Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

30 avril 2012

Moi, après mois... Avril 2012

Une chouette idée et un beau logo piqués à Moka ! (avec son accord)

Un bilan mensuel des moments forts, émouvants, marquants, drôles, tristes parfois,
bref, de ces instants qui permettent d'avancer et de continuer à se construire au quotidien.

Un peu de moi à Bouquinbourg et beaucoup des autres, aussi, de ceux qui ne sont pas sur la blogo et qui m'accompagnent au jour le jour...

Moi-apres-mois

Fêter mes vingt ans et des poussières des tas de fois / Être très gâtée / Acclamer un écuyer en collant vert / Être en vacances et n'avoir rien prévu pour laisser la place aux imprévus / Aller chercher mon premier panier de légumes chez un producteur à la gare et me creuser la tête pour les cuisiner / Voir la grisaille s'installer et râler / Manger un cheesecake divin, préparé avec amour pour mon annif et celui de ma soeurette / Voir mon citronnier fleurir sur ma terrasse et attendre fermement le retour des beaux jours / Fêter en images un 29 avril... / Stagner dans mes projets / M'acheter un vernis corail assorti pile poil à mon nouveau pull / Rire, beaucoup / Faire ma première compote de rhubarbe et me dire que finalement j'aime ce fruit / Refêter mes vingt ans et des poussières ! / Retrouver le goût de lire, un peu absent ces derniers temps / Commencer l'apprentissage du chinois pour cet été / Y prendre du plaisir / Voir une chouette expo avec des amis / Fêter l'anniversaire de mes proches de façons diverses / Dénicher des livres d'occas' chez Gib*rt et les dévorer / Réfléchir à l'avenir / Déguster un excellent repas italien / Porter mes nouvelles paires de ballerines malgré le temps pourri / Faire une virée dans le 13e et chez Tang pour me mettre dans l'ambiance de notre été / Regarder le ventre d'une amie s'arrondir au fil des jours / Découvrir de nouveaux thés et remercier Ku*mi Tea d'exister (et ceux qui m'en ont offert !) / Être amoureuse, comme jamais / Jouer au billard, mal, mais jouer quand même / M'acheter un nouveau jeu vidéo et y passer des heures / Regarder Sherlock Holmes version BBC et adorer / Suivre les présidentielles avec passion / Prendre le temps /Relire les aventures de Thursday Next et adorer / Attendre avec impatience la reprise des cours de yoga / Retourner au cinéma, malgré la programmation pas terrible et la VF / M'acheter une nouvelle paire de lunettes de soleil, en prévision de l'été / Craquer pour l'intégrale de Tim Burton en DVD et se programmer de chouettes soirées films / Rêver, souvent /

 

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28 avril 2012

Le sang de l'hermine, Michèle Barrière

Le sang de l'hermineLe sang de l'hermine est le septième et dernier roman de Michèle Barrière paru en novembre 2011 aux Éditions JC Lattès. Pour ceux qui me connaissent, vous savez à quel point j'apprécie les romans noirs gastronomiques de cette auteure. Et une fois n'est pas coutume, j'ai succombé à l'appel de cette parution et j'ai acheté ce roman en grand format...

1516. François 1er règne sur la France. Quentin du Mesnil, son maître d'hôtel et ami d'enfance, est chargé du projet Chambord : construire un château pouvant accueillir le roi et sa cour lors des chasses qu'il affectionne. Mais pour cela, le souverain désire un seul architecte : Léonard de Vinci. Le vieil homme, entouré d'ennemis et de jaloux, se terre en Italie. A Quentin d'aller à sa rencontre à ses risques et périls. Certains veulent la perte du célèbre Léonard...

Quel bonheur de me plonger à nouveau dans un roman noir gastronomique de Michèle Barrière ! Premier opus d'une nouvelle série qui se déroulera au 16e siècle, sous le règne de François 1er, Le sang de l'hermine s'inscrit dans la droite lignée de ses prédecesseurs et allie avec brio une intrigue très bien ficelée et une histoire de l'alimentation toujours très pointue.
Au 16e siècle, les couverts font leur apparition en Italie et l'assiette remplace la tranche de pain, ce qui fait grandement réfléchir le héros du roman, prêt à introduire ces nouveautés à la cour du Roi de France. Mais cette dernière sera-t-elle prête à renoncer à ses traditions et à adopter ces nouveaux ustensiles ?
Sanglier, lièvre, cygne, poulet au verjus, hypocras etc. font des banquets royaux de véritables mises en scènes que Quentin, en bon maître d'hôtel, organise. Les arts de la table et l'organisation de banquets sont de son ressort et il importe grandement à Quentin de mériter son amitié avec le Roi et d'impressionner les convives de ce dernier.
A ma grande surprise, le végétarisme est évoqué, avec Léonard de Vinci :
"Je ne supporte pas que mon corps soit une sépulture pour d'autres animaux, une auberge de morts." (p.115)  L'artiste italien est, en outre, l'objet de nombreuses descriptions sur ses inventions, certes, mais aussi sur ses analyses du monde qui l'entoure, ses réflexions et ses convictions. Passionnant !

J'ai à nouveau passé un excellent moment avec ce nouveau roman. Michèle Barrière surprend son lecteur en mêlant habilement Histoire et fiction, en l'abreuvant de détails singuliers sur l'époque, et le laisse sur sa faim avec la question de Chambord... Aucun suspense de mon côté : je serais au rendez-vous des prochaines aventures de Quentin du Mesnil !

Pour ceux qui ne connaissent pas Michèle Barrière, ou que de nom, plongez-vous dans un de ses romans : vous serez séduit sans aucun doute ! Et ce n'est pas le carnet de recettes d'époques, disponible à la fin de chaque livre et permettant de prolonger sa lecture par des recettes de cuisine évoquées dans le roman, qui vous dissuadera de cette plongée dans l'Histoire...

Si vous souhaitez en savoir plus sur Michèle Barrière, vous pouvez retrouver
l'interview que j'avais faite il y a deux ans, dans ce billet.

Ou tout simplement l'écouter parler son dernier roman ci-dessous.

(Source : La Griffe Noire)

 

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19 avril 2012

Achats et nouveaux livres : réflexion printanière

Ce sont les vacances, le temps s'étire et devient malléable. Quel bonheur !
J'en profite pour bouquiner, rêvasser, me balader, réfléchir...

Depuis que je tiens mon blog, ma veille littéraire s'est accrue,
et avec elle le nombre de livres que j'achète et qui traînent
dans ce qu'on appelle sur la blogosphère littéraire, ma PAL (Pile à Lire).
Pour éviter ce phénomène désagréable et cette sensation de consommer à tout va,
je me suis tournée, depuis un an maintenant, vers mes étagères et celle de mon conjoint,
lesdites étagères débordant de livres que je n'ai toujours pas lus.

Lire, oui, mais autrement. Arrêter les achats compulsifs.
Acheter un livre et le prêter autour de moi. Le donner. Le vendre.
 M'en faire prêter. En emprunter, beaucoup.
En télécharger sur ma liseuse, aussi. Notamment tous ceux tombés dans le domaine public.
A l'heure de la hausse de la TVA sur les livres, je milite à ma toute petite échelle et achète le peu qu'il me faut chez mon libraire de quartier.

Admettre de n'avoir pas le temps, en une vie, de lire tous les livres publiés.
Admettre de devoir faire des choix.

Admettre aussi que la lecture est un passe-temps parmi tant d'autres.
Admettre, enfin, qu'amasser tous ces livres ne me donnera pas plus de temps pour les lire.

Voici le fruit de mes réflexions depuis un an, à peu près.
Un appartement tout petit y a contribué, mais maintenant que j'ai de la place,
mon raisonnement est le même.
Cela ne m'empêche pas de noter les livres qui m'intéressent dans mon carnet.
Mais la lecture a pris une autre dimension : il n'est plus forcément question pour moi de posséder un ouvrage, ni de l'avoir de première main, ni au moment de sa parution,
ni de l'acheter sans savoir quand j'aurai l'occasion de le lire.
J'aime noter des titres, les chercher ensuite sur les étals de bouquinistes ou chez des libraires d'occasion.
«
Au petit bonheur», diraient certains...
Le frisson qui m'envahit lorsque je trouve enfin l'objet de mes désirs est absolument délicieux...

Une fois n'est pas coutume, en balade à Paris munie de mon petit carnet,
je me suis arrêtée à Gib*rt Joseph, place St Michel.
L'idée ? Dégoter d'occasion des livres de mon carnet...
Et au vu de cette photo, je crois que je peux m'estimer chanceuse !

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  • Une odeur de gingembre d'Oswald Wynd
  • L'ABCdaire du château de Versailles
  • Le sang de l'Hermine de Michèle Barrière
  • La pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan Coe
  • Baguettes chinoises de Xinran
  • Mystère rue des Saints-Pères de Claude Izner
  • L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde

Ravie de mes achats, je me suis plongée ce matin dans le roman noir de Michèle Barrière (que j'ai quasiment terminé !) Et je suis en train de réfléchir à créer une page sur mon blog pour ma - attention, nouvel acronyme barbare - LAL (Liste à Lire) ou Wish-list : les livres que j'ai envie de lire mais que je n'ai pas. Histoire de noter mes trouvailles au fur et à mesure et d'y voir un peu plus clair. Sur ce, je retourne bouquiner...

 

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15 avril 2012

Wiggins et la nuit de l'éclipse, Béatrice Nicodème

Wiggins et la nuit de l'éclipseWiggins et la nuit de l'éclipse est un roman de Béatrice Nicodème paru en mars 2012 chez Gulf Stream Editeur. Passionnée d'histoires policières et particulièrement de Conan Doyle, Béatrice Nicodème a imaginé une série de romans mettant en scène Wiggins, le jeune garçon qui aide parfois Sherlock Holmes dans ses enquêtes. Ce roman est le huitième de la série débutée en 1992.

Angleterre, 1894. Wiggins ne s'est pas remis de la disparition de Sherlock Holmes dans les chutes de Reichenbach, trois ans plus tôt. Le jeune homme, désireux de suivre les traces de son idole disparu, est engagé dans un collège privé afin de protéger un des élèves. Son père, un célèbre juge londonien ayant reçu des lettres de menaces à l'encontre de son fils, craint pour la vie de celui-ci.
Pour le jeune homme, qui n'a pas eu la chance d'être scolarisé, l'école de Midhurst est une découverte. Et très vite, il se rend compte que derrière la vie codifiée et réglée de l'établissement se trament de drôles de choses...

Je ne connaissais Béatrice Nicodème que de nom et n'avais jamais lu un de ses livres. Ce roman jeunesse m'a attirée suite à la lecture de l'essai de Natacha Levet consacré à Sherlock Holmes dont je vous ai parlé il y a peu. Histoire de continuer dans ma lancée...
Et je n'ai absolument pas été déçue de cette découverte ! Béatrice Nicodème entraîne son lecteur dans une intrigue très bien ficelée qui rappelle avec finesse les enquêtes de Conan Doyle. Les rebondissements s'enchaînent au même rythme que les intrigues secondaires, le tout formant une harmonie très agréable à lire.
L'auteure soigne autant ses personnages que ses ambiances et nous offre avec Midhurst un bel exemple de public school à l'anglaise. Comme l'avait fait J.K. Rowling avec Poudlard dans Harry Potter, elle dresse ici la description d'un lieu aux codes stricts et aux traditions bien ancrées. Mais derrière la droiture et l'excellence, Béatrice Nicodème aborde, en parallèle de l'intrigue principale, la question très actuelle du harcèlement scolaire. L'idée est intéressante et offre une profondeur singulière à l'enquête que mène le jeune Wiggins.

Wiggins et la nuit de l'éclipse
est un roman à lire dès 9 ans pour se détendre en compagnie du digne héritier de Sherlock Holmes, mais également pour réfléchir à la question de la socialisation par l'école et de ses dérives.

Un grand merci à Vincent des Agents littéraires et à g pour la découverte de ce roman.

 

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12 avril 2012

Le tableau du Maître flamand, Arturo Perez-Reverte

Le tableau du maître flamandLe tableau du Maître flamand est un roman de l'écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte paru en 1990 et couronné par le Grand Prix de littérature policière en 1993.

Madrid. Julia, restauratrice de tableaux, découvre sur l'oeuvre du XVe siècle qu'elle restaure, une mystérieuse inscription : Quis ecavit equitem ? Cette inscription latine, masquée par Van Huys, l'auteur du tableau, fait étrangement écho au sujet même de la toile. Qui a tué le chevalier, l'un des joueurs peints ?

Un ultime visionnage de La neuvième porte, la semaine dernière, m'a donné envie de sortir ce roman de ma PAL. Arturo Pérez-Reverte est en effet le romancier à l'origine de ce film de Polanski avec Johnny Depp, film plutôt bien ficelé je dois dire.
Mais revenons à ce roman... J'en avais entendu beaucoup de bien, d'où mon achat chez un bouquiniste il y a quelques temps... Et nombreux ont été les commentaires récents m'assurant une lecture absolument délicieuse...
Malheureusement, j'ai été un peu déçue. L'idée de départ est excellente et prometteuse, mais le rythme de l'intrigue est trop lent pour tenir le lecteur en haleine. Le manque d'épaisseur psychologique des personnages les fait irrémédiablement pencher du côté de la caricature.  C'est bien dommage !
J'ai pourtant aimé les mises en abyme de l'auteur, nous faisant voyager entre les deux époques. Si le procédé est éculé, il n'en demeure pas moins efficace avec cette intrigue.
Mais la magie n'a opéré qu'un temps et j'ai trouvé trop de longueurs à ce roman et un dénouement vraiment trop prévisible pour, après en avoir fermé la dernière page, me dire que je l'ai vraiment aimé.

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09 avril 2012

Sherlock Holmes : de Baker Street au grand écran, Natacha Levet

Sherlock Holmes de Baker Street au grand écranSherlock Holmes : de Baker Street au grand écran est un essai de Natacha Levet,  maître de conférences en littérature à l'université de Limoges, paru en janvier aux éditions Autrement. 

Natacha Levet se penche avec application, en 211 pages, sur le personnage imaginé par Conan Doyle. Elle passe au crible la naissance littéraire du mythique enquêteur britannique, sa personnalité, les inspirations littéraires de son auteur, le triomphe quasi immédiat de ses aventures, mais aussi leurs adaptations multiples à la TV, au cinéma, au théâtre, en littérature...

Vous ne connaissiez de Sherlock Holmes qu'une silhouette portant une cape, un deerstalker et une pipe ? Vous pensiez que Robert Downey Jr. était le seul interprète de talent du célèbre enquêteur ? Pire : vous n'avez jamais lu d'aventure de Sherlock Holmes et vous avez regardé d'un oeil distrait l'une ou l'autre adaptation de Guy Ritchie sans vous poser aucune question ? Vous pensez donc ne pas être concerné par ce livre. Faux, absolument faux : cet essai est fait pour vous !
Sherlock Holmes : de Baker Street au grand écran
est un livre rudement bien documenté, qui saura séduire les novices holmésiens comme les plus aguerris. Non seulement il permet d'apporter un éclairage nouveau au personnage et à ses aventures - en passant par son célèbre acolyte Watson - mais en outre il offre une analyse très fine sur ce qui a précédé l'oeuvre de Doyle et ce qui lui a succédé. Une étude très complète qui permet de réviser ses classiques tout en approfondissant certains points.
Natacha Levet revient ainsi aux origines du célèbre enquêteur : le contexte de son écriture par Conan Doyle, tant historique que biographique,  mais aussi les figures d'enquêteurs littéraires célèbres qui ont influencé son créateur : le chevalier Dupin et l'inspecteur Lecoq, personnages imaginés respectivement par Edgar Poe et Emile Gaboriau. On apprend ainsi qu'Holmes est loin d'être le premier enquêteur flanqué d'un acolyte à qui il conte ses exploits, à avoir des capacités de déduction et de logique hors du commun, voire un don pour le déguisement...
Natacha Levet prolonge sa réflexion en listant les adaptations littéraires, cinématographiques et théâtrales des aventures de Sherlock Holmes, et leurs influences sur le mythe holmésien et ses représentations et clôt sa réflexion sur une bilbiographie et une filmographie des plus complètes ! 
Une lecture très enrichissante donc, très abordable en terme de contenu, qui permet d'en savoir plus sur un personnage mondialement connu, devenu en quelques années un mythe littéraire.

"Le public du XIXe siècle est friand de récits de crime et la presse exploite abondamment ce goût en développant la rubrique des faits divers et la fiction criminelle. Il s'agit moins d'une fascination morbide que de l'expression de nouvelles angoisses face à un monde qui change très vite." (p.6)

"Arthur Conan Doyle n'invente pas une forme littéraire, mais il en exploite le potentiel et en fixe un modèle possible, perfectionnant le genre de récit en récit. " (p.7)

"Les aventures de Sherlock Holmes offrent un écho aux controverses et aux grandes interrogations médicales de l'époque." (p.75)

"C'est la combinaison d'un héros tout-puissant, d'une aventure et d'une parole théâtralisée qui constitue la base d'un fonctionnement mythique du récit." (p.94)

"[Watson] est surtout le double naïf du lecteur, attendant la révélation de la parole holmésienne, incapable de se livrer à la même analyse alors même qu'il possède les mêmes informations que le détective." (p.97-98)

"Sherlock Holmes théâtralise sa parole, mais il a besoin pour cela du medium narratif qu'est Watson afin d'accompagner le lecteur dans le brouillard des signes, avant de tout expliquer d'une parole magique qui éclaire et révèle." (p.99)

Et pour les plus réticentes,
Robert et Jude sauront vous convaincre...
(autre version : Rachel saura vous convaincre...)

 

 

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04 avril 2012

Polina, Bastien Vivès

Polina, Bastien VivèsPolina est un album signé Bastien Vivès, sorti en 2011 chez Casterman, récompensé par Le Prix des Libraires 2011 et Le Grand Prix de la Critique BD 2012.  Lauréat en 2009 du Prix Révélation au Festival d'Angoulême avec son album Le goût du chlore, Bastien Vivès, 28 ans, poursuit son chemin dans le monde de la bande dessinée.

Polina a six ans lorsqu'elle rencontre le professeur Bojinski, chorégraphe réputé. Cette rencontre se solde par cette remarque assassine : "Il faut être souple, si vous espérez un jour devenir danseuse. Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don." Mais quelques années plus tard, Polina retrouve le chorégraphe très strict. Et malgré sa dureté, elle apprend avec lui la rigueur nécessaire à la danse classique.

Tant a déjà été dit sur cet album que je peine à trouver quelque chose d'original à ajouter. Et pour cause : Polina est un album déroutant, et ce à plusieurs niveaux.
Déroutant par son sujet, tout d'abord, le monde très fermé des danseurs professionnels. Si vous pensez que ce n'est pas pour vous car vous ne dansez pas ou que vous n'y connaissez rien, vous vous trompez. Je suis dans ce cas-là et j'ai pourtant été captivée par l'histoire de Polina, de son enfance à son âge adulte. Aimiez-vous tant que ça la boxe pour apprécier Million Dollar Baby de Clint Eastwood ? Bon, c'est la même chose. Cet album possède la même portée universelle.
Déroutant, ensuite, dans sa temporalité, et surtout dans ses ellipses. Tout au long de ces 206 pages, on suit le parcours de Polina. De ses débuts à 6 ans à son entrée à l'école de danse puis au théâtre. Bastien Vivès parvient avec une facilité déconcertante à faire défiler les jours et les années sans aucune indication. J'ai été bluffée, notamment, par une page qui, en six cases, fait ressentir au lecteur la succession des jours d'entraînement de l'héroïne. Six cases seulement, et des journées pourtant symbolisées. Grandiose !
Déroutant, enfin, dans son dessin. L'album est en niveaux de gris et le trait de Bastien Vivès minimaliste. Ce dernier ne s'encombre ni de personnages secondaires - aux visages parfois gribouillés -, ni de décors détaillés. Le trait est simple et s'attache au personnage de Polina. Les instants dansés sont très soignés et témoignent du talent de l'auteur. Regarder une planche de dessins montrant un personnage danser, c'est assister à un ballet.
Bref, une lecture absolument incroyable, et déroutante (mais ça, vous l'aurez compris). Ne dites pas que vous n'aimez pas les dessins, qu'un album en niveaux de gris vous laisse de marbre, etc. Ouvrez Polina et venez en parler !

Les avis de Mango, Marion, Theoma, Sophie, Lili Galipette, Alex-Mot-à-Mots, d'Antigone, sur cet album.

Planche Polina

Double page Polina

Et voici ma 38e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 29e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17,5/20)

Top BD

Et voici les dix premiers titres du
Top BD des blogueurs du mois de mars

 

  1. Gaza 1956, Joe Sacco, Futuropolis                                           
  2. Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association                          
  3. Habibi, Craig Thompson, Casterman                                                            
  4. Maus, Art Spiegelmann, Flammarion                                               
  5. Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman  
  6. Idées Noires, Franquin, Fluide Glacial  
  7. NonNonBâ, Shigeru Mizuki, Cornélius   
  8. Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis                                                                         
  9. Black Hole, Charle Burns, Delcourt                                           
  10. Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d'Ouest                      

...

Pour en savoir plus sur le Top BD des blogueurs, rendez-vous chez Yaneck

 

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03 avril 2012

Panne de mots, fatigue, vraie vie, etc.

Comme beaucoup de blogueurs et de blogueuses, il m'arrive d'avoir des moments de doutes à propos de mon blog. Comme en ce moment, par exemple.
Des doutes quant à son intérêt, tout d'abord. Qui suis-je pour prétendre que mes lectures en intéressent d'autres ? Que mes avis personnels puissent avoir un quelconque intérêt pour d'autres lecteurs ? Je ne suis pas critique littéraire, mes avis sont le fruit d'une rencontre avec un livre, et cette rencontre dépend de mon état d'esprit, des résonances que cela va provoquer en moi, de la lecture précédente, etc. Moi-même quand je relis parfois certains de mes billets, je n'éprouve plus le même sentiment sur un livre. Difficile donc de captiver quiconque quand on a cette idée en tête...

Des doutes également, quant à la place à accorder à mon blog dans ma vie. Parfois quotidienne, parfois hebdomadaire, selon le temps dont je dispose. Depuis bientôt 3 ans maintenant, tous les livres (ou presque) qui passent entre mes mains sont chroniqués ici. Je suis souvent enthousiaste à l'idée de disserter longuement sur un livre, que je l'aie aimé ou pas. Et parfois, les mots me manquent. Non pas que ma lecture ne m'en inspire pas, mais plutôt parce qu'écrire est plus laborieux. Comme en ce moment. Non seulement je peine à m'intéresser à la lecture car trop de questions se bousculent dans ma tête, mais en plus lorsque je parviens à terminer un livre, j'ai beaucoup de mal à en parler. Et chaque billet me prend beaucoup plus de temps que d'ordinaire.
Et puis la vraie vie, vous savez, celle que vous ne passez pas derrière votre ordinateur, est très chouette aussi. Et dans ces moments là, ces moments de doutes, il est difficile de trouver le temps de palabrer. Pas envie de me réveiller et de voir que j'ai passé ma vie derrière mon écran à oublier ce(ux) qui m'entoure(nt).

Mais heureusement, il y a du positif partout. Quand une amie non blogueuse vous dit qu'elle pioche très régulièrement des idées de lectures sur votre blog et qu'en ce moment, elle a deux envies de lecture grâce à vous, ça fait tout drôle... D., tu te reconnaîtras, ton mail d'hier m'a redonné confiance quant à l'utilité de cette espace et m'a redonné le sourire ! Quand vous réussissez à susciter l'envie ou la curiosité d'autres blogueurs, c'est aussi une petite victoire !

Et puis même si en ce moment je suis moins présente ou que mes billets me demandent davantage d'effort que d'habitude, je n'ai pas l'intention d'arrêter d'alimenter cet espace. Parce qu'en dehors des moments de doutes, j'y prends beaucoup de plaisir. Et que ce blog est un formidable outil pour voir éclore des amitiés virtuelles ou non (Nesto, j'y crois !) avec des personnes qui ont des centres d'intérêts très proches des miens... Bref, vous l'aurez compris, et tant pis si mes paroles se perdent dans l'immensité de la toile, vous n'avez pas fini de me lire !

Sur ce, je file ici, avec LE roman qui réussit, ô grand exploit du moment,
à éveiller mon intérêt : Le tableau du Maître Flamand d'Arturo Perez-Reverte

P1030743

Pour quelqu'un en panne de mots, ma logorrhée est plutôt impressionnante...

 

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01 avril 2012

Tarja, Jean-Noël Sciarini

TarjaTarja est un roman de Jean-Noël Sciarini paru aux Editions La Joie de Lire en août 2011.

Tarja a 16 ans. Et à 16 ans, elle est la cible de son école. Accusée d'être une fille facile, elle est la proie de ses camarades, des murs du collège tagués, aux réseaux sociaux. Et pour la jeune adolescente, la descente aux enfers est lente, malgré l'aide de son ami Léon. Surtout avec la secret qu'elle dissimule aux autres...

Jean-Noël Sciarini signe ici un très beau roman, tout en finesse et en pudeur. Sa plume percutante permet au lecteur d'éprouver immédiatement une grande empathie pour son héroïne, une jeune fille en détresse à bien des égards. Tarja souffre, et le lecteur avec elle. Mais Jean-Noël Sciarini ne sombre pas dans le pathos et nous offre ici un texte qui insuffle un vent d'espoir, malgré tout.
Le mal-être adolescent est étudié dans sa complexité, qu'il s'agisse du rôle des réseaux sociaux aux habituelles mais non moins destructrices rumeurs.
Un très beau texte qui souligne cette douloureuse et fragile période de la vie. A lire, pour y réfléchir.
Une lecture professionnelle que j'ai partagée avec Eidole en lecture commune.

Lecture pro       Lectures communes 

 

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