Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




13 décembre 2018

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-AllardÇa raconte Sarah est le premier roman de la documentaliste et blogueuse Pauline Delabroy-Allard. Il est paru en septembre aux éditions de Minuit.  

La narratrice mène une vie tranquille. Mère célibataire, enseignante, elle traverse la vie sans folie, entretenant une tiède relation avec un homme. Un jour, lors d'un repas, elle rencontre une violoniste, Sarah. Sarah et sa fougue, son exubérance, sa soif de vivre, sa vulgarité et son intensité aussi. Les deux femmes entament une relation amoureuse qui se transforme en passion dévorante. Mais si les débuts sont gorgés de légèreté, le tableau s'assombrit rapidement, le caractère tempétueux et imprévisible de Sarah épuisant la patience de son amante. 

On m'a offert ce roman (et je remercie grandement celle qui l'a fait, si elle passe par là), parce que les similitudes avec l'auteure étaient trop grandes pour que je passe à côté. Je l'ai ouvert et lu d'une traite, happée par ce texte, son intrigue, ses héroïnes et sa plume poétique.

Pour un premier roman, Pauline Delabroy-Allard signe une petite pépite, tant dans la forme que dans le fond. L'intrigue est en apparence simple - une passion entre deux femmes - mais entraîne le lecteur au sein de cette idylle dévorante et destructrice, ne lui laissant aucune chance de s'en sortir. Le roman s'ouvre sur une scène de mort - l'auteure se cachant bien de dévoiler laquelle des deux femmes a succombé - pour mieux revenir en arrière et donner à voir la naissance de cet amour fou. L'économie est faite sur les personnages dont on n'apprend que le strict minimum, l'accent étant mis sur le ressenti de la narratrice et l'évolution du sentiment amoureux. La plume est précise, imagée, poétique aussi, et s'emporte au rythme des fluctuations de cette histoire, offrant au texte une dimension particulière. 

Roman de l'amour et de ses douleurs, de la passion et des extrêmes, Ça raconte Sarah décortique l'âme humaine, donne à voir une tranche de vie, dans sa beauté comme dans sa laideur, dans la vie comme dans la mort. Magistral. 

"Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S." 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,



Vos commentaires

  • Tellement de livres sont publiés en septembre qu'on s'y perd.... Je n'avais pas du tout entendu parler de celui-ci.
    Merci et bonne journée.

    Posté par Bonheur du Jour, 13 décembre 2018 à 07:06 | | Répondre
    • Avec grand plaisir. Vous verrez, c'est une merveille.
      Belle journée !

      Posté par soukee, 15 décembre 2018 à 09:00 | | Répondre
  • une auteure à suivre!

    Posté par eimelle, 13 décembre 2018 à 07:17 | | Répondre
    • Oui, sans conteste !

      Posté par soukee, 15 décembre 2018 à 09:00 | | Répondre
  • je ne l'ai repéré que récemment… tu confirmes alors la qualité!

    Posté par Violette, 15 décembre 2018 à 18:41 | | Répondre
    • Oui, sans hésiter une seconde !

      Posté par soukee, 18 décembre 2018 à 12:57 | | Répondre
  • Très médiatisé et très apprécié, je l'ai aimé sans pour autant partager l'enthousiasme débordant de ses lecteurs...

    Posté par Moka, 27 décembre 2018 à 09:22 | | Répondre
    • Je t'avoue que je me suis tenue éloignée des critiques et je n'en avais pas entendu parler jusqu'à ce qu'on me le mette dans les mains. Et j'ai beaucoup aimé du coup ! (j'ai le souvenir de L'ombre du vent dont je m'étais fait une montagne et dont j'ai été tellement déçue...)

      Posté par soukee, 29 décembre 2018 à 23:27 | | Répondre
Nouveau commentaire