suspense et de la peur au fil des pages est parfaitement maîtrisée et donne au lecteur l'impression d'un étau qui peu à peu se resserre autour du personnage de Laura. Le doute n'existe pas, quant à l'identité de l'auteur de ces crimes, bien entendu, et c'est avec impuissance que le lecteur regarde le châtelain et sa fille abriter le mal en leur sein et le protéger.
Mais l'intérêt de la nouvelle ne réside pas dans ce mystère mais dans l'influence de Carmilla sur Laura, son emprise sur elle - amicale, amoureuse, le doute persiste -, et la relation étrange qui naît entre les deux femmes. Au fur et à mesure des chapitres, le lecteur assiste au vampirisme de Carmilla, et regarde peu à peu Laura perdre ses forces, s'abîmer dans cette relation, s'y perdre, en se demandant si son entourage réagira à temps pour la sauver.
Figure féminine nimbée d'une aura mystérieuse et inquiétante, le personnage de Carmilla symbolise l'énigme, le mystère. De la nature humaine peut-être ? De la monstruosité de la condition humaine, qui sait ? Personnage silencieux, elle cristallise toutes les peurs et hante les pages comme le château et l'esprit de Laura. D'elle, le lecteur sait très peu. Mais sa présence est là, insaisissable et silencieuse.
Figure féminine du vampire qui ne s'attaque qu'à ses paires, Carmilla est et reste une énigme au fil des pages. S'amourachant de ses victimes pour mieux les vider de leur sang, les séduisant pour mieux les aliéner. Dangereuse, c'est certain, mais si belle. Si attachante. Si envoûtante...

Les illustrations d'Isabella Mazzanti transportent le lecteur dans cette nouvelle gothique inquiétante et ténébreuse à souhait. Le noir domine, notamment avec la chevelure de Carmilla, et se décline en nuances de gris - jusqu'au blanc - qui contrastent avec la seule couleur utilisée au fil des pages, le rouge. Le sang, mais aussi le côté virginal des jeunes filles, sont symbolisés par cette couleur, utilisée notamment en arabesques aux allures orientales, qui témoignent du parcours hétéroclite de l'illustratrice.  Quel plaisir visuel !
Les dessins complètent le texte, le dépassent parfois, l'interprètent souvent, pour mieux l'accompagner. Les personnages ont des allures de personnages de contes, avec leurs grands yeux expressifs et l'innocence qui semble se dégager des pages n'est qu'un leurre auquel le lecteur ne croit bien évidemment pas.
Vous l'aurez compris, l'
adaptation en album de cette nouvelle est en tous points splendide et je suis tombée sous le charme de Le Fanu, certes, mais aussi d'Isabella Mazzanti. C'est un objet visuellement très intéressant, dans lequel chaque détail est soigné, des pages de garde aux têtes de chapitre. Ouvrir cet album, c'est véritablement s'immerger dans la nouvelle gothique de Le Fanu. Une petite merveille ! A lire, relire, à offrir aux amateurs du genre ou à soi...
Challenge Halloween 

Voici ma première participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou, lue pendant le Marathon de lecture d'Halloween.

Une bande-annonce, plutôt que des planches, pour vous faire découvrir l'univers d'Isabella Mazzanti

Un grand merci à Bénédicte et aux éditions pour cette magnifique découverte.

ions pour cette lecture encore une fois très agréable. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/tag/Service%20de%20presse#sthash.qwsqmTSg.dpuf

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03 mai 2014

Otto l'accessoiriste, Vincent Zabus et Renaud Collin

Otto l'accessoiriste

Otto l'accessoiriste est un album écrit par Vincent Zabus et mis en images par Renaud Collin, paru en mars 2014 aux éditions Langue au chat.

Le papa de Léo est parti avant sa naissance. Sa maman est décédée et Léo a été placé dans un orphelinat. Depuis, il ne parle plus.
Un jour, Léo décide d'aller explorer une maison dans laquelle vit un vieil inventeur solitaire qui ne sort pratiquement pas de chez lui. Otto, c'est son nom, est en fait l'accessoiriste du pays des contes. C'est lui qui fabrique tous les objets magiques des contes de fées ! A ses côtés, et malgré le peu de mots échangés, ce dernier va beaucoup apprendre.

Otto l'accessoiriste est un très bel album qui aborde avec délicatesse la question du traumatisme de l'enfant. Muré dans son silence, le petit Léo souffre d'une situation qui semble insoluble. Le monde qui l'entoure n'est que souffrances et mocheté et l'avenir est sombre.
Sa rencontre avec Otto va lui permettre de dépasser ce stade mutique grâce à la présence rassurante de ce bonhomme un peu bourru mais d'une gentillesse sans pareille. Et l'univers dans lequel ce dernier entraîne Léo offre au garçonnet un cadre épanouissant malgré les dangers qui règnent.
Les dessins de Renaud Collin complètent à merveille le texte de Vincent Zabus et entraînent le petit lecteur dans un univers riche où les contes de fées sont prétextes à des bricolages farfelus et des dépassements de soi. Chaque double page est un régal pour les yeux et offre au lecteur une jolie façon de s'évader. Une très belle lecture, dès 6 ans.

Merci aux éditions pour l'envoi de cet album dans le cadre de l'Opération Masse critique organisée par Babelio

Planche 1

Planche 2

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