Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

26 février 2015

Journal intime d'un chat acariâtre, Frédéric Pouhier et Susie Jouffa

Journal intime d'un chat acariâtre

Journal intime d'un chat acariâtre est un petit livre paru en février 2014 aux éditions First.

Edgar est un chaton de six mois lorsqu'il est adopté. Mais pour ce petit chat hautain, la vie avec les humains est loin d'être la panacée. Alors chaque jour, Edgar raconte dans son journal sa vie impossible dans sa famille, sa vie en captivité, comme il la qualifie.

Voilà un petit livre à offrir aux amoureux des chats ! Histoire de rire sur les félins et leurs petites habitudes. Car si Edgar est hautain et parfois méprisant avec sa famille, il n'en demeure pas moins la caricature du chat domestique, indolent et paresseux, câlin quand il en a envie et gourmand, chasseur à ses heures perdues et avide de confort.  
La forme du journal intime permet de prendre le lecteur à partie et fait naître davantage d'humour encore, car Edgar exagère bien souvent, tout en pensant être de bonne foi. Et le lecteur de suivre ses aventures - sa captivité, comme il la définit - et de reconnaître sous les traits de ce félin un brin acariâtre, son  propre chat.   
Pour ma part, j'ai bien ri avec ce petit livre qui se lit très rapidement, et j'ai souvent retrouvé Chachat...

Petit florilège pour que vous cerniez Edgar...

"Les chats ne s'excusent jamais. Ils laissent ça aux chiens." (p.34)

"Cher journal, je viens de découvrir avec effroi que j'étais un animal domestique. Oui, vous l'avez bien lu : do-mes-tique, du latin domesticus. Mais pour qui me prennent-ils ? Pour la femme de chambre d'un hôtel particulier où vit un couple de bourgeois ? Moi, un animal domestique ? Jamais je ne ferai partie d'une quelconque domesticité. Je me considère plus ou moins comme un prince déshérité ayant trouvé le gîte et le couvert chez un couple de gueux qui ne me méritent pas." (p.36)

"Quand je m'ennuie, je mange. Quand je suis heureux, je mange. Quand je suis triste, je mange. Mais qu'on ne vienne pas me dire que je suis gourmand, ça va m'énerver, et quand je suis énervé, je mange." (p.74)

"Je ne crois pas aux relations longues distances. C'est pourquoi, cette nuit, j'ai déplacé mon lit à côté du réfrigérateur." (p.97)

Un grand merci à ceux qui se reconnaîtront de m'avoir offert ce livre pour Noël ! Chachat ne ressemble heureusement pas à Edgar (quoique...).  
Et comme ça fait bien longtemps qu'il n'est pas apparu ici, voici en exclusivité le grand fauve qui fait une tentative de camouflage sur une peau de mouton, tout en faisant semblant de dormir d'un oeil. Je le laisse faire ou je lui dis que noir sur blanc, c'est légèrement visible ??

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18 février 2015

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel LepageUn printemps à Tchernobyl est une BD documentaire d'Emmanuel Lepage parue chez Futuropolis en octobre 2012.

26 avril 1986, le coeur du réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl se met à fondre, provoquant un nuage radioactif d'une envergure sans précédent. L'affaire est étouffée, les risques minimisés. Aujourd'hui encore, il est difficile d'obtenir des informations précises sur les dégâts de cette catastrophe nucléaire. 
Vingt-deux ans plus tard, le dessinateur et scénariste Emmanuel Lepage décide de se rendre sur les lieux du drame, dans une résidence d'artistes. Pour rendre compte, par des mots, par des dessins. Pour se rendre compte. Pour rencontrer ceux qui vivent toujours près de la zone interdite. Pour défier la mort, qui rôde toujours.

Ouvrir Un printemps à Tchernobyl, c'est se garantir une claque. Une vraie claque. De celles qui vous clouent un moment au sol et vous amènent à réfléchir. Par son sujet éminemment tragique et complexe, cet album entraîne son lecteur dès les premières planches dans cette page mouvementée de l'Histoire.  
Le silence se fait dès l'ouverture de l'album, l'angoisse monte et le lecteur de s'identifier à l'auteur et à son projet un peu fou. Partir aujourd'hui à Tchernobyl ? Avec tous les risques que cela comporte ? Avec les non-dits et les flous qui persistent ? Impossible de ne pas en avoir le souffle coupé.
..
Et puis les dessins de Lepage. L'ambivalence de ses planches si sombres, si torturées, au début de l'album, qui se teintent de couleurs, dès le 1er mai, et qui fleurissent au diapason de la nature qui a repris le dessus dans la zone. Emmanuel Lepage lui-même est surpris de voir cette luxuriance, cette verdoyance, cette beauté même, dans cette zone au passé si sinistre.  Si au début ses dessins ressemblent aux représentations que l'on a de Tchernobyl et de la zone - sombres, au trait acéré et menaçantes, comme si l'image de la centrale portait en elle la menace de son nuage radioactif - au fil des pages les couleurs et la vie reprennent le dessus, à l'image de ces habitants si accueillants et joyeux, malgré tout, de ces enfants qui courent et jouent dans l'herbe, en bordure de la zone interdite, de ces rires, de ces musiques, de cette générosité.
L'auteur en est lui-même dérouté et doute de la légitimité de ses dessins colorés alors qu'il pensait venir pour dénoncer les risques du nucléaire. Comme si le passé était recouvert par la nature et enterré sous des couches de non-dits. Comme si ce 26 avril 1986 n'existait que par ses stigmates : cette ville de Pripiat abandonnée, cette centrale désaffectée et cette zone interdite qui s'ouvre désormais au tourisme. Mais les conséquences sont là, même si peu en parlent et que tous préfèrent célébrer la vie plutôt que s'apitoyer.

Il y aurait tant à dire encore, mais je préfère m'arrêter là car il m'est difficile d'organiser ma pensée. Un conseil : ouvrez-le, laissez-vous emporter par cet album documentaire, par la force du trait de Lepage, par ses mots, ses interrogations, ses doutes parfois. Laissez-vous vous immerger par son expérience et envahir par cette page de notre histoire et ses conséquences. 
Les nombreux lecteurs de cet album : Aifelle, Antigone, JérômeKikine, MangoMiss Alfie, Mo’Noukette, OliV, Sandrine, Sandrine, Syl., Yaneck, Yuko, Yvan, etc.

C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Stephie et ma 60e participation Top BDau Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

 

 

 

Un grand merci à Sébastien pour cette découverte !  
 

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15 février 2015

Une adoration, Nancy Huston

Une adoration, Nancy HustonUne adoration est le dixième roman de la femme de lettres franco-canadienne Nancy Huston paru en 2003 chez Actes Sud.

Le comédien Cosmo est mort, un couteau planté dans le thorax. Pour comprendre ce qui s'est passé, son entourage vient témoigner. Elke, la maîtresse passionnée, Fiona, la fille de celle-ci et grande admiratrice du comédien, Frank, son frère, haineux et envieux, Josette, la mère éplorée, Jonas, l'amant de la dernière heure, le choeur de femmes qu'il a aimées mais aussi la passerelle qui l'a vu improviser ses premiers sketches, le couteau qui l'a tué, la baguette de pain ou encore le Cèdre du Liban qui interviennent à un moment de l'intrigue. Au tribunal où le lecteur est juge défile cette drôle de galerie, pour comprendre qui était Cosmo. Quelle était sa vie. Et ce, jusqu'à l'inévitable...

Je connaissais Nancy Huston de nom mais ne savais pratiquement rien de cette auteure. Après cette première lecture, je sais dorénavant deux choses : non seulement Nancy Huston est une femme de lettres talentueuse, mais aussi que je vais désormais tâcher de découvrir son oeuvre. 
Une adoration est un roman original dans son intrigue comme dans sa construction. De Cosmo, le personnage principal, nous ne saurons que ce que ses proches veulent en dire. Nous n'en aurons qu'une vue biaisée par leur prisme, par leurs regards. De l'amante éplorée à la mère vindicative en passant par les anciennes maîtresses éconduites ou l'ancien amant, chacun porte en lui sa vision du comédien, selon les rapports qu'il entretenait avec lui et ce qu'il a pu saisir de sa personne.  
Dans ce tribunal qu'est le roman, à la barre duquel chacun défile, la vie de Cosmo s'étire donc sous les yeux du lecteur ébahi, pris à parti par chacun sous le terme de "Votre Honneur". Les émotions se succèdent, selon les interventions de chacun, du rire aux larmes, de la colère à l'incompréhension. Et pas une seule fois le pauvre Cosmo ne pourra rétablir sa vérité.   C'est bien le comble : même les personnages décédés interviennent dans cette histoire. Tous, sauf lui...
L'humour est là, lorsque la baguette de pain ou la passerelle prennent la parole, lorsque les personnages, lassés d'attendre leur tour, veulent eux aussi être sous les feux des projecteurs et exigent la parole. 
De ce petit théâtre où chacun se bat pour exister et parler de son Cosmo, le lecteur est spectateur impuissant. Et si le postulat de départ est la mort du comédien, le lecteur peut néanmoins sentir l'émotion palpable, derrière les diverses interventions, et la réticence à avancer davantage dans le temps. Comme si évoquer à nouveau le décès de Cosmo était trop dur pour chacun des personnages. Mais la vérité doit éclater : qui a réellement tué Cosmo ? 
Je ressors absolument enchantée de ce roman polyphonique. Les voix des différents personnages résonnent encore une fois la dernière page tournée et c'est avec regret que j'ai refermé ce drôle de roman vibrant d'énergie et tourbillonnant.
Mais je ne quitte pas Nancy Huston pour autant et me replonge dans un autre de ses livres, un essai cette fois : Reflets dans un oeil d'homme. Merci Flo pour cette chouette continuité !

"On fait ce qu'on veut, ce qu'on peut, n'est-ce pas, avec les souvenirs qui nous constituent..." (p.49)

"Souvent, quand je flâne à Montparnasse, je vois tous ces gens en train de boire, de rire et de bavarder à la terrasse des cafés et je me dis que chacun d'eux, bricolant au petit bonheur la chance, construit dans sa tête le récit de sa vie, l'enchaînement particulier de choses, de jours, de lieux et d'êtres grâce auquel il se reconnaît en se réveillant le matin, oui, tous ces milliers de gens intégreront à l'histoire de leur vie cette soirée passée à la terrasse de tel ou tel café." (p.292)

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13 février 2015

La vie sexuelle des super-héros, Marco Mancassola

La vie sexuelle des super-hérosLa vie sexuelle des super-héros est un roman de l'écrivain italien Marco Mancassola paru chez Gallimard en 2011.

New York, mai 2005. Les super-héros qui ont sauvé l'Amérique au début du siècle dernier ont cessé leurs actions bienfaitrices et se sont recyclés dans diverses activités professionnelles. 
Mais une menace plane au-dessus d'eux, sous la forme de lettres anonymes révélant des détails de leur sexualité. Quand Robin est assassiné, la menace devient réelle et les super-héros commencent à craindre pour leur vie...

Avec un tel titre, je m'attendais à un roman traitant son sujet avec humour. Je m'attendais à du frivole, du léger. Un tueur qui menace ses victimes en leur parlant de leurs fantasmes les plus secrets et en révélant des détails croustillants de leur sexualité ? Voilà qui était amusant et tentant comme approche. 
Malheureusement, il n'en est rien. Non seulement ce roman n'est pas drôle du tout, mais en plus son intrigue est lente et tortueuse, les chapitres se succédant sans réel lien apparent si ce n'est les super-héros. C'est sombre, désabusé et nostalgique, comme si Marco Mancassola embrassait le point de vue de ces anciennes stars déchues. On pourrait y voir une critique de la société, certes, mais on s'interroge sur la nécessité du sexe et de la noirceur pour étayer cette idée.
Si le plaisir de retrouver des grands noms de chez Marvel et DC Comics est là - le lecteur suit tour à tour le quotidien de Mister Fantastic, Batman, Mystique et Superman - il est de courte durée. C'est malheureusement tout l'intérêt que j'ai trouvé à ce roman. Et c'est bien peu.
Les scènes de sexe sont gores et glauques, les personnages seuls et déprimés. Et puis c'est lent. Si lent. Un bien triste portrait de l'Amérique. Si triste que je n'ai même pas réussi à aller au bout de ce roman de près de six cents pages. L'intrigue traîne trop en longueur, s'étire tel le corps de Mister Fantastic. Et puis franchement, quelle idée aussi d'assassiner Batman avec un fist fucking ?  Je crois que c'est le détail qui m'a décidée à arrêter ma lecture. Oui, messieurs dames, Batman mérite une fin plus digne. Non mais.
Une erreur de casting dans mon parcours de lectrice. C'est sûr. Un roman dont je n'ai absolument pas saisi l'intérêt et qui - c'est rare - m'est littéralement tombé des mains. Maintenant, si vous avez vraiment du temps à occuper et de la patience...

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Voici une nouvelle participation au Reading Challenge 2015
50 - Un livre que vous avez commencé et jamais terminé

Un livre que vous avez commencé et jamais terminé.

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09 février 2015

Les Lames du Cardinal T.1, Pierre Pevel

Les lames du Cardinal Pierre PevelLes Lames du Cardinal est une trilogie écrite par le romancier français Pierre Pevel et publiée entre 2007 et 2010. Le premier tome a reçu le Prix Imaginales des lycéens en 2009, au Festival du même nom qui se déroule chaque année à Epinal, et le Morningstar Award en 2010 du meilleur nouvel auteur en Grande-Bretagne.

1633. Richelieu est sur ses gardes. L'Espagne menace la France sur laquelle règne Louis XIII. Pour déjouer un complot, le Cardinal fait appel à sa troupe secrète, les Lames du Cardinal, dissoute quelques années auparavant. Le capitaine La Fargue réunit alors son ancienne unité pour défendre la France face à ses ennemis... aidés de dragons.

Avec ce premier tome, Pierre Pevel ouvre une trilogie qui s'annonce des plus délicieuses, digne héritière des romans de cape et d'épée. Aventure et Histoire se mêlent judicieusement et offrent à l'intrigue un socle solide. 
Le décor historique est planté avec beaucoup de soin et prouve, si besoin est, la maîtrise de l'époque par l'auteur. Les personnages historiques se mêlent aux personnages fictifs et c'est avec brio que Pierre Pevel introduit les éléments fantastiques dans son intrigue. 
Paris est un personnage à part entière et Pierre Pevel prouve tout au long de ce premier tome sa connaissance du Paris du 17e siècle. C'est un plaisir de suivre les aventures des multiples personnages au détour des rues de la capitale. Un bémol à noter néanmoins : certaines descriptions ou éclaircissements - s'ils sont nécessaires pour une bonne compréhension du contexte historique - ralentissent parfois l'intrigue et manquent de finesse dans leur intégration à cette dernière. C'est mineur, certes, mais parfois un peu lourd. 
L'écriture de Pierre Pevel est fluide et efficace. Ses descriptions cinématographiques offrent un rendu visuel des plus intéressants aux scènes de batailles ou de course-poursuites.
 
Bref, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce premier tome. Et si l'intrigue semble un peu longue à démarrer, c'est pour mieux mettre en place la trilogie et amorcer le retour des Lames du Cardinal...
Merci à Coralie pour ce roman que j'avais gagné lors d'un petit concours organisé sur son blog !

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Voici une nouvelle participation au Reading Challenge 2015
7 - Un livre avec des personnages non humains
39 - Un livre avec de la magie

  • Un livre avec des personnages non humains

 

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05 février 2015

Le plus petit baiser jamais recensé, Mathias Malzieu

le plus petit baiser jamais recenséLe plus petit baiser jamais recensé est un roman du musicien et écrivain montpelliérain Mathias Malzieu paru en 2013 chez Flammarion.

Un inventeur en mal d'amour échange un jour un baiser éclair avec une femme qui disparaît aussitôt. Sous le charme de ses sens, il part à sa recherche. Aidé d'un vieux détective et de son perroquet apprivoisé, il va tout faire pour retrouver celle qui se volatilise quand on l'embrasse.

Ouvrir un roman de Mathias Malzieu, c'est se plonger à coup sûr dans un univers au charme singulier. Un brin mélancolique et suranné. Un tantinet barré et sombre. Complètement poétique et fantasque.  
J'avais aimé La mécanique du coeur, lu il y a quelques années, mais je n'avais pas ouvert un livre de Malzieu depuis. 
J'ai retrouvé avec plaisir son monde, son côté rock et barré dans ce roman qui se présente comme une suite métaphorique de La mécanique du coeur. Le héros de cette nouvelle intrigue a encore une fois le coeur brisé et souffre des méandres de l'amour. Le lecteur suit sa drôle d'enquête pour retrouver la femme invisible de ses rêves, à coup d'inventions farfelues et de trouvailles improbables.
On ne peut que penser à Boris Vian et son Écume des jours et à Michel Gondry et ses petits trucages et bricolages rigolos (surtout que Gondry a adapté en 2013 L'Écume des jours). C'est drôle, onirique et très inventif, à l'image de la plume de Malzieu. 
Mais... Mais en étant complètement honnête, si la teneur poétique de l'écriture de Mathias Malzieu est indiscutable, on pourrait néanmoins reprocher à celle-ci d'être un peu trop chargée en figures de style pour être fluide et simplement belle. Comme si l'auteur avait trouvé sa patte et la déclinait au fil de ses histoires. Comme si - je vais loin en disant ça - Mathias Malzieu se regardait faire du Mathias Malzieu. Les figures de style se succèdent -et notamment les oxymores- et rendent parfois l'ensemble un peu indigeste, un tantinet prétentieux. La cohérence se perd malheureusement au fil du conte et s'égare dans les méandres des mots. Comme si ceux-ci prenaient finalement le pas sur l'intrigue.
Une lecture en demi-teinte, donc. Un ensemble très imagé qui perd en fluidité et une histoire d'amour impossible qui pourrait être attachante et tendre mais qui souffre des jeux de style de son auteur. Je referme ce roman sans avoir compris pourquoi la belle disparaissait à chaque baiser. Était-ce l'essentiel, me direz-vous ? Peut-être pas... Mais cela m'a finalement gênée. Et si Malzieu soulève toujours autant d'enthousiasme à chacune de ses parutions, je m'en réjouis pour lui. Mais je crois que pour ma part, je suis moins sensible à son écriture et passerai désormais mon chemin. 

D'autres avis : Jostein, Lasardine, Liliba, Mélo, Yuko, etc.

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04 février 2015

Le château des étoiles T.1 1869 : La conquête de l'espace, Alex Alice

Le château des étoiles TLe château des étoiles est la dernière série du dessinateur et scénariste français Alex Alice dont le premier tome, 1869 : La conquête de l'espace, est paru tout d'abord en feuilleton sous la forme de journaux grand format, avant de sortir en album en septembre 2014 aux éditions Rue de Sèvres.

1869. La mère de Séraphin, scientifique passionnée, a disparu un an plus tôt en ballon, alors qu'elle faisait des recherches autour de l'éther et de ses possibilités de conquête de l'espace. 
Un jour, un étrange courrier destiné à Archibald, le père de Séraphin, le somme de se rendre en Bavière. Attaqués sur le trajet par des Prussiens, Séraphin et son père répondent présents à l'appel du roi Ludwig, souverain de Bavière et expéditeur du mystérieux courrier, et se replongent dans le projet de l'éther.

Le château des étoiles était mon unique achat à Montreuil cette année (quel sérieux, vous remarquerez...) Et si j'avais opté pour cet album, c'est que les nombreuses chroniques paraissant sur la blogosphère m'avaient largement convaincue que je tomberai sous son charme. Et l'hypothèse s'est vérifiée ! J'ai adoré ce premier tome, me plongeant avec un plaisir immense dans ce 19e siècle un tantinet différent du nôtre, onirique et merveilleux, aux allures de steampunk.
L'idée de conquête de l'espace grâce aux possibilités de l'éther est intéressante et Alex Alice prend le temps de l'expliquer, de la décortiquer pour la rendre accessible. On pense à Jules Verne, bien entendu, pour ces références aux questionnements scientifiques d'une époque, et c'est fort agréable.
Les dessins à l'aquarelle directement sur le crayonné, grande nouveauté pour Alex Alice, offrent à l'ensemble un rendu très intéressant. Les dessins des différents éthernefs rendent hommage à l'imagination d'Alex Alice et les recherches effectuées sur son sujet et offrent une sorte de légitimité à ce projet scientifique fou.
On pense à Miyazaki, pour le titre et les tonalités de couleurs, bien entendu. On rêve, aux côtés de Séraphin et ses amis. Et on a qu'une hâte : découvrir la suite de leurs aventures !
Coup de coeurMalgré des références scientifiques, l'ensemble demeure grand public et s'adresse à tous. Les différents lectorats y trouveront chacun ce qu'ils souhaitent. Les enfants, un album d'aventure drôle et porté par un personnage enfant ; les adultes une interrogation plus vaste. De mon côté, c'est un appel à découvrir Siegfried d'ici peu, série chaudement recommandée par mon ami Antoine.

En tout cas, voilà un nouveau coup de coeur pour moi. Et oui, quand je vous dis que mon année 2015 de lecture commence bien... C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck

D'autres lecteurs de cet album ou du feuilleton grand format : Stephie, Mo, JViel, George et Yaneck.

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Planche 3

 

Voici ma 59e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20)

 Top BD

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03 février 2015

Moi après mois... Janvier 2015

 Un rendez-vous initié par Moka.
Un peu de moi à Bouquinbourg. Beaucoup des autres, surtout.

Un rendez-vous initié par Moka
Un peu de moi à Bouquinbourg. Beaucoup des autres, aussi. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2015/01/08/31267741.html#sthash.siUA1RAs.dpuf

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Solid bronze, c'est sa couleur. Et elle est très souple à conduire / Un latte speculoos dans un chouette endroit et une discussion à deux sur l'art qui fait du bien. Tellement de bien / Comme une envie de faire un chantier de restauration d'un château du coup. Ferronnerie d'art ou terre et cuisson, mon coeur balance encore / Fourmiller d'envies et de projets et regorger d'énergie quand autour de moi tout le monde s'essouffle / Ouvrir les portes de Bouquinbourg à quelqu'un qui parle des livres si bien / Revoir Flo, découvrir son gros bidon et profiter de ces retrouvailles pour la présenter à celles qui comptent / Me dire que le temps a passé, depuis Toulouse et la place Olivier, mais que l'essentiel reste / Une banderole et une bougie qui chante qui font deux émules. Ouais, j'avoue, je mets bien l'ambiance quand même... (je suis dispo aussi pour les mariages et les Bar mitzvah !) / Première raclette en 2 ans. Merciiiiiiiiiiii ! / Des retrouvailles autour d'une plancha dans un resto coréen top. Rire, beaucoup, et se raconter nos moments importants / Parler de Tchernobyl aux élèves, grâce à deux livres si bouleversants / Et un latte cookies, un beau dimanche matin, et une discussion à trois évoquant, notamment, Badinter / L'horreur, ce 7 janvier / Pleurer. En rester sans voix et me sentir cruellement inutile dans ce monde en mouvement / Rebondir et décider d'agir, à mon niveau : l'éducation / Un weekend avec mon alsacienne qui tombe à l'eau. Le remettre à  plus tard / Celui qui refait sa déco et demande conseil / Le convertir à Cousin Paul / D'inlassables discussions autour des matières, couleurs et styles / Regarder Derek et Meredith après tout le monde et adorer. Vraiment... / Recevoir plein de gens à la maison, en ce mois de janvier, et cuisiner, pour resserrer des liens, continuer à vivre / Tarte pommes de terre, lardons, chèvre et marbré au Nutell*, c'est pas de la grande cuisine ça ? (Question diététique, on repassera, je suis d'accord... Mais il y avait quand même de la salade verte, c'est pas mal, non ?) / Porter un projet pro qui me tient à coeur et le driver comme je l'entends / Une impro un soir de semaine avec celle qui me manque tous les jours. La regarder manger des sushis sans moi, parce que j'avais mangé à 18h24. La loose... Mais c'était super quand même : j'ai eu droit à des boules coco en dessert ! / Encadrer ma stagiaire de Master 1 pendant 3 semaines. Apprécier ses points de vue et porter un autre regard sur mon métier. Ça fait du bien aussi / Faire découvrir La cité des livres qui rêvent à Poulette-Nene, et aimer qu'elle souhaite lire ce livre qui me tient tant à coeur / Des retrouvailles à Pigalle autour de cafés viennois et de burgers. Apprécier toujours autant les moments passés en leur compagnie. Next time à la maison ! / Rire à gorge déployée avec La femme parfaite est une connasse 2. Oui, et j'assume d'abord. Merci Manu pour le prêt ! / Prévoir 30, 60, 90 le 14 juillet et apprécier l'enthousiasme soulevé par cette idée / Recevoir mon nouveau téléphone noir. Ouais, c'est plus classe que le fushia, y'a pas à dire ! / Lui commander un étui made in England pour le protéger et lui éviter le sort du précédent / Comme une envie de créer. Beaucoup. / Un chouette weekend sous la neige, où la déco, les sushis, le foot et Tchernobyl se côtoient / Harmonie et sérénité, malgré tout. 2015, merci /

Les mois de Sandrine, Un livre un thé, Eleonore, Mademoiselle A, Martine, Capp, Elora, Sarah, Anne-Véronique, L’Irrégulière, Saxaoul, Tiphanie et Moka.

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