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Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

22 mars 2013

Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati

Jayne Mansfield 1967, Simon LiberatiJayne Mansfield 1967 est un court roman de Simon Liberati paru chez Grasset en 2011 qui obtint le prix Femina la même année.

Dans la nuit du 29 juin 1967, sur la route US 90 qui relie Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé percute violemment un camion. Les secours interviennent rapidement et dégagent trois enfants de la carcasse de la voiture. Leur stupeur est grande lorsqu'ils se rendent compte que leur mère n'est autre que la célèbre actrice Jayne Mansfield, et que cette dernière se trouvait à l'avant du véhicule.

Voici un billet qui sonne comme le glas. Un billet d'une rencontre qui n'eut pas lieu. Un billet d'une lecture qui laisse en bouche un goût amer de déception. Ma tête résonne de phrases commençant par comment : Comment un tel livre peut-il être publié ainsi ? Comment un tel livre peut-il être primé (bon ça encore, les magouilles et autres arrangements des prix littéraires m'ont toujours laissée de marbre) ? Comment un tel livre peut-il recevoir des critiques élogieuses ? Comment... C'est sans fin, ou presque, tant mon désarroi face à une telle oeuvre est grand.
Le genre de ce livre pose problème dès la première page. Le doute est semé par le sous-titre liminaire "Roman" et persiste tout au long du livre. Roman ? Biographie ? Mélange étrange de faits tristement réels et glauques ? Je n'ai pas su arrêter mon choix, mais le terme de roman m'a profondément gênée. Où se trouve le romanesque dans ce livre ? Je cherche encore.
En revanche, Simon Liberati nous livre ici le fruit de ses recherches sur la fin de vie de l'actrice. Avec un voyeurisme dérangeant et écoeurant, il s'attarde sur l'épave de la voiture, les restes humains retrouvés, la question du corps sans vie et ses aspects platement physiologiques. Les détails scabreux se succèdent, comme si l'auteur se délectait de nous indiquer que Jayne Mansfield a tâché la belle Buick bleue de sa cervelle. La langue est plate, le style journalistique. Aucune poésie dans ces lignes, mais des descriptions informatives souvent malsaines et sordides. Pourquoi donc ? Je serais curieuse de le savoir.
Loin de se contenter de cette épisode dramatique, Simon Liberati se propose de revenir sur l'année 1967 de Jayne Mansfield, et égraine à une vitesse fulgurante les derniers mois de la jeune femme. En guise d'hommage, un portrait décadent et vulgaire, où l'actrice apparaît dépassée et perdant pied. 
Pour ma part, je ne connaissais Jayne Mansfield que de nom. Je ne connaissais ni ses succès, ni ses frasques, ni sa triste fin. J'ai eu l'audace de croire que ce livre, encensé par la critique littéraire, me permettrait d'en savoir plus sur celle qui termina strip-teaseuse dans un cabaret glauque et isolé. Je suis bien naïve, me répondrez-vous, de penser qu'en un peu plus de 150 pages, l'auteur allait satisfaire à mon besoin. En effet, il n'a rien satisfait du tout, au contraire.
J'ai refermé ce livre sans finalement avoir compris la visée de l'auteur. Un hommage, comme indiqué en quatrième, alors que l'actrice est dépeinte sous son plus mauvais jour, en fin de carrière, droguée et alcoolique, nymphomane et désabusée ? Une tranche de vie - la fameuse année 1967 - où finalement rien n'advint de bien positif dans la carrière de celle qui fut longtemps un sex-symbol ? Un roman inspirée de faits réels ?
Un rendez-vous complètement manqué, comme annoncé en préambule. Je n'ai pas été conquise une seconde. Je n'ai été au bout que parce que ce livre ne fait que 157 pages. Pour ma part, je demeure perplexe quant aux critiques élogieuses et au prix décerné. Et cette lecture renforce ma position quant à la qualité des textes primés.

D'autres avis sur ce livre : Argali, Arieste, Asphodèle, Sharon, etc.

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [20] - Lien permanent vers ce billet [#]
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Vos commentaires

    J'ai eu du mal avec l'accident au début mais j'ai bien aimé même si comme toi je me demande sur quels critères il a obtenu le Fémina ? Et il s'est inspiré de sa vraie vie, à savoir qu'elle était trèèès vulgaire et trèèès dépravée ! Ses enfants ont failli mourir, ne l'oublions pas ! Elle n'a tourné qu'un ou deux films de séries Z, sa célèbrité : elle ne la devait qu'à la pub ! Alors, on ne peut pas demander à Libérati d'en faire un ange, même s'il essaie vers la fin de la réhabiliter, euh...

    Posté par Asphodèle, 22 mars 2013 à 10:32 | | Répondre
    • Je suis bien d'accord avec toi que cette femme semble avoir une vie assez dissolue, mais je n'ai pas compris le propos de l'auteur. Si c'était pour la montrer vulgaire et inconséquente, les anecdotes et photos de l'époque témoignent de ça, inutile de mettre en mots. Quant à l'accident, on frôle le voyeurisme avec de telles descriptions.

      Posté par soukee, 22 mars 2013 à 10:50 | | Répondre
      • Mais justement : il raconte le voyeurisme de l'époque ! Pourquoi ? Ne me demande pas ! Quant à la vie dissolue, c'était pire, de la drogue traînait dans les coupes de fruits, les enfants auraient pu en avaler ! Je pense qu'aujourd'hui on lui aurait retiré la garde depuis longtemps...

        Posté par Asphodèle, 22 mars 2013 à 11:38 | | Répondre
        • Quelle défense ! Mais tu ne me feras pas changer d'avis sur ce livre ! Je suis bien d'accord avec toi : vu la vie que cette femme menait, aujourd'hui elle n'aurait plus la garde de ses enfants !

          Posté par soukee, 23 mars 2013 à 09:08 | | Répondre
  • Alors là, déjà que ce livre ne m'attira pas...
    Bonne journée !

    Posté par laure, 22 mars 2013 à 10:34 | | Répondre
    • Ah oui, désolée, mais ce n'est pas moi qui vais te donner envie... Belle journée toi aussi !

      Posté par soukee, 22 mars 2013 à 10:52 | | Répondre
  • Bon ben ça c'est fait. Je ne note pas et je te remercie, c'est toujours un de moins à rajouter à ma trop longue liste de tentations.

    Posté par jerome, 22 mars 2013 à 17:18 | | Répondre
    • Contente si je t'ai été utile à ça !

      Posté par soukee, 23 mars 2013 à 09:16 | | Répondre
  • Un portrait décadent et vulgaire, ça donne pas envie.

    Posté par Alex mot a mots, 24 mars 2013 à 12:56 | | Répondre
    • Désolée, mais c'est mon ressenti...

      Posté par soukee, 24 mars 2013 à 14:10 | | Répondre
  • ça pourrait pourtant me plaire...

    Posté par Camille/Moka, 24 mars 2013 à 12:58 | | Répondre
    • Ah oui ? Je lirai ton billet avec curiosité si tu te laisses tenter !

      Posté par soukee, 24 mars 2013 à 14:10 | | Répondre
  • Eh ben, au moins, il n'encombrera pas ma LAL ! ^_^

    Posté par Véro, 24 mars 2013 à 19:10 | | Répondre
    • Dans un sens, ce n'est pas mal non plus !

      Posté par soukee, 24 mars 2013 à 19:14 | | Répondre
  • Moi qui voulais le lire, je ne suis plus sûre d'en avoir envie! Bises

    Posté par Cla S, 25 mars 2013 à 12:39 | | Répondre
    • Passe chez Asphodèle, son avis est bien plus positif. Ça te permettra d'avoir deux sons de cloche. Bizz !

      Posté par soukee, 27 mars 2013 à 22:27 | | Répondre
  • Bon, je passe, si c'est pour avoir affaire à du voyeurisme, ça ne m'intéresse pas.

    Posté par Manu, 26 mars 2013 à 09:15 | | Répondre
    • Je te comprends...

      Posté par soukee, 27 mars 2013 à 22:27 | | Répondre
  • Si j'avais lu ton billet en premier je l'aurais banni illico de ma liste de souhaits. Mais j'ai lu le billet d'Aspho avant alors... pfff, je sais plus quoi faire lol

    Posté par Natiora, 26 mars 2013 à 14:43 | | Répondre
    • Tu n'as plus qu'à le lire pour te faire ton opinion et nous départager !

      Posté par soukee, 27 mars 2013 à 22:28 | | Répondre
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