Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

31 janvier 2013

Bilan de lecture : janvier 2013

Chaque dernier jour du mois, je vous propose un billet
récapitulatif de mes lectures, que j'aurais eu le temps de chroniquer ou non.


Vous trouverez un  bouton "Bilan mensuel de lecture" dans la colonne de droite, pour accéder rapidement aux bilans de chaque mois.

C'est parti donc pour ce mois de janvier.

 Les livres déjà chroniqués 
(pour lire mes billets, cliquez sur les couvertures)

  Les Carnets de Cerise TSérum saison 1 épisode 1 Autres chroniques de San Francisco Timeville, Tim Sliders

Six Feet Under P1050859 Rien n'est trop beau, Rona Jaffe

 

Les livres en attente d'une chronique

 La drôle de vie de Bibow Bradley Infiltrés


  Bilan

Je ne suis pas mécontente de mon début d'année : je semble tenir une de mes résolutions (avoir moins de titres dans ma rubrique "A chroniquer" que dans celle "Les livres déjà chroniqués"). Seules mes deux lectures professionnelles du mois n'ont pas encore la chance d'avoir un billet. Il faut que j'y remédie et que je rattrape mon retard des mois précédents...
Je suis actuellement plongée dans trois longs romans - La dame en blanc, Le cirque des rêves et Les sorcières d'Eastwick - dont j'ai hâte de vous parler. Pourvu que ma résolution tienne bon au fil des mois et que mes bilans continuent à ressembler à celui-ci...  

Et vous, avez-vous bien commencé votre année de lecture ?

 

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27 janvier 2013

Rien n'est trop beau, Rona Jaffe

Rien n'est trop beau

Rien n'est trop beau est un roman paru en 1958 aux Etats-Unis et adapté au cinéma par Jean Negulesco en 1959. Son auteure, Rona Jaffe, ayant travaillé quatre ans dans une maison d'édition new-yorkaise, décida de raconter le quotidien des jeunes femmes qui, comme elles, concilient vie active et vie sentimentale, dans le New York des années 1950. Mi-étude sociologique, mi-roman, ce livre rencontra dès sa parution un vif succès.

New York, 1952. Caroline, Mary Agnes, April, Gregg et Barbara travaillent toutes les cinq aux éditions Fabian. Fraîchement diplômées, les cinq jeunes filles occupent des postes subalternes dans cette vaste entreprise dirigée par des hommes. Armées de leurs rêves et de leurs désirs, chacune cherche avidement à faire un beau mariage. Mais en attendant de rencontrer leur futur mari, elles profitent de New York et de ses distractions et subissent la dure loi du monde du travail.

J'aime beaucoup la question de l'émancipation de la femme et de la condition féminine traitée en littérature. Les années 1950 sont une époque charnière où, aux États-Unis, l'indépendance financière des femmes pointait son nez... avant de disparaître majoritairement au profit d'un mariage confortable. J'ai donc dévoré les 670 pages de ce roman avec grand plaisir.
Le lecteur goûte, à travers le parcours de ces cinq personnages, au quotidien des jeunes provinciales tout juste débarquées à New York. Si les paillettes et les plaisirs sont au rendez-vous, leur nouvelle vie de citadine leur réserve malheureusement bien des déconvenues : harcèlement sexuel au travail, tromperie, mensonges, etc. Tout n'est pas doré sous les lumières new-yorkaises, et c'est avec un sérieux courage que Caroline et ses amies vont affronter leurs déceptions.
Ode à l'indépendance et conseil aux nouvelles arrivées, Rien n'est trop beau est un roman protéiforme, à la fois analyse sociologique et initiation à la vie de femme indépendante, professionnellement et sexuellement. Le lecteur d'aujourd'hui regardera avec bienveillance les personnages errer et se chercher, car ces errances ne sont finalement pas loin de ce que l'on peut vivre aujourd'hui. Les aventures sentimentales des cinq jeunes femmes et leur naïveté attachante résonnent de façon universelle, même si la note de fraîcheur et de nouveauté liée à leur époque a disparu. 
Rona Jaffe nous permet de nous immerger dans le New-York des années 1950 et décrit la ville et son ambiance avec soin. On parcourt les lignes du roman et on se retrouve plongé dans cette folle ambiance de la ville qui ne dort jamais.
J'ai été émue par cette lecture, happée par ces histoires singulières pour lesquelles Rona Jaffe a interrogé cinquante new-yorkaises. On frôle le document d'époque, on oscille entre le roman et le documentaire tant l'auteure maîtrise son sujet et relate ce qu'elle a connu. On pense à Mad Men et Sept ans de réflexion. On savoure cette lecture, sans hésiter.

Les avis de Cynthia, Enigma, Iluze,  MangoManu et Fleurfleur.

 

Voici ma cinquième participation

au Challenge La littérature fait son cinéma 2 organisé par Will

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22 janvier 2013

British Mysteries by Lou & Hilde

British MysteriesComment résister à ce nouveau Challenge ? 
Lou et sa compère Hilde en sont à l'origine.

Le principe ? Un bond dans le passé pour enquêter aux côtés des meilleurs limiers britanniques et irlandais.

Où ? En Angleterre, en Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande (du Nord et du Sud). 

Quand ? Des origines de la délicieusement perfide Albion jusqu'à l'entre-deux-guerres.

Quoi ? Toute enquête de type histoire policière, mais aussi les histoires à suspense autour d'un mystère à résoudre.

Pour plus d'information, rendez-vous chez Hilde et/ou Lou !

 

Petit aperçu des titres de ma PAL qui entrent dans le cadre de ce challenge (histoire de me justifier...)

La dame en blanc, Wilkie Collins La mort s'invite à Pemberley, P Que le spectacle commence ! Ann Featherstone L'oncle Silas, Le Fanu Ma cousine Rachel, Daphné du Maurier

Une cup of tea, et c'est parti !
Le temps est de saison pour se plonger dans ce challenge, n'est-il pas ?

 

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20 janvier 2013

Timeville, Tim Sliders

Timeville, Tim SlidersTimeville est un roman d'un scénariste et écrivain franco-américain écrivant sous le pseudonyme de Tim Sliders, paru en novembre 2012 chez Fleuve Noir.

David Cartier, grand ponte de la cuisine moléculaire, a tout d'un homme professionnellement accompli : une carrière grandiose, de nombreux restaurants à travers le monde, un sens des affaires inné et Victoria, une énième bimbo accrochée à son bras. Et dès ce soir, David sera officiellement divorcé d'Anna, son épouse, à qui il laisse le soin d'élever leurs deux enfants.
Mais ce serait sans compter un étrange coup du sort. Alors qu'il passe une dernière soirée dans son ancienne maison et signe les papiers de leur séparation, David se réveille le lendemain matin dans une maison à la décoration douteuse. La famille peine à s'en rendre compte, mais elle a été catapultée dans les années 80 ! Et si connaître l'avenir semble présenter bien des avantages, la famille Cartier va très vite se rendre compte qu'elle va devoir réfréner ses envies de changer le futur...

Timeville est un roman qui repose sur un concept simple mais efficace : celui du voyage dans le temps. Qui n'a jamais rêvé de se réveiller un matin à une autre  époque ? Malheureusement pour les Cartier, ce rêve n'était pas le leur, ni les eighties leur époque de prédilection. Bonjour Rubik's Cube, canapé en cuir orange, Casimir et autres références des années 80.
Porté par l'écriture cinématographique de Tim Sliders, Timeville est un roman plaisant et drôle, qui nous plonge dans le quotidien d'une famille du XIXe siècle qui se retrouve, désemparée, en 1980. Comment vivait-on sans internet ? Sans portable ? Sans les avancées médicales actuelles ? Et surtout, comment s'intégrer dans cette société d'avant Tchernobyl, le Sida, la Chute du mur de Berlin, quand on connaît la suite ? Les péripéties s'enchaînent, et dès le moment que la famille décide de s'en sortir malgré ce décalage temporel, les difficultés surviennent. 
La grande problématique de ce roman, abordée il est vrai sur un ton assez léger, réside dans cette question : peut-on changer le cours des événements, à petite ou grande échelle ? David pourra-t-il sauver son frère Paul de son cancer ? Agathe, sa fille, empêchera-t-elle John Lennon de se faire assassiner le 8 décembre 1980 ? Anna et David réussiront-ils à sauver leur mariage, pourtant voué à l'échec dès le début du roman ? 
Dévoré en quelques heures, ce roman m'a permis de passer un très bon moment avec la famille Cartier. L'idée de voyage dans le temps me fascine et nourrit grandement mon imaginaire. Et si l'intrigue tourne souvent autour des sentiments et que le tout peut paraître parfois assez couru, Tim Sliders parvient à un roman à l'intrigue diablement bien rythmée et drôle. On pense à Retour vers le futur, bien sûr, et les relents nostalgiques et les références aux années 1980 souvent humoristiques et loufoques sont nombreux, mais le tout fonctionne bien. Bref, un roman divertissant à souhait !

Un grand merci aux Editions Fleuve noir pour la découverte de ce roman rafraîchissant.

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17 janvier 2013

Autres Chroniques de San Francisco saison 3, Armistead Maupin

Autres chroniques de San FranciscoAutres Chroniques de San Francisco est le troisième tome des célèbres aventures des locataires du 28 Barbary Lane. Parues initialement dans le San Francisco Chronicle en 1976, ces chroniques ont été réunies en roman en 1980.

Les années 70 ne sont plus, vivent les eighties ! Au 28 Barbary Lane, bien du changement a eu lieu. Mona est partie vivre à Seattle, Mary Ann présente une émission de télé et entretient une relation avec Brian tandis que Michael gère une jardinerie avec son meilleur ami, désespérant de trouver l'homme idéal. Tout semble calme. Mais ce serait sans compter le retour de Dede avec ses jumeaux.

Rares sont les séries qui me tiennent jusqu'au bout. Cela sera-t-il le cas avec les Chroniques de San Francisco ? Nous verrons... 
Cela fait quelques mois maintenant que je me délecte de la découverte de cette série mythique. Et ce troisième tome amorce un virage indéniable. Les années soixante-dix et leurs idées loufoques sont derrière et l'intrigue baigne dans les années quatre-vingts. Les personnages sont désormais trentenaires et ils semblent regarder leur vie différemment. La quête d'un partenaire idéal semble être leur leitmotiv. Finies les virées barrées, les histoires d'un soir, les soirées sans lendemain. Même Michael se désespère de son célibat. Les personnages semblent avoir mûri donc, sans pour autant que l'intrigue n'en souffre. 
Mais le plus notable dans ce roman, c'est qu'Armistead Maupin décide d'aller plus loin encore dans l'humour et l'invraisemblable. Certes, ces deux traits sont présents dès le premier tome, mais ce troisième tome introduit l'idée de rocambolesque et le lecteur est vite entraîné dans un incroyable tourbillon de péripéties. 
J'ai dévoré ce roman, encore une fois. Mais je l'ai trouvé un peu en dessous des deux premiers. Les invraisemblances et coïncidences qui ponctuent l'intrigue, si elles sont imprévisibles, n'en demeurent pas moins lourdes, très souvent. Et semblent éloigner ce tome de la fraîcheur des deux précédents. Le San Francisco moite et extravagant semble un peu loin... C'est dommage, mais je pense néanmoins continuer ma découverte de cette série.

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16 janvier 2013

Thermae Romae T.1, Mari Yamazaki

Thermae Romae TThermae Romae est une série de manga imaginée par Mari Yamakazi comptant actuellement 5 tomes. Petit focus aujourd'hui sur le premier tome de la série, paru en mars 2012 chez Casterman dans la collection Sakka.

Rome, an 128. Lucius Modestus est un architecte un peu démodé qui peine à vivre de ses constructions de bains. Alors qu'un énième employeur décide de se passer de ses services, il se rend aux thermes avec un ami. Mais une fois dans le bassin, il est aspiré par la bonde et manque de se noyer. Quelle n'est pas sa surprise de se réveiller dans un bain au milieu d'inconnus. Lucius ne le sait pas, mais il a atterri miraculeusement dans le Japon d'aujourd'hui, où le bain est un art de vivre. De quoi s'inspirer pour moderniser sa pratique...

Jérôme a loué il y a quelques temps ce manga dans un de ses billets (que vous trouverez ici). Connaissant mon attrait pour la Rome Antique, je ne pouvais que succomber à l'appel de ce projet un peu barré de mélanger cette époque et le Japon d'aujoud'hui.
Le résultat est à la fois étonnant et amusant. Chaque fois que l'architecte Lucius va aux thermes, il se fait aspirer par une bonde et se retrouve dans le Japon du XXIe siècle. L'occasion pour lui de regarder ce que les japonais ont inventé pour le ramener dans son époque ; l'occasion pour l'auteure d'établir un joli parallèle entre les deux peuples et leur attrait pour l'art du bain. Le personnage ne comprend pas, au fil de ses incursions dans notre monde, que l'époque a changé et qu'il appartient au passé et il est amusant de voir son arrogance tout à fait romaine envers les japonais qu'il rencontre.Planche 1
L
e trait de Mari Yamazaki est réaliste, précis et allie les deux époques avec brio. Le chapitrage permet à l'auteure d'insérer dans son intrigue des précisions quant à la Rome Antique, à l'art du bain au Japon, mais aussi quant à sa propre expérience des bains, etc. Ces passages documentaires se glissent naturellement entre deux chapitres et n'altèrent en rien la continuité dans la lecture.
Un premier tome réjouissant, donc, qui me donne envie de connaître la suite malgré un bémol : j'espère que l'auteure variera son schéma narratif. Voir Lucius aller une énième fois aux thermes, se faire aspirer, émerger au Japon, piquer une idée et revenir pourrait être lassant, à la longue. Mais comme la série est prévue en 6 tomes, je pense que cet écueil pourra être évité.

Logo_2Voici une nouvelle lecture pour mon Défi Au coeur de la Rome Antique.

 Et ma 48e participation
à la BD du mercredi de Mango
  

  Et ma 39e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17/20)

 Top BD

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12 janvier 2013

Les Carnets de Cerise T.1 Le zoo pétrifié, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les Carnets de Cerise TLes Carnets de Cerise est une série de BD imaginée par Joris Chamblain et illustrée par Aurélie Neyret, publiée dans la collection Métamorphose de chez Soleil. Le premier tome, Le zoo pétrifié, est paru en septembre 2012.

Cerise a dix ans et demi. Son rêve ? Devenir romancière. Pour le mener à bien et améliorer son écriture, elle entreprend la rédaction d'un journal intime dans lequel elle relate son quotidien. Et son quotidien est justement ébranlé par un mystère : qui est ce vieux monsieur qui se promène en forêt avec des pots de peinture ? Où va-t-il et pourquoi revient-il toujours recouvert de taches de peinture ? Aidée de Line et Erica, ses deux meilleures copines, Cerise décide de mener l'enquête.

Quelle petite merveille cet album ! Joris Chamblain nous offre ici un récit tout en poésie et en finesse, porté par un émouvant élan de solidarité intergénérationnel. Entre passé et présent, souvenirs et réalité, Cerise et ses amies vont découvrir le secret de celui qu'elles surnomment Monsieur Mystère.
Les dessins d'Aurélie Neyret sont un régal pour les yeux, et leur douceur un brin nostalgique et désuète les rend vraiment attachants. Les teintes pastel et le trait tout en rondeurs offrent à cette intrigue un aspect hors du temps vraiment intéressant. L'organisation des doubles pages donne un rythme certain aux aventures de la petite Cerise et chaque planche est un plaisir visuel.
L'album s'ouvre sur le carnet de l'héroïne éponyme qu'Aurélie Neyret a imaginé (petits carreaux, gribouillages et écriture enfantine, etc.) avant de muter en une BD classique. Une fois le secret de Monsieur Mystère révélé, c'est un tourbillon de couleurs et d'illustrations encore plus foisonnant à chaque page.
Je ressors enchantée de cette incursion dans les carnets de la petite Cerise ! J'attends avec impatience la suite des aventures de cette romancière en herbe et je ne peux que vous conseiller la découverte de ce très bel album.

Les avis de Entre les pages, FaelysLire pour le PlaisirLivr0ns-n0us, OliV et Pauline.

Je tiens à remercier chaleureusement les Editions pour cette très belle lecture.

 Planche 1 Les Carnets de Cerise Planche 2 Les Carnets de Cerise

 

Planche 3 Les Carnets de Cerise

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10 janvier 2013

Sérum saison 1 épisode 1, Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

Sérum saison 1 épisode 1

Sérum est une série de romans écrite à quatre mains par Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza et éditée par J'ai Lu. Son originalité ? Être découpée, comme une série télévisée, en saisons et en épisodes. La saison 1 a débuté en mars 2012 avec ce premier volet. Le sixième et dernier épisode de la saison est paru en décembre 2012.

Une course-poursuite dans le Brooklyn Museum. Une femme fuit une mort certaine. Grièvement blessée par ses assaillants, elle survit miraculeusement à la balle qu'elle reçoit en pleine tête. La détective Lola Gallagher est chargée d'enquêter sur cette affaire. Mais Emily, la victime, ne parvient pas à se rappeler ce qu'elle fuyait, ni qui. 

Cela fait pas mal de temps que je vois passer sur les blogs des chroniques à propos de cette série. Je me suis laissé tenter par ce roman qui sort de mes lectures habituelles. 
Je ne regarde que très peu de séries (hormis Six Feet Under, comme vous l'avez compris il y a quelques jours), notamment car l'étirement en longueur, s'il est confortable, a tendance à me lasser. Il en est de même en littérature : rares sont les séries qui ont su retenir mon attention au point de lire tous les tomes.  
Je me suis donc lancée dans ce roman avec curiosité : allait-il jouer sur moi cette attraction que certains évoquent, m'obligeant à dévorer tous les tomes parus ? 
Alors oui, l'intrigue est haletante, bien ficelée, et avance à bon pas, les auteurs mêlant habilement passé et présent au fil des pages. Le rythme effréné et l'écriture cinématographique rendent la lecture assez palpitante, tout comme les flashcodes qui ponctuent chaque chapitre (même si le concept de lecture augmentée s'est déjà fait ailleurs, notamment dans Level 26...)
Oui, les personnages mis en scène - une mère célibataire, une femme sans passé, un psy aux expériences douteuses...- sont intéressants et semblent tout droit sortis d'une série américaine. Leur vie est à la fois dramatique et follement mystérieuse. Mais le tout reste quand même léger et assez caricatural.
Et oui, ce premier épisode est une lecture agréable, qui se lit d'une traite. Il joue le rôle d'un pilote (premier épisode d'une série, pour ceux qui l'ignorent) et pose les bases d'une intrigue qui s'inspire des films et séries actuels. On pense à 24h chrono, entre autres.  
Mais, si le temps passé à lire ces pages a été plaisant pour moi, je regrette que cette organisation en épisodes ne permette pas à ce premier tome d'être plus consistant. Tout se met en place, mais il faudra évidemment lire la suite pour en savoir davantage. Au final, une fois la dernière page tournée, on n'en sait guère plus sur l'intrigue qu'au début. Alors oui, je ne suis pas fan de séries et le choix était risqué, mais j'aurais aimé voir naître en moi l'envie irrépressible de savoir ce qui va arriver à la jeune Emily. Peut-être qu'un tome unique m'aurait davantage plu. Mais ce n'était pas le concept de cette série. 

D'autres avis sur ce roman : Argali, Brize, Cynthia, Géraldine, LilibaL'Irrégulière, Mina, Nahe, NephPhookaSofynet, etc.

 

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09 janvier 2013

Le Tag des 9 : merci L'Irrégulière

Premier tag de 2013, de la part de L'Irrégulière,   
tag qui nous retient encore un peu dans l'ambiance de Noël...

Première phase : les 9 cadeaux à 9 euros

Le tag des 9

 

Pour ce tag, vous devez juste vous demander ce que vous offririez dans les 9 catégories de cadeaux suivantes si vous aviez un budget d’environ 9 euros par cadeau. Vous pouvez choisir un cadeau unique ou un lot composé de plusieurs éléments.

  1. Livre : L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde : un condensé de loufoquerie pour tester le côté barré de celui à qui je l'offre.
  2. Chocolats : Des Ferr*ro Rochers car quoi qu'on en dise, c'est quand même super bon.
  3. Épicerie fine : Une tapenade verte ou alors une huile à la truffe.
  4. Musique : La BO d'un des Harry Potter : ambiance super pour bouquiner l'hiver garantie !
  5. Culture : Le DVD de Be Happy de Mike Leigh pour garde la pêche en toutes circonstances !
  6. Accessoire de mode : Un snood moelleux de chez H*M.
  7. Gadgets ou trucs inutile ou affreux : Un cochon tirelire... Help !
  8. Boisson : Une boîte de thé de Noël de Comp*gnie Coloniale (un pur régal !)
  9. Souvenirs d'ailleurs : Un magnet représentatif du pays.

 

Phase 2 : 9 cadeaux pour ?

Tag 9kdo Qui

Vous devez juste vous demander ce que le Père Noël (ou un bon génie) apporterait pour faire plaisir aux personnalités ou personnages ci-dessous et sans limitation de budget. Le cadeau peut être un bien matériel ou un voeux réalisé…

  1. Le président de la République (ou un de ses ministres) : De quoi relancer l'économie pour qu'on arrête de nous bassiner avec la crise, vu qu'on est forcé d'y penser tous les jours.
  2. Fillon et/ou Copé : Un petit pain au chocolat...
  3. Gérard Depardieu : Une extinction de voix.
  4. Un(e) blogueur/euse : Un regain de pêche pour Manu !
  5. Un(e) candidat(e) de Secret Story ou un(e) participant(e) à Confessions Intimes ou à Qui veut épouser mon fils : Suffisamment d'esprit critique pour fuir ce type d'expérience.
  6. La famille Simpson : La possibilité de savoir que, dans notre monde, ils sont adulés par des millions de fans alors qu'ils mènent une existence tranquille d'américains lambda dans le leur.
  7. Le chat de Geluck : Hermux comme copain !
  8. Le Père Noël : Un traîneau supersonique ! Depuis le temps qu'il fait ce boulot, il mérite la pointe de la technologie...
  9. Une célébrité de votre choix réelle ou imaginaire, vivante ou pas (la nommer) qui, selon vous, mériterait bien et/ou aurait bien besoin d’un joli cadeau : Que l'écrivain Luc Dietrich sache qu'il est passé à la postérité et que des étudiants ont travaillé sur son oeuvre.

 

Phase 3 : mes 9 victimes

Zou ! Je me rebelle en 2013 et je ne tague personne ! Noël est passé, les cadeaux, c'est terminé, alors je vous épargne... Merci L'Irrégulière pour ce double tag !

 

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06 janvier 2013

Six Feet Under : nos vies sans destin, Tristan Garcia

Six Feet under nos vies sans destin, Tristan GarciaSix Feet under : nos vies sans destin est un essai paru en septembre 2012 chez PUF. Tristan Garcia, son auteur, est né à Toulouse en 1981 et a enseigné la philosophie avant de se tourner vers l'écriture de séries télé.

Six Feet Under [Six Pieds sous terre] est une série américaine en cinq saisons créée par Alan Ball et diffusée par HBO de 2001 à 2005.
Elle met en scène, tout en pudeur et en réalisme, le quotidien de la famille Fisher, qui gère une entreprise de pompes funèbres : Ruth, la mère adultère à la recherche d'elle-même, Nath, le fils aîné qui n'avait pas prévu de rester à Los Angeles, David, qui refoule son homosexualité pour mieux se consacrer à l'entreprise familiale et Claire, la petite dernière, qui termine ses études. Et puis Nathaniel, le père, mort dès les premières minutes du pilote, et qui, par son testament, oblige toute la famille à vivre ensemble autour de la société qu'il a créée.

La famille FisherSix Feet Under est ma série fétiche, celle qui m'a captivée, m'a fait sourire, pleurer, réfléchir. Une série dont je ne me lasse pas et dont chaque visionnage m'apporte quelque chose.
La parution de cet essai chez PUF m'a interpellée et sitôt reçu à Noël, je me suis littéralement jetée dessus. Tristan Garcia aborde, avec une plume d'une justesse inouïe, Six Feet Under sous tous ses angles. En 168 pages, il s'attarde sur les prémisses de la série - qu'il appelle le prégénérique -, décortique le générique ainsi que la première scène du pilote, puis nous propose une réflexion thématique et graduelle : les individus, la famille, le travail, l'amour, la mort, la quête du sens, le tout ponctué par le portrait des personnages principaux et l'analyse d'épisodes clés de la série.
L'analyse des protagonistes et de leur vie au cours des cinq saisons permet de les mettre en résonance et de davantage les cerner. On se rend ainsi compte que Ruth a sacrifié son bien-être pour s'occuper des siens, que le couple David/Keith est le plus solide tout au long de la série, que Claire se perd dans l'art pour s'exprimer et trouve dans la photographie la possibilité d'être avec les autres tout en les observant du dehors et que Nath, cherchera tout au long de sa vie un accomplissement inespéré.
A la fois taxée d'élitisme et encensée par la critique, Six Feet Under est un condensé de réalisme à l'état pur porté par un rythme lent, comme celui de la vie. Un petit bijou d'intelligence et d'émotions dont personne ne sort indemne. Ce petit guide en est une analyse indispensable et permet de clore le chapitre ouvert en 2001.
Avis à mes lecteurs habituels, deux choix s'offrent à vous : soit vous avez vu cette série et vous l'adorez (cela s'entend !), soit vous êtes obligés de regarder au moins le pilote pour comprendre ce que je viens de développer plus haut.

« Ample et minutieuse saga sur le temps, la finitude, la morale, la société et l'art de son temps, cette série peut pourtant prétendre à un statut proche de celui de la Recherche proustienne - à ceci près que le « je  » du narrateur aurait éclaté, s'ordonnant en une concaténation de subjectivités égales et négociant entre elles les conditions de leur éducation sentimentale, de leur possibilité de "vivre enfin" ». (p.12)

« Immense oeuvre étalée sur cinq années, Six Feet Under ressemble à une vaste opération de chimie qui dissout nos pensées, nos croyances, nos désirs et nos sentiments dans l'existence ordinaire ; et quel est le précipité obtenu à la fin ?  Notre conscience de nous-mêmes, en larmes. » (p.13)

 A défaut d'un trailer digne de ce nom, je vous laisse avec le générique, envoûtant. 

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