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Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




13 septembre 2018

Trois fois la fin du monde, Sophie Divry

Trois fois la fin du monde Sophie Divry

Trois fois la fin du monde est le nouveau roman de Sophie Divry paru ele 23 août aux éditions Noir sur Blanc.

A cause d'un braquage qui a mal tourné avec son frère, Joseph Kamal se retrouve en prison. Seul, sans famille - son frère s'est fait tuer par les policiers -, et sans espoir, le jeune homme tente de survivre non sans mal dans ce milieu ultra violent et codifié. Il baisse l'échine, voit l'horreur et ferme les yeux. Il voudrait que cela cesse, quitter cet enfer. Une explosion nucléaire lui offre cette chance. Joseph s'évade de la prison détruite et survit miraculeusement aux émanations toxiques. Avide d'une solitude tant recherchée en prison, il s'installe en zone interdite. Sur son chemin, il trouve une petite ferme isolée. Lui, le gosse de la ville, retrousse ses manches et se met à cultiver de quoi survivre. Rejoint par un mouton et un chat, il se créé son petit paradis, en auto-suffisance.

J'ai toujours hâte de découvrir un nouveau livre de Sophie Divry. Si j'avais adoré son premier roman, La cote 400, j'avais été ennuyée par le personnage de La condition pavillonnaire  mais complètement séduite par  Quand le diable sortit de la salle de bain. En ouvrant celui-ci, le suspense était entier : la magie allait-elle opérer ? Et bien oui, un grand et immense oui ! La magie a opéré.
Sophie Divry réussit le tour de force de faire prendre un virage surprenant à son roman avec cette catastrophe nucléaire. Après un début dans la violence de l'univers carcéral, son personnage, Joseph, qui prend en charge la narration, se retrouve dans le silence et la solitude totale dans un univers post-apocalyptique. Loin de tout être humain. Loin de toute violence. Loin de toute communication, aussi. Il découvre le plaisir simple que procure la vie près de la nature, la satisfaction du travail manuel, et les douces relations avec les animaux. Robinson Crusoé contemporain au milieu de cette nature qui reprend le dessus, il se cache, attend. Parce que le retour en prison est inenvisageable pour lui, il préfère fuir la société des hommes et vivre en communion avec la nature, les saisons, les animaux. C'est beau, fort, poétique et imagé. Le lecteur de patienter aux côtés de Joseph, d'observer, avec lui, le temps qui passe, même si la tension est là, palpable, et de réfléchir à ce besoin de solitude si actuel.  
Un roman bouleversant, une auteure qui n'est jamais là où on l'attend, déroutante, à la plume percutante. A découvrir, sans hésitation, sans condition.

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Vos commentaires

    Je n'ai jamais lu d'ouvrage de cette auteure mais j'ai noté celui-ci dans la masse des romans sortis pour la Rentrée Littéraire. Il m'a l'air d'être particulièrement prenant et intense.

    Posté par Nelfe, 14 septembre 2018 à 11:49 | | Répondre
    • Oh oui, une excellente façon de découvrir cette auteure (quoique j’avais adoré la découvrir avec La cote 400… C’est la documentaliste en moi qui parle !)

      Posté par soukee, 17 septembre 2018 à 11:13 | | Répondre
  • j'avais déjà noté, il plaît à pas mal de monde finalement...

    Posté par Violette, 14 septembre 2018 à 18:06 | | Répondre
    • Chouette ! Ca ne m’étonne pas, Sophie Divry est vraiment forte et fait mouche avec ce nouveau roman…

      Posté par soukee, 18 septembre 2018 à 21:01 | | Répondre
  • le thème ne l'a pas vraiment emballée, mais une belle écriture!

    Posté par eimelle, 16 septembre 2018 à 19:31 | | Répondre
    • Une écriture incisive et mélodieuse. Un des points forts de Sophie Divry depuis son premier roman !

      Posté par soukee, 17 septembre 2018 à 11:13 | | Répondre
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